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Kenya : Augmentation des grossesses précoces non désirées en période de confinement

L’ONG Plan International dénonce la menace qui pèse sur des milliers de filles au Kenya, où le nombre de grossesses précoces non désirées a considérablement augmenté depuis le début du confinement imposé pour lutter contre le Covid-19.

L’augmentation alarmante des grossesses précoces

D’après les informations du gouvernement kenyan, près de 4 000 adolescentes se sont rendues dans des établissements de santé pour recevoir des services prénataux dans la seule région de Machakos, entre janvier et mai 2020. À l’échelle du pays, ce chiffre pourrait atteindre plusieurs milliers de jeunes filles.

Selon l’étude menée par Plan International l’année dernière dans 9 régions du Kenya, les grossesses précoces non désirées représentaient un problème majeur pour les jeunes filles.

L’étude montrait que :
–    98 % des filles enceintes n’allaient pas à l’école ;
–    59 % des grossesses parmi les filles de 15 à 19 ans n’étaient pas désirées ;
–    45 % des complications sévères suite à un avortement touchaient des filles adolescentes ;
–    Les violences sexuelles affectent environ 1 fille sur 3 et 1 garçon sur 6, mais la majorité d’entre eux ne parlent pas de leur expérience et ne reçoivent aucun soutien.
–    Plus de la moitié (54 %) des adolescentes sexuellement actives au Kenya ne souhaitent pas tomber enceinte mais n’ont pas accès à des moyens de contraception.

« Nous assistons aujourd’hui à une urgence sanitaire extrêmement sérieuse qui pourrait avoir des conséquences dramatiques sur l’avenir des jeunes filles. »

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les complications liées à la grossesse et l’accouchement causent déjà la mort de nombreuses filles de 15 à 19 ans. Les filles enceintes et les jeunes mères font face à des risques accrus en temps de crise, comme depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Kate Maina-Vorley, directrice pays de Plan International Kenya, déplore : « Il est alarmant que tant de filles soient tombées enceintes pendant le confinement. Leur vie entière risque d’être bouleversée. Nous sommes très préoccupés par leur bien-être et l’accès qu’elles doivent avoir aux services de santé et de soutien. »

Le manque d’accès aux services de santé sexuelle et reproductive en temps de crise

Depuis que des mesures de précaution ont été mises en place par le gouvernement kenyan, telles que la fermeture des écoles et la limitation des déplacements, il est devenu très difficile pour les filles et les femmes d’accéder aux services et informations liés à leur santé et leurs droits sexuels et reproductifs. Cette situation s’inscrit dans un contexte où il était déjà difficile pour les jeunes de se confier aux services de santé, dans un pays où les attentes culturelles encouragent l’abstinence et transforment la santé sexuelle des jeunes en un véritable tabou.

Les chiffres des pandémies précédentes prouvent que les ressources généralement dédiées aux services de santé quotidiens sont réduites, ce qui diminue encore l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive, ainsi qu’aux services liés à la maternité et à la petite enfance. 

 « Notre recherche montre que la majorité des grossesses précoces n’est pas désirée. Avant la crise, les filles et jeunes femmes du Kenya faisaient déjà face à des défis considérables pour accéder à des informations et services de santé pourtant essentiels. Maintenant, avec la pandémie qui affecte les systèmes de santé même les plus performants, il y a un véritable risque que la santé et les droits sexuels et reproductifs soient relayés au second plan, ce qui pourrait avoir des conséquences dévastatrices pour les filles et les femmes. »

Le devoir du gouvernement kenyan pour le respect des droits sexuels et reproductifs

« Alors que le gouvernement continue de lutter contre la propagation de la pandémie, il est important de limiter les inégalités de genre engendrées par le Covid-19, en particulier dans le cas des adolescentes kenyanes. » explique Mme Maina-Vorley.

