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Grâce au parrainage, j’ai évité le mariage forcé

Élevée dans une famille disposant de peu de moyens financiers, Adarini n’a pas eu un parcours éducatif facile. Cependant, avec une détermination sans faille et l’accompagnement de Plan International, Adarini est devenue une source d’inspiration pour les autres filles de sa communauté au Bangladesh.

Améliorer les conditions de vie des enfants en les parrainant

Originaires du district de Nilphamari au Bangladesh, Adarini et sa famille vivent dans une maison mise à disposition par le gouvernement dans le cadre d’un programme de construction de maisons pour les familles dans le besoin. Sans terre pour cultiver, la famille lutte pour survivre.

Lorsqu’Adarini a été inscrite au programme de parrainage de Plan International, tout le monde s’est réjoui de ce soutien supplémentaire.

Bien qu’Adarini soit une élève brillante qui excelle dans ses études, lorsqu’elle a terminé ses examens à la fin de la dixième année, ses parents ont décidé de la marier. Heureusement, Adarini est une membre active du forum des enfants de sa communauté mis en place par Plan International et a suffisamment appris sur ses droits pour pouvoir tenir tête à ses parents et faire respecter ses droits.

« Les formations et les ateliers sur les droits de l’enfant, la protection et sur les violences sexistes et sexuelles que j’ai reçus dans le cadre du programme de parrainage et du forum des enfants ont renforcé ma confiance et m’ont aidée à croire en ma propre valeur », explique Adarini.

Scolariser une fille, c’est lui permettre de prendre confiance en elle

Le Bangladesh a l’un des taux de mariage d’enfants les plus élevés au monde : 59 % des filles sont mariées avant leur 18e anniversaire et 22 % avant l’âge de 15 ans. Et ce, malgré le fait que l’âge minimum légal du mariage au Bangladesh est de 18 ans pour les femmes et de 21 ans pour les hommes.

Les parents d’Adarini ont finalement abandonné leur projet de mariage et elle a été autorisée à terminer ses études secondaires. En 2014, elle a commencé un cursus de trois ans pour obtenir son diplôme d’infirmière. Lorsqu’elle a obtenu son diplôme, elle a trouvé un emploi dans un hôpital en tant qu’infirmière principale.

Aujourd’hui, elle a obtenu une place dans l’une des formations d’infirmière les plus compétitives du pays pour obtenir un diplôme de troisième cycle en soins infirmiers de santé publique.

« Je veux poursuivre une carrière d’instructrice dans des établissements de soins infirmiers au Bangladesh et je souhaite aider les filles qui m’entourent à se manifester »

Depuis qu’elle a évité son propre mariage forcé, Adarini mène des campagnes actives contre les mariages d’enfants et la violence envers les femmes et les enfants.

Adarini est désormais la seule membre de sa famille à gagner un salaire, ce qui est très inhabituel dans sa communauté patriarcale traditionnelle. Elle a également assumé la responsabilité de payer l’éducation de son jeune frère.

Pour l’avenir, Adarini espère pouvoir continuer à soutenir sa communauté et à rendre sa famille fière. « Lorsque je prodigue des soins aux gens, j’accorde toujours une attention particulière aux femmes et aux filles. Je fais de mon mieux pour leur assurer les meilleurs soins. ».

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Le combat de deux militantes pour stopper le mariage forcé au Bangladesh

Le Bangladesh a l’un des taux de mariages forcés les plus élevés au monde. Plus de 50 % des femmes qui ont aujourd’hui entre 20 et 30 ans ont été mariées avant leur 18 ans. Avec le programme « Construire un avenir meilleur pour les filles », Plan International met en place des sessions de formation destinées aux filles afin de les mobiliser pour mettre fin à cette pratique.

Permettre aux filles de connaître leurs droits

Le projet « Construire un avenir meilleur pour les filles » est mis en place dans le district de Kurigram avec le soutien financier et technique de l’ambassade de Suède. Le projet accompagne les efforts du gouvernement bangladais pour faire du Bangladesh un pays sans mariage d’enfants d’ici 2041.

Des sessions de formation sont proposées aux filles pour leur permettre d’acquérir des compétences, notamment en matière de protection et de leadership, et pour en apprendre davantage sur les causes profondes du mariage forcé. Elles sont également informées sur la loi en vigueur au Bangladesh qui fixe l’âge minimum du mariage pour les filles à 18 ans. 

Murzia et Ashfia sont deux jeunes femmes qui ont réussi à empêcher leur propre mariage. Elles ont participé au programme de Plan International et sont plus que jamais motivées à sensibiliser leur communauté et leurs camarades de classe aux dangers du mariage forcé.

