Les femmes : premières engagées dans la lutte contre la malnutrition

L’augmentation des conflits armés, la détérioration de la sécurité, la pauvreté généralisée et le réchauffement climatique menacent la vie de millions de personnes dans le Sahel central. Au Mali, plus de 80 % de la population rurale est confrontée à l’insécurité alimentaire en raison de sa dépendance à l’agriculture vivrière et à l’élevage.

Permettre aux communautés d’être indépendantes

Le village de Fatoumata, dans le centre du Mali, a été confronté à de nombreuses crises alimentaires. La plupart des enfants de la communauté souffrent de malnutrition, car les difficultés financières auxquelles sont confrontées leurs familles ne leur permettent pas de satisfaire les besoins fondamentaux de leurs enfants.

Pour résoudre certains de ces problèmes et s’assurer que les enfants ont accès à une alimentation équilibrée et saine, Plan International a lancé un projet de nutrition pour accompagner les femmes du village à créer leur propre potager communal.

Les femmes ont reçu une formation, un soutien technique et des semences pour faire pousser une grande variété de fruits et de légumes, notamment des papayes, des gombos, des moringas et des bananes.

2 millions d’enfants de moins de 5 ans sont touchés par la malnutrition​ !

Découvrez le projet de Plan International pour lutter contre l’insécurité alimentaire.

Une méthode efficace pour combattre la crise alimentaire

Fatoumata ne tarit pas d’éloges sur cette initiative. « Ce jardin a vraiment été bénéfique pour nous. Nous produisons ce que nous consommons en famille et nous en vendons une partie. Depuis que nous avons commencé le jardin, nos enfants mangent bien et sont en bonne santé. », s’enthousiasme-t-elle.

Aissata, 22 ans, produit des laitues, des tomates, des aubergines, des poivrons, des carottes, des betteraves et des pommes de terre. Elle nous dit qu’elle est heureuse qu’il n’y ait plus de cas de malnutrition dans le village grâce à la formation que les mères ont reçue. « En cas de problèmes d’allaitement, nous préparons de la purée de pommes de terre pour le bébé », explique-t-elle.

« Avant, nous ne pouvions même pas donner à nos enfants 50 francs CFA pour un goûter, mais maintenant nous le faisons. Nous ne pouvions pas nous occuper correctement de nos enfants, mais maintenant c’est possible avec l’argent que nous gagnons avec les ventes », nous raconte Aissata avec le sourire.

Un projet inspirant dans toute la région

L’entretien du potager dépend exclusivement des femmes. Elles ont mis en place un groupe de jardinage, avec un système d’épargne auquel chaque femme contribue. « Chaque mois, chaque femme donne 250 francs CFA qui sont mis dans la caisse », explique Aissata.

Le chef du village raconte que le système d’approvisionnement en eau du village est tombé en panne récemment et que les femmes ont utilisé leurs économies pour couvrir les frais de réparation. Cependant, le conflit dans la région menace sérieusement la sécurité économique des femmes. Elles ne peuvent plus se rendre aux foires hebdomadaires pour vendre leurs produits, car si certains villages sont déserts, l’accès aux autres est trop risqué.

Le groupe de jardinage des femmes a construit sa réputation dans la région. En effet, elles sont connues pour vendre les meilleurs produits, surtout hors saison. « Nous avons créé plusieurs associations dans le village grâce au projet et cela a unifié la communauté car toutes les femmes sont là et même quelques hommes aussi », témoigne Fatoumata.

« Le projet de nutrition n’a pas seulement contribué à réduire l’insécurité alimentaire dans la communauté, il a également renforcé la cohésion sociale au sein du village. »

Fatoumata

Elles ont l’ambition d’étendre leur jardin mais ont besoin d’un soutien supplémentaire. « Nous n’avons pas assez d’eau potable, il nous faut un autre système d’approvisionnement en eau, un réservoir de stockage. Pour bien conserver nos produits, nous avons également besoin d’un entrepôt de stockage, d’arrosoirs et de râteaux », explique Fatoumata.

A côté de cela, Fatoumata, mère de trois enfants, a un autre rêve. « Je veux aller à l’école. Nous voulons aussi un espace d’apprentissage pour les femmes elles-mêmes. Cela nous permettra de faire nos propres comptes et de gagner plus d’argent. »

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L’impact de la sécheresse en Ethiopie sur la sécurité alimentaire

Alors que le monde fait face à une crise alimentaire dévastatrice, la sécheresse qui sévit dans le sud et le sud-est de l’Éthiopie a désormais un impact significatif sur la vie et les moyens de subsistance de 6,8 millions de personnes, dont 2,5 millions d’enfants, selon l’ONU.

La sécheresse : le premier effet visible du changement climatique

À Borena, l’une des zones les plus durement touchées de la région d’Oromia, nous avons rencontré Galamo, 30 ans, qui vient de marcher pendant cinq heures pour obtenir de l’eau et recevoir une aide alimentaire. Elle a cinq enfants et a perdu tout son bétail à cause de la sécheresse, ce qui a laissé la famille sans aucun revenu.

« Il y avait trois vaches dans notre troupeau. Elles sont toutes mortes à cause de la sécheresse. Mon mari est parti au Kenya pour chercher du travail après la mort de nos vaches, car nous dépendions tous d’elles. La sécheresse a fait des ravages dans notre foyer, l’un de mes fils a même dû abandonner l’école à cause d’elle. »

Galamo a dû marcher jusqu’à un district voisin pour trouver de l’eau, elle n’a aucune idée du chemin parcouru. « Je suis obligée de venir ici parce qu’il n’y a pas de source d’eau près de chez nous », explique-t-elle.

