La lutte contre les violences faites aux filles et aux femmes passe par l’éducation et par l’implication des garçons

À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles, l’ONG Plan International France souligne l’importance de l’éducation et de l’implication des garçons pour prévenir ces violations graves des droits des filles et des femmes. Tour d’horizon de quelques programmes de l’ONG qui font des filles et des garçons des champion·ne·s du changement en faveur de la lutte contre les violences de genre.

Tout l’année durant, mais ce 25 novembre en particulier, Plan International France rappelle que l’éducation, la formation et l’implication des garçons aux côtés des filles sont essentielles pour lutter contre les violences fondées sur le genre. Car un garçon qui respecte dès l’enfance les droits des filles, c’est potentiellement un homme, devenu adulte, qui respectera les droits des femmes. 
Cette approche se situe au cœur des programmes de lutte contre les violences de genre mis en place par l’ONG. Si la participation des filles et des femmes constitue une composante primordiale de ces projets, les garçons et les hommes doivent également y être intégrés pour se confronter aux relations de pouvoir inégales qu’ils peuvent perpétuer et pour s’engager en tant qu’alliés pour les droits des filles. Voici, par exemple, deux programmes qui valorisent cette approche. 

Le programme « Brigades du changement » en Bolivie : l’engagement des garçons commence dès l’école 

Le programme des brigades du changement en Bolivie est un projet de sensibilisation d’élèves aux droits des filles et à la lutte contre les violences de genre. Ces brigades se composent de 300 jeunes volontaires où filles et garçons engagé·e·s organisent des pièces de théâtre et des événements sportifs dans des écoles situées au sein de zones défavorisées et violentes. Leurs performances soulignent l’importance de respecter les droits des filles et dénoncent toutes formes de violence commises par les garçons envers les filles. 

À l’origine, ce programme souhaitait travailler uniquement avec des filles afin qu’elles transmettent ensuite leurs nouvelles connaissances et compétences à d’autres jeunes, en particulier à leurs proches masculins. Cette idée s’est très vite heurtée à une réalité : les garçons et les hommes sont influencés par une culture viriliste et patriarcale répandue en Bolivie, qui les amène souvent à rejeter toute idée formulée par des filles. Les équipes ont donc décidé d’étendre le projet aux garçons. Une réussite : les jeunes membres des brigades sont perçus par leurs pairs comme une source fiable d’informations et sont aussi identifiés comme des rôles modèles alternatifs de la culture dominante. 

Impliquer les garçons dans les programmes en faveur de l’égalité filles-garçons permet d’influencer positivement leur comportement.

Impliquer les garçons dans les programmes en faveur de l’égalité filles-garçons permet d’influencer positivement leur comportement. Sensibilisés et convaincus, ils deviennent les hommes responsables de demain.

Luciano, 19 ans, participe à un autre programme de Plan International au Brésil qui implique les garçons dans la lutte contre les violences à l’égard des filles et des femmes. Il témoigne de l’importance de sensibiliser les garçons le plus tôt possible : « Si nous voulons mettre fin aux violences faites aux filles et aux femmes, les enfants doivent commencer à apprendre dès leur plus jeune âge pourquoi la violence ne peut pas être tolérée. Cela peut se faire par le biais de l’éducation, de projets sociaux et de discussions. »

Les clubs de garçons en Sierra Leone : un soutien essentiel aux droits des filles dans leurs communautés

L’implication des garçons pour prévenir les violences fondées sur le genre et pour convaincre les communautés est aussi extrêmement importante au-delà de l’école. En Sierra Leone, des clubs de garçons ont été créés et formés en parallèle aux clubs de filles existants. Ensemble, ils sensibilisent leurs communautés, leurs familles et leurs voisins à l’éducation des filles, aux risques de grossesses précoces, de mariages d’enfants et de mutilations génitales féminines. 

Ils ont joué un rôle essentiel pour convaincre de nombreuses familles de permettre à leurs filles de retourner à l’école après la flambée de l’épidémie Ebola en 2014 qui avait contraint le pays à fermer ses écoles pendant 8 mois.

Plus largement, l’ensemble des programmes et des actions de plaidoyer de l’ONG intègre une dimension de genre pour déconstruire les stéréotypes. Nous sensibilisons les filles à leurs droits et les garçons aux droits des filles et à leur respect afin qu’ils et elles fassent entendre leurs voix et deviennent des champion·ne·s du changement. Plan International France intervient également aux côtés d’activistes, comme par exemple en Guinée auprès de militant·e·s engagé·e·s dans la lutte contre les mutilations génitales féminines, afin de faire changer les mentalités et les comportements.  

Le Projet « Plan for Girls » au Cameroun : éduquer les garçons à la notion d’égalité

Depuis qu’il a rejoint le projet « Plan for Girls », Adamou, jeune camerounais de 18 ans, est devenu un militant engagé pour les droits des filles dans sa communauté. En développant ses compétences en matière de leadership et de plaidoyer, il a pu gagner en confiance en lui et apprendre à parler en public.

Membre du club « Champions of Change », initié par le projet « Plan for Girls » de Plan International, Adamou a reçu avec ses camarades, une formation sur la masculinité positive, la lutte contre les stéréotypes de genre et toutes les formes de violence. Cela lui a permis de mener plusieurs initiatives autour de la protection des enfants et de l’égalité entre les filles et les garçons dans sa communauté.

Le projet « Plan for Girls » est mis en œuvre par Plan International Cameroun et financé par le ministère canadien des Affaires mondiales, avec le soutien de Plan International Canada. Au cours de l’année 2022, ce projet a formé 11 910 adolescent∙e∙s et jeunes de moins de 24 ans (6 052 filles et 5 858 garçons) en tant que « Champions of Change » pour la promotion des droits des enfants et de l’égalité entre les filles et les garçons.

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Urgence Ukraine : les actions menées par Plan International

La crise actuelle en Ukraine a un impact psychologique important sur les enfants et les familles. Des milliers d’enfants ont passé près d’un mois à se cacher dans des abris anti-bombes, des caves, des stations de métro et d’autres zones souterraines, tandis que des millions d’autres ont dû fuir vers les pays voisins, laissant derrière eux tout ce qu’ils connaissaient et aimaient. Plan International déploie toutes ses forces pour garantir leur sécurité et le respect de leurs droits. 

1 personne sur 3 a besoin d’une aide humanitaire vitale

La barre des 5 millions de réfugié·e·s liés à l’offensive russe en Ukraine a été franchie mercredi 20 avril. Le conflit ukrainien figure dorénavant parmi les plus grandes populations de réfugié·e·s au monde en se plaçant juste derrière la guerre civile en Syrie qui a engendré plus de 6,8 millions de réfugié·e·s.