Deux militantes, un même combat


Lorsque le père de Murzia a décidé de la retirer de l’école et de la marier de force alors qu’elle n’avait que 15 ans, Murzia a refusé et a demandé à ce que ses droits soient respectés, ainsi que son envie de poursuivre ses études.

« Mon père est agriculteur mais il ne possède pas de terre à lui. Pour faire vivre tant bien que mal notre famille, il cultive les terres des autres. Il souhaitait que ses enfants reçoivent une éducation mais lorsque mon frère a décidé de se marier sans sa permission, il a craqué. », explique Murzia. 

Mon père a décidé que je devais moi aussi me marier et abandonner mes études.

Murzia, qui avait été informée des conséquences dangereuses du mariage forcé par le biais du programme de Plan International, a pu réagir à temps. La formation lui a permis de convaincre son père de renoncer à son projet de mariage et de la laisser poursuivre ses études.

Comme Murzia, Ashfia, 17 ans, a utilisé les connaissances acquises au sein des sessions de formation pour empêcher son propre mariage. « Je voulais étudier, aller plus loin », dit-elle. 

« Depuis, je transmets ce que j’ai appris à d’autres, et notamment je sensibilise les autres filles aux conséquences du mariage d’enfants », explique-t-elle. Grâce à son vélo, Ashfia peut se rendre au domicile des filles qui risquent d’être forcées à se marier.

Aujourd’hui, Ashfia a contribué à empêcher 19 autres mariages forcés dans sa communauté.

L’une sera infirmière et l’autre magistrate

En tant que membres actives du club de leur école, Ashfia et Murzia défendent régulièrement la cause de l’abolition du mariage d’enfants auprès des élèves et sont réputées pour leurs talents d’oratrices. 

« Nous avons reçu une formation à l’art oratoire dans le cadre du projet et j’ai remporté le prix de la meilleure débatrice du district », nous annonce fièrement Ashfia.

Déterminées à travailler dur à l’école et à terminer leurs études secondaires, Marzia a pour ambition de devenir infirmière afin de pouvoir aider les personnes dans le besoin, tandis qu’Ashfia espère devenir un jour magistrate. « Je veux travailler pour garantir les droits des filles défavorisées de la société », conclut-elle.                

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Lutter contre le mariage d’enfants au Burkina Faso

Près de 3 millions de filles au Burkina Faso ont été mariées de force, dont 1 fille sur 5 avant ses 15 ans. Le mariage d’enfants est une cause directe de l’inégalité de genre. Découvrez les militant·e·s du programme CHAM et leurs actions pour contribuer à la réduction de cette pratique.

Pouvoir choisir avec qui et quand se marier

Plan International a lancé le programme CHAM qui a pour devise « Choisir avec qui et quand se marier ». Des jeunes militant·e·s ont été choisi·e·s pour sensibiliser les enfants de leur communauté sur l’égalité filles-garçons, un travail de proximité qui pourrait contribuer à la réduction de la prévalence du mariage d’enfants dans les régions Centre-Est, Centre-Nord et Sud-Ouest du Burkina Faso. 

A travers ce programme, les enfants et les adolescent·e·s sont informé·e·s sur leurs droits en matière de santé sexuelle et reproductive. Ils reçoivent également une formation professionnelle pour leur permettre de devenir indépendant·e·s.

Télesphore Kiawara Serge est le superviseur du programme CHAM dans la région Sud-Ouest. « Ce projet a permis la création d’espaces de dialogue sûrs afin de pouvoir débattre sur certaines thématiques comme le mariage des enfants, mais aussi de planifier des activités de sensibilisation dans les communautés. »

Le groupe est composé de membres âgés entre 15 et 24 ans et respecte la parité filles-garçons.

« Au début, nous voulions un espace réservé essentiellement aux filles mais nous avons réalisé l’importance que revêtait l’implication des garçons sur ces thématiques. »

Ainsi, Plan International collabore avec des jeunes militant·e·s pour sensibiliser les communautés sur l’égalité de genre. Découvrez leur histoire.

Oho Poda, 21 ans

Oho a rejoint le programme CHAM l’année dernière. Avant la fin de ses études, elle a été forcée à travailler dans une mine. « En rejoignant le programme CHAM, je suis devenue militante pour les droits des enfants et maintenant je sensibilise les autres filles et jeunes sur les thématiques du mariage d’enfants et des grossesses précoces », raconte-t-elle.

