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À 16 ans, j’ai réussi à faire annuler mon mariage à la dernière minute

Laxmi avait 16 ans lorsque ses parents lui ont annoncé qu’ils lui avaient trouvé un mari. Sensibilisée à ses droits en tant que fille et aux conséquences dévastatrices des mariages d’enfants grâce au réseau de clubs d’enfants soutenu par Plan International, elle s’est promis de le faire annuler.

À 16 ans, mes parents m’avaient déjà trouvé un mari

Laxmi avait 16 ans lorsque ses parents lui ont annoncé qu’ils lui avaient trouvé un mari. Choquée par cette nouvelle, elle en a immédiatement informé ses amies et amis du club pour enfants de Plan International.

« Si nous avions été mariées si jeunes, cela aurait été comme un suicide pour moi. Je serais tombée enceinte et aurais probablement dû accoucher dans des conditions difficiles. Cela aurait nuit gravement à ma santé physique et à ma santé mentale. J’aurais dû obéir à mes beaux-parents et mon destin ne dépendrait que d’eux. Ma vie aurait été sombre et solitaire. »

Au Népal, 37 % des filles sont mariées avant leur 18 ans 

Le Népal affiche le 3e taux le plus élevé de mariages d’enfants en Asie avec 37 % de filles mariées avant l’âge de 18 ans et 10 % avant 15 ans. Chaque jour, des filles, généralement issues des communautés les plus vulnérables, se marient au Népal, avec des conséquences dévastatrices sur leur vie. 

Une enfance écourtée et une éducation souvent abandonnée 

Leur enfance est écourtée et leur éducation souvent abandonnée. Les filles mariées deviennent mères trop tôt et doivent faire face à de graves conséquences sur leur santé. Les grossesses précoces peuvent parfois aller parfois jusqu’au décès des jeunes mères et exposent les filles à un risque accru de violences domestiques.

Chaque enfant a le droit d’être protégé contre toute forme d’exploitation et de violence sexuelles

Mais Plan International travaille pour changer cela. Nous nous engageons à mettre fin aux mariages d’enfants, précoces et forcés, à travers des clubs d’enfants, en travaillant avec les filles, les communautés et les institutions afin de changer les normes sociales traditionnelles et les pratiques néfastes.

Aux clubs d’enfants, les filles peuvent se rencontrer régulièrement pour discuter des droits de l’enfant, de la santé sexuelle et reproductive et des conséquences néfastes du mariage des enfants. Elles acquièrent également des compétences de vie pour se préparer à la vie adulte et participent à des activités telles que le sport, le théâtre et le jeu.

Grâce au club des enfants, j’ai réussi à faire annuler mon mariage à la dernière minute

Les animateurs et animatrices du club ont mis Laxmi en contact avec l’ONG locale FAREN, l’un des partenaires de Plan International au Népal, qui a aidé Laxmi à persuader ses parents d’interrompre son mariage à la dernière minute.

Reconnaissante pour sa liberté, Laxmi veut faire en sorte que toutes les filles aient connaissance de ses droits et puissent être soutenues comme elle l’a été.

« Nous devons responsabiliser les filles. Si les filles connaissaient davantage leurs droits, leur situation serait bien meilleure. »

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Journée historique en Tanzanie : les mariages d’enfants sont interdits par la justice

Plan International salue la décision de la cour de justice tanzanienne de déclarer anticonstitutionnel le mariage des mineur·e·s. Une grande avancée pour les droits des filles et dans la lutte contre les mariages d’enfants, dans un pays où 2 filles sur 5 sont mariées avant leur 18 ans.

Tanzanie : les mariages d’enfants sont interdits par la justice

4 ans de combat

En 2016, Rebeca Gyumi, militante contre le mariage précoce en Tanzanie, dépose une requête auprès de la Haute Cour, demandant au gouvernement tanzanien de modifier la loi de 1971 sur le mariage permettant aux filles et aux garçons de se marier à partir de 14 ans. Elle appelle alors à ce que tous les mariages d’enfants âgés de moins de 18 ans soient considérés comme illégaux et anticonstitutionnels. La Haute Cour accepte de relever l’âge minimum du mariage à 18 ans, c’est un jugement historique. 
Cependant, dans un geste très contesté, le gouvernement a fait appel de la décision de la Haute Cour, notamment pour maintenir l’âge légal du mariage des filles à 14 ans. 