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH) a confirmé que 2 104 civils ont été tués, dont 170 enfants, tout en alertant que les chiffres réels « sont considérablement » plus élevés.
Plan International appelle à un arrêt immédiat des combats et souhaite une paix et justice à long terme pour le bien de tous les enfants et de tous les jeunes.

« Chaque jour où le conflit en Ukraine se poursuit, d’innombrables vies, de foyers et d’enfances sont perdus. Dans ce conflit, les besoins humanitaires se multiplient d’heure en heure et des millions d’enfants continuent d’être témoins de l’horreur de ce conflit. La violence va faire payer un lourd tribut à la santé mentale des jeunes, et en particulier des adolescentes, car la crise les rend plus vulnérables à la violence sexiste et sexuelle », alerte Stephen Omollo, directeur général de Plan International 

Plan International est préoccupé par la protection et la sécurité des filles et des enfants qui arrivent dans les pays voisins. Plus de 100 000 enfants, dont la moitié étant en situation de handicap, sont encore présents en Ukraine dans des centres spécialisés ou internats et risquent d’être séparés de leurs familles. Des rapports indiquent que des établissements tentent de déplacer des enfants à l’abri du conflit dans des pays voisins ou ailleurs à l’étranger. La protection et la sécurité des enfants en déplacement, en particulier des filles, des enfants handicapés et des enfants non accompagnés, doit être une priorité absolue.

La crise aura des conséquences graves et durables pour les enfants.

« Les enfants sont vulnérables à la violence physique, émotionnelle et sexuelle et à des niveaux élevés de détresse psychosociale », avertit Anita Queirazza, responsable de la protection des enfants en situation d’urgence.

Nos équipes sont également particulièrement inquiètes pour les filles et les jeunes femmes qui sont plus vulnérables à l’exploitation sexuelle et à la traite. Elles sont touchées de manière disproportionnée par les conflits et les progrès réalisés dans le domaine des droits des filles et des femmes sont considérablement retardés lorsque les sociétés s’effondrent. Il est donc important de continuer d’agir sans relâche.

Nos actions pour accompagner les enfants

Plan International travaille en étroite collaboration avec des organisations locales et nationales en Moldavie, Pologne et Roumanie, avec l’ONU et les gouvernements pour répondre aux besoins des enfants réfugiés. 

Nos équipes agissent dans trois secteurs clés : 

PROTECTION  

Plan International s’efforce de renforcer un environnement inclusif et sûr adapté aux enfants. Pour cela, nos équipes sont postées aux frontières, dans les centres de transit et les lieux d’accueil des réfugié·e·s en Moldavie, Roumanie et en Pologne. Cela comprend :

  • La mise à disposition d’équipes mobiles de travailleurs sociaux et de spécialistes psychosociaux pour fournir des soins et un soutien aux enfants non accompagnés. 

« L’un des risques qui nous préoccupent le plus est celui des enfants qui arrivent seuls ou avec d’autres personnes, sans savoir avec qui ils voyagent, et bien sûr le risque de traite. Nous savons que dans cette région, le risque de traite et d’enfants arrivant seuls est déjà assez élevé », explique Micol Alberizzi, conseillère en protection de l’enfance dans les situations d’urgence chez Plan International.

Les enfants et les familles qui ne savent pas où aller sont exposés à un risque élevé de traite.

  • Une orientation vers des services de soutien tels que des services juridiques, de santé avec un focus sur la santé mentale et le soutien psychosocial, l’aide en espèces et en bons d’achat et la distribution de matériel scolaire.
  • La protection de l’enfance et une formation safeguarding du personnel de première ligne, des bénévoles et des agent·e·s de services frontaliers, notamment en ce qui concerne l’identification des enfants non accompagnés et des risques de traite.
  • Une cartographie des services avec un renforcement des mécanismes d’orientation en matière de protection de l’enfance.
  • La sensibilisation à la protection des enfants à risques, des procédures d’asile et des droits en orientant les enfants et les personnes qui s’occupent d’eux vers les services disponibles et par le biais d’informations et de services d’assistance adaptés aux enfants.

SANTE MENTALE ET SOUTIEN PSYCHOSOCIAL

Nos spécialistes travaillent aux côtés d’organisations locales pour fournir des soins psychosociaux aux enfants, aux adolescent·e·s et à leurs parents pour les aider à faire face aux horreurs dont ils ont été témoins et à se remettre de leur détresse. 

En Moldavie, Plan International travaille avec le Centre national pour la prévention des abus envers les enfants afin d’accompagner les familles ukrainiennes nouvellement arrivées. Des unités mobiles composées de psychologues, d’éducateur·rice·s et de travailleur·euse·s sociaux·ales ont été affectées à deux centres d’accueil dans le nord et dans le sud de la Moldavie.

« Nous offrons un large éventail de services. Nous faisons de la thérapie par le chant, le dessin et le modelage avec le matériel dont nous disposons. Le chant est particulièrement utile, car les enfants peuvent se détacher de l’endroit où ils se trouvent et de ce qu’ils ont vécu. Il en va de même pour les parents. Ce type de soutien est ce dont ils ont besoin en ce moment », explique Marina, psychologue de l’unité mobile qui a fui Kharkiv en Ukraine.

« Certains enfants veulent parfois s’asseoir sur nos genoux, juste pour être proches et pour être pris dans les bras. D’autres disent que leur audition a commencé à diminuer. Pour l’instant, nous ne savons pas à quoi cela est lié mais nous remarquons que leur attention baisse rapidement et qu’ils ont du mal à se concentrer sur certaines tâches », avertit Marina. 

Viorica travaille également en tant que psychologue pour l’unité mobile et raconte que beaucoup d’enfants souffrent de traumatismes émotionnel : « Un garçon de trois ans a entendu le son d’une perceuse et il s’est tout de suite affolé car cela lui a remémoré le bruit d’une bombe qui avait explosé devant lui alors qu’il rentrait de l’école maternelle en Ukraine. Il a immédiatement commencé à crier et à chercher sa mère. Ceci est un exemple de ce type de traumatisme. »

En période de crise, les enfants se tournent instinctivement vers les adultes pour obtenir une protection et une compréhension de ce qui leur arrive.

En parallèle, Plan International offre :

  • Des formations aux premiers secours psychologiques pour le personnel de première ligne et les bénévoles accueillant les réfugié·e·s à la frontière et dans les centres d’accueil.
  • Un soutien technique et une formation pour les professionnel·le·s travaillant avec les enfants. Les considérations liées au genre, à l’âge et au handicap permettent d’améliorer l’efficacité de leur travail auprès des enfants.

EDUCATION EN SITUATION D’URGENCE 

Plan International travaille avec les autorités gouvernementales et des organisations en Pologne, Roumanie et Moldavie pour soutenir l’intégration des enfants réfugiés dans les écoles locales. Au-delà de l’apprentissage, l’éducation offre un environnement protecteur et constitue un droit fondamental qui doit être protégé.