« La sécheresse a causé toutes sortes de problèmes dans notre vie. Le bétail n’a pas pu paître car il n’y avait plus de pâturages. Il est également difficile pour nous d’acheter de la nourriture et d’autres produits de première nécessité, ce qui a pour conséquence que nos enfants se couchent le ventre vide. Si les choses restent en l’état, nous risquons de mourir de faim. Nous n’avons reçu aucune aide jusqu’à présent », nous dit Galamo.

Un impact direct sur la scolarisation des enfants

De nombreux enfants ont abandonné l’école pour aider leur famille à gagner un revenu quotidien et à chercher de l’eau et des pâturages. Cela les a rendus particulièrement vulnérables à des risques tels que le mariage forcé, les violences sexistes et sexuelles ou encore les grossesses précoces.

Diramu, 63 ans, est la mère de dix enfants, dont quatre qui ont été forcés de quitter l’école. « Mon fils a abandonné l’école et s’est rendu à Yabello pour chercher du travail. Ma fille a également abandonné l’école et nous aide maintenant dans les tâches ménagères. »

« J’aimerais que la pluie revienne et que notre vie redevienne normale. Nous voulons simplement avoir de l’eau et de la nourriture. Mon fils et ma fille doivent retourner à l’école car leur avenir est en jeu. »

Elema, 18 ans, qui est la fille de Diramu était une élève inscrite dans le cycle secondaire lorsqu’elle a dû arrêter.

« Après avoir perdu notre bétail à cause de la sécheresse, j’ai dû arrêter d’aller à l’école car ma mère avait besoin de mon aide pour les travaux ménagers et la collecte de bois de chauffage et de charbon pour la vente. J’utilise un jerrican pour recueillir l’eau et la transporter à la maison. Je prépare aussi les repas pour ma famille et je m’occupe du dernier de nos bovins. »

Elema, 18 ans

L’action d’urgence de Plan International pour protéger les enfants

Selon l’ONU, quelque 3,5 millions de personnes sont confrontées aux conséquences de la sécheresse dans la région d’Oromia. Les gens vivent dans des conditions désastreuses et il est urgent de mettre en place une réponse spécifique pour l’accès à l’eau.

Afin de lutter contre la sécheresse, les équipes Plan International fournissent des formations sur la production de miel et la culture de colonies d’abeilles, ainsi que des ressources telles que des semences après les inondations. Cela aide les familles à rétablir leurs moyens de subsistance après une urgence et à fournir des aliments pour réduire les problèmes de malnutrition.

La gestion de l’eau et de l’assainissement constitue une part importante de notre soutien dans les situations d’urgence. En Éthiopie, nous veillons à ce que les communautés disposent des ressources appropriées pour faire face aux maladies liées à l’eau et leurs conséquences.

Pour cela, Plan International a établi un partenariat avec 42 membres de la communauté, représentants communautaires et comités de l’eau dans le district de Sahala afin de fournir une formation. Ces communautés ont accès à plus de 78 900 sachets pour traiter l’eau, ainsi qu’à 200 kits de filtres à eau et à du chlore. Nos équipes sont également associées à des communautés pour reconstruire des points d’eau et des toits dans les zones touchées afin de garantir leur avenir à long terme. Cela fait une différence significative dans la vie des enfants des zones touchées.

Plan International s’engage

À soutenir les enfants touchés par des crises naturelles ou d’origine humaine et à renforcer la résilience des familles vulnérables et de leurs enfants.

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La sécheresse au Kenya accentue les violences sexistes et sexuelles

Le gouvernement kenyan a déclaré que la sécheresse qui sévit dans certaines régions du pays était une catastrophe nationale. Le comté de Kilifi est l’une des communautés les plus touchées. Le manque de pâturages a tué des milliers de têtes de bétail et a laissé 2,1 millions de Kenyans aux prises avec la faim et le manque d’eau, un problème qui touche particulièrement les filles et les femmes.

Cette année est la plus difficile de toutes

Jeunes femme debout contre une maison

Halima, 15 ans, vit dans un village avec son père, qui brasse l’alcool traditionnel pour gagner sa vie, et sa mère, qui est femme au foyer. À seulement 15 ans, Halima a tout vu : de la violence domestique à la pauvreté, mais elle affirme que cette année a été la plus difficile de toutes. « De nombreuses familles se sont séparées pendant cette période. Des parents se considèrent mutuellement comme des fardeaux et en arrivent à se rejeter mutuellement la responsabilité de leurs malheurs », explique-t-elle.

Ces dernières années, la crise au Kenya a été aggravée par les faibles précipitations et la pandémie de COVID-19. « Je ne peux me laver qu’une fois par semaine car il n’y a pas d’eau. Pour une fille, cela pose des problèmes d’hygiène qui peuvent avoir des répercussions négatives sur sa santé. », raconte Halima.

Des filles et adolescentes contraintes de se prostituer

La situation est particulièrement alarmante pour les filles et les femmes. Beaucoup ont eu recours à des stratégies de survie extrêmes, comme manger moins ou se prostituer pour obtenir de la nourriture ou de l’argent. « Le manque d’eau et de nourriture pousse certaines filles à se vendre en échange de serviettes hygiéniques, de nourriture et d’eau potable », alerte Halima.

Des filles âgées d’à peine 11 ou 12 ans sont exploitées par des hommes plus âgés.

Les filles et adolescentes sont particulièrement exposées car elles n’ont pas les connaissances nécessaires pour se protéger, et finissent souvent par tomber enceintes ou attraper des maladies.

« Certaines d’entre elles ont abandonné l’école. D’autres, y sont retournées mais ont du mal à se concentrer car elles restent préoccupées par les problèmes du quotidien. D’où de mauvais résultats scolaires. » déplore le directeur d’école d’Halima.

Une aide alimentaire pour les familles et les élèves

Plan International répond à la crise sanitaire et humanitaire dans cinq des comtés les plus touchés. Des colis alimentaires sont distribués à celles et ceux qui en ont le plus besoin. 

