Togo : la lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail et à l’école

L’ONG Plan international effectue un travail de sensibilisation auprès des jeunes travailleur∙euse∙s en apprentissage et de leurs employeur∙euse∙s.  Au travers de formations, l’ONG informe sur les conséquences de la violence dans l’environnement de travail, les droits du travail et les systèmes de signalement des cas de violence et de harcèlement.

La création d’un espace de travail sain et attentif aux droits des travailleur∙euse∙s

Afi est une jeune apprentie couturière qui a participé au programme de formation. D’abord sceptique quant à l’impact de la formation, elle a pu constater un grand changement dans l’atelier où elle travaille.

« Avant, nous étions victimes de violences physiques de la part de nos patrons, mais grâce à la formation, ils nous traitent avec plus de respect et de dignité. Ils nous écoutent maintenant et essaient de nous comprendre. »

Le propriétaire de l’atelier où travaille Afi convient également que les choses ont changé pour le mieux. « Avant, j’avais du mal à gérer mes apprenti∙e∙s, mais le projet m’a beaucoup aidé. Grâce à la formation, j’ai appris des méthodes non violentes pour corriger les apprenti∙e∙s qui sont en faute. »

Ava, 18 ans, apprentie coiffeuse, a vécu une expérience similaire sur son lieu de travail.

« Dans le passé, lorsque nous étions en retard au travail, nous étions battues. On nous harcelait aussi pour nous pousser à des mariages précoces. Grâce à la formation, toutes ces violences ont diminué. »

La patronne d’Ava affirme que les activités de formation dans sa communauté l’ont aidée à changer la façon dont elle traite ses employé∙e∙s. « Je suis très fière, notamment de l’activité intitulée « les femmes modèles ». En atelier, nous avons suivi une formation très enrichissante présentée par une patronne venue spécialement d’Atakpamé. Cela m’a encouragé à apprendre davantage pour m’améliorer. Je m’engage maintenant à aider les jeunes filles à réussir dans la vie. »

L’engagement des garçons dans la lutte pour l’égalité

Kodjo, un élève de première année, nous dit qu’il est devenu un défenseur de la lutte pour l’éducation des filles suite à une formation dans son école.

 « Nous, les garçons, sommes devenus des alliés avec les filles. Nous enseignons à nos camarades les différents types de violences à l’école, à l’église et dans la communauté. Nous comprenons que l’éducation des filles profite à l’ensemble de la société et donc à nous aussi, les garçons. »

« Avant, à l’école comme dans la communauté, les filles étaient considérées comme des moins que rien. Même parmi nous, étudiants, nous marginalisions les filles dans nos classes. Cela les poussait parfois à abandonner l’école. Mais maintenant, nous avons pris conscience que nous devons les soutenir », explique Kossi, qui est membre d’un groupe à son école qui promeut les droits des enfants

« Notre rôle au sein du club est donc d’enseigner à nos camarades de classe et à la communauté les droits des enfants et surtout les droits des filles. Nous devons éviter le harcèlement sexuel et les mariages précoces. Nous, les garçons, devons également partager les tâches domestiques avec nos sœurs. « , explique Kossi.

Afadonougbo, membre de l’association des parents, affirme que les parents de sa communauté ont pris conscience de l’importance de traiter leurs enfants de la même façon. « En tant que parents, nous avons reconnu nos fautes et aujourd’hui nous sommes conscients de nos responsabilités ».

« Avant, les filles qui atteignaient l’âge de la scolarité étaient envoyées dans des couvents où elles restaient pendant trois ans sans aucune éducation avant de partir. Mais grâce à cette sensibilisation, cela commence à diminuer. Concernant les mariages précoces, nous avons vu des parents qui, en grandes difficultés financières, ont donné leurs filles à un très jeune âge. Mais aujourd’hui, il est possible de dissuader toute la communauté et ce phénomène est en train de prendre fin. »

Un projet féministe qui lutte contre les stéréotypes de genre et les violences sexistes et sexuelles

Le projet « Renforcement de la société civile pour la lutte contre les violences de genre au Togo » est mis en œuvre par Plan International, aux côtés de l’ONG  « Forum for African Women Educationalists » (FAWE) et vise à toucher plus de 4 000 apprenti∙e∙s dans différents corps de métiers, 10 000 élèves du secondaire, ainsi que des employeur∙euse∙s, des enseignant∙e∙s, des chefs traditionnel∙lle∙s et religieu∙ses∙x, des organisations communautaires, des chefs de village, des groupes d’épargne et de crédit et des membres de la communauté.