« Les filles en dessous de 18 ans ne devraient pas être mariées. Le mariage d’enfants est la cause de beaucoup de complications pour les filles. Mon but est de sensibiliser les filles de ma communauté sur cette thématique afin qu’elles comprennent que cette pratique sera un frein pour leur futur. »

Grâce à Plan International, Oho Poda a pu obtenir un contrat d’apprentissage tout en découvrant le monde du travail. « Je sais dorénavant que lorsque j’aurai ma propre entreprise, la vente de mes produits m’aidera sur le long terme à économiser pour pouvoir payer les frais d’éducation de mes enfants. J’espère ainsi être en capacité de les aider à mon tour. »

Adama Zoromé, 21 ans

Adama est membre du programme CHAM. Il a quitté l’école à ses 10 ans. En rejoignant ce projet, il a découvert les conséquences néfastes du mariage d’enfants et les bonnes pratiques pour prévenir les maladies sexuellement transmissibles.

Avant de rejoindre le programme, il était orpailleur. « Au début, j’étais sceptique sur les bénéfices de ce programme. Mais grâce à l’accompagnement de Plan International, j’apprends maintenant le métier de soudeur », explique-t-il, « et j’aimerais ouvrir mon propre atelier pour gagner de l’argent et aider les autres à trouver un emploi ».

« Faire partie de ce groupe a considérablement changé ma vie », s’enthousiasme-t-il. « Je sais qu’il y a un bel avenir qui m’attend dorénavant ». Adama sensibilise dès à présent sa famille et ses ami·e·s sur les conséquences du mariage d’enfants et les bénéfices de la contraception.

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Victoire Historique : les Philippines interdisent le mariage d’enfants

Les Philippines, où près d’un million de filles sont mariées chaque année avant l’âge de 18 ans, viennent d’adopter une loi qui interdit le mariage d’enfants. Plan International, très impliquée dans ce combat, salue cette avancée historique. 

Une fille sur six est mariée avant l’âge de 18 ans aux Philippines. Une loi adoptée récemment dans le pays criminalise dorénavant cette pratique.

Groupe d'enfants à l'école

UNE AVANCEE HISTORIQUE DES DROITS 

« L’État (…) considère le mariage d’enfants comme une pratique maltraitante des mineurs parce qu’elle avilit, dégrade et rabaisse la valeur intrinsèque et la dignité de l’enfant », rappelle le texte de loi promulgué le 6 janvier 2022. La ratification par le président Duterte, après son approbation en 2021 par le Sénat et par la Chambre des représentants, marque une avancée historique pour la protection des droits des filles et pour l’égalité entre les filles et les garçons. 

Désormais, les personnes qui épousent, cohabitent, arrangent ou célèbrent ces unions sont passibles de 12 ans de prison. Plan International salue cette décision fondamentale et rappelle qu’il convient désormais de veiller à l’application de la législation pour éradiquer ce fléau dans le pays.

Une campagne de longue haleine menée par Plan International 

L’ONG lutte depuis de nombreuses années contre cette violation grave des droits humains.

« Le mariage d’enfants est une pratique néfaste qui peut avoir des répercussions durables sur la vie des filles et des garçons. Il les prive du droit d’être à l’abri de la violence, du droit à l’éducation et de la santé et des droits sexuels et reproductifs », affirme Ana Maria Locsin, directrice de Plan International aux Philippines.

La promulgation de cette loi constitue le début d’un long processus au sein du pays. Des dispositions de la législation restent en suspens pendant un an pour les communautés musulmanes et indigènes. Il faut continuer de sensibiliser et de convaincre ces dernières à renoncer à cette pratique. Une forte collaboration avec les familles, les communautés, les chefs traditionnels et religieux demeure indispensable pour veiller à l’application effective de la loi.

Des avancées fragiles 

Depuis 10 ans, les mariages d’enfants ont diminué de 15 % globalement dans le monde, notamment en Asie, qui fait figure de bonne élève. Cette nouvelle loi aux Philippines vient rejoindre les autres récentes victoires en Républicaine dominicaine en 2021, en Tanzanie et au Mozambique en 2019. Cependant, la pandémie menace de faire reculer ces avancées avec 10 millions de filles supplémentaires qui risquent être mariées de force d’ici 2030. 

Retrouvez les entretiens de nos porte-paroles, Violaine Gagnet sur RFI et Julien Beauhaire dans La Croix autour de la question des mariages d’enfants.

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A 15 ans, je me suis enfuie de chez moi pour échapper à un mariage forcé

À première vue, Nana semble être une fille calme, timide et humble. Mais, derrière cela, se cache une personne courageuse et déterminée. Confrontée à un mariage forcé à l’âge de 15 ans seulement, Nana a pris l’une des décisions les plus importantes et les plus courageuses de sa vie : quitter sa maison pour échapper à un mariage précoce. 