En Roumanie, Plan International travaille avec le Service Jésuite des Réfugiés (JRS) sur le projet SIERCAR qui vise à répondre aux besoins éducatifs immédiats des enfants en créant des espaces d’apprentissage temporaires et, à long terme, facilitera l’intégration des enfants ukrainiens dans le système scolaire roumain en travaillant et en s’engageant auprès du gouvernement national.

Dans le cadre de ce projet, des tablettes tactiles ont été distribuées à une centaine d’enfants ukrainiens dans des espaces d’apprentissage temporaire. Les tablettes ont été installées avec un certain nombre d’applications développées par le gouvernement ukrainien pour permettre aux enfants de suivre le programme scolaire ukrainien, ainsi que des applications visant à promouvoir le bien-être des enfants et des enseignant·e·s ou encore des cours de roumain. 

En Moldavie, plus de 500 enfants ont reçu des sacs à dos contenant des fournitures essentielles telles que des stylos, des cahiers, des crayons de couleur et du matériel d’hygiène. Sur les 500 sacs à dos donnés, 200 contiennent des fournitures pour les élèves du primaire, 200 pour les élèves du secondaire et 100 pour les lycéens. Toutes les fournitures, qui comprennent du matériel de promotion de l’hygiène pour aider à prévenir la propagation du COVID-19, ont été achetées auprès de fournisseurs locaux.

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Jean-Maurice Ripert : élu nouveau président de l’ONG Plan International France

Après 40 ans de carrière diplomatique, Jean-Maurice Ripert devient le nouveau président de l’ONG Plan International France.

Après 10 années de présidence du conseil d’administration de Plan International France, Pierre Bardon, ancien directeur général de SFR, passe le relais à Jean-Maurice Ripert, qui prend ses fonctions de nouveau président le 31 mai 2022.

Plan International France agit dans 75 pays pour faire progresser le respect des droits des enfants et l’égalité entre les filles et les garçons dans le monde.

Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et de l’École nationale d’administration, Jean-Maurice Ripert rejoint le ministère des Affaires étrangères en 1980, au sein duquel il occupe jusqu’en 2009 puis de 2013 à 2019 différents postes à l’administration centrale et en ambassade, ainsi que dans divers cabinets ministériels – coopération et développement, affaires européennes, affaires étrangères, action humanitaire.

Directeur des Nations unies et des organisations internationales de 2003 à 2005, il devient représentant permanent de la France auprès des Nations unies à Genève et à New York puis sert également comme ambassadeur de France en Grèce (2000-2003), en Russie (2013-2017) et en Chine (2017-2019).

Il occupe les postes de conseiller technique et de conseiller diplomatique du premier ministre à deux reprises (1988-1991 et 1997-2000) avant de devenir Secrétaire général adjoint des Nations unies, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU au Pakistan en 2009-2010 et ambassadeur de l’Union européenne en Turquie en 2012-2013.

Sa carrière diplomatique est marquée par un engagement constant sur les dossiers liés aux enjeux globaux traités par les organisations internationales et en particulier par l’ONU : coopération au développement, environnement et développement durable, promotion des droits humains, droits des enfants, justice pénale internationale, protection des civils. Il se spécialise également dans la gestion des crises et dans l’action humanitaire dans les zones de conflits : Balkans, Somalie, Soudan, Sahel notamment.

« C’est un grand honneur pour moi de rejoindre Plan International France pour y poursuivre mon engagement à titre personnel au sein d’une organisation qui est aujourd’hui la première ONG de parrainage en France. De nouveaux défis restent à relever afin d’assurer la protection et la promotion des droits des enfants, en particulier des filles, notamment en matière d’éducation, de santé, d’égalité filles-garçons et de participation active au développement. Il est fondamental que tous les enfants et les jeunes puissent trouver leur place au sein de sociétés durables parce qu’ils et elles en sont à la fois le présent et l’avenir », s’enthousiasme Jean-Maurice Ripert.

Pour tout complément d’information et demande d’interview, merci de contacter :

Juliette Bénet / 06 50 10 10 85 / juliette.benet@plan-international.org

Aurélie Bois / 06 87 26 27 68 / aurelie@agencethedesk.com

Télécharger le communiqué de presse.

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L’impact positif des serviettes hygiéniques réutilisables

On estime qu’une femme utilise et jette en moyenne plus de 10 000 serviettes hygiéniques au cours de sa vie menstruelle, dont la plupart sont composées d’environ 90 % de plastique. En Indonésie, Lia, 27 ans est en train de révolutionner ce secteur. Après avoir participé à une formation de sensibilisation dispensée par Plan International, elle a décidé de créer sa propre entreprise de fabrication de serviettes hygiéniques réutilisables.

À Mataram, la ville où vit Lia, jusqu’à 400 tonnes de déchets sont produites chaque jour, ce qui pose un énorme problème aux autorités municipales qui ne peuvent en gérer qu’environ 75 %.

Pour aider à réduire cette charge, le gouvernement provincial a lancé une campagne environnementale visant à éliminer les déchets de Nusa Tenggara Ouest d’ici 2025.

Lier les enjeux environnementaux et l’hygiène menstruelle

Pour soutenir l’initiative du gouvernement, Plan International a mis en œuvre une série de programmes d’assainissement basés sur l’égalité filles-garçons et l’inclusion sociale.

L’une des activités consiste à apprendre aux jeunes femmes à fabriquer des serviettes hygiéniques respectueuses de l’environnement et à les aider à créer leur propre entreprise de fabrication de serviettes hygiéniques destinées à la vente.

L’impact environnemental des produits menstruels jetables est rarement évoqué, mais il a un impact énorme sur notre planète. Les déchets plastiques finissent dans les décharges ou, pire encore, dans les océans, les rivières et les plages.

Le temps qu’il faut à un tampon ou à une serviette pour se dégrader dans une décharge est des siècles plus long que la durée de vie de l’individu qui l’a utilisé.

« Depuis que j’ai participé à la formation, j’ai cessé d’acheter des serviettes hygiéniques jetables. Je ne veux plus contribuer au problème des déchets. De plus, si j’utilise une serviette hygiénique réutilisable que j’ai fabriquée moi-même, il me sera plus facile de vendre ce produit et de convaincre les autres de l’utiliser », explique Lia.

Une initiative bénéfique pour les jeunes femmes du pays

Jusqu’à présent, Lia a vendu plus de 70 de ses serviettes hygiéniques fabriquées à la main.

« Je vends mes serviettes hygiéniques à mes ami·e ·s et à ma famille. J’utilise également les réseaux sociaux pour promouvoir mes serviettes hygiéniques », raconte Lia.

J’ai participé à plusieurs expositions organisées par le département de l’industrie et du commerce de la ville de Mataram.

Lia est maintenant une défenseuse active de l’environnement. Elle fournit des informations et une éducation sur les avantages de l’utilisation de serviettes hygiéniques réutilisables à ses réseaux, en particulier aux adolescentes de son quartier. 