« Par le passé, la priorité était donnée aux garçons que les parents préféraient envoyer à l’école. Les filles devaient rester à la maison pour s’occuper du ménage. Mais aujourd’hui, les parents ont compris que les filles et les garçons devaient recevoir la même éducation. A l’école, les filles réalisent qu’elles ont les mêmes droits que les garçons pour occuper des postes de direction dans la société à l’avenir », explique un directeur d’école du sud-est du Togo.

Le projet travaille également dans les écoles pour lutter contre les stéréotypes sexistes, les normes sociales et les violences sexistes liées à l’école. La promotion de l’éducation des filles profite à l’ensemble de la communauté, puisque pour chaque année qu’une fille passe à l’école, ses revenus futurs augmentent.

Ensemble, faisons respecter les droits des filles !

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Rencontre avec Lynn, responsable du programme 18+ en Zambie

Lynn Chinene est responsable régionale du programme 18+ au sein de Plan International Zambie.

En Zambie, les mariages d’enfants affectent-ils les filles ?

En Zambie, comme sur le reste du continent africain, les mariages d’enfants frappent en grande majorité les filles. 1 fille sur 3 est mariée avant l’âge de 18 ans. On constate cependant de fortes disparités entre les zones urbaines et rurales. Dans les provinces reculées de l’Est du pays, 60 % des filles sont mariées avant leurs 18 ans, soit le double de la prévalence nationale.

Pourquoi les filles sont-elles mariées si jeunes ?

La pauvreté constitue un facteur déterminant. Plus de 50 % de la population en Zambie vit sous le seuil de pauvreté, avec moins de 2 $ par jour. La dot des filles constitue une source de revenus. Au-delà de l’aspect financier, la pratique du mariage d’enfants reste profondément enracinée dans la société et les mentalités. Traditionnellement, les adolescentes pubères sont considérées comme « prêtes » à être mariées. Certaines croyances encouragent les veufs à s’unir avec de très jeunes filles afin de se purifier.

Quelles sont les conséquences des mariages précoces ?

Les conséquences sur la vie des filles sont catastrophiques ! Les mariages d’enfants entraînent de nombreuses grossesses précoces, qui constituent la 2ème cause de décès des adolescentes entre 15 et 19 ans. Cette pratique les expose davantage aux risques de violences physiques, psychologiques et sexuelles. Les filles mariées abandonnent l’école plus jeunes, ce qui perpétue le cercle vicieux de la pauvreté.

Comment le programme 18+ lutte-t-il contre ce fléau ?

Ce programme mené par Plan International dans toute l’Afrique de l’Est et du Sud encourage les échanges sur les mariages d’enfants, les grossesses précoces et l’excision entre les jeunes générations de militant·e·s, les leaders traditionnels et les institutions publiques. Nous exhortons les décideurs et décideuses politiques à criminaliser le mariage d’enfants et à veiller à l’application de la loi. Si rien n’est fait : 150 millions de filles âgées de moins de 18 ans seront mariées d’ici 2030 !

Le programme 18+

Le programme 18+ agit auprès des communautés locales du Malawi, du Mozambique, de la Zambie et du Zimbabwe pour mettre fin aux mariages d’enfants.

À travers divers groupes de discussions, filles et garçons sont sensibilisé·e·s aux dangers de cette pratique néfaste. Les jeunes militant·e·s mènent des actions de plaidoyer auprès des leaders traditionnels et auprès des pouvoirs publics. L’objectif : faire changer les mentalités et mettre en place une législation qui interdit les mariages d’enfants.

Découvrez le témoignage de Lynn

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Rencontre avec deux militantes du Bangladesh et du Togo

A l’occasion des 10 ans de la Journée internationale des droits des filles 2022, Plan International France a reçu deux militantes : l’une venant du Bangladesh, l’autres venant du Togo.

Rimi, 17 ans, militante au Bangladesh

S’opposer aux mariages d’enfants est inscrit dans les gênes de Rimi. Le jour où une de ses camarades de classe d’à peine 15 ans quitte l’école pour être mariée de force par sa famille, les parents de Rimi s’indignent et alertent la police.