“Quand j’ai compris que mes parents étaient déterminés à me marier alors que je n’avais que 15 ans, j’ai décidé de m’enfuir. J’ai préféré prendre le risque de marcher pendant 7 jours et 7 nuits dans la brousse plutôt que de me marier et de vivre l’enfer », raconte Nana qui vit au Niger.

Femme de dos avec un panier

“Je ne veux pas me marier car les filles de mon âge qui se sont mariées sont malheureuses. Elles vivent dans la violence et je ne veux pas être comme elles. Moi, je voudrais créer une activité génératrice de revenus, par exemple vendre des crêpes », explique Nana. 

Les groupes armés attaquent les réfugié·e·s

Originaires du Nigéria, Nana, ses parents et ses 4 frères et sœurs ont fui les attaques des groupes armés, en espérant trouver une sécurité relative dans la région de Diffa au sud du Niger. Mais aujourd’hui, cette région, qui est la cible de violences qui débordent la frontière, devient de plus en plus dangereuse. 

On enregistre de nombreux incidents visant les civils (enlèvements suivis de demandes de rançon, violences sexistes et explosions de bombes). Les adolescentes et les femmes sont particulièrement touchées car elles peuvent être également victimes de mariages forcés et précoces, de viols, de grossesses non désirées, de violences domestiques et d’agressions physiques.

Afin de protéger leurs filles des enlèvements, certains parents prennent la décision de les marier avant l’âge de 18 ans, sans tenir compte des conséquences dramatiques.

Nana a peur mais elle va à l’école

Nana s’est protégée en fuyant ses parents, abandonnant ses frères et sœurs et toute sa communauté. Mais cette décision n’a pas été sans conséquences. Nana est désormais considérée comme une rebelle, et elle vit dans la crainte constante de représailles de la part de sa famille.

« Je vis maintenant chez ma tante. Au début, elle voulait me ramener chez mes parents mais, après l’intervention de Plan International, elle m’a beaucoup soutenue, elle me conseille et me protège. Elle m’a inscrite à l’école et elle m’apprend à fabriquer des nattes traditionnelles à partir de feuilles de palmier. »

Plus de 75 % des filles mariées avant leurs 18 ans

Le mariage des enfants reste une norme sociale profondément enracinée au Niger où 3 filles sur 4 se marient avant leur 18e anniversaire. À Diffa, cette pratique concerne même près de 9 filles sur 10. 

Le mariage des enfants est plus fréquent chez les filles les moins instruites, les plus pauvres et vivant en milieu rural. Aussi, mettre fin au mariage des enfants nécessite des stratégies d’autonomisation des filles, le changement des normes sociales et culturelles, des réformes juridiques et politiques. 

Je suis très heureuse de l’intervention de Plan International, car sans elle, j’allais être mariée de force

Un projet d’éducation et de protection d’urgence

Plan International, avec le soutien du ministère norvégien des Affaires étrangères, met en œuvre un projet d’éducation et de protection d’urgence dans la région. Ce projet apporte aux filles comme Nana, aux jeunes femmes et aux garçons de Diffa un soutien psychosocial, médical et psychologique, ainsi qu’une médiation familiale.

« Je suis très heureuse de l’intervention de Plan International, car sans elle, j’allais être mariée de force. Je ne vais pas pouvoir retourner chez mes parents car je sais qu’ils persistent dans leur décision de me marier sans mon consentement. »

Ensemble, continuons à faire respecter les droits des filles !    

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L’école d’abord, le mariage ensuite

Mariam et Sitan, toutes deux âgées de 16 ans, vivent dans la communauté de Mand au Mali. Outre leur amitié, les filles ont autre chose en commun : toutes deux ont été promises en mariage pendant la fermeture des écoles pour empêcher la propagation du COVID-19 dans le pays.

Le mariage d’enfants : un fléau très répandu au Mali

Le mariage des enfants est très courant dans le Mandé, qui couvre la majeure partie de la partie orientale du Mali. Immédiatement après l’apparition du COVID-19 dans le pays, Plan International a activé un plan de réponse. Le principal domaine d’intervention de l’ONG est l’engagement communautaire, mis en œuvre avec un partenaire local via des campagnes de sensibilisation et le renforcement des moyens locaux.