« Le nombre de violences basées sur le genre, de mariages précoces, de mutilations génitales féminines et de grossesses précoces augmente. Le gouvernement doit s’assurer que les limitations de mouvement ne limitent pas l’accès aux services et aux informations concernant la santé sexuelle et reproductive, ainsi qu’aux services de soutien et de protection psychologiques. Le gouvernement et les partenaires de santé devraient offrir un programme d’éducation sexuelle en ligne afin de répondre aux besoins des différentes générations. Chaque fille et chaque femme doit avoir accès la santé, que ce soit à travers des services physiques ou à distance. »

Plan International appelle les gouvernements à privilégier la santé et les droits sexuels et reproductifs dans le cadre de leur réponse au Covid-19. Il faut à tout prix reconnaître la nature essentielle et vitale de ces services.
Plan International appelle aussi les gouvernements et le secteur privé à trouver de nouvelles façons d’apporter les informations et services en lien avec la santé sexuelle et reproductive, comme l’utilisation de réseaux sociaux, la télévision, la radio et l’enseignement à distance. Il est aussi du devoir des gouvernements de limiter l’impact des pénuries de moyens de contraception et des médicaments anti-VIH.

La réponse de Plan International au Covid-19 couvre plus de 50 pays et se concentre sur l’accompagnement des enfants, et plus particulièrement des filles, souvent les plus affectées par la crise.

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Je veux éviter une grossesse précoce pour poursuivre mes études

Au Nicaragua, Francisca, 17 ans, conteste les traditions culturelles de sa communauté et est déterminée à ne pas se marier ni à tomber enceinte trop tôt contrairement à beaucoup de filles de son âge qui ont dû quitter l’école et abandonner leurs rêves.

Nicaragua : Je veux éviter une grossesse précoce pour poursuivre mes études

11 km à pied pour aller à l’école

Aujourd’hui, Francisca doit faire 3 heures de marche par jour pour aller à l’école secondaire la plus proche de chez elle, à 11 km !

Elle effectue ces trajets épuisants avec d’autres jeunes de son village, s’exposant à divers dangers tels que la violence et les abus sexuels. Son ambition est d’accomplir quelque chose de différent, qu’aucune autre adolescente de sa communauté n’a encore réussi à réaliser, et c’est ce qui la motive à poursuivre ses études, malgré les difficultés auxquelles elle est confrontée pour se rendre à l’école tous les jours.

Francisca vient d’une famille nombreuse, comprenant 7 enfants. Ses 2 sœurs aînées, Cindy, 20 ans, et Yahaira, 19 ans, ont dû renoncer à leurs études en raison de la lourdeur de leurs tâches ménagères, de grossesses précoces et de la longueur du trajet pour aller à l‘école.

Éviter une grossesse précoce pour pouvoir poursuivre ses études

Ils ne voient pas où est le problème lorsque des filles de 13 ou 14 ans tombent enceintes

La situation actuelle de ses sœurs ainsi que les connaissances acquises lors des ateliers organisés par Plan International l’ont convaincue de poursuivre ses études pour se forger un avenir meilleur
Francisca a commencé à participer aux programmes de Plan International à l’âge de 10 ans et pense que cela l’a aidée à apporter des changements positifs dans sa vie et à comprendre pourquoi elle devait continuer à aller à l’école.

Les ateliers qu’elle préfère sont ceux qui traitent de la prévention des grossesses. « J’ai pu réfléchir aux inégalités entre les sexes et aux discriminations auxquelles font face les filles, par exemple pour étudier. Parfois, les garçons se moquent de nous parce que nous participons à des discussions. Ils ne voient pas où est le problème lorsque des filles de 13 ou 14 ans tombent enceintes. », explique Francisca.

Et poursuivre ses études pour éviter une grossesse précoce

Depuis que je suis enfant, je rêve de devenir infirmière

Selon le Fonds des Nations Unies pour la population, le Nicaragua affiche le taux de grossesse chez les adolescentes le plus élevé d’Amérique latine : 28 % des femmes accouchent avant l’âge de 18 ans. L’éducation est la clé pour faire baisser ce pourcentage. Si on améliore la qualité et l’accessibilité à l’éducation, le nombre de filles laissées pour compte diminuera.

Membre du projet « Zéro grossesse » de Plan International, Francisca agit pour que le nombre de grossesses précoces diminue dans sa communauté et fait pression pour que les filles se concentrent sur leurs études.