Des programmes d’alimentation scolaire ont également été mis en place afin que les filles et les garçons puissent bénéficier d’au moins un repas par jour et soient encouragé·e·s à rester à l’école et puissent poursuivre leur éducation.

Malgré les nombreux défis auxquels sont confrontées les filles à l’heure actuelle, Halima est optimiste quant à son avenir.  « Quand je finirai l’école, j’aimerais devenir médecin pour pouvoir aider ma communauté et soigner les personnes atteintes de maladies », dit-elle.

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« La COP26 n’a pas su reconnaître l’urgence de la crise climatique »

En réponse à l’accord final de la COP26, Plan International prend la parole et regrette le manque de reconnaissance de l’impact du changement climatique sur l’éducation des filles. A lire ci-dessous. 

« La COP26 n’a pas su reconnaître l’urgence de la crise climatique. Les pays les plus vulnérables au climat ont été contraints d’accepter un accord qui ne sera clairement pas suffisant pour les communautés qui subissent déjà des changements climatiques dévastateurs, les enfants et les filles étant les plus durement touchés.

Nous regrettons que les dirigeants n’aient pas réussi à augmenter le financement climatique, qui est essentiel pour soutenir les communautés les plus impactées. L’objectif de 100 milliards de dollars par an – fixé il y a 12 ans, et désormais insuffisant pour répondre aux besoins des communautés les plus vulnérables – n’a toujours pas été atteint. 

Groupe de jeunes femmes faisant les récoltes dans un champ

L’engagement des pays développés à doubler le financement de l’adaptation ne va pas assez loin pour répondre aux besoins urgents des pays les plus vulnérables au climat, pour qu’ils s’adaptent aux événements climatiques extrêmes auxquels ils sont et seront confrontés aujourd’hui et à l’avenir. En outre, les pays développés n’ont pas tenu leurs engagements sur la question vitale du financement des pertes et dommages, une priorité pour les pays à faible revenu, essentielle pour faire progresser la justice climatique. 

La COP26 était l’occasion de donner la priorité à une éducation climatique de qualité – cruciale pour préparer les enfants et les jeunes à la crise à laquelle ils sont confrontés – et à l’engagement des jeunes, notamment par le biais de l’examen et de l’amélioration du programme de travail de Doha sur l’action en faveur de l’autonomisation climatique (ACE) et de l’événement ministériel de haut niveau sur l’éducation climatique. Les enfants et les jeunes eux-mêmes ont demandé aux dirigeants mondiaux d’investir dans l’éducation climatique.

Nous nous félicitons des engagements pris dans le cadre du nouveau programme de travail de Glasgow sur le ACE (Action for the Climate Emergency) pour un débat en session sur l’engagement des enfants et des jeunes, pour la participation des jeunes dans les délégations officielles et pour un forum annuel dirigé par des jeunes. Malheureusement, le » pacte de Glasgow », approuvé lors de la COP26, ne reconnaît pas suffisamment l’impact disproportionné du changement climatique sur l’éducation des filles et n’inclut pas d’actions clés pour soutenir l’accès des filles à une éducation de qualité. Malgré nos efforts avec la société civile, il ne reconnaît toujours pas le pouvoir de l’éducation intégrant la problématique du genre comme une voie clé vers la justice climatique. Il n’inclut pas non plus suffisamment l’engagement civique, les compétences vertes, les compétences de vie, les processus politiques et l’activisme et, surtout, il ne reconnaît pas l’approche basée sur les droits. 

La combinaison des restrictions du COVID-19, des problèmes de visa, de l’inégalité dans l’accès aux vaccins et des coûts d’hébergement élevés, ainsi que des restrictions importantes de l’accès de la société civile aux principaux espaces de prise de décision, ont fait de la COP26 l’une des plus exclusives et inaccessibles à ce jour. De nombreuses négociations et événements cruciaux – notamment les négociations portant sur la participation du public et des jeunes – étaient inaccessibles aux plus concerné·e·s. Il n’est donc pas surprenant que les documents finaux ne reflètent pas l’urgence du moment.

La COP26 a permis de maintenir l’objectif de 1,5 degré, mais de justesse. Pour les enfants et les filles les plus marginalisés du monde, la différence entre 1,5 et 2 degrés de réchauffement sera énorme. Il est essentiel que tous les pays se rendent à la COP27 en Égypte avec des plans actualisés, une énergie et une volonté nouvelles pour faire de ce 1,5 degré et de la justice climatique une réalité. »
 

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Après le cyclone Idai, aider les filles à retourner à l’école

En mars dernier, l’un des cyclones les plus meurtriers d’Afrique australe a frappé le Mozambique puis le Malawi et le Zimbabwe. Plus de 1 000 personnes sont mortes et 1,6 millions d’enfants ont été touché·e·s. Les dégâts matériels sont colossaux, des centaines de milliers de personnes se sont retrouvées sans abri, de nombreuses écoles ont été détruites mettant l’éducation des enfants fortement en péril.

Nous sommes allés à la rencontre des filles survivantes touchées par le cyclone à Chipinge et Chimanimani au Zimbabwe qui cherchent désespérément à retourner à l’école. Découvrez leurs témoignages.

Chenge, 16 ans « Lorsque le cyclone a frappé, notre maison s’est effondrée »

Chenge a vu sa maison, où elle vivait avec sa grand-mère, être détruite par les inondations. « Lorsque le cyclone a frappé, notre maison s’est effondrée », raconte-t-elle. « Les inondations nous ont obligées à passer toute la nuit debout sur des poteaux en bois. Ma grand-mère a été touchée par des chutes de briques alors qu’elle tentait de récupérer des affaires. Nous étions totalement effrayées. », nous raconte-t-elle.