Au Bangladesh, naître fille, c’est affronter les discriminations liées au genre : 59 % des femmes âgées de 20 à 24 ans ont été mariées avant 18 ans, soit plus de 4,3 millions de filles.

Face à cette situation dramatique, la jeune militante se bat aux côtés de sa mère, institutrice, pour changer les mentalités dans leur communauté. Véritable exemple de militantisme, elle lutte pour que les filles de son école aient accès à des toilettes séparées et qu’elles connaissent leurs droits en matière de sexualité.

« Au Bangladesh, plus des ¾ des filles et des femmes sont confrontées à des violences : je veux agir pour mettre fin à ce fléau. »

Désormais élue au Parlement des enfants du Bangladesh, Rimi présente ses recommandations contre le cyber-harcèlement des enfants et des jeunes filles à la ministre de l’Éducation. Devenue un véritable rôle-modèle pour sa communauté, Rimi montre qu’il est possible de changer les choses à 17 ans.

Découvrez le témoignage de Rimi

Dorcas, 21 ans, activiste du Togo

Dorcas fait partie de cette jeunesse qui influence sa génération. Aînée d’une fratrie de 3 filles, pionnière de l’engagement dans sa famille, elle représente une figure d’inspiration pour ses petites sœurs. Aujourd’hui, c’est avec elles qu’elle milite contre les violences faites aux filles et aux femmes au Togo. Étudiante en médecine, elle se rend compte à l’occasion d’un stage à l’hôpital des violences engendrées par les stéréotypes de genre.

« Chaque victime de violences pourrait être une de mes petites sœurs : pour éviter cela, il faut impérativement changer les mentalités ! »

Élue en 2020 « jeune femme leader du Togo », pays où 25 % des filles sont encore mariées avant l’âge de 18 ans, Dorcas reste convaincue que les mentalités doivent changer à tous les niveaux de la société. Pour cela, elle n’hésite pas à engager le dialogue avec les leaders traditionnels, religieux et politiques.

Animatrice de l’émission télé « Les jeunes en parlent » sur la chaîne SOS Docteur TV, Dorcas veut mettre fin aux tabous et sensibiliser les jeunes femmes aux dangers des mariages d’enfants. Plus tard, elle souhaite devenir oncologue pour mieux soigner et accompagner les femmes atteintes par le cancer.

Découvrez le témoignage de Dorcas

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Rassemblement pour la Journée internationale des droits des filles

L’ONG Plan International France organise un rassemblement le mardi 11 octobre pour la Journée internationale des droits des filles. Venez nombreuses et nombreux !

📍 Où ? Place de l’Hôtel de Ville à Paris

Quand ? A partir de 13h00

Pus d’informations sur notre évènement Facebook.

Aujourd’hui encore, naître et être fille n’offre pas les mêmes chances, les mêmes conditions, les mêmes perspectives de vie que les garçons.

Déscolarisation, excisions, harcèlement de rue, harcèlement en ligne, mariages forcés, violences sexistes et sexuelles, grossesses précoces… Les filles sont encore aujourd’hui victimes d’inégalités, d’exclusion, de discriminations et de violences, ce qui entrave leurs droits, leur émancipation et a de graves conséquences sur leur vie.

Face à ce constat alarmant et aux manquements des Etats à leurs engagements, le 11 octobre doit être, plus que jamais, une journée de mobilisation générale afin de rappeler au monde l’importance des droits des filles et d’apprendre à ces dernières qu’elles ont le droit de décider par elles-mêmes, pour elles-mêmes.

Le 11 octobre, rejoignez-nous à la Place de l’Hôtel de Ville de Paris à partir de 13h pour vous mobiliser pour les droits des filles !

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Pour la santé sexuelle et reproductive des filles et des femmes

Les filles, premières victimes des inégalités

L’accès aux soins et à la santé fait partie des droits dont des millions de filles et de femmes sont privées dans le monde, notamment en ce qui concerne leur santé sexuelle et reproductive. Cette situation est la conséquence de plusieurs facteurs.