Pendant l’une des activités du projet, Mariam et son amie Sitan ont confié qu’elles devaient être mariées dans peu de temps. Le père de Mariam, un ancien géomètre, est décédé il y a longtemps et sa mère, Kafounè, s’occupe de sa famille. « Un jour, les frères de mon défunt mari sont venus me voir et m’ont dit qu’ils allaient donner
Mariam en mariage, étant donné la fermeture de l’école. Vous savez, ici c’est comme ça, les hommes prennent ce genre de décision et vous appellent juste pour vous informer », dit Kafounè.

Adama, la mère de Sitan, se confie : « Je n’ai pas passé un seul jour à l’école et je le regrette amèrement. C’est pourquoi je veux que tous mes enfants étudient, surtout mes filles. Sitan est ma première fille, elle n’a jamais redoublé une classe. Quand j’ai appris que la famille voulait la retirer de l’école pour la marier, je m’y suis opposée ».

Elle connaît bien les conséquences du mariage des enfants, car elle a été mariée à l’adolescence : « Mes trois premières années de mariage n’ont pas été faciles et je ne veux pas que mes filles soient confrontées à cela. Vous savez, quand une fille termine l’école et commence à travailler, c’est la famille de son père qui profite le plus de ses gains, car ici l’enfant appartient tout simplement à la famille du père ».

Plan International se mobilise pour mettre fin aux mariages d’enfants 

Plan International a immédiatement organisé une réunion de sensibilisation avec les autorités du village et les parents afin de les encourager à garder les filles à l’école, surtout pendant cette crise sanitaire. La session de formation improvisée s’est concentrée sur les avantages de l’éducation pour les enfants, en particulier pour les filles, et sur les conséquences du mariage des enfants.

« Après la séance de sensibilisation avec Plan International, je me suis confrontée à mes beaux-frères, car je voulais que mes enfants étudient. Si je suis en mesure de les nourrir aujourd’hui, c’est surtout grâce à la pension de mon mari qui était géomètre. C’est grâce à ses études qu’aujourd’hui nous pouvons bénéficier de cette pension », dit Kafounè.

Aujourd’hui, je rêve d’obtenir mon diplôme. Quant au mariage, il viendra plus tard.

Après avoir suivi les activités de sensibilisation et d’information, les filles étaient déterminées à poursuivre leurs études afin de pouvoir un jour subvenir aux besoins de leur famille. :

« Je ne voulais pas de ce mariage, je ne voulais pas de cet homme et je l’ai dit à ma mère », dit Sitan. « Nous sommes souvent témoins de cas de mariages précoces ; nous avons des amies qui se sont mariées l’année dernière. L’une d’entre elles a été obligée d’abandonner l’école pour s’occuper de son foyer. Quand elle est tombée enceinte, elle a eu beaucoup de difficultés et de complications. Elle n’a pas pu accoucher dans le village, elle a dû être évacuée vers la ville, mais elle s’en est sortie, elle va bien et son bébé aussi. C’est triste qu’elle ne soit plus à l’école, c’était une bonne élève. »

Heureusement, Mariam et Sitan n’auront pas à faire face à cette situation : « Sitan vient de passer l’examen d’entrée au lycée. Les résultats ont montré qu’elle l’a réussi, ses oncles étaient alors convaincus qu’elle pouvait réussir à l’école », explique Adama. 

Les filles sont très heureuses de pouvoir rester à l’école et souhaitent poursuivre leurs études jusqu’à l’université. « Je vois un avenir radieux pour moi et pour toutes les filles qui ont la chance de poursuivre leurs études. Aujourd’hui, je rêve d’obtenir mon diplôme et de devenir fonctionnaire pour soutenir ma famille et ma communauté. Quant au mariage, il viendra plus tard », dit Sitan.

Lorsqu’on lui demande ce qu’elle pense du mariage des enfants, Mariam répond : « Le mariage des enfants devrait être aboli car il est dangereux pour la santé des filles et entrave leur développement et leur éducation ».

Suspendons le temps, pas leur vie ! 

 

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La fermeture des écoles augmente le risque de mariage d’enfants au Soudan du Sud

Au Sud-Soudan, plus de la moitié des filles (52 %) sont déjà mariées avant leur 18e anniversaire. La combinaison de l’insécurité alimentaire croissante et des fermetures d’écoles dues au COVID-19 a conduit à une augmentation de cette pratique néfaste, les familles étant désespérées pour joindre les deux bouts.

Le mariage d’enfants accentué par la fermeture des écoles

Martha, 13 ans, n’a pas pu aller en classe depuis mars 2020, date à laquelle les premiers cas de COVID-19 du pays ont été confirmés et les écoles fermées par le gouvernement. Quelques mois plus tard, des jeunes des communautés voisines sont descendus dans sa ville, pillant les maisons et forçant toute la population à fuir. Bien qu’elle et sa famille soient maintenant de retour, leur maison a été détruite, ce qui les a obligés à monter des tentes pour vivre.