« S’il y avait plus d’opportunités dans ma communauté, il serait plus facile de faire évoluer la situation et j’aurai plus de poids pour pousser mes amies à choisir une voie différente », confie-t-elle.

Pour Francisca, son parcours la mènera, espérons-le, vers une nouvelle vie, une vie qui lui permettra de prendre soin des autres. « Depuis que je suis enfant, je rêve de devenir infirmière. J’aimerais m’occuper des malades et me consacrer à la santé. »

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En Equateur, Erika, 18 ans, lutte contre les grossesses précoces

En Equateur, Erika, 18 ans, lutte contre les grossesses précoces

Lorsque son amie est tombée enceinte à 14 ans, Erika a su qu’elle s’impliquerait dans la lutte contre les grossesses précoces. Elle est aujourd’hui une des responsables du programme de Plan International « Zones exemptes de grossesses précoces » qui dispense des formations sur les causes et conséquences des grossesses chez les adolescentes dans la région de Chimborazo en Equateur. Elle a rencontré la première dame d’Equateur pour parler avec elle des droits des filles et de la manière dont la violence basée sur le genre peut être combattue dans son pays. Elle nous raconte son histoire.

TOMBÉE ENCEINTE À 14 ANS, MON AMIE A DÛ RENONCER À SES RÊVES

« Une de mes amies est tombée enceinte à l’âge de 14 ans. J’étais à l’école avec elle et elle me disait toujours que ses parents ne s’intéressaient pas à elle – ils la poussaient à quitter l’école et à s’occuper plutôt des animaux de la famille.

Quand elle est tombée enceinte, la première réaction de ses parents a été de la battre. Le père du bébé, qui avait 17 ans, ne voulait rien savoir et ses parents ont pris son parti en disant que c’était de sa faute à elle si elle était enceinte. Elle a donc quitté l’école et a été contrainte de travailler comme domestique dans une ville voisine.

DES HISTOIRES COMME CELLE-CI RENFORCE MA DÉTERMINATION

Chaque fois que j’entends des histoires comme celle-ci – de filles qui n’ont d’autre choix que de renoncer à leurs rêves car elles ne comptent pas plus aux yeux des autres qu’à leurs propres yeux – ça me rend triste, mais en même temps ça renforce ma détermination à lutter pour faire évoluer les choses.

Mon nom est Erika et je suis l’une des responsables du programme « Zones exemptes de grossesses précoces » de Plan International à Chimborazo. Nous proposons aux jeunes des formations sur les causes et conséquences des grossesses chez les adolescentes, et des ateliers où il est question de santé sexuelle et d’estime de soi.

La grossesse chez les adolescentes est vraiment courante ici. Elle est d’autant plus fréquente qu’il n’existe pas de cours d’éducation sexuelle, que les parents ne communiquent pas avec leurs enfants et que les filles ont une faible estime d’elle- mêmes. Or, une fille qui n’a pas confiance en elle-même se laisse facilement abuser ou manipuler.

Dans ma classe, la plupart des filles n’avaient reçu aucune éducation sexuelle. Elles tombaient donc enceintes à 13 ou 14 ans et devaient quitter l’école. Ces filles étaient souvent désespérées, et le regard que leur renvoyait leur communauté ne les aidait pas, certaines en arrivaient à ne pas vouloir leurs bébés.

LES ADULTES SONT EGALEMENT CONCERNÉ·E·S

L’information sur la contraception et l’accès à celle-ci sont fondamentaux car ils permettent de prévenir une grossesse. Mais l’éducation sexuelle est également très importante, aussi bien pour les jeunes que pour leurs parents, car elle leur permet de décider ce qu’ils souhaitent faire de leurs corps et de leurs vies. Comme les parents et les jeunes échangent très difficilement sur ses sujets, nous organisons des événements pour partager ce que nous avons appris avec nos parents.

LES ATTITUDES CHANGENT, LES FILLES RÉSISTENT MIEUX

Beaucoup de gens pensent que les filles devraient rester à la maison, laver le linge ou faire la vaisselle et qu’il n’est pas nécessaire de les envoyer à l’école, puisqu’elles se marieront jeunes. Pour eux, elles n’existent que pour avoir des enfants…

Mais les attitudes changent. Nous avons beaucoup travaillé sur l’estime de soi et maintenant nous commençons à voir plus de jeunes filles déterminées à réaliser leurs ambitions, de manière responsable.