« Avant le cyclone, j’allais régulièrement à l’’école. Les inondations ont détruit tous mes livres et j’ai perdu mon uniforme scolaire. J’ai arrêté de suivre les cours parce que je n’avais pas de vêtements, ni d’argent pour payer les frais de scolarité. »

Après le cyclone, la grand-mère de Chenge n’a pas pu reprendre son travail à cause de ses blessures. Pour aider sa grand-mère, Chenge a dû prendre un emploi de femme de ménage. 

« Je suis allée travailler pour pouvoir gagner de l’argent et aider ma grand-mère à reconstruire notre maison », explique-t-elle. « J’ai travaillé pendant un mois et j’ai acheté des livres afin de retourner à l’école. »

Sylvia, 14 ans « Nous ne pouvions pas aller à l’école car il était impossible de traverser les ponts »

Sylvia s’est échappée de sa maison qui s’est écroulée pendant le cyclone. « Notre champ a été complètement dévasté. Les murs de la maison sont tombés sur le maïs que nous gardions dans la maison, nous nous sommes retrouvés sans nourriture ni vêtements », raconte-t-elle.

« Nous ne pouvions pas aller à l’école car c’était impossible de traverser les ponts qui étaient totalement submergés. Et, ma mère m’a dit qu’elle ne pouvait plus payer mes frais de scolarité », explique-t-elle.

Aujourd’hui, Sylvia est de retour à l’école, mais elle n’est pas sûre que sa famille puisse payer  pour son prochain trimestre.

« J’ai besoin d’argent pour payer mes frais de scolarité et acheter des livres. À la maison, nous avons dû mal à nous nourrir, nous passons parfois toute la journée sans manger. Avant le cyclone, ma mère élevait des poules. Aujourd’hui, elle doit tout recommencer à zéro. J’aimerais pouvoir obtenir de l’aide et rester à l’école. »

Maria, 18 ans « Si je ne retourne pas à l’école, je continuerai de souffrir »

Lorsque le cyclone Idai a frappé, la mère de Maria emmenait sa petite sœur malade à l’hôpital. Maria était seule à la maison pour s’occuper de ses autres frères et sœurs. Les inondations ayant bloqué toutes les routes autour de leur maison, Maria est restée seule avec ses frères et sœurs pendant plusieurs jours avant que sa mère et son père ne puissent revenir.

« Je ne pouvais pas aller à l’école pendant l’absence de ma mère parce que je ne pouvais pas laisser mes frères et sœurs. Alors j’ai attendu jusqu’à ce que le niveau de l’eau de la rivière baisse et que ma mère puisse traverser. »

Après le passage du cyclone, Maria n’est pas allée à l’école pendant près de deux mois. « Je faisais des petits travaux afin de gagner de l’argent pour acheter de la nourriture et d’autres choses pour nous aider. J’étais bouleversée parce que je savais que ma place était à l’école avec les autres enfants. »

Même si Maria est maintenant de retour à l’école, elle ne peut pas s’y rendre tous les jours : « J’ai recommencé à aller à l’école, mais parfois je n’y vais pas parce que nous n’avons pas assez de nourriture et que je dois aider ma mère à s’en procurer », confie-t-elle.

Maria connait l’importance d’aller à l’école, mais en ce moment, il y a trop d’obstacles qui se dressent sur son chemin. « Ce qui a changé, c’est que les frais de scolarité sont vraiment devenus un problème. Pour l’instant, je n’ai pas assez de livres. Ma mère n’a même pas de quoi m’acheter des serviettes hygiéniques, alors j’utilise des chiffons à la place. »

« Si je ne retourne pas à l’école, je continuerai de souffrir car je ne pourrai pas trouver d’emploi », s’inquiète Maria. 

Patience, 13 ans « Je crains d’être obligée d’aller travailler »

Patience vit avec ses grands-parents. Elle a dû quitter sa maison et se réfugier dans une école voisine lorsque le cyclone a frappé. « Au moment où nous avons quitté notre maison, il pleuvait à torrents. Nous sommes allés nous réfugier dans une école voisine et pour dormir. Quand nous sommes retournés chez nous le matin, nous avons trouvé notre maison détruite par les pluies », nous raconte Patience.

La jeune fille de 13 ans n’a pas pu retourner à l’école après le cyclone. « Nous dormions dans une pièce où nous stockions notre nourriture, nos vêtements et nos livres. Toutes nos affaires d’école ont été ensevelies sous les décombres de notre maison. Mon grand-père ne gagne pas assez d’argent pour payer à la fois la nourriture et nos frais de scolarité. »

Bien que Patience n’ait aucun moyen de payer les frais, elle est récemment retournée à l’école. « Quand j’ai dit à mes grands-parents que je ne pouvais plus rester à la maison, ma grand-mère m’a autorisé à retourner à l’école. Mais quand je serai renvoyée de l’école parce que je ne peux pas payer mes frais, je serai alors obligée de rester à la maison. »

Le grand-père de Patience pense que sa petite-fille devrait commencer à travailler pour contribuer au revenu familial. « Je crains d’être obligée de travailler. En travaillant chez d’autres personnes,j’ai peur d’être maltraitée  et qu’on abuse de moi. »

Ramener les filles à l’école pour de bon

En temps de crise, les filles ont toujours 2,5 fois plus de risques d’être déscolarisées que les garçons. Pourtant, l’éducation est le meilleur moyen pour elles de s’en sortir. Sans école, elles sont privées de toute opportunité de se construire un avenir. 

L’école offre un espace sûr pour apprendre et pour recevoir un soutien psychosocial indispensable après une catastrophe comme le cyclone Idai. L’école permet aussi aux filles de connaître leurs droits et donc de réduire les risques de travail forcé, de mariages d’enfants et de violences sexistes et sexuelles.