Dans sa communauté, les filles risquent davantage d’être mariées à un jeune âge si elles ne sont pas scolarisées, en particulier lorsque la nourriture est rare. Martha, qui a quatre frères et sœurs, dont deux garçons, explique : « J’étais scolarisée et j’étais déjà en troisième lorsque les écoles ont été soudainement fermées. À mon âge, je sais que je risque d’être mariée si les écoles n’ouvrent pas. Dans notre communauté, je peux être mariée à n’importe qui, si mes parents sont d’accord. »

Bien que les enfants aient essayé d’apprendre à la maison grâce aux radios, cela a été difficile dans les communautés rurales comme celle de Martha. Sa situation est devenue encore plus compliquée après qu’elle et sa famille aient été obligés de fuir leur maison à cause de la situation. « Nous pouvions aller dans des lieux d’apprentissage temporaires pour apprendre. Mais quand les attaquants sont arrivés, tout a été détruit et maintenant, je reste à la maison. » 

Les promesses de mariage est une pratique très répandue dans certaines communautés du Soudan du Sud, dans laquelle les filles sont promises à un prétendant à l’âge de cinq ans environ. Les anciens locaux disent qu’une fois qu’une fille est considérée comme étant en âge de se marier, généralement à l’âge de 15 ans, son « mari » est autorisé à la prendre comme épouse. 

Face à ce phénomène une solution : l’éducation 

Certains parents reconnaissent l’importance de l’éducation et permettent à leurs filles de retarder leur mariage afin qu’elles puissent rester à l’école plus longtemps. Mais lorsque les écoles ferment, des filles qui auraient pu avoir la possibilité de s’échapper se retrouvent exposées au risque d’un mariage précoce.

« Si les filles sont à l’école, les hommes peuvent les respecter et ne pas venir les prendre pour les marier ».

Rebecca, la mère de Martha, explique qu’avec la rareté de la nourriture, elle craint de n’avoir d’autre choix que de marier Martha, afin d’obtenir sa dot pour aider à nourrir les autres membres de la famille et envoyer ses frères et sœurs à l’école. « Les choses sont difficiles. S’il ne me reste rien, je l’enverrai au mariage pour pouvoir me concentrer sur l’éducation de ses frères et sœurs. »

« Avec les efforts de paix actuels, j’espère que la paix s’installera durablement dans nos communautés, afin que les enfants puissent aller à l’école alors que nous, parents, luttons pour leur entretien », dit-elle. 

Suspendons le temps, pas leur vie !

 

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Avancée historique : la République dominicaine interdit les mariages d’enfants

La République dominicaine vient d’adopter une loi contre les mariages d’enfant. Plan international, très impliquée dans ce combat, salue une avancée historique pour l’égalité de genre. Il faut désormais veiller à l’application de la législation. Retour sur les actions de plaidoyer de l’ONG pour mettre un terme à ce fléau dans le pays.

L’ONG Plan International salue la promulgation de la Loi 1-21 « qui élimine le mariage d’enfants sur le territoire dominicain ».

Une campagne menée par Plan International 

Virginia Saiz, directrice de Plan International en République dominicaine, se félicite de cette avancée : « La République dominicaine a pris une grande mesure législative. La promulgation de cette loi contribuera à accroître directement les possibilités de développement humain des filles, à réduire le cycle de la pauvreté et de sa féminisation, et à combler les écarts entre les sexes présents dans tous les domaines de la société dominicaine, ce qui conduit à la violation de leurs droits ».

Dans le cadre de la révision du code civil, Plan International mène la campagne de plaidoyer #18NoMenos (18 pas moins) qui demande au Congrès de relever l’âge minimum du mariage à 18 ans, pour les deux sexes et sans exception. La campagne commence par des recherches sur les « Niñas Esposadas » (les « filles menottées »), expression qui désigne les mariages d’enfants dans cinq provinces du Sud et se poursuit avec un effort intensif de communication sur les graves conséquences du mariage d’enfant pour les filles et pour les adolescentes 

Le travail ne fait que commencer

Plus d’1/3 des femmes âgées de 20 à 24 ans avaient été mariées ou en union informelle avant leur 18 ans (ENHOGAR-MICS* 2014). La promulgation de cette loi est le début d’un long processus au sein du pays.

« Le travail le plus difficile ne fait que commencer : cesser de voir le problème comme un problème culturel, dans le cadre des modèles et des stéréotypes établis par la société. Et ce changement sera réalisé en transformant les comportements qui permettent encore le mariage des enfants », déclare Virginia Saiz.