Pour ma part, j’étudie l’architecture à l’université et je souhaite utiliser un jour ces compétences pour concevoir des écoles pour les communautés pauvres. »

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Gladys et son père se battent ensemble contre les grossesses précoces en Équateur

Francisco est un père très ouvert par rapport aux autres parents de sa communauté. Lui et sa fille de 17 ans, Gladys, vivent au cœur des Andes équatoriennes dans la province de Chimborazo où 15 % des filles tombent enceintes avant leur majorité. Une fois enceintes, ces jeunes filles sont le plus souvent obligées de quitter l’école pour s’occuper de leur bébé.

Selon l’équipe de Plan International en Équateur, ce fort taux de grossesses précoces s’expliquerait en partie par le fait que de nombreux parents de la communauté ont du mal à parler à leurs enfants de leurs droits en matière de sexualité et de procréation.

La principale cause de décès chez les filles de 15 à 19 ans dans le monde

À l’échelle mondiale, les complications liées à la grossesse et à l’accouchement constituent la principale cause de décès chez les filles âgées de 15 à 19 ans. Beaucoup de jeunes ne reçoivent pas ou que très peu d’éducation sexuelle à l’école, et si les parents n’ouvrent pas le dialogue, les jeunes n’ont donc personne pour en parler.

Dans la famille de Francisco, ce n’est pas le cas. Lui et sa fille Gladys, âgée de 17 ans, participent tous deux à un programme de lutte contre les grossesses précoces de Plan International à Chimborazo. Pour Francisco, l’important est de communiquer librement avec sa fille.

« Je lui dis de ne pas avoir d’enfants ni de se marier pour l’instant », dit Francisco. « Étudie. Protège-toi. Tu es jeune. Construis d’abord ton avenir. Ce sera une vie très difficile pour toi si tu as un bébé maintenant. »

Violentées parce qu’elles sont enceintes 

Un rapport publié en 2017 par Plan International, intitulé « Les formes de violence à l’égard des filles en Équateur », a révélé que les violences et les discriminations subies par les filles enceintes sont si courantes que de nombreuses jeunes femmes associent les grossesses précoces à des rapports sexuels non consentis.

Certains les surnomment même de « filles enceintes aux yeux noirs ». Mais Francisco jure qu’il est différent. « Je ne veux pas que Gladys tombe enceinte, mais je ne la battrais pas ou ne l’engueulerais pas si cela était le cas », dit-il. « Je lui donnerais des conseils, lui ferais profiter de mon expérience. Je pense simplement que ce serait mieux si elle attendait d’être un peu plus âgée pour se marier et avoir des enfants. »

Accompagner les filles 

Au cours des derniers mois, Francisco a reçu une formation de Plan International en Équateur pour devenir un volontaire de santé communautaire pour un jour être apte à fournir des soins vitaux aux jeunes mères et à leurs bébés. Francisco apprend donc à détecter les signes de complications des grossesses chez les jeunes filles. Par exemple, si « la mère saigne pendant la grossesse ou a des violents maux de tête et maux d’estomac, des vertiges. »

Gladys, quant à elle, s’engage à ne pas avoir d’enfants pour le moment. Elle est l’une des 325 jeunes filles qui participent au club d’information sur les droits et la santé en matière de sexualité et de procréation, sur la prévention des grossesses précoces, les abus sexuels et les MST.

Avec ses amies, elle se rend fréquemment au centre de santé local pour avoir une contraception gratuite. Elle comprend pourquoi cela est important pour elles. « Nous devons étudier et terminer nos études pour pouvoir aller à l’université et mener une carrière professionnelle », dit-elle. « Beaucoup de femmes n’étudient pas et se marient, puis leur mari les maltraite. »

Être indépendante et maîtresse de son destin 

« Si une fille tombe enceinte, les parents la battent et elle doit abandonner l’école. Elle reste ensuite à la maison pour s’occuper des enfants et de leur mari. » Gladys aide déjà beaucoup sa famille, elle se lève à 4 heures du matin pour préparer le petit-déjeuner et s’occuper des animaux avant l’école.