  • Un manque d’information : Dans le monde, 132 millions de filles n’ont pas accès à une éducation, y compris sexuelle et reproductive. Elles rencontrent ainsi des difficultés pour s’informer, lire, comprendre des prescriptions médicales et se soigner.
  • Des inégalités économiques : La pauvreté, les inégalités salariales et leur manque d’indépendance financière limitent leur accès à des examens médicaux, soins, traitements et médicaments nécessaires à leur bonne santé.
  • Des discriminations sexistes : Dans de trop nombreux pays, les filles et les femmes sont considérées comme inférieures aux hommes. Leurs problèmes de santé sont minimisés et elles ne sont pas toujours autorisées à prendre des décisions concernant leur propre corps.

Cette privation de leurs droits les expose à des risques de précarité menstruelle, d’infections sexuellement transmissibles, d’avortements clandestins et de grossesses précoces non désirées et /ou à risque.

830 femmes décèdent chaque jour de causes évitables liées à la grossesse ou à l’accouchement et 99 % de ces décès surviennent dans un pays en développement.

Sensibiliser, former et dialoguer pour un accès facilité aux soins en matière de santé sexuelle et reproductive

Les services de droits et de santé sexuelle et reproductive comprennent l’accès à l’hygiène menstruelle, aux moyens de contraception, à l’avortement dans des conditions sécurisées, aux traitements de maladies sexuellement transmissibles comme le VIH, au planning familial et aux soins de santé obstétricale.

Sensibiliser, former et dialoguer sont les maîtres-mots de l’action de Plan International. Nos équipes travaillent activement, afin de faciliter l’accès aux soins pour les filles et les femmes : construction de centres de santé, mise à disposition de matériel médical, développement des services de santé sexuelle, prise en charge médicale et psychologique des malades, sensibilisation des communautés à la nécessité de soigner les femmes autant que les hommes.

En Éthiopie, dans la région d’Amhara, Plan International aborde la thématique de la santé sexuelle et reproductive, dans le cadre d’un programme destiné à répondre aux besoins des personnes déplacées et rapatriées.

Des formations en soins pré et postnataux, en matière d’accouchement et de planification familiale sont dispensées à 8 sages-femmes des centres de santé prioritaires et 2 sages‑femmes de l’équipe mobile.

À leur tour, les sages-femmes pourront partager leur formation avec les agents sanitaires, afin qu’ils puissent sensibiliser les mères enceintes dans leurs communautés respectives.

55 agents sanitaires et travailleur·euse·s sociaux·ales bénéficient d’un soutien pour organiser des sessions d’éducation sexuelle et des dialogues à destination des adolescent·e·s.

20 travailleur·euse·s sociaux·ales communautaires sont formé·e·s sur la santé sexuelle et reproductive, afin d’assurer une éducation communautaire de masse efficace et un soutien psychosocial de base.

« En Éthiopie, nous visons des sessions de sensibilisation sur les droits à la santé sexuelle et reproductive pour 26 000 soignants, hommes et femmes. »

En Tanzanie, dans la région de Geita, aux abords du lac Victoria, la santé sexuelle et reproductive fait partie du programme de protection de l’enfance, « Child Labour », financé par l’Agence Française de Développement.

Plan International France y mène des actions de sensibilisation en direction des agents de santé, des communautés, des comités d’enfants, des leaders communautaires et des personnels scolaires.

Des agents de santé et des éducateurs et éducatrices (jeunes formé·e·s pour aider leurs camarades dans leur communauté à adopter un comportement sain et responsable en matière de santé de la reproduction) sont formé·e·s sur les sujets suivants : mariages des enfants, grossesses précoces, hygiène menstruelle, maladies et infections sexuellement transmissibles, etc.

Nos actions en matière d’éducation à la santé sexuelle et reproductive au sein des communautés permettent aux filles comme aux garçons de faire les choix les plus éclairés pour leur sexualité et leur santé reproductive. Ces actions sont essentielles pour la santé, le bien-être et l’éducation des adolescentes et des femmes.

Au Bénin, au Togo et en Guinée, le projet « Championnes » vise à contribuer à la promotion de l’émancipation des filles et l’égalité de genre à travers la pratique du football.

Par le biais des entrainements sportifs, les filles développent des compétences de vie comme la confiance en soi, l’esprit d’équipe, l’affirmation de soi, leur permettant de prendre des décisions, y compris sur leur santé sexuelle.