C’est mercredi 23 octobre 2019 que la Cour Suprême tanzanienne a tranché et confirmé le jugement rendu par la Haute Cour en 2016. Les mariages d’enfants sont dorénavant considérés comme anticonstitutionnels.  

« Cette décision marque un progrès important dans la protection des filles en Tanzanie. Il souligne la position du pays dans le respect de ses obligations nationales et internationales », déclare Rebeca Gyumi. En 2018, elle a gagné le prix international des droits humains de l’ONU, pour cette campagne contre le mariage d’enfants en Tanzanie, à laquelle l’ONG Plan International a grandement collaboré.

« Cela signifie qu’aujourd’hui les filles de Tanzanie, et celles qui naitrons demain, peuvent et pourront rêver, libérer leur potentiel, sans être discriminées en raison de leur sexe. Le gouvernement doit maintenant s’acquitter de son obligation en appliquant la décision de la cour et en modifiant la loi », poursuit Rebeca Gyumi. 

Le mariage précoce, un fléau en Tanzanie

« Quand j’étais au lycée, je suis tombée enceinte. Ma famille m’a obligée à me marier avec mon petit-ami. Peu après le mariage, il s’est enfui. J’ai dû élever ma fille seule. Je suis triste de ne pas avoir pu terminer le lycée. Je ne veux pas voir d’autres filles souffrir comme j’ai souffert. Je ne veux pas que d’autres filles abandonnent l’école à cause d’un mariage forcé », confie Béatrice, 19 ans. 

Selon une enquête démographique tanzanienne menée en 2015 et 2016, deux filles sur cinq sont mariées avant leur 18 ans, le taux de prévalence de la pratique est de 37 %. 
En 2018, l’Unicef classe la Tanzanie comme le 11e pays du monde où le nombre de mariages d’enfants est le plus élevé.

Pourtant, le mariage d’enfants constitue une violation des droits humains, particulièrement pour les filles : 

« Le mariage précoce a un impact négatif sur la vie des filles. Cela les prive non seulement de leurs droits, mais aussi de leur enfance. Une fille mariée avant l’âge de 18 ans est plus susceptible d’abandonner ses études, de devenir mère, de mourir des suites de complications au cours de sa grossesse et de son accouchement. Piégée dans une vie marquée par la pauvreté, elle est également plus susceptible de faire face à la violence domestique et sexuelle », explique Mona Girgis, directrice de Plan International Tanzanie.

« C’est un jour historique pour les droits des filles en Tanzanie, où le taux mariage d’enfants est l’un des plus élevés au monde. Des générations de filles ont perdu leur avenir à cause de ce fléau », ajoute-t-elle.

Plan International en Tanzanie est membre actif du réseau Tanzania Ending Child Marriage. Nous agissons avec nos partenaires afin de donner aux filles et aux communautés les moyens de lutter contre les normes sociales qui contribuent au mariage d’enfants

Nous travaillons également à renforcer les systèmes de protection de l’enfance, l’autonomisation économique des jeunes femmes et la sécurité économique des ménages.

« Plan International poursuivra ses actions, avec le gouvernement, les organisations de la société civile, les communautés et les filles tanzaniennes, pour faire évoluer les perceptions, les normes sociales et les attitudes favorisant le mariage des enfants en Tanzanie », déclare Mona Girgis

« Ce jugement est une très bonne nouvelle pour des milliers de jeunes filles tanzaniennes. Il faut maintenant accompagner cette décision pour s’assurer que la loi s’applique partout en Tanzanie. Et que les enfants, leurs parents et les chefs coutumiers empêchent de nouveaux mariages », conclut Yvan Savy, directeur de Plan International France.

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Combien de temps Bhumika restera-t-elle à l’école avant d’être mariée ?

Bhumika a 7 ans, elle vit dans une des régions les plus pauvres du Népal.
Ici, 9 filles sur 10 sont mariées avant l’âge de 18 ans.
Pour le moment, Bhumika profite de son enfance mais pourra-t-elle échapper au mariage précoce ?

bhumika nepal

Bhumika est une enfant comme les autres

« J’aime lire et jouer avec les autres enfants », dit-elle.

Sa couleur favorite est le rose et son animal préféré est l’éléphant, même si elle en a peur. En effet, dans la jungle qui entoure son village, il y a des éléphants qui parfois s’approchent des habitations pour s’attaquer aux récoltes des villageois.