Gladys ne veut surtout pas être dépendante d’un homme, « les hommes partent avec d’autres femmes et oublient la femme avec qui ils étaient au départ et leurs enfants », dit-elle. « Ils disent que ce n’est pas leur bébé et ensuite, ils ne veulent rien avoir à faire avec nous ou le bébé. ».

Ce n’est pas l’avenir qu’elle envisage pour elle-même. Elle aimerait fonder une famille un jour, mais pas avant d’avoir réalisé son rêve de devenir médecin.

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Les droits des filles sont aussi une affaire de garçons

Anthony vit en Sierra Leone, il a été abandonné dans la rue à l’âge de deux mois. Sa mère, qui avait 16 ans à l’époque, est décédée pendant l’accouchement et il n’y avait personne d’autre pour s’occuper de lui. Aujourd’hui, Anthony milite pour protéger d’autres filles de la violence sexuelle et des grossesses précoces.

Anthony milite pour les droits des filles en sierra leone

En Sierra Leone, de plus en plus de garçons se joignent au combat pour les droits des filles et des jeunes femmes.

Anthony, 23 ans, est membre d’un groupe de jeunes activistes dans sa ville natale de Freetown. Il utilise ses connaissances et son expérience pour influencer les garçons et les hommes de sa communauté afin qu’ils traitent les femmes et les filles avec respect.

Abandonné à 2 mois 

La motivation d’Anthony réside dans son histoire personnelle : « Je suis le fruit d’une grossesse précoce. Ma mère est morte quand je suis née et elle n’avait que 16 ans. J’ai grandi sans ma mère, je ne voulais pas que d’autres subissent ce que j’avais vécu. »

À peine âgé de deux mois, Anthony est abandonné dans la rue avec juste un papier avec son nom écrit dessus. Ce devait être un acte de désespoir pour la personne qui l’avait pris en charge pendant les premières semaines de sa vie. Une tante, une grand-mère, personne ne le sait. 
Une femme l’a trouvé et l’a élevé comme son propre fils : « Elle m’a emmené à l’église et a dit qu’elle avait trouvé un fils », raconte Anthony.

Grandir dans un bidonville

Il y avait toujours de la violence

Anthony n’a pas eu une enfance facile dans le bidonville où il a grandi. 
« Pour survivre, nous devions vendre des objets dans la rue, il y avait toujours de la violence. Nous n’avions jamais assez de nourriture et nos vêtements étaient toujours sales. C’est un miracle si j’ai fini mes études », ajoute Anthony, en apprentissage pour devenir électricien.

C’est un des cinq garçons de son groupe de jeunes activistes, il y a aussi 20 filles. Ils et elles essaient de provoquer un changement au niveau communautaire.

Le travail des jeunes consiste principalement à parler à la population dans la rue ou à mener des campagnes de porte-à-porte, où ils et elles rendent visite aux habitants pour faire passer leur message. « Nous expliquons aux gens que le dos d’une fille n’est pas destiné à porter un bébé, mais à porter un cartable d’école », explique-t-il, soulignant que les femmes en Sierra Leone portent généralement leurs bébés dans leurs dos.

Terminer l’école d’abord 

Nous leur conseillons de finir l’école avant de penser à avoir des enfants.

Les actions d’Anthony ne visent pas que les garçons et leurs parents, il cible également les filles : « Certaines jeunes filles pensent qu’avoir un enfant leur donnera une orientation dans la vie. Mais elles ne réalisent pas qu’elles sont encore trop jeunes pour devenir mères. Je leur dis que le corps d’une adolescente ne peut pas faire naitre un enfant. Elles ne pourront pas s’en occuper convenablement car elles sont elles-mêmes encore des enfants. Nous leur conseillons de finir l’école avant de penser à avoir des enfants. »