Grâce à votre soutien et à vos dons suite au cyclone Idai, nous avons pu contribuer à la mise en place de programmes d’éducation en situation d’urgence au Zimbabwe. Vous nous avez permis de réparer les bâtiments scolaires endommagés et de fournir du matériel d’enseignement et d’apprentissage aux enfants.

Nous avons également pu leur fournir des kits de dignité, des kits de rentrée scolaire, des uniformes et dans certains cas, nous avons pu payer leurs frais de scolarité. 

Nous remercions chacune et chacun d’entre vous qui nous permettez de faire face à l’ampleur des crises humanitaires. Grâce à votre fidélité et votre générosité, nous continuerons à nous mobiliser pour qu’aucun enfant ne soit privé de son droit à l’éducation, même en temps de crise.   

* exemple d’équivalence de dons basée sur le coût des opérations sur le terrain
Afin de répondre efficacement aux crises humanitaires et catastrophes naturelles, votre don sera affecté à la situation la plus urgente, selon les besoins recensés par nos équipes sur le terrain. 

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Notre ville, notre planète et notre avenir dépendent de nous !

Sohagi, 19 ans, vit dans un bidonville de Dacca, capitale du Bangladesh. Environ 3 000 personnes habitent dans ce quartier, tout proche d’un lac artificiel pollué. À l’approche de la mousson, l’eau sale monte et envahit tout pendant des semaines. Mais Sohagi est déterminée à faire bouger les choses et milite en faveur de solutions durables pour assurer la survie de sa ville.

lutter contre changement climatique bangladesh

Notre communauté est noyée sous l’eau pendant des semaines 

Sohagi est depuis longtemps impliquée dans plusieurs projets de développement de Plan International. Elle fait notamment partie d’un groupe de jeunes qui milite pour que les autorités améliorent les conditions de vie dans le bidonville.

« Parmi les nombreux défis que nous rencontrons ici, l’un des plus importants est l’eau. La saison de la mousson arrive plus tôt chaque année, elle dure plus longtemps et est de plus en plus imprévisible. Notre communauté est noyée sous l’eau, parfois pendant des semaines », déclare Sohagi.

Un demi-million de personnes migrent chaque année à Dacca

Au Bangladesh, l’élévation du niveau de la mer rend les zones côtières inhabitables. Les pluies fréquentes et abondantes détruisent les récoltes, année après année. Le changement climatique oblige les habitants des zones rurales impactées à migrer vers la capitale. 

Dacca, mégapole de 20 millions d’habitants, enregistre la croissance la plus rapide au monde : sa population augmente d’environ un demi-million de personnes par an !

« Ces malheureux doivent vivre dans des bidonvilles où l’accès à l’éducation, aux soins et à la protection est limité » déclare Jessica Cooke, responsable des politiques sur la résilience et le changement climatique chez Plan International.

« Mais, l’avenir est très préoccupant pour tous les habitants des villes qui dépendent, pour leur nourriture de ceux qui vivent à la campagne. Si les paysans quittent les zones rurales parce que l’agriculture ne leur permet plus de vivre, les habitants des villes finiront eux aussi par en souffrir ».

Les filles sont encore plus impactées par le changement climatique

Plan International se concentre particulièrement sur les conditions de vie et l’avenir des millions de filles dans le monde, victimes du changement climatique. Ce sont elles, les plus durement touchées :

  • Si les filles ont été retirées de l’école pour aider leurs parents à trouver eau et nourriture, elles n’y retournent généralement pas
  • Comme elles ne vont pas à l’école, elles ne bénéficient pas d’une formation qui leur apprend comment réagir en cas de catastrophes
  • Ce sont les filles qui sont les plus touchées en cas de pénurie alimentaire car elles sont les dernières servies
  • Dans de nombreux endroits, l’aggravation de la pauvreté amène les familles à marier leurs filles très tôt. 

Jessica Cooke explique : « Il est important que les filles soient informées et sensibilisées à la dégradation et la destruction de l’écosystème. Car non seulement cela a des conséquences pour elles aujourd’hui, mais cela en aura encore plus dans l’avenir, particulièrement parce qu’elles sont des filles. »

Notre génération doit s’impliquer

Notre défenseuse des droits des jeunes, Sohagi, et ses ami·e·s sont déterminé·e·s à faire changer les choses. 
« Nous, la prochaine génération, faisons partie de la solution. Nous voulons être partenaires des décideurs et décideuses politiques dans la recherche de solutions durables. L’avenir dépend de nous. Mettons-nous au travail – pour nous, pour Dacca, pour la planète ! », s’exclame-t-elle. 

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Les filles, premières victimes du changement climatique

Jamais depuis des décennies, le monde n’aura connu autant de catastrophes naturelles aussi dévastatrices. Face à un contexte d’urgence climatique, personne ne voit son existence mise autant en péril que les filles. Les catastrophes liées au réchauffement climatique mettent non seulement la vie des filles en danger mais aussi, lorsqu’elles survivent, leur avenir.

Les conséquences du changement climatique sur les droits des filles

Le réchauffement climatique développe de graves injustices sociales et intergénérationnelles : celles et ceux qui y contribuent le moins sont souvent les plus touché·e·s. Les filles et les jeunes femmes les plus vulnérables sont les plus affectées par les conséquences du changement climatique et n’ont pas accès aux informations et aux ressources nécessaires pour faire face aux crises écologiques.

Découvrez les lourdes conséquences du changement climatique sur les droits des filles :

  • Éducation

En période de crise, les filles sont souvent les premières à devoir abandonner l’école pour aider leur famille à gagner de l’argent, à participer aux tâches ménagères ou à s’occuper de leurs frères et sœurs. Privées d’école, elles sont alors moins informées sur le changement climatique et sur la manière de gérer ses effets. Sans opportunités de se construire un avenir, ce sont des générations entières qui sont sacrifiées.