Filles et garçons seront en outre mieux outillés grâce à la réalisation de sessions de sensibilisation liées à la gestion de la sexualité et à leur santé reproductive. Les familles et les communautés seront impliquées dans les activités de sensibilisation pour être en capacité de changer les normes sociales et les stéréotypes de genre et ainsi réduire le nombre de mariages d’enfants et de grossesses précoces.

Les connaissances en termes de droits et de santé sexuels reproductifs sont essentielles pour permettre aux filles une autonomisation sociale et économique au sein de leur communauté.

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« A 16 ans, mes grands-parents m’ont mariée de force à un homme »

1 fille sur 3 : c’est la proportion de filles mariées avant l’âge de 18 ans en Zambie. Edna, 19 ans, grandit dans le district de Chadiza, à l’Est du pays, où plus de 60 % des filles restent mariées de force avant leur majorité.

Abandonnée par ses parents avec ses 4 frères et sœurs, elle est élevée par ses grands-parents. Ces derniers considèrent que la place des garçons est à l’école alors que celle des filles reste au foyer. Alors qu’elle vient d’avoir 16 ans, sa famille décide de la déscolariser pour la marier à un homme de 31 ans.

Violée, maltraitée et exploitée, Edna parcourt tous les jours des dizaines de kilomètres, parfois pieds-nus, afin de rapporter de l’eau.

Après 6 mois de calvaire – où elle échappe de peu à une grossesse précoce – elle s’enfuit. Seule et sans ressources, elle rencontre une femme qui la met en contact avec Plan International. Edna intègre le programme Champions of Change.

« Grâce au programme Champions of Change, j’ai découvert que j’avais des droits qui devaient être respectés. Le mariage que j’ai subi est une violation de mon intégrité ».

Pour Edna, connaitre ses droits signifie pouvoir décider pour soi-même et ne plus jamais voir son consentement nié.

Edna s’engage maintenant auprès de sa communauté pour raconter son histoire et pour sensibiliser les filles, les parents, ainsi que les leaders traditionnels, aux conséquences terribles des mariages d’enfants. Le changement de mentalités doit s’effectuer à tous les niveaux de la société. Par ses actions, la militante rappelle aux adolescentes que l’éducation reste l’arme principale de leur émancipation.

« Grâce à moi, 15 adolescentes qui devaient être mariées ont pu retourner sur les bancs de l’école. »

Edna, elle aussi, a repris sa scolarité et espère obtenir une bourse pour étudier la médecine à l’université.

Découvrez les causes et conséquences des mariages forcés.

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Les filles donnent de la voix pour le 11 octobre !

Le 11 octobre prochain, à l’occasion de la Journée internationale des droits des filles, l’ONG Plan International France lance une nouvelle mini-série de trois podcasts sur la thématique du consentement.

Le 11 octobre : la journée internationale des droits des filles

La Journée internationale des droits des filles a été créée et impulsée il y a 10 ans suite au travail de plaidoyer de Plan International.

Le 11 octobre est l’occasion de se mobiliser pour montrer que les droits des filles sont un enjeu essentiel pour construire une société plus juste.

Parmi ces droits la notion de consentement et le droit des filles au respect de leur choix sont essentiels pour leur permettre de grandir dans un environnement sûr.

La mini-série : les filles debout

Dans cette mini-série nous abordons la notion de consentement et ses multiples facettes. Car en effet, les violences sexistes et sexuelles peuvent être présentes dans toutes les sphères de la société et touchent toutes les générations.

Pour illustrer cela, nous avons décidé d’inviter trois expertes des violences sexistes en France :

  • Laura Jovignot militante féministe et fondatrice du collectif « Pas ta potiche » nous parle de son métier d’hôtesse et de toutes les dérives sexistes et discriminantes qu’elle a vécu et contre lesquelles elle s’est levé.
  • Louise Delavier directrice des programmes chez « En Avant Toute(s) » nous explique les mécanismes du harcèlement sexiste en ligne et présente les solutions qui s’offrent aux victimes.
  • Sarah Durocher co-présidente du Planning familial nous présente des solutions pour endiguer ces violences dès le plus jeune âge en sensibilisant les enfants à au sexisme et aux violences sexuelles.

Dans ces trois entrevues, nous parlons des actions menées par Plan International dans le monde ainsi que des solutions proposées en France par Pas ta potiche, En Avant Toute(s) et le Planning familial afin d’éliminer les violences sexistes dès le plus jeune âge.