Anthony prend des risques importants dans son combat. « Je me suis déjà battu », admet-il. « C’est généralement avec des gens qui ne comprennent pas pourquoi je suis impliqué dans un groupe de plaidoyer pour les droits des filles. Pour eux, cela ne concerne pas les garçons. Mais ma réponse est : en tant que garçon, vous avez la responsabilité de protéger les filles ! »

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On m’a emmenée à l’écart du village et j’ai accouché dehors à même le sol

Faute d’accès à des moyens de contraception et à des cours d’éducation sexuelle, beaucoup d’adolescentes en Papouasie Nouvelle-Guinée sont enceintes trop jeunes. Le pays souffrant d’une pénurie de centres de santé, les jeunes filles accouchent trop souvent seules, sans assistance médicale.
Plan International leur vient en aide grâce à des services de santé de proximité.

Une pénurie de centres de santé

Quand elle a eu son premier enfant, Celinda a dû accoucher dehors, seule, sans assistance médicale. Heureusement pour elle, tout c’est bien passé. Malheureusement, son cas n’est pas isolé en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Ce pays a été ravagé par une guerre civile qui a débuté en 1988 autour de l’exploitation de l’une des plus grandes mines de cuivre à ciel ouvert au monde : Panguna. Le conflit a duré jusqu’en 1998, a fait près de 20 000 morts, et est à l’origine de la destruction totale de la plupart des infrastructures, bâtiments et centres de santé. 

20 ans plus tard le pays panse encore ses plaies et les femmes enceintes n’ont d’autre choix que d’accoucher loin de toute assistance médicale.

Des milliers de filles n’ont pas accès à des soins médicaux suffisants. Seules 37 % des femmes de Bougainville, l’une des îles de l’archipel, ont recours à des contraceptifs, ce qui atteste d’un manque d’accès aux informations sur la planification familiale et aux contraceptifs.

La Papouasie-Nouvelle-Guinée a également l’un des taux les plus élevés d’infections sexuellement transmissibles au monde, avec des risques associés d’accoucher prématurément ou de donner naissance à un bébé de petit poids, voire mort-né.

La situation s’aggrave

L’année dernière, un rapport du plan national de santé du gouvernement a révélé que le secteur de la santé avait connu une « baisse générale des performances au cours des 5 dernières années ».

ChildFund estime que les femmes en Papouasie-Nouvelle-Guinée ont 35 fois plus de risques de mourir pendant leur grossesse que les femmes en Australie.

Les services de santé de proximité de Plan International

« Le plus souvent, lorsque les adolescentes des villages ruraux tombent enceintes, elles ne sont pas aidées », explique Jennifer Keria, l’agente de santé communautaire de Plan International. « Leurs parents les ignorent. Elles n’ont accès ni aux services ni à la clinique en ville. C’est très difficile pour elles. »

L’équipe de santé de Plan International à Bougainville s’efforce sans relâche de combler ce manque en soutenant les communautés – comme celles qui vivent à South Nasioi – en leur offrant des services de santé de proximité. Pour beaucoup de jeunes femmes de ces villages, c’est la première fois qu’elles reçoivent des informations sur les soins de santé en matière de procréation maternelle et sexuelle. Parallèlement, leurs bébés sont vacciné·es.

« Au cours des 2 dernières séances de formation, les gens m’ont dit que ces informations étaient complètement nouvelles pour eux. Un homme est venu me voir et m’a raconté que sa sœur était décédée. Il regrettait beaucoup de ne pas avoir été informé avant car elle serait toujours en vie. » Elle a laissé 5 enfants, dont le plus jeune n’a que 3 ans.

Lorsque le personnel de santé de Plan International ne travaille pas dans des communautés rurales, il est basé dans une clinique d’Arawa, dans le centre de Bougainville.

Pouvoir faire des choix de vie

Les programmes de renforcement des services de santé comme celui-ci représentent une planche de salut pour les jeunes de Papouasie-Nouvelle-Guinée, car il ouvre le champ des possibles.