En ce sens, le pays doit honorer la nouvelle loi sur la protection des enfants, en mettant fin à l’impunité des agresseurs qui se réfugient dans un mariage et en offrant aux filles la possibilité de développer un projet de vie digne. Les citoyen·ne·s ont un rôle à jouer en dénonçant cette pratique, tout comme les organisations humanitaires qui doivent poursuivre activement le travail communautaire, académique ainsi que les actions et de plaidoyer pour la défense des droits des enfants et des adolescent·e·s  dominicain·e·s.

*Encuesta Nacional de Hogares de Propósitos Múltiples – Multiple Indicator Cluster Survey

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Laissez les filles devenir adultes avant de les marier !

Mariatou, une jeune Nigériane de 18 ans, est connue pour son engagement contre le mariage précoce et les violences de genre. Equipée d’un haut-parleur fourni par Plan International, elle organise des réunions de sensibilisation au cours desquelles elle fait passer des messages, dans différentes langues locales, sur la protection des enfants.

Nous avons tous et toutes le devoir de protéger les enfants

Cette jeune femme dynamique est déterminée à changer sa communauté pour le mieux par la promotion des droits des enfants et des filles. « Avec d’autres filles avec lesquelles je partage la même vision, nous nous rendons dans les communautés pour discuter de problématiques telles que le mariage des enfants et ses conséquences néfastes. Nous parlons également des rôles et responsabilités que nous avons tous et toutes en ce qui concerne la protection des enfants, par exemple signaler les cas de violences envers les enfants. »

« Je fais la promotion de la protection de l’enfance par la sensibilisation. »

Selon l’UNICEF, le Niger a l’un des taux de mariage d’enfants les plus élevés au monde. 24 % des filles sont déjà mariées à l’âge de 15 ans, et 80 % à l’âge de 18 ans.

Mariatou est plus ou moins bien reçue lorsqu’elle visite les communautés. « Certaines personnes nous encouragent et apprécient nos efforts, tandis que d’autres nous insultent. Personnellement, je n’ai jamais été découragée par les commentaires négatifs parce que je crois en ce que je fais. Nous continuerons de sensibiliser le public jusqu’à ce que les gens comprennent les conséquences néfastes du mariage des enfants et que plus aucun mariage d’enfants n’ait lieu dans la communauté. »

Si toutes les filles pouvaient aller à l’école…

Mariatou a dû abandonner l’école à 12 ans. « Je n’ai pas pu aller au-delà de l’école primaire car mes parents n’avaient pas les moyens de payer les frais de scolarité. Si j’avais eu la chance de poursuivre mes études, j’aurais aimé être professeur » explique Marietou. 

« A défaut, je souhaite apprendre la couture pour devenir créatrice de mode. Je travaillerais pour moi et pour les autres, je pourrais ainsi subvenir à mes besoins et aussi former d’autres filles qui sont dans la même situation que moi. ». Elle conclut « J’aimerais que toutes les filles puissent aller à l’école ».

Un haut-parleur pour faire passer ses messages

Comme 30 autres militant·es des communautés de la région de Diffa, Mariatou a reçu de Plan International :

  • un haut-parleur portable qui lui permet d’être entendue de toutes et tous lors des réunions de sensibilisation ; 
  • une clé USB contenant des messages, rédigés dans plusieurs langues locales, sur la protection de l’enfance et les violences de genre.  Ainsi que des informations sanitaires sur les mesures de prévention du COVID-19 ;
  • des panneaux solaires associés permettant de recharger les enceintes qui peuvent ainsi être utilisées même dans les zones les plus reculées. 

Le projet a été financé par le ministère norvégien des Affaires étrangères pour faciliter l’accès à des informations fiables et dissiper les rumeurs et la désinformation.

« Ce haut-parleur nous est très utile lors de nos campagnes de sensibilisation sur la protection de l’enfance. Et je compte diffuser ces messages partout où j’irai », s’engage Mariatou. 

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Protéger les filles des mariages précoces pendant la pandémie du COVID-19

Le Mozambique est un des pays où le taux de mariage d’enfants est le plus élevé au monde. Maria a été mariée de force à 12 ans car ses parents ne pouvaient pas s’occuper d’elle.
Aujourd’hui, survivante du mariage précoce, Maria a repris ses études avec l’aide de l’ONG Plan International. Mais elle craint que les fermetures d’écoles, liées à la lutte contre la propagation du COVID-19, ne fassent augmenter considérablement le nombre de mariages forcés.