Ces podcasts vous offriront une vulgarisation des thématiques, une mise en lumière des enjeux actuels ainsi qu’une liste de solutions concrètes pour les personnes concernées.

Retrouvez un nouvel épisode chaque semaine à partir du lundi 3 octobre sur toutes les plateformes d’écoute.

Découvrez nos podcasts : 

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Mariage d’enfants, excision, harcèlement : les filles n’ont pas dit oui

10 ans après la première Journée internationale des droits des filles, instaurée par l’ONU grâce au travail de Plan International, le constat reste accablant en France et dans le monde, les droits des filles demeurent bafoués.

Cette année l’ONG Plan International France alerte sur le non respect du consentement des filles. Ces dernières continuent d’être confrontées aux pires discriminations violences sexistes et sexuelles, harcèlement de rue et en ligne, excision et mariage d’enfants.

Le mariage des filles : une violation de leurs droits et de leur consentement

Dans le monde, les filles et les femmes représentent plus de 2/3 des mariages forcés : 1 fille sur 5 a été mariée avant l’âge de 18 ans.

En 10 ans, les mariages d’enfants ont diminué de 15 %, mais cette baisse concerne particulièrement l’Asie du Sud et du Sud-Est.

À l’inverse, l’Afrique subsaharienne connaît une aggravation de la situation : aujourd’hui, 1 enfant marié sur 3 habite cette région du monde, contre 1 enfant sur 5 il y a 10 ans. L’Afrique de l’Ouest et centrale compte 6 des 10 pays où la prévalence du mariage des enfants est la plus élevée au monde.

La pauvreté, les pratiques traditionnelles et les inégalités de genre perpétuent les mariages précoces et forcés. Sur le continent, des disparités importantes existent entre les pays et résultent des différences de niveaux socio-économiques, mais également des législations mises en place par les États.

Par ailleurs, les multiples conflits et crises exposent encore plus fortement les adolescentes aux pratiques néfastes. Dans les zones affectées par la sécheresse en Éthiopie, la crise alimentaire provoque une explosion des mariages d’enfants : + 119 %.

Le 11 octobre, les filles sont debout pour dire stop !

Aujourd’hui, les filles ne décident toujours pas pour elles-mêmes. Notre conviction : aucune décision à l’égard de leur vie ne peut être prise sans leur consentement et encore moins à leur place. Et parce que pour décider, il faut comprendre et donc avant tout apprendre, parce que le respect et l’égalité s’enseignent et se transmettent, Plan International France place l’éducation au cœur de ses combats.

Les demandes de l’ONG Plan International France aux gouvernements :

  • La mise en application de la loi et d’un programme scolaire d’éducation complète à la sexualité et contre le sexisme.
  • La mise en œuvre de législations et de sanctions efficaces pour combattre les mariages d’enfants avec un âge minimum légal de fixé à 18 ans.
  • Une meilleure protection des mineures sur Internet et la mise en place de programmes d’éducation au numérique.
  • L’instauration de campagnes de sensibilisation contre le harcèlement et de mesures pour favoriser la sécurité des filles dans la rue.
  • L’adoption et l’application d’une législation qui interdit et sanctionne toutes formes de mutilations génitales féminines.

Téléchargez le dossier de presse Journée internationale des droits des filles 2022.

CONTACTS

Juliette Bénet : juliette.benet@plan-international.org / +33 6 50 10 10 85
Clara Saam : clara.saam@plan-international.org / +33 7 86 45 12 10

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Le consentement : un apprentissage pour se débarrasser du sexisme

Cette année, l’ONG Plan International France place le consentement au cœur de sa campagne pour la 10e Journée internationale des droits des filles du 11 octobre. Apprendre aux filles qu’elles ont le droit de décider pour elles-mêmes, c’est lever un obstacle majeur qui entrave leur vie et leur accomplissement. Notre conviction est claire : aucune décision à l’égard de leur vie ne peut être prise sans leur consentement et encore moins à leur place.

Le consentement : qu’est-ce que c’est ?

Consentir est un grand mot. Parfois même, un gros mot.Il évoque ce qui se joue entre deux personnes, quand l’une désire entrer en interaction avec l’autre et doit évaluer si c’est réciproque.  