  • Mariages d’enfants

Lorsque les revenus des familles sont menacés, le mariage des enfants peut être considéré comme un moyen de survivre.

  • Violences

Pendant et après des crises climatiques extrêmes, les filles courent un risque accru de violence et d’exploitation, y compris de sévices sexuels et physiques, et de traite. Ces risques peuvent se démultiplier lors de la collecte de nourriture, d’eau et de bois, ou lors de séjour dans des refuges temporaires.

  • Santé

Certaines maladies peuvent davantage affecter les filles que les garçons si elles souffrent déjà de malnutrition ou d’un manque d’eau, en particulier pendant leurs règles ou si elles sont enceintes ou jeunes mères. 

La perturbation des services de santé due aux catastrophes augmente les grossesses non planifiées et les problèmes de santé sexuelle et reproductive. Un manque d’accès à l’éducation peut également limiter la connaissance des filles sur ces questions et sur leurs droits.

Comment agit Plan International ? 

Nous aidons les filles et les jeunes femmes à prendre conscience de leurs droits et à être des actrices de premier plan dans l’action climatique. Nous aidons les filles à comprendre le changement climatique, ses impacts et comment elles peuvent s’adapter. 

  • Protéger l’éducation des filles 

L’éducation est essentielle pour développer les connaissances, les compétences et les comportements dont les filles ont besoin pour s’adapter au changement climatique. L’éducation aide aussi les filles à se sentir responsables de l’environnement et à s’impliquer sur ces questions dans leur communauté.

Près de 3,5 millions de filles ont bénéficié d’un meilleur accès à l’éducation grâce aux actions de Plan International en 2018. 

  • Soutenir le leadership des filles et des jeunes femmes

Il est urgent que davantage de filles et de femmes prennent la tête des politiques et des décisions sur l’action climatique. Cela garantira que les actions s’attaquent aux impacts spécifiques sur les droits des filles.

Pour que chaque fille et chaque jeune femme puisse être pleinement actrice du monde de demain, nous les impliquons dans les décisions qui les concernent et les encourageons à se faire entendre au sein de leur communauté. 

  • Soutenir l’emploi des femmes 

Dans le monde, près de 80 % des jeunes ni employé.e.s, ni scolarisé.e.s, ni en formation professionnelle, sont des femmes. Pour que les filles et les jeunes femmes puissent jouer un rôle de premier plan dans l’action climatique, elles doivent pouvoir avoir accès à un métier d’avenir.

Nous soutenons l’emploi des femmes sans stéréotype de genre. Plus de 4 000 jeunes femmes ont bénéficié de nos formations professionnelles au Cameroun, en Chine, en Egypte, en Inde et au Togo. 

La vulnérabilité des filles et des jeunes femmes face au changement climatique est de plus en plus reconnue. Mais cela n’est pas suffisant, nous devons également mettre en avant le rôle crucial joué par toutes ces filles et jeunes femmes dans l’action climatique.

En effet, les filles et les jeunes femmes ont toujours été à l’origine de nombreuses réponses et solutions innovantes face aux défis environnementaux à travers le monde. 

Nous demandons aux gouvernements de : 

  • Reconnaître l’impact social du changement climatique et répondre aux risques auxquels sont confrontés les plus vulnérables.
  • Impliquer les filles dans la création, la mise en œuvre et l’évaluation de leurs stratégies climatiques.
  • Aidez les filles à acquérir les compétences dont elles ont besoin pour répondre aux impacts de la crise climatique, jouer un rôle de premier plan dans l’action climatique et demander des comptes aux leaders.
  • Protégez les militantes en première ligne afin qu’elles puissent parler en toute confiance et en toute sécurité 
  • Il faut également mettre en avant le soutien que les filles apportent à leurs foyers et à leurs communautés pour s’adapter et répondre au changement climatique mais aussi pour réduire ses impacts. 

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Au Cambodge, le réchauffement climatique menace et isole les enfants

Les effets du réchauffement climatique se font déjà ressentir sur la vie des enfants dans les régions rurales du Cambodge. L’assèchement des terres a forcé de nombreux agriculteurs et agricultrices à migrer. À la recherche d’un travail, beaucoup ont été contraint·e·s de laisser leurs enfants seuls à la maison.

C’est le cas de Tein, 19 ans, et de son frère Narin, 14 ans qui vivent seul·e·s depuis plus de 10 ans après que leurs parents sont allés chercher du travail en Thaïlande.

Des enfants livrés à eux-mêmes

Tein est la seule fille de son village à aller à l’école, elle nous raconte que contrairement à elle « d’autres filles ont quitté l’école après la 6e année et sont déjà mariées ».

Tein est une jeune fille très débrouillarde pour son âge. Elle se déplace à mobylette pour aller à l’école et vit dans une petite cahute de quelques mètres carrés. Un morceau de tissu usé fait office de séparation entre la cuisine et le couchage de Tein et de son petit frère. Chaque jour, en rentrant de l’école, Tein s’empresse de préparer un repas à base de riz pour Narin.

Cela fait maintenant 10 ans qu’ils vivent seuls. Quand Tein avait 8 ans, ses parents sont partis à la recherche d’un travail au-delà des frontières cambodgiennes, comme beaucoup d’autres parents du village. Leurs conditions de vie en Thaïlande sont si modestes qu’ils ont été obligés de laisser leurs enfants ici. 

Une fois toutes les deux ou trois semaines, la grand-mère de Tein et de Narin passe la nuit avec eux. « Au début, il était difficile de prendre soin de mon frère toute seule, mais je m’y suis habituée maintenant », nous raconte-t-elle.

Leurs parents reviennent à la maison une fois par an, lors du nouvel an khmer. Le reste du temps, la famille reste en contact par téléphone. Parfois, ils envoient à Tein un peu d’argent pour acheter de la nourriture.