« J’apprends aux communautés que la planification familiale n’a pas pour seule conséquence de limiter les naissances, mais qu’elle permet également de planifier sa vie », déclare Jennifer. « En tant qu’individu, quel genre de vie voulez-vous vivre ? Combien d’enfants voulez-vous avoir ? Si vous voulez terminer vos études, quand voulez-vous le faire ? C’est une question de choix. »

Ce programme est financé par le gouvernement australien par l’intermédiaire du Programme de coopération avec les ONG australiennes (ANCP). Compte tenu du besoin croissant de services de santé en Papouasie-Nouvelle-Guinée, on espère que des fonds supplémentaires permettront à Plan International d’intensifier ses efforts.

« Je pense que des changements vont intervenir dans les années à venir », indique Jennifer. « J’explique aux jeunes qu’ils sont l’avenir de ce pays et que c’est à eux de se prendre en main et d’agir.

Nous sommes confiants ! »

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Deux fois enceinte à 16 ans, Pauline a pu retourner à l’école

Deux fois enceinte à 16 ans, Pauline a pu retourner à l’école

Pauline qui vit dans un village reculé du Kenya a été déscolarisée à 13 ans car ses parents ne pouvaient plus payer. À 16 ans, elle est tombée 2 fois enceinte d’un homme qui l’abusait. Sans moyen de subvenir à ses besoins et à ceux de ses deux enfants, elle n’aurait pas pu retourner à l’école sans le soutien de l’ONG Plan International. Aujourd’hui, elle est déterminée à poursuivre ses études, avec notre aide car, comme Pauline, des milliers de filles sont victimes de grossesses précoces qui les éloignent de l’école.

LA PAUVRETÉ, PRINCIPAL FREIN À L’ÉDUCATION DES FILLES AU KENYA

« Il n’y a rien qui puisse m’arrêter ! Je veux continuer d’aller à l’école le plus longtemps possible. Je voudrais pouvoir offrir à mes enfants une vie meilleure que la mienne. » 

Pauline a grandi dans la petite hutte de sa famille, dans le district très isolé de Bondo, à l’ouest du Kenya. Chez elle, il y avait rarement plus d’un repas par jour. Ainée d’une famille de 6 enfants, elle a été la première de sa famille à apprendre à lire. Ni sa mère, ni son père n’ont été à l’école plus de 2 ans mais Pauline en espérait davantage.

Dès son premier jour d’école, Pauline s’est montrée très enthousiaste et déterminée à apprendre, mais à 13 ans, alors qu’elle était au collège, ses parents n’ont plus été en mesure de payer pour ses études et elle a été forcée de quitter l’école.

Même si l’école élémentaire est gratuite au Kenya, les coûts de l’achat des livres et des uniformes et les frais imposés lors des examens restent trop élevés pour les familles les plus modestes. Beaucoup d’enfants doivent travailler pour soutenir leur famille, souvent nombreuse. L’éducation reste pour eux un luxe inaccessible.

VICTIME DE CHANTAGE, PAULINE A SUBI UNE GROSSESSE PRÉCOCE

Quand un ancien camarade de classe plus âgé lui a proposé de l’argent pour payer ses études, Pauline, désespérée de pouvoir retourner à l’école, a tout de suite accepté. Mais l’homme l’a rapidement forcé à coucher avec lui en échange de cet argent.

À cause des tabous autour de la sexualité et de l’absence de cours d’éducation sexuelle, les jeunes filles manquent de connaissances sur le consentement et leur droit à dire « non », sur la contraception et sur les risques liés à la sexualité. Pauline n’a pas su se défendre et aux premiers signes de grossesses, elle n’a pas compris ce qui lui arrivait.

« Je voulais juste rester une enfant et continuer à aller à l’école. » 

9 mois plus tard naissait sa première fille, Marie.

« J’ai aimé ma fille dès que je l’ai eue dans mes bras mais j’étais si malheureuse quand je suis devenue maman. Je voulais juste rester une enfant et continuer à aller à l’école. », explique Pauline, les larmes aux yeux.

Sa famille, incapable de la soutenir financièrement, Pauline est restée à la merci du père de son enfant. L’homme la forçait à coucher avec lui en échange de l’argent dont elle avait besoin pour vivre. Jusqu’à ce qu’elle tombe enceinte une seconde fois, un an après. À 16 ans, cette deuxième grossesse éloignait encore plus Pauline de l’école. 