Toutefois, il y a encore de nombreux défis à relever. « L’un des problèmes auxquels je suis confrontée est de changer l’état d’esprit des personnes qui ne connaissent pas encore les serviettes hygiéniques réutilisables, et encore moins leur impact positif pour l’environnement. »

Pour Plan International, les jeunes font partie de la solution lorsqu’il s’agit de s’attaquer à certains des principaux problèmes environnementaux auxquels le monde est confronté. 

C’est pourquoi nos équipes soutiennent les jeunes entrepreneuses comme Lia. En renforçant leurs compétences et en mettant en avant leur créativité ainsi que leur sens de l’innovation, ce sont des entreprises prospères et durables pour l’avenir qui se créent. 

Aucune fille ne doit être privée d’école à cause de ses règles. Ensemble, brisons les tabous autours des règles !                        

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Lutter contre la précarité menstruelle dans le monde

Pour beaucoup, les règles sont un inconvénient mineur dont le sujet ne dépasse pas la sphère privée. Pourtant, des millions de filles et femmes vivent à chaque cycle des périodes d’inégalités et tout particulièrement en milieu scolaire.

1 fille sur 2 a déjà manqué l’école à cause de ses règles

Le 28 mai 2022 pour la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, l’ONG Plan International France lance une nouvelle campagne ayant pour objectif de briser les tabous sur les règles en milieu scolaire. 

A cette occasion, l’ONG souhaite rappeler que l’accès à l’hygiène menstruelle est un droit fondamental. Plan International France réaffirme son engagement en faveur des droits des filles et des jeunes femmes.

Ce rappel est d’autant plus important que l’éducation des filles est, encore aujourd’hui, impactée par la précarité menstruelle et ce partout dans le monde. En effet l’absence d’hygiène, du fait de la difficulté d’obtenir des produits adaptés, peut parfois conduire à la déscolarisation des filles. 

Les chiffres sont encore plus frappant que les mots puisqu’aujourd’hui, encore 2 adolescentes et femmes sur 5 dans le monde, ne vont pas à l’école ou au travail parce qu’elles ont leurs règles. En France 1 fille sur 2 a déjà manqué l’école à cause de ses règles, que ce soit par honte, douleur ou manque de produits d’hygiène. 

Les actions de Plan International France

Dans de nombreux pays, l’impact des idées-reçues sur les menstruations est encore très fort : considérées comme « impures », « maudites » ou même « dangereuses », les règles dérangent. Les mythes et les tabous liés aux normes culturelles, religieuses et patriarcales nuisent aux droits des filles et des femmes et parfois même à leur santé.

Les femmes se retrouvent à vivre dans des conditions extrêmement difficiles : froid, isolement, jugement et exposition à de nombreux autres dangers. 

En Inde et au Népal par exemple, les femmes sont parfois contraintes de quitter leur maison pour toute la durée de leur cycle menstruelle.

« Quand j’ai eu mes premières règles, on m’a enfermée dans une hutte à côté de chez moi. Je n’avais pas le droit de voir ni mon père, ni mon frère, car selon la croyance, cela aurait pu les tuer », raconte Swastika, jeune Népalaise de 18 ans.

Plan International France travaille pour briser les tabous autour des règles et offrir aux femmes et aux filles la possibilité de vivre leurs cycles menstruels en sécurité et dans la dignité. 

Pour cela, l’ONG mène plusieurs programmes, notamment en Tanzanie et Bénin, dans lesquels les jeunes filles et garçons sont éduqués à ces sujets afin de déconstruire les idées reçues. Les filles sont également formées à la conception de serviettes hygiéniques réutilisables afin qu’elles aient des solutions adaptées et sans risque pour leur santé.  

Des partenariats engagés pour cette campagne 

Pour mettre à mal les tabous, Plan International France a mis en place plusieurs partenariats avec des marques féministes, qui elles aussi, travaillent à briser les tabous autour des règles et du corps des femmes. 

La marque SistersRepublic, avec qui nous sommes en partenariat depuis plus d’un an, est une marque de lingerie menstruelle écologique et durable. 

Plan international France est fière de pouvoir compter sur le soutien de la marque qui, tous les 28 du mois, reverse 5% de ses bénéfices à l’organisation. A l’occasion de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle célébrée le 28 mai, ce sont 100 % des bénéfices de la vente de leurs produits qui seront reversés à l’ONG.

Pour la première fois cette année, Plan International France s’associe au média Madmoizelle pour créer un podcast intitulé « 4 filles et une culotte tachée ». Chacun des quatre épisodes de ce podcast donne la parole à une fille pour qu’elle raconte ses premières règles. 

Cela permet à l’auditeur∙ice de comprendre leurs quotidiens et comment la culture, la religion ou les normes patriarcales sont influentes au sein de leur pays. 

N’hésitez pas à découvrir ce podcast sur toutes les plateformes d’écoute de Madmoizelle dès le 28 mai 2022 ! 

Rejoignez le mouvement pour en découvrir plus sur nos actions et prendre part à la mobilisation retrouvez toutes nos actions sur nos réseaux sociaux !

Aucune fille ne doit être privée d’école à cause de ses règles. Ensemble, brisons les tabous autours des règles ! 

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Les tabous liés aux règles : un obstacle majeur à la scolarisation des filles

À l’occasion de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, le 28 mai 2022, l’ONG Plan International France alerte : les tabous liés aux règles entravent les droits des filles et leur accès à l’éducation.

Fille qui marche de dos

L’ONG Plan International France a mené en avril 2022 une étude inédite en collaboration avec OpinionWay sur l’impact des tabous liés aux règles sur l’éducation des filles. 1002 filles et jeunes femmes en France âgées de 13 à 25 ans ont été interrogées. 

Les croyances sur les règles continuent d’exister

L’étude révèle qu’en France, plus de 2/3 des filles affirment que les règles restent un tabou qui engendre moqueries et humiliations : 35 % des filles interrogées reconnaissent qu’elles ou une de leurs proches en ont déjà été victimes.

Le manque d’informations et les idées reçues persistantes aggravent les discriminations de genre : au Malawi, 82 %  des filles n’avaient jamais entendu parlé des règles avant de les avoir. Considérées comme « impures », « maudites » ou même « dangereuses », les règles demeurent l’objet de mythes et de croyances qui nuisent gravement aux droits des filles. 

Au Népal, la pratique du chaupadi contraint les filles et les femmes menstruées à s’exiler dans des cabanes hors du foyer. Lorsqu’elles ont leurs règles, les filles ne peuvent pas se rendre à l’école. Pourtant interdite en 2005, cette tradition d’exil menstruel perdure : 89 % des jeunes Népalaises subissent toujours une forme d’exclusion ou de restriction pendant leurs menstruations. 