 Le consentement doit être libre, éclairé, enthousiaste et réversible.Non c’est non, et sans “oui”, c’est un non. Consentir, ce n’est pas céder. Consentir, ce n’est pas juste ne pas opposer de résistance. 

Le consentement peut être biaisé quand on est en situation de subordination face à un supérieur hiérarchique, à une personne qui a une autorité parentale ou une tutelle sur nous, ou quand on est en situation d’inégalité face à quelqu’un qui est en mesure de nous rendre un service très important, à une figure symbolique d’autorité comme un professeur, quand on est en état d’ébriété face à une personne sobre, quand on est mineur·e face à une personne majeure. 

Le respect du consentement est un apprentissage

Consentir ou non, c’est décider.Décider pour soi, c’est affirmer son existence, sa liberté, son autonomie, faire face et se tenir debout contre toutes les inégalités, les injustices et les violences. C’est pouvoir dire non aux violences et injonctions imposées à son corps, à sa sexualité, à sa vie. C’est pouvoir dire oui au respect de ses droits fondamentaux, à son droit d’aller à l’école, à ses désirs, à l’envie de s’engager, à ses choix de vie.

Se sentir légitime de dire oui et de dire non, sans être culpabilisée, est quelque chose qui doit s’enseigner dès le plus jeune âge. Les filles doivent pouvoir devenir des femmes qui n’ont pas honte et ne sont pas embarrassées à l’idée de dire “non”.

Et parce que pour décider, il faut comprendre et donc avant tout apprendre, parce que le respect et l’égalité s’enseignent et se transmettent, Plan International France place l’éducation au cœur de ses combats. Le respect du consentement est aussi un apprentissage du côté des garçons car un garçon qui respecte les droits des filles sera un homme qui respectera les droits des femmes.

Plan International France se mobilise pour le respect du consentement

Nous soutenons toutes celles et ceux qui participent à expliquer, promouvoir et défendre ce principe fondamental de liberté. C’est pourquoi l’ONG Plan International France agit en collaborant avec les communautés des filles et les partenaires locaux dans ses pays d’intervention en obtenant des avancées concrètes et durables pour les droits des filles.

À travers notre campagne pour les droits des filles « On n’a pas dit oui », nous sensibilisons à l’importance de garantir aux filles leurs droits de décider pour elles-mêmes dans tous les aspects de leur vie.

Consentir ou non, c’est décider !

Consentir ou non, c’est décider ! Le consentement doit toujours être éclairé, explicite, mutuel. Il ne doit jamais être arraché, violé, nié, ignoré !

Partout dans le monde, les filles se lèvent pour exiger le respect de leurs droits fondamentaux. L’ONG Plan International France se tient debout aux côtés des filles !

Et vous ?

Mobilisez-vous !

Pour défendre toutes ces valeurs de respect du consentement, on vous attend aussi nombreuses et nombreux à notre rassemblement du mardi 11 octobre à 13h, Parvis de l’Hôtel de ville de Paris, à l’occasion de la journée internationale des droits des filles : https://www.facebook.com/events/415062773799510

Pour recevoir toutes les informations en amont, inscrivez-vous sur : https://les-filles-debout.plan-international.fr/

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Accueillir à l’école les enfants réfugiés d’Ukraine

Dans une salle d’école du centre de la Moldavie, une classe apprend des danses traditionnelles pour la fête de fin d’année. Parmi eux, Sophia, âgée de 10 ans, attend avec impatience cette fête pour marquer la fin de ce qui a été pour elle une année scolaire difficile. Sophia fait partie des millions d’enfants dont la vie a été bouleversée par le conflit en Ukraine.

Fuir l’Ukraine

Sophia a quitté la maison avec sa mère et sa grand-mère pour échapper aux bombardements et aux sirènes quotidiennes. Ses souvenirs du voyage en train sont particulièrement troublants car elle a été témoin de disputes entre les gens alors qu’ils se bousculaient pour trouver de la place dans le train surpeuplé.

« Le voyage réel de Kyiv à Vinnytsya en train a été la chose la plus horrible. Je ne l’oublierai jamais : le train était plein et des gens venaient nous crier pourquoi on prenait leur place alors que les places nous avaient été données par le personnel du train », explique Sophia.