Mais, pour une petite fille comme elle, le mariage des enfants est un danger beaucoup plus terrible que les éléphants. Bhumika ne le sait pas encore, mais son avenir est plein de menaces.

Une extrême pauvreté

Bhumika vit avec ses parents et ses 5 frères et sœurs dans une hutte de quelques mètres carrés. Faite en bambou et argile, avec un toit de paille, la maison est recouverte d’une grande bache de plastique noire pour assurer son étanchéité. Comme elle est construite sur un terrain appartenant à l’État, les parents de Bhumika ne savent pas combien de temps ils pourront rester.

La plupart des familles qui vivent ici appartiennent à la caste des Dalits ou Intouchables. Elles sont au bas de l’échelle sociale. Les parents de Bhumika gagnent leur vie en effectuant des travaux pénibles dans les champs. Ils ont beaucoup de mal à s’en sortir avec tant de bouches à nourrir, sans compter les frais de scolarité de leurs plus jeunes enfants.

Combien de temps Bhumika pourra-t-elle rester à l’école ?

Bhumika va à l’école, mais du fait de la pauvreté et des discriminations, il est très peu probable qu’elle puisse aller au bout de sa scolarité. Il est en effet courant que les filles abandonnent leurs études bien plus tôt pour travailler ou être mariées. Car on considère ici que les garçons ont la priorité pour aller à l’école, alors que les filles peuvent rester à la maison.

Ainsi, deux de ses sœurs ont été mariées alors qu’elles étaient encore enfants, alors que la troisième travaille actuellement en Inde.

« Bhumika est encore jeune et heureusement insouciante. C’est une petite fille très joyeuse. Mais si notre famille ne parvient pas à joindre les deux bouts, j’ai peur de ce qui pourrait lui arriver », déplore sa sœur aînée, Suman.

bhumika nepal

Les conséquences effroyables du mariage précoce

La pauvreté est l’une des principales causes du mariage des enfants. Une fille étant souvent considérée comme un fardeau, ses parents ont le sentiment de n’avoir d’autre choix que de la marier très jeune. 

Et pourtant, les conséquences d’un mariage précoce sont catastrophiques pour les filles. La plupart d’entre elles abandonnent l’école et elles sont nombreuses à tomber enceintes avant que leur corps ne soit prêt. Elles doivent rester chez elles, sans aucune liberté ni opportunités financières. Et dans les pires cas, ces enfants-épouses sont traitées comme des esclaves par leur nouveau mari et leur famille.

Près de la frontière avec l’Inde, là où vit Bhumika, les filles courent également le risque d’être abusées ou kidnappées pour être vendues comme épouses ou ouvrières dans des pays voisins.

Aider les familles à maintenir leurs filles à l’école

Plan International s’emploie à mettre fin au mariage des enfants dans le village de Bhumika et dans de nombreuses communautés voisines. 
Nous attachons une importance particulière à aider les filles à rester à l’école et sensibilisons enfants et adultes à l’égalité entre les filles et les garçons et aux droits à l’éducation et à la sécurité pour toutes et tous.

Pour permettre aux parents de payer les frais de scolarité de leurs enfants, nous avons également mis en place des groupes d’épargne et de crédits. Dans ces groupes, les ils peuvent recevoir des conseils sur les compétences parentales. Nous finançons également des bourses d’études pour les familles les plus vulnérables et assurons le suivi des enfants qui abandonnent leurs études. 

Dans le village de Bhumika, nous avons construit une école où nous formons les enseignants à une éducation sensible au genre.

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Le Mozambique interdit enfin le mariage d’enfants

Le Mozambique vient d’adopter une nouvelle loi interdisant le mariage d’enfants. Une victoire après une campagne de 2 ans et demi menée par des ONG défendant l’égalité entre les filles et les garçons dont Plan International.

Un engagement historique

 

Mailavia, 12 ans, Herminia, 13 ans, Baptista et João, 14 ans, discutent des droits des enfants, d’égalité, du mariage d’enfants et d’éducation sexuelle au club pour enfants de Plan International.

C’est une réelle avancée alors que Mozambique a l’un des taux de mariage d’enfants les plus élevés au monde, avec près de la moitié des filles mariées avant leurs 18 ans et plus d’une fille sur 10 mariées avant leurs 15 ans. Le projet de loi, qui fixe l’âge minimum du mariage à 18 ans, met fin à une faille dans le droit de la famille mozambicain qui autorisait le mariage avant l’âge de 16 ans avec le consentement des parents.