« Quand j’ai eu mes premières règles, on m’a envoyée vivre dans une cabane à 5 minutes de chez moi avec seulement des morceaux d’un vieux sari de ma mère. Je ne savais rien sur les règles et personne ne m’avait expliqué comment me servir de ces lambeaux de tissu », témoigne Swastika, adolescente Népalaise de 18 ans

Le manque de protection hygiéniques : un facteur de déscolarisation des filles

En France, une fille sur deux a déjà raté l’école à cause de ses règles. Dans les pays en développement, l’impact sur la déscolarisation est encore plus grave : tous les mois, les filles manquent en moyenne 5 jours d’école à chaque cycle menstruel. 

La précarité menstruelle et l’absence de toilettes propres et adaptées dans les établissements scolaires aggravent la déscolarisation. Au moins 500 millions de filles et de femmes dans le monde manquent d’installations sanitaires adéquates.

En Ouganda, en Indonésie ou au Bangladesh, la puberté marque souvent l’arrêt total de la scolarité.

Cette déscolarisation brutale menace considérablement les droits des filles : mariages d’enfants, grossesses précoces, travail domestique et exploitation. Dans les zones rurales de l’Inde, 20 % des filles quittent l’école lorsqu’elles ont leurs premières règles, car leur famille considère qu’elles sont prêtes à être mariées.  « Quand j’ai eu mes règles à 14 ans, mes parents ne pouvaient pas m’acheter de protections hygiéniques ni de livres scolaires. Un homme m’a alors proposé de me les offrir en échange de relations sexuelles, j’ai accepté. Peu de temps après, je suis tombée enceinte et j’ai dû arrêter l’école. » Asha, jeune Ougandaise de 16 ans. 

Comment agir en faveur de l’hygiène menstruelle ?

L’étude de Plan International France et OpinionWay révèle qu’en France, plus de 8 filles sur 10 (87 %) sont révoltées face à ces discriminations. 80 % d’entre elles affirment vouloir s’engager pour lutter contre les inégalités subies par les filles à cause de leurs règles.

À l’occasion de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, Plan International France et le Plan des jeunes lancent le projet « Changeons les règles ». À travers des ateliers ludiques et collaboratifs, un groupe de jeunes bénévoles soutenu∙e∙s par l’ONG sensibilisent les lycéens et lycéennes d’Île-de-France sur l’impact des règles sur les droits des filles dans le monde.

Plan International agit également dans les pays en développement pour améliorer l’accès à l’hygiène menstruelle. En Ouganda, en Indonésie et au Bangladesh, l’ONG sensibilise dans les écoles à l’hygiène menstruelle, accompagne la création d’entreprises, la distribution de protections menstruelles et la construction de sanitaires sûrs et adaptés dans les établissements scolaires.  

Ce que Plan International demande 

  • Toutes les filles doivent avoir accès, y compris en situation d’urgence, aux services de santé sexuelle et reproductive et d’hygiène menstruelle et à des informations de qualité.
  • Les gouvernements doivent financer des installations sanitaires adaptées à la gestion de l’hygiène menstruelle dans les espaces publics et plus particulièrement dans les établissements scolaires : un élément essentiel pour garantir la scolarisation et l’assiduité des filles. 

Aucune fille ne doit être privée d’école à cause de ses règles. Ensemble, brisons les tabous autours des règles ! 

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1 fille sur 2 a déjà manqué l’école à cause de ses règles

Tabou, honte, stigmatisation, manque de protections hygiéniques… : les règles restent un obstacle majeur à la scolarisation des filles. À l’occasion de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, le 28 mai 2022, l’ONG Plan International France alerte dans sa dernière étude menée avec OpinionWay sur l’impact dramatique des règles sur les droits des filles.

Les discriminations et le manque de protections hygiéniques entravent la scolarisation des filles en France et dans le monde. L’étude exclusive de l’ONG Plan International France révèle qu’une fille en France sur deux a déjà raté l’école lorsqu’elle a ses règles.

Le poids des tabous et des croyances toujours prégnant 

Pour plus de la moitié des filles en France (55 %), les règles restent un sujet tabou à l’école : plus d’1/3 des adolescentes ont honte de les avoir (35 %).

Les stéréotypes et les préjugés liés aux menstruations renforcent considérablement les discriminations de genre : 35 % avouent qu’elles ou une de leurs proches ont déjà subi des moqueries et des humiliations en milieu scolaire. La méconnaissance sur le sujet demeure considérable : la moitié des filles interrogées (49 %) estiment que des personnes considèrent encore les règles comme « sales ».

Dans les pays en développement, l’impact des stigmates est encore plus fort : considérées comme « impures », « maudites » ou même « dangereuses », les règles dérangent. Les mythes et les tabous liés aux normes culturelles, religieuses et patriarcales nuisent plus gravement aux droits des filles et des femmes.

Au Népal, le chhaupadi bannit ces dernières du foyer, les contraint à s’isoler dans des cabanes et les empêche de se rendre à l’école. Cette pratique d’exil menstruel, pourtant interdite en 2005, perdure : 89 % des jeunes Népalaises subissent toujours une forme d’exclusion ou de restriction pendant leurs règles. 

« Quand j’ai eu mes premières règles, on m’a enfermée dans une hutte à côté de chez moi. Je n’avais pas le droit de voir ni mon père, ni mon frère, car selon la croyance, cela aurait pu les tuer », raconte Swastika, jeune Népalaise de 18 ans.

La précarité menstruelle : une des principales causes de la déscolarisation

Dans les pays en développement, l’impact sur la déscolarisation est encore plus grave : les filles manquent en moyenne 5 jours d’école tous les mois à cause de leurs menstruations.

« Mes parents ne peuvent pas me payer de protections hygiéniques, donc j’utilise des chiffons, mais lorsqu’ils sont trop déchirés, je préfère quitter l’école que de risquer de tacher mes vêtements », Nyawut, jeune Sud-Soudanaise de 16 ans.

Le manque de protections hygiéniques, de vêtements de rechange, d’eau pour se laver les mains ou encore de toilettes sûres et propres aggravent le décrochage scolaire.

En Inde, plus de ¾ des filles ne peuvent pas se rendre en classe quand elles ont leurs règles.

En Ouganda, en Indonésie ou au Bangladesh, la puberté marque souvent l’arrêt total de la scolarité. Cette déscolarisation brutale menace considérablement les droits des filles : mariages d’enfants, grossesses précoces, travail domestique et exploitation.

Agir pour l’hygiène menstruelle dans le monde : une demande des jeunes femmes en France

Si plus de 80 % des filles en France considèrent que les règles restent un tabou majeur dans les pays en développement, elles ne mesurent pas l’impact néfaste de ces idées reçues sur la vie quotidienne des filles.