Le jour de son anniversaire, Victoria et sa mère ont fui la maison à 5 heures du matin en voiture vers Odessa alors que leur quartier subissait des bombardements et des coups de feu. Elles se sont ensuite rendues au poste frontière de Palanca et puis en Moldavie.

Victoria admet qu’elle a eu peur le premier jour dans la nouvelle école. « Le directeur était accueillant et a rapidement réglé les papiers et l’inscription, mais je suis devenu très émotive et stressée par le nouvel environnement et j’ai commencé à pleurer. Ma mère est restée avec les professeur∙e∙s et mon directeur m’a emmené au deuxième étage et m’a amené à la classe et m’a dit « ok, c’est ta nouvelle classe ».

À ce moment-là, j’ai continué à pleurer et certains des camarades de classe ont demandé pourquoi je pleurais. Et le directeur a dit que j’étais une fille d’Ukraine et l’une des filles à l’arrière a dit : « Je suis aussi une fille d’Ukraine », ce qui m’a rassuré.

Depuis lors, Victoria s’est liée d’amitié avec ses camarades de classe moldaves et Maria, 15 ans, également réfugiée ukrainienne.

Maria est arrivée avec ses grands-parents mais ses parents sont restés à Kiev où sa mère travaille comme médecin. « D’un côté, je suis heureuse d’être en sécurité. Mais d’un autre, mes parents me manquent vraiment. Ils sont tous les deux là-bas. ».

Maria et Victoria attendent avec impatience leur bal de fin d’année avec leurs nouveaux ami∙e∙s et ont déjà prévu leurs tenues. « Je ne pensais même pas que je fêterais mon bal de promo dans un autre pays », dit Maria. « Mais en même temps, je me suis fait de très bons ami∙e∙s et je peux célébrer mon bal avec celles et ceux qui m’ont tellement soutenu. »

Donner accès à l’éducation

Le conflit en Ukraine a perturbé l’éducation d’une génération d’enfants. Veiller à ce que les enfants réfugiés qui ont fui le conflit en Ukraine puissent retourner en classe est vital pour leur apprentissage et leur bien-être.

En Moldavie, faire face à l’ampleur et à la rapidité des nouveaux arrivants d’enfants en âge d’aller à l’école représente un défi sans précédent pour le système scolaire.

Plan International a travaillé avec les autorités locales de Moldavie pour fournir des sacs à dos contenant des fournitures scolaires de base aux enfants nouvellement arrivés et a formé des enseignants pour soutenir et enseigner aux enfants réfugiés, y compris ceux qui ont potentiellement vécu des événements traumatisants.

Zeynep Sanduvac, spécialiste de l’éducation de Plan International qui forme des enseignant∙e∙s à Chisinau, en Moldavie. Zeynep apporte ses années d’expérience de travail dans l’éducation dans des situations de crise à travers le monde et a travaillé avec la municipalité de Chisinau pour organiser une formation pour les enseignant∙e∙s axée sur la résolution des défis auxquels ils sont confrontés en classe et les compétences générales nécessaires pour répondre aux besoins des enfants réfugiés.

Pour Sophia, Maria et Victoria et d’autres enfants ukrainiens, les événements des six derniers mois ont bouleversé leur vie. Alors que leur avenir reste incertain et qu’elles ne savent pas combien de temps elles resteront loin de leurs proches et de leur maison, l’accueil des enseignants et des camarades de classe leur a fourni une bouée de sauvetage indispensable.

Pour les enfants dont l’éducation est perturbée par le conflit en Ukraine, chaque jour où ils manquent l’école compte. « L’éducation ne peut pas attendre », a déclaré Zeynep. « Le temps passe vite et c’est pourquoi nous devons soutenir les enfants dans l’éducation formelle. »

Plan International s’efforce de promouvoir un accès gratuit et égal à une éducation de qualité pour tous les enfants – de l’apprentissage préscolaire à l’enseignement secondaire. Le retour en classe apporte aux enfants routine, stabilité, structure et espoir dans leur vie, cela améliore également leur bien-être émotionnel.

Nous travaillons avec les enfants touchés par le conflit en Ukraine, leurs familles, les communautés, les partenaires locaux et les gouvernements afin qu’ils puissent obtenir une éducation. L’apprentissage continu des enfants peut apporter l’espoir d’un avenir meilleur pour eux, leurs familles et leurs communautés.

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