RESCOLARISER LES FILLES POUR LEUR PERMETTRE DE S’ÉMANCIPER 

Alors que sa situation empirait, le soutien de son entourage et l’action de Plan International, ont permis de changer les choses. Sa professeure, déçue et inquiète de perdre une de ses meilleures élèves, a contacté le bureau local de Plan International à Bondo. Un membre de notre équipe locale a alors pu aller rendre visite à Pauline. Un mois après, grâce à notre soutien, la jeune fille retournait à l’école.

Nous avons pu ramener Pauline sur le chemin de l’école, en lui fournissant ses fournitures et son uniforme et en payant les frais de scolarité, dans le cadre de notre programme pour la scolarisation des filles. En lui rendant régulièrement visite, notre équipe s’assure qu’elle et ses enfants vont bien et lui apporte le soutien dont elle a besoin.

Aujourd’hui, les deux enfants vivent avec leur grand-mère. Pauline les voit le week-end. Dans la semaine, elle va en cours et travaille le soir comme aide-ménagère pour une riche famille de son village. Elle utilise l’argent pour aider ses enfants.

« Mes enfants me manquent et je leur manque aussi mais je sais que c’est la bonne décision et je suis si contente de pouvoir retourner à l’école. Maintenant je veux juste m’occuper de moi et de ma famille. J’espère pouvoir devenir infirmière, pouvoir faire vivre mes enfants et les rendre fiers de moi quand ils grandiront. »

Comme Pauline, des milliers de filles sont victimes de grossesses précoces qui les éloignent de l’école et de leur famille. Sur le terrain, Plan International vient en aide à ces filles privées d’école, en les sensibilisant aux risques de grossesses et en les aidant à financer leur éducation.

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Les femmes doivent pouvoir décider de leur corps

Dans le monde, les complications lors de grossesses et d’accouchements sont la 2e cause de mortalité chez les filles âgées de 15 à 19 ans. A l’occasion de la Journée mondiale de la santé le 7 avril, découvrez nos actions pour sensibiliser les jeunes filles aux dangers des grossesses précoces sur leur santé et leur avenir.

Bien s’informer pour pouvoir décider de sa sexualité

Lorsqu’une adolescente n’a pas le droit de prendre de décisions à propos de son corps, de sa vie sexuelle et de son bien-être, elle a plus de risques de tomber enceinte.  
Sans accès à des services de santé et sans cours d’éducation sexuelle, les filles ne sont pas informées. Elles sont plus vulnérables.  

Le Nicaragua a le plus haut taux de grossesses précoce d’Amérique latine.

Pour lutter contre ce phénomène, Plan International met en place des programmes de sensibilisation pour les jeunes. Ils peuvent avoir des discussions franches et ouvertes sur le risque de devenir des parents-adolescents et comment l’éviter.

Slilma, mère célibataire à 14 ans 

J’ai eu de la chance de recevoir de l’aide

Slilma* a 16 ans. Elle vit dans une région rurale, près de la mer, au Nicaragua. Dans sa communauté, le taux de grossesses chez les adolescentes est particulièrement élevé. Elle a eu sa fille à 14 ans car son petit ami a refusé de mettre un préservatif. Elle ne l’a pas revu depuis qu’elle lui a dit qu’elle était enceinte. 

Avec l’aide de Plan International, Slilma a tout de même pu continuer ses études et élever sa fille. Cependant, elle est déterminée à aider les autres filles à ne pas faire la même erreur qu’elle. 

« Je veux donner des conseils aux filles et les informer sur les risques des grossesses précoces. Les jeunes ne devraient pas faire ce que j’ai fait. Être une mère-adolescente a eu un grand impact dans ma vie. 
J’ai eu de la chance de recevoir de l’aide de Plan International. 
Maintenant, les garçons et les filles viennent me voir pour me parler de leurs problèmes. Je souhaite utiliser positivement mon expérience et aider les autres dans ma communauté
», confie Slilma. 

Le saviez-vous ?

Chaque année, 7,3 millions de filles tombent enceintes avant leurs 18 ans et environ 2 millions de filles ont un enfant avant leur 15e anniversaire.