Pour plus de 8 filles sur 10 (87 %), la prise de conscience de ces discriminations les révolte : 80 % d’entre elles appellent les gouvernements à lutter contre les inégalités provoquées par le manque d’accès à l’hygiène menstruelle dans le monde.

À l’occasion de la Journée de l’hygiène menstruelle, l’ONG Plan International France et le Plan des jeunes, groupe de jeunes bénévoles engagé∙e∙s en faveur de l’égalité filles-garçons, lancent le projet Changeons les règles. À travers des ateliers informatifs, ludiques et collaboratifs, les jeunes sensibilisent les lycéens et lycéennes d’Île-de-France sur l’impact scolaire des tabous liés aux règles dans le monde.

Les actions de Plan International pour lutter contre la précarité menstruelle

En Ouganda, Plan International combat les idées reçues et sensibilise les filles et leur communauté à l’hygiène menstruelle. Grâce à des ateliers de confection de serviettes hygiéniques, les filles bénéficient de protections réutilisables et peuvent aller à l’école. Ces actions génèrent un revenu aux femmes de la communauté et participent à leur émancipation.

En Indonésie, pour démystifier les croyances, Plan International mène des projets d’éducation à l’hygiène menstruelle dans plus de 200 écoles. Nos équipes construisent des sanitaires adaptés et distribue des sous-vêtements réutilisables pour permettre aux filles une meilleure gestion de leurs règles ainsi qu’une réduction des déchets engendrés par les protections jetables.

Au Bangladesh, Plan International accompagne les filles et les jeunes femmes des régions rurales à créer leur entreprise de fabrication de serviettes hygiéniques. Les revenus permettent aux filles de subvenir à leurs besoins et de rester scolarisées. Nous distribuons également des protections menstruelles à l’école et mettons en place des ateliers de sensibilisation à l’hygiène menstruelle dans les établissements scolaires.

Plan International demande à ce que toutes les filles doivent avoir accès, y compris en situation d’urgence, aux services de santé sexuelle et reproductive et d’hygiène menstruelle, à des informations de qualité, à des équipements sanitaires adaptés, en particulier à l’école.

Disponibles pour interview : Silvia Devina, experte Plan International Indonésie / Moses Opolot, coordinateur de projet Plan International Ouganda /  Les expert∙e∙s de Plan International France.

Pour toute demande d’interview : Juliette Bénet, + 33 6 50 10 10 85 / juliette.benet@plan-international.org

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Les pays les plus touchés par une crise alimentaire

Le monde est au cœur d’une crise alimentaire dévastatrice. Dans des pays comme le Mali, le Liban et le Soudan du Sud, les conflits, les chocs climatiques et la pandémie de Covid-19 contribuent à une escalade dramatique de l’insécurité alimentaire.

Filles qui marchent avec des sceaux

La guerre qui sévit actuellement en Ukraine a entraîné une augmentation rapide des prix des denrées alimentaires, ce qui aggrave la situation de la faim dans le monde. Alors que les chaînes d’approvisionnement alimentaire s’effondrent et que les prix grimpent à un rythme jamais vu depuis des décennies, Plan International alerte sur la situation des enfants, et en particulier des filles, qui vivent dans les zones touchées par la faim. 

« La famine frappe littéralement à la porte », déclare le Dr Unni Krishnan, directeur humanitaire mondial de Plan International. « Les récoltes ukrainiennes nourrissent normalement 400 millions de personnes, plus le conflit continue plus nous en ressentons les répercussions à grande échelle. L’augmentation rapide des prix des denrées alimentaires aggrave la situation qui jusqu’ici était déjà extrêmement grave. » 

Selon les Nations unies, quelque 928 millions de personnes ont souffert d’insécurité alimentaire grave l’année dernière, soit une augmentation de 148 millions par rapport à l’année précédente. Dans ces pays où la faim fait rage, une personne sur huit – dont une majorité de femmes et d’enfants – se couchera affamée ce soir. Les prévisions des Nations unies alertent sur le fait que 300 000 personnes pourraient mourir de faim chaque jour si aucune aide humanitaire coordonnée et rapide est mise en place.

Les pays du continent africain sont les plus impactés

 « La région du Sahel déjà frappée par la faim, est fortement dépendante des importations de blé, dont l’approvisionnement est très perturbé par la crise ukrainienne », ajoute Sven Coppens, directeur de Plan International pour l’Afrique de l’Ouest.« Cette hausse des prix aggrave ainsi la crise alimentaire dans des pays comme le Burkina Faso, le Mali et le Niger. » 

Carte du monde

En 2022, on prévoyait déjà que plus de 61 millions de personnes auraient besoin d’une protection et aide humanitaire dans la région de l’Afrique centrale et de l’Ouest. Plus de 22 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire, un chiffre en hausse par rapport à 2021, année où les besoins humanitaires avaient déjà augmenté au Sahel.  

De l’autre côté du continent, plus de 20 millions de personnes en Éthiopie, au Kenya et en Somalie ont également un besoin urgent de nourriture et d’eau. Des millions de familles ont perdu leurs récoltes, d’autres ont vu leurs animaux d’élevage mourir, alors même que la survie de ces communautés en dépend entièrement.

Depuis de nombreux mois, dans la Corne de l’Afrique, les prix des denrées alimentaires augmentent dramatiquement dans les zones touchées par la sécheresse. Cela s’explique par une combinaison de facteurs : une situation économique fragile et des récoltes inférieures à la moyenne, laissant les familles dans l’incapacité de se procurer les produits de base.

Dans le même temps, de nombreux points d’eau sont à sec, ce qui oblige les femmes et les filles à parcourir de plus longues distances pour accéder à l’eau et augmente le risque qu’elles soient victimes de violences sexistes et sexuelles. 

Des conséquences dévastatrices pour les filles et les femmes

Dans d’autres régions du monde, comme le Guatemala et le Liban, les familles ne peuvent survivre que si elles retirent leurs enfants de l’école pour qu’ils puissent travailler et gagner de l’argent. 

Si les effets de l’insécurité alimentaire se font sentir dans toutes les communautés, les répercussions sur les adolescentes sont souvent méconnues. Les filles sont exposées à de nouveaux risques d’exploitation sexuelle, d’abus, de violence et de harcèlement lors des distributions de nourriture, tout en voyant leur bien-être et leurs perspectives d’avenir mises à mal à cause de la déscolarisation.

Plan International répond ainsi à la crise de la faim dans 17 zones sensibles du monde. Nos équipes mettent en place des programmes d’alimentation scolaire, d’assistance en espèces et en bons d’achat, de transferts monétaires et de distribution de nourriture.

D’autres projets incluent la restauration des moyens de subsistance en distribuant des semences ou du bétail, notamment des vaches ou des moutons, aux communautés touchées par la sécheresse. En cas d’inondations, des équipements de pêche de remplacement tels que des filets peuvent être distribués, ainsi que des bateaux et d’autres fournitures.  