 Plan International a joué un rôle essentiel dans la rédaction du projet de loi, aux côtés des gouvernements nationaux et locaux du Mozambique, d’autres organisations de la société civile, de dirigeants communautaires, de garçons et de filles, de parents et de responsables religieux.

 « Ce changement de loi représente un engagement historique du gouvernement mozambicain pour les droits des filles », déclare Anne Hoff, directrice de Plan International au Mozambique, avant d’ajouter :

 « Une fille mariée avant l’âge de 18 ans est plus susceptible d’abandonner ses études, de devenir une mère-enfant, de mourir pendant sa grossesse ou lors de l’accouchement et d’être prise au piège dans une vie de pauvreté. »

« Cette loi aide à préparer des millions de filles qui auraient été privées de leur enfance à poursuivre leurs études et à réaliser leur plein potentiel. Cela pourrait sortir une génération de jeunes femmes de la pauvreté. »

La loi adoptée à l’unanimité

Le projet de loi a été adopté à l’unanimité en juillet par le Parlement mozambicain, l’Assemblée de la République, et sera adopté dès sa signature par le président Filipe Nyusi.

La campagne menée par les jeunes activistes soutenu·e·s par Plan International visant à mettre fin au mariage des enfants au Mozambique gagne progressivement du terrain.

Les jeunes se sont rassemblé·e·s et ont présenté les conséquences néfastes du mariage d’enfants aux gouvernements provinciaux de la ville portuaire Inhambane et de la « capitale du Nord » Nampula. Tandis que dans le sud du pays, les villes de Maputo et Maxixe affichent des panneaux, des peintures murales et des bus peints en rose en demandant aux membres de communauté de dire « non au mariage d’enfants ! » 

La loi doit être appliquée !

Plan International demande au gouvernement mozambicain de promulguer dans les plus brefs délais le projet de loi et à veiller à ce qu’il soit correctement appliqué. 

« Les filles ont suffisamment attendu la fin de cette grave violation de leurs droits humains. La nouvelle loi doit entrer en vigueur dès que possible », rappelle Anne Hoff. 

Plan International exhorte également le gouvernement mozambicain à accompagner la législation par des politiques et des programmes qui s’attaquent aux causes profondes du mariage des enfants et s’attaquent aux inégalités de genre.

 « Un cadre juridique solide sur le mariage des enfants est essentiel pour mettre fin à cette pratique, mais il est clairement établi qu’il doit être accompagné d’autres mesures pour que les filles et les jeunes femmes puissent revendiquer leur droit de choisir si elles veulent se marier et quand elles veulent se marier », conclut Anne Hoff.

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J’ai 15 ans et je pourrais être déjà mariée

Roxana a 15 ans, elle vit au nord du Bangladesh. Il y a quelques mois, ses parents l’ont presque forcée à se marier. Avec l’aide de son professeur et de l’ONG Plan International, elle a pu y échapper.

J’ai 15 ans et je pourrais être déjà mariée

Ils ont arrangé mon mariage sans mon accord

« Un soir, j’étudiais dans ma chambre quand j’ai entendu mes parents dire qu’ils allaient me marier. Ils ne m’en avaient pas parlé directement, je ne comprenais pas ce qu’il se passait.  

Je me suis sentie terriblement mal quand j’ai compris que mes parents avaient arrangé mon mariage sans mon consentement. 
Je leur ai dit que je ne voulais pas me marier mais ils ne n’ont pas écouté. A la place, ils ont arrêté d’en discuter avec moi.

Quelques jours plus tard, la famille du marié est venue nous voir à la maison. À eux aussi j’ai dit que je ne voulais pas me marier. Mais personne ne s’intéressait à ce que je pensais. 

Je ne voulais pas me marier à ce moment-là, ni même encore maintenant. Je veux plutôt aller à l’école et terminer mes études pour devenir médecin ou ingénieure.

Si je me marie, je serais obligée de prendre soin de mon mari et de sa famille et je ne pourrais plus aller à l’école.

J’ai l’impression d’avoir retrouvé ma vie

Mon professeur travaille aux côtés de Plan International pour faire cesser les mariages d’enfants dans ma région. Il nous a appris en classe que cette pratique est illégale.

Grâce à cela, j’ai pensé à contacter mon professeur, le jour où j’ai su que mes parents avaient fixé définitivement la date de mon mariage. 