Un taux de mariages précoces déjà alarmant

Maria* vit dans la province de Nampula, au Nord du Mozambique, avec ses parents et ses six frères et sœurs. Cette région détient le plus haut taux de mariage précoce du pays, les filles concernées ont généralement à peine entamé leur puberté.

Maria redoute que la pandémie de COVID-19 n’encourage encore davantage cette pratique :
« Mes parents souhaitaient que je me marie parce qu’ils sont pauvres. Ils ne pouvaient pas se permettre de payer des fournitures scolaires pour leurs 7 enfants. Je me suis mariée tôt pour alléger cette charge financière, pour qu’ils n’aient plus à payer mes uniformes et mes livres. Mon ancien mari avait promis à ma famille qu’il m’achèterait les fournitures nécessaires si j’acceptais de l’épouser mais c’était un mensonge. J’ai manqué deux années d’école pendant mon mariage. »

Selon l’UNICEF, le Mozambique est l’un des pays avec le plus haut taux de mariage d’enfants au monde, avec près de la moitié des filles mariées avant leurs 18 ans. Ces mariages précoces forcent souvent les jeunes filles à abandonner l’école, les plongeant dans une vie de pauvreté et les rendant vulnérables aux grossesses précoces et aux violences sexuelles et physiques.

« Me marier si jeune était la pire décision que j’ai prise. »

Maria a eu de la chance : elle a réussi à échapper à son mariage et est retournée à l’école grâce à l’aide de Plan International au Mozambique.
 « J’étais très heureuse de retourner à l’école cette année. Quand j’étais mariée, je n’osais même pas imaginer qu’un jour je pourrais de nouveau étudier. Mais tout le monde n’a pas soutenu mon désir de divorcer et de retourner à l’école. Certaines personnes de ma communauté croient toujours que les filles sont faites pour être mères ou épouses, et non pour étudier », témoigne-t-elle.

Un risque d’augmentation des mariages d’enfants à cause du COVID-19

Comme beaucoup de jeunes filles au Mozambique, Maria est déscolarisée depuis le 23 mars, date à laquelle le gouvernement a fermé toutes les écoles du pays pour lutter contre la propagation du COVID-19. Avec des millions de filles à la maison, les risques d’une augmentation du nombre de mariages d’enfants sont grands
« Comme les écoles ont fermé, on me dit je suis maudite parce que j’ai quitté mon mari », s’attriste Maria.

« Certaines personnes de ma communauté conseillent aux jeunes filles de se marier parce qu’elles pensent que l’école n’ouvrira pas avant la fin de l’année. Elles disent que nous serons forcées de rester à la maison et que nous rajouterons des frais supplémentaires à nos pauvres familles », explique Maria.
 « À cause du COVID-19, de nombreuses familles ne seront pas capables d’envoyer leurs enfants à l’école parce que beaucoup ont perdu leur travail et font face à des dépenses supplémentaires, comme l’achat de nourriture et de produits sanitaires. Deux de mes cousines de 15 ans envisagent de trouver un mari qui pourrait les nourrir pendant ces temps difficiles. Beaucoup d’hommes plus âgés en profitent pour leur faire des promesses », déplore-t-elle.

Plan International lutte contre le mariage précoce au Mozambique

L’ONG Plan International, qui lutte déjà contre les mariages précoces dans le pays, soutient le retour des filles à l’école et travaille dur pour s’assurer que les filles ne soient pas mariées pendant la pandémie. L’ONG s’efforce de leur donner l’opportunité d’en apprendre davantage sur leurs droits et de les aider à poursuivre leur éducation chez elles.
« Je reçois des fiches de travail pour m’aider à rester à jour dans mon travail scolaire malgré la fermeture des écoles. Je veux que davantage de filles privilégient leur éducation au mariage et qu’elles aient la même opportunité que celle que j’ai aujourd’hui », s’exclame Maria.

« Quand Plan International m’a aidée à sortir de mon mariage et à réintégrer l’école, j’ai réalisé à quel point j’aimais apprendre. »

Plan International au Mozambique, à travers son partenariat avec le Ministère de l’éducation, assiste les filles et les jeunes femmes dans les zones difficilement accessibles avec des programmes d’enseignement à distance, de sensibilisation à l’importance de l’éducation des enfants et de lutte contre le mariage forcé des jeunes filles.
« Beaucoup d’autres filles risquent de subir le même sort si elles ne reçoivent pas le soutien dont je bénéficie aujourd’hui », alerte Maria.

*le nom a été changé, pour protéger son identité.

Ensemble, nous avons le pouvoir de limiter les conséquences de cette crise et de protéger les plus fragiles.

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