Ci-dessous, retrouvez les témoignages de filles et de femmes vivant dans certains des endroits les plus affamés de la planète.

Soudan du Sud

  • Plus de la moitié des filles (52%) sont déjà mariées avant leur 18 ans 
  • 1,4 million d’enfants souffrent de malnutrition aiguë 
  • 2,4 million de personne risquent la malnutrition aiguë si elles ne reçoivent pas d’aide  

Le Soudan du Sud est l’un des endroits les plus affamés de la planète. Des décennies de conflit généralisé, de destruction et de déplacement font que le pays est confronté à une urgence humanitaire.   

« Quand j’ai quitté la maison de mes parents, j’étais encore jeune », raconte Adeng. « Je me suis mariée très tôt, j’ai déménagé dans la maison de mon mari, et maintenant je suis enceinte et nous luttons.»

Au Soudan du Sud, les filles risquent davantage d’être mariées à un jeune âge si elles ne sont pas scolarisées, en particulier lorsque la nourriture est rare.

La pratique des promesses de mariage est très répandue dans certaines communautés du Soudan du Sud. De ce fait, des filles peuvent être promises à un prétendant dès l’âge de cinq ans environ. Les personnes âgées de la communauté disent qu’une fois qu’une fille est considérée comme étant en âge de se marier, généralement à l’âge de 15 ans, son « mari » est autorisé à la prendre comme épouse.   

Gayin, 18 ans, était une jeune mariée, mais elle a réussi à persuader son mari de la laisser reprendre ses études. « Quand la sixième année primaire a commencé, je lui ai demandé de m’aider à retourner à l’école. Il m’a dit, pas de problème, retourne à l’école. J’y suis retournée et j’ai terminé la 8ème année de primaire. Je suis très heureuse ! » 

Le travail de Plan International au Soudan du Sud comprend la distribution de nourriture et de compléments nutritionnels dans certaines des régions les plus reculées du pays, en partenariat avec le Programme alimentaire mondial, un programme d’alimentation scolaire touchant 92 000 enfants, ainsi que des programmes visant à soutenir les filles à l’école et à leur retour. 

Liban

  • 22% des ménages sont en situation d’insécurité alimentaire
  • Le Liban est le pays accueillant le plus grand nombre de réfugié·e·s par rapport à sa population nationale, équivalent à au moins 25% de la population totale  

Au Liban, l’aggravation de la crise alimentaire contraint les filles et adolescentes à arrêter l’école. En effet, près de 80 % de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté, les filles et adolescentes doivent ainsi soutenir financièrement leur famille. 

« Mes enfants se réveillent en pleurant, il n’y a pas de petit-déjeuner », explique Amana, mère d’une fille. « Ma fille se réveille affamée et veut manger, mais il n’y a pas de pain. Je cuisine essentiellement avec des légumes : courgettes, gombos et haricots ». 

La fille d’Amana, Hiba, est une jeune artiste et aimerait être styliste de mode. Cependant, Hiba ne peut pas poursuivre son rêve car elle est déscolarisée et aide sa mère à trouver de l’argent depuis le début de la crise économique, sociale et financière. « Elle a cette passion pour la mode depuis qu’elle est petite, et j’aimerais pouvoir investir dans son talent », raconte Amana. « Mon souhait est que ma fille retourne à l’école et qu’elle puisse réaliser pleinement de son droit à l’éducation ». 

Pour l’instant, des milliers de filles comme Hiba restent hors de l’école au lieu de poursuivre leurs rêves. Dans les zones de famine comme le Liban, les programmes de Plan International permettent aux filles et à leurs familles de recevoir de la nourriture et de l’argent, de garantir un environnement sûr et adapté aux enfants, ainsi qu’un accompagnement pour qu’elles puissent reprendre leurs études. 

Zambie

  • 48% de la population n’est pas en mesure de satisfaire ses besoins en calories  
  • Plus d’un tiers des enfants de moins de cinq ans souffrent d’un retard de croissance 

En Zambie, les filles sèchent l’école pour trouver du travail afin de se nourrir et nourrir leur famille. Samira, 14 ans, travaille et étudie pour que ses jeunes frères et sœurs aient de quoi manger. 

« Il a été difficile pour moi de survivre sans nourriture», explique Samira. « Parfois, je manque même l’école pour pouvoir m’occuper de mes sœurs afin de m’assurer qu’elles ont assez à manger. Je me sens très mal parce que je manque beaucoup de choses. J’ai envie de pleurer maintenant, il n’y a rien que je ne puisse faire. »

En dehors de l’école, les filles sont également davantages confrontées à des risques d’exploitation sexuelle, d’abus, de violence et de harcèlement. 

Samira ajoute : « C’est dangereux, certaines filles se prostituent ou tombent enceintes parce qu’elles veulent de l’argent pour trouver de la nourriture. » 

Somalie

  • 5,6 millions de personne sont en situation d’insécurité alimentaire 
  • On estime que 300 000 enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition 

En raison de la crise alimentaire dévastatrice en Somalie, les filles abandonnent rapidement l’école.  

Najma, 11 ans, raconte : « Avant, j’étais à l’école, mais j’ai abandonné pour aider ma mère. C’est une mauvaise situation. Quand je vois des gens affamés et confrontés à des pénuries d’eau, cela me rend triste. Cela nous affecte beaucoup lorsque la sécheresse survient, la plupart des élèves ou des enseignants partent dans d’autres régions. » 

Najma aide désormais sa mère à aller chercher de l’eau et à faire des tâches ménagères. « Je vis avec ma famille dans un camp de réfugiés. Mon rêve est de voir les membres de ma communauté connaître une vie meilleure, pouvoir être éduqué et par l’éducation, changer le monde. » 

Des milliers de filles comme Najma souffrent de la faim et ne sont pas scolarisées. Les programmes de Plan International permettent aux filles et à leur famille de recevoir de la nourriture, de l’argent, de garantir un environnement sûr et adapté aux enfants, ainsi qu’un accompagnement pour qu’elles puissent reprendre leurs études. 

Mali

  • En moyenne, 3,6 millions de personnes sont confrontées à l’insécurité alimentaire chaque année
  • 30.4% des enfants de moins de 5 ans sont touchés par un retard de croissance

Au Mali, un projet de jardin communautaire mis en place par Plan International a apporté un approvisionnement alimentaire durable aux femmes vivant près de Mopti. Les femmes reçoivent une formation, un soutien technique et des semences pour les aider à entretenir le jardin. Les produits qui en résultent, notamment des tomates, de la salade et des pommes de terre, contribuent à réduire la malnutrition dans cette zone touchée par le conflit. 

Aissata, l’une des femmes qui travaille au jardin, explique qu’avant l’arrivée du projet, les femmes participantes ne pouvaient même pas donner aux enfants 50 francs malien pour un goûter. 