« Maman et papa me manquent plus qu’avant. Mais aujourd’hui, je comprends à quel point c’est difficile pour eux d’être des travailleurs immigrés », se confie-t-elle.

La menace de la sécheresse 

La communauté de Tein a toujours lutté contre la pauvreté et la sécheresse, mais les problèmes se sont aggravés au cours des 10 dernières années et de plus en plus de personnes ont été contraintes à chercher du travail en ville ou à l’étranger.

La faute au réchauffement climatique. La saison sèche est de plus en plus longue et chaude, les agriculteurs et agricultrices n’arrivent plus à récolter le riz 2 fois par an comme auparavant. 

« Je dois partir avant 5 heures du matin pour aller chercher de l’eau au puits. Si ce n’est pas le cas, les autres m’en voudront et le puits sera sec pour le reste de la journée », nous explique Tein.

L’éducation des enfants en péril 

Le réchauffement climatique a également aggravé la saison des pluies. Les inondations et les tempêtes imprévisibles ne cessent d’augmenter. Souvent, l’eau entre dans la maison de Tein et de Narin et il arrive que l’eau dégrade leur nourriture et leur provoque des maladies contagieuses. Ils ont tous deux souffert de fièvre et de diarrhée à plusieurs reprises.

Par ailleurs, lors des pires épisodes de pluies, il est difficile pour eux de se rendre à l’école. Il est déjà arrivé que les inondations bloquent la route pendant plus de 2 semaines. De temps en temps, l’école doit fermer lorsque l’eau inonde les salles de classe.

Aujourd’hui, la saison sèche et chaude, durant laquelle les températures avoisinent les 40 degrés, est sur le point de se terminer. « Je suis très inquiète. Les problèmes causés par le réchauffement climatique sont déjà très graves. Que va-t-il se passer dans le futur ? », se demande Tein.

En fin d’après-midi la jeune fille doit terminer ses devoirs. De temps en temps, elle est autorisée à utiliser la table chez ses voisins car leur cabane ne dispose d’aucun meuble. Souvent, elle doit se lever très tôt pour finir ses devoirs, car les tâches ménagères lui prennent beaucoup de temps.

Mais malgré tous les défis auxquels Tein doit faire face au quotidien, c’est l’une des meilleures élèves de sa classe. « La situation de ma famille m’encourage à étudier. Je veux aider mes parents à rentrer chez nous et à s’en sortir. Je veux aussi aider ma communauté. C’est pourquoi je veux étudier et devenir enseignante pour retourner dans mon propre village. »

« Cela me rend triste que tant d’enfants, et en particulier les filles, doivent abandonner l’école. Je serai une bonne enseignante et j’encouragerai les enfants à continuer d’aller à l’école », exprime-t-elle avec détermination.

Les enfants et les jeunes se mobilisent face au réchauffement climatique

Tein est déjà une leadeuse pour de nombreux enfants. Elle dirige un club d’enfants créé par Plan International où enfants et jeunes apprennent leurs droits et peuvent discuter de sujets importants, comme l’adaptation face au réchauffement climatique. 

Le groupe utilise le théâtre de rue pour diffuser plus largement son message. Leurs jeux sur les conséquences de la consommation des drogues et de l’alcool, ainsi que sur l’impact du réchauffement climatique sont très populaires. Le théâtre de rue éducatif est un formidable moyen pour transmettre des informations dans une communauté où beaucoup ne savent pas lire.

La jeune cambodgienne est également membre régulière des réunions du conseil de village où elle présente les inquiétudes des enfants. La dernière fois, elle a parlé au chef de village de la pénurie d’eau qui affecte particulièrement les filles. Pour arranger la situation, la jeune leadeuse a proposé un projet visant à creuser un étang artificiel afin que les familles aient de l’eau même pendant la saison sèche.

La mise en route de ce projet va demander de la détermination, mais Tein pense que la jeune génération peut et doit faire partie de la solution. « Les enfants et les jeunes sont une ressource importante. Nous pouvons les aider à trouver des solutions aux problèmes communs, même aux effets du réchauffement climatique. »

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Bien que le séisme ait détruit notre école, il n’a pas détruit notre détermination

Neuf mois après le tremblement de terre qui a frappé l’île de Sulawesi en Indonésie, l’éducation des enfants est toujours désorganisée. Plus de 180 000 élèves ont été touché·e·s par la catastrophe qui a endommagé plus de 1 500 écoles. Cependant, avec l’aide de Plan International, Afriyana a réussi à reconstruire son école qui abrite 3 classes.

J’ai décidé de créer une école gratuite dans le village

Afriyana vit dans un village de la région de Donggala, sur l’île de Sulawesi. Elle a déménagé là-bas pour rejoindre son mari, agriculteur. Dès son arrivée, elle a constaté qu’il était compliqué pour les enfants du village d’aller à l’école, d’autant que l’école primaire la plus proche était à plus de 5 km. 

Beaucoup de familles démunies n’avaient pas les moyens d’envoyer leurs enfants à l’école, les autres étaient contraintes de leur faire prendre des moyens de transport dangereux. Après avoir vu un élève tomber d’un camion ouvert alors qu’il se rendait à l’école, Afriyana a décidé de réagir. « J’ai décidé de créer une école gratuite dans le village. »

Afriyana a commencé à collecter des fonds auprès de la communauté. Un an plus tard, elle a atteint son objectif et ouvert une école dans une ancienne mosquée inutilisée. Dès le premier jour, elle a vu arriver 13 élèves qui se sont installé·e·s sur des chaises et des pupitres empruntés à une autre école.

Afriyana a dû faire face à d’énormes difficultés financières pour faire fonctionner l’école, mais le village était fier de sa nouvelle école. « C’était une bénédiction que nos enfants puissent poursuivre leurs études », déclare un parent d’élève.