« Ce que nous cultivons est mangé par nos familles, et nous vendons le reste. Nous préparons même de la purée de pommes de terre pour les bébés. Depuis, nous n’avons plus de malnutrition dans le village. Nous n’avons plus de problèmes pour nourrir nos enfants », s’enthousiasme-t-elle. 

Les femmes ont également mis en place des cotisations mensuelles pour soutenir le jardin. « Nous contribuons toutes à l’entretien du jardin », explique Fatoumata, une autre participante. « Il existe plusieurs groupes d’épargne dans le village, auxquels toutes les femmes ont adhéré ». 

Les prochains objectifs pour Plan International sont d’étendre les systèmes d’approvisionnement en eau, d’organiser des formations sur les bonnes pratiques nutritionnelles et de fournir de nouveaux matériaux pour étendre le jardin.  

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Mes parrains m’ont aidé à terminer l’école

Au Mozambique, 22% des enfants entre 5 et 14 ans travaillent. Le travail domestique devient souvent le quotidien pour des milliers de filles qui ne vont plus à l’école. Pour lutter contre ce fléau, les équipes de Plan International proposent un accompagnement qui peut changer le destin d’un enfant et de sa famille.

La condition des filles au Mozambique

Dans de nombreux pays d’Afrique comme le Mozambique, les filles et les jeunes femmes sont chargées de répondre aux besoins de leur famille, notamment en allant chercher de l’eau, de la nourriture et en s’occupant de leurs petits frères et sœurs ainsi que des membres âgés de leur famille.
Souvent, dans les communautés traditionnelles, on pense que les filles n’ont pas besoin d’aller à l’école car elles sont destinées à devenir des épouses et des mères. Pour les filles, ces normes sociales conduisent souvent au décrochage scolaire, au mariage précoce et à la grossesse à l’adolescence.

Jeune femme souriante

Après le décès soudain de sa mère, Maria est devenue responsable de son foyer. Trois mois plus tard, sa sœur décède à son tour et Maria doit abandonner l’école pour s’occuper du fils de sa sœur, âgé de trois ans.

La place de l’éducation dans leur vie

« C’était difficile de jongler entre aller à l’école et m’occuper de ma famille lorsque ma mère et ma sœur sont décédées, car l’école ne me semblait pas être une priorité. Je ne voulais pas non plus mettre de pression financière sur mon père pour l’achat de mes fournitures scolaires, alors je lui ai dit que j’allais abandonner l’école pour aider à la maison. C’est alors que mon père a contacté Plan International pour voir si l’on pouvait nous aider », explique Maria, qui vit dans la province d’Inhambane.

Le père de Maria, Julio, était l’un des ouvriers du bâtiment qui a participé à la construction d’une école financée par le programme de parrainage de Plan International. Voulant permettre à sa fille de terminer ses études, Julio a contacté un agent communautaire de Plan International qui a accepté d’inscrire Maria au programme de parrainage de l’organisation.

Si ma marraine n’avait pas été là, j’aurais déjà quitté l’école.

« Ma fille était encore une enfant, elle est très intelligente et je ne voulais pas qu’elle souffre à cause de notre situation. Grâce au programme, Maria a reçu des manuels scolaires, des fournitures et des lettres de ses parrains qui l’ont encouragée. C’est ainsi qu’elle a pu terminer sa scolarité », raconte Julio. 

Après avoir terminé l’école secondaire, Maria a décidé de poursuivre ses études et étudie désormais au collège technique. « Je suis très heureuse d’avoir terminé l’école et je me suis déjà inscrite dans une académie en ville afin d’être mieux qualifiée pour travailler. Si je n’avais pas pu obtenir l’aide de mes parrains, j’aurais déjà quitté l’école », déclare Maria, qui a maintenant 19 ans. 

L’action de Plan International au Mozambique

Le programme de parrainage de Plan International permet aux filles du Mozambique de terminer leurs études. Notre objectif est d’étendre notre réseau de parrainage dans le pays afin que davantage de filles comme Maria puissent avoir accès à une éducation, à une formation de qualité et développer leur potentiel.

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Sommet Union africaine-Union européenne : laissons la place aux jeunes !

Le 6ème sommet entre l’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE) a eu lieu les 17 et 18 février 2022. L’occasion pour Plan International d’appeler les gouvernements à prendre des engagements forts en faveur de la participation politique des enfants et des jeunes, en particulier des filles et des adolescentes.

Fille qui lit un livre

La société civile – dont les jeunesses -, le secteur privé et les autorités locales d’Afrique et d’Europe se sont réunis en amont du sommet pour échanger autour du nouveau partenariat entre les deux continents. En collaboration avec des réseaux africains de jeunes – Nala Feminist Collective, Afresist et Gender is my Agenda Campaign Young Women Network –, Plan International a organisé un événement conjoint sur la participation politique des jeunes femmes.

L’occasion d’adresser, au travers d’une lettre co-écrite, des recommandations aux chef∙fe∙s d’État et de gouvernement : éducation, accès à l’emploi et autonomie financière et intégration des filles et des femmes à la prise des décisions politiques. 

Encourager le leadership et la participation politique des filles et des jeunes femmes

« Je veux que les filles et les jeunes femmes aient une voix, qu’elles influencent l’agenda », déclare Dubravka Šuica, vice-présidente de la Commission européenne chargée de la démocratie et de la démographie, lors du webinaire organisé par Plan International et par ses partenaires.

À l’occasion de cet évènement conjoint, Plan International a rappelé aux décideur∙euse∙s de l’UE et de l’UA la nécessité de veiller à ce que les jeunes, et en particulier les jeunes femmes, ne soient pas laissé∙e∙s pour compte dans les espaces de prise de décision.

En tant que jeunes, nous devons nous asseoir à la table et faire entendre notre voix.

« Nous les jeunes, nous devons partager nos expériences, établir des liens avec nos pair∙e∙s, apprendre les un∙e∙s des autres et être prêt∙e∙s à apprendre des personnes qui nous ont précédées », interpelle Ruvarsahe Miti, jeune militante de l’organisation Youth Vibes AfriKa au Zimbabwe.

Serap Altinisik, directrice de bureau européen de Plan International, rappelle quant à elle que les politiques publiques doivent être élaborées avec les jeunes. Il est essentiel que les jeunes soient inclus de façon systématique aux décisions qui les concernent.

Un sommet en demi-teinte : des engagements encore insuffisants

Si l’importance de l’éducation et de l’accès à l’emploi comme leviers d’émancipation des filles et des jeunes femmes a été rappelée par les États, il convient d’aller plus loin. Plan International regrette le manque de transparence et de clarté des engagements financiers qui risquent de ne pas être respectés. Les dirigeant∙e∙s ne doivent pas seulement écouter les jeunesses mais concrétiser leurs aspirations et réellement les impliquer dans la mise en œuvre du nouveau partenariat entre l’UE et l’UA ! 

 

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