Le tremblement de terre a détruit l’école en moins de 5 minutes

Cependant, un an plus tard, en septembre 2018, un tremblement de terre détruisait l’école en moins de 5 minutes. Afriyana a été dévastée. « J’étais tellement triste. Nous venions de commencer la 2e année d’école et puis, tout à coup, plus rien. »

Quelques semaines après la catastrophe, les enfants sont venu·e·s la voir : « Madame, nous voulons continuer à apprendre, même si c’est sous un arbre ». Cela lui a donné du courage et, en utilisant des bâches et des tiges de bambous, elle a réussi à construire une salle de classe de fortune 

Mais, lorsque Afriyana a envisagé de récupérer une vraie tente pour que ses élèves travaillent dans de meilleures conditions, le gouvernement a refusé de l’aider car sa priorité allait aux écoles publiques plutôt qu’aux écoles privées. 

Une nouvelle école avec 3 salles de classe et des toilettes séparées

Elle a alors sollicité Plan International qui a décidé de lui prêter main forte. Les responsables du village, le comité d’école, les parents et les élèves ont été consulté·e·s sur la conception et la construction de l’école. Deux mois plus tard, la nouvelle école d’Afriyana était construite ! 

Elle dispose de 3 salles de classe avec toilettes séparées et lave-mains. Elle accueille depuis 6 mois 51 élèves qui étudient dans de vraies salles de classe sans se soucier de la pluie ou de la chaleur. Elles et ils ont également reçu des uniformes et des kits scolaires.

« Bien que le tremblement de terre ait détruit notre école, il n’a pas entaché notre détermination ni le désir d’apprendre des enfants », se réjouit Afriyana.

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Renforcer la sécurité dans les écoles du Népal

L’immense tremblement de terre qui a frappé le Népal en avril 2015 a détruit 20 000 écoles et impacté l’éducation de plus d’un million d’enfants. C’est pourquoi Plan International met en place, avec les enfants et les communautés, des exercices de simulation de catastrophe naturelle pour renforcer la sécurité dans les écoles.

Quelques minutes après être entré·e·s en classe, les enfants sortent en rang avec leurs cartables sur la tête et se rassemblent dans la cour devant l’école. Alors que les élèves vérifient que leurs camarades sont saufs et sauves, l’enseignante s’assure que tout le monde est là.

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Etre mieux prepare·é·s en cas de catastrophe naturelle

Nous sommes à Baglung, un district montagneux de l’ouest du Népal, à environ 300 km de la capitale, Katmandou. Les enfants s’entrainent tous les mois aux gestes à adopter en cas de tremblement de terre.

Les autorités locales soutiennent l’initiative : elles ont fait construire un mur autour de l’école pour sécuriser les lieux ainsi qu’un pont pour aider les enfants à traverser la rivière en toute sécurité et se rendre à l’école.

Les exercices de simulation sont dirigés par l’enseignante Leela Khadka, responsable de la réduction des risques en cas de catastrophe à l’école :

« Cela fait maintenant partie de mon enseignement à l’école. Nous avons fait des exercices une activité périscolaire. Nous enseignons aux enfants tout ce qu’il faut savoir sur les tremblements de terre, puis nous leur faisons répondre à un questionnaire », explique-t-elle. 

En avril 2015, un grave tremblement de terre a frappé le Népal, détruisant 20 000 écoles et impactant l’éducation de plus d’un million d’enfants. La reconstruction des écoles continue, mais beaucoup d’entre elles sont toujours dangereuses en raison de leur fabrication traditionnelle. La plupart des élèves et des enseignant·es ne sont pas conscient·e·s des dangers qui les menacent.

Travailler ensemble pour renforcer la sécurité dans les écoles 

Plan International travaille avec un partenaire local, Nepal Ganja Development Foundation (NGDF), dans 40 écoles de la région pour renforcer la résilience des enfants, des enseignant·e·s et des communautés afin que tous et toutes soient en mesure de faire face aux situations d’urgence.

Dans le cadre du projet « Travailler ensemble pour la sécurité dans les écoles »*, soutenu par Plan International, des exercices de simulation sont régulièrement organisés dans chacune des écoles.

Les élèves, les enseignant·e·s et les membres du comité de direction sont formé·e·s pour se préparer aux premiers gestes à adopter en cas de catastrophe naturelle.

Les enfants sont particulièrement conscients des risques

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Surya Prasad Kandel, coordinatrice du programme, a visité les 40 écoles cette année, elle est satisfaite du travail accompli par les enfants : « Les élèves ont appris les gestes de sécurité et sont maintenant prêts à toute éventualité en cas de catastrophe, ils sont plus conscients que nous, les adultes. »

En 2018, plus de 500 enseignant·e·s, 4 036 élèves et 2 000 parents ont participé à diverses activités visant à mieux comprendre les exercices de sécurités à l’école et chez eux.

En tant que fille, je suis heureuse que l’on m’ait fait confiance pour cette mission

Swastika, 15 ans, élève de 10e année, se rend dans les écoles de sa région pour donner des conférences sur les conseils de sécurité et les premiers gestes à avoir en cas de catastrophe. Elle est fière de son travail et déclare : « Je sens que j’interviens pour renforcer la sécurité de ma communauté et, en tant que fille, je suis heureuse que l’on m’ait fait confiance pour assurer cette mission. »

Les filles demeurent les premières victimes de déscolarisation en temps de crise. En effet, elles ont 2,5 fois plus de risques d’arrêter l’école que les garçons.

*Le projet « Travailler ensemble pour la sécurité dans les écoles » est mis en œuvre par un consortium composé de Plan International Népal, de Save the Children International Népal et de World Vision International Népal, ainsi que de l’UNICEF en tant que membre stratégique. Ce projet est financé par le département ECHO (Protection civile et aide humanitaire) de la Commission européenne.

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