Je lui ai tout raconté. 

Il est allé voir mon père et lui a fait comprendre que les mariages d’enfants ont des conséquences dramatiques. 

J’étais très heureuse et soulagée d’apprendre que je ne devais plus me marier. J’avais presque l’impression d’avoir retrouvé ma vie. 

Ma sœur et mes amies n’ont pas eu ma chance

Les parents de deux de mes amies les ont forcées à se marier. Elles étaient encore au collège. Nous l’avons découvert 6 ou 7 mois plus tard. Personne ne leur a demandé leur avis, elles souffrent beaucoup. Elles ont dû quitter l’école.

Je n’ai pas l’occasion de passer du temps avec elles car elles sont toujours occupées avec les tâches familiales et corvées domestiques. 

Ma sœur aussi s’est mariée trop jeune, elle avait 14 ans. A 17 ans, elle était déjà mère de deux enfants.

Pourtant, elle souhaitait étudier, tout comme moi, mais malheureusement, ce n’est plus possible maintenant.

J’avais quelques notions sur les mariages d’enfants mais je n’étais pas tout à fait sûre qu’il s’agisse d’un crime ni des peines qui s’y rapportent. 
Heureusement que mon professeur est intervenu grâce aux actions de sensibilisation menée par Plan International.

Maintenant que mes parents ont découvert les effets négatifs des mariages d’enfants, ils m’ont dit qu’ils n’auraient plus ce genre de pensées et qu’ils me soutiendraient jusqu’à la fin de mes études. »

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Amal, 11 ans, réfugiée syrienne au Liban, échappe au mariage et au travail forcés

Sur une colline boueuse dans un village proche d’Akkar, dans le nord du Liban, on découvre une dizaine de tentes de fortune. Amal, originaire de Syrie, habite dans l’une d’elles depuis 6 ans, avec sa mère et ses 5 frères et sœurs. Elle n’a que 11 ans et pourtant son mariage a déjà été programmé.

Je rêve de faire des études 

« Je ne sais ni lire ni écrire. Je ne suis jamais allée à l’école et je ne comprends pas pourquoi. Ici, nous n’avons rien à faire. Je reste à la maison toute la journée pour jouer avec mes frères et sœurs plus jeunes ou aider ma mère. »

Amal rêve de faire des études mais elle doit rester à la maison pour aider sa mère. « J’aimerais beaucoup aller à l’école. Je veux être professeure et apprendre aux enfants à écrire dans une grande école. »

Je venais d’accoucher par césarienne lorsque nous avons dû fuir 

Amal n’avait que 4 ans lorsque sa famille a été obligée de fuir la ville d’Idlib, en Syrie, ravagée par les bombes. Elle ne se souvient pas beaucoup de leur fuite et de la Syrie. À l’inverse, sa mère Rim, 32 ans, est incapable d’oublier.

« Ma plus jeune fille est née par césarienne. Je venais d’accoucher lorsque les obus ont commencé à tomber sur Idlib. Nous avons été pris de panique et nous avons décidé de nous enfuir. J’ai dû tenir mon ventre avec les mains pour que les points de suture ne lâchent pas », raconte Rim.

Rim caresse les cheveux de sa plus jeune fille, maintenant âgée de 7 ans, et la serre fort dans ses bras. La petite sourit en retour et se blottit contre sa mère. Les 6 frères et sœurs écoutent attentivement lorsque leur mère raconte leur fuite.

Ma fille Amal veut aller à l’école mais je ne peux pas l’y envoyer 

La famille vit dans une tente. Sur le sol, des tapis épais et au milieu, un petit poêle à bois. C’est plein de courants d’air et il fait froid. Les fenêtres ne ferment pas et Rim explique comme l’hiver a été infernal. Avec la neige, la pluie, la tente a été plusieurs fois inondée.

Rim soupire et poursuit son récit: « Mon mari est décédé en Syrie et je suis seule avec 6 enfants. Je suis moi-même malade après une opération utérine et mon fils est atteint d’épilepsie. Le pire des problèmes pour une mère, c’est de ne pas pouvoir fournir à ses enfants ce dont ils ont besoin. Je sais ce qu’ils souhaiteraient. Par exemple, ma fille Amal veut aller à l’école – mais je ne peux pas l’y envoyer ».

Maman voulait me marier parce qu’elle n’avait pas d’argent

Je ne savais rien de cet homme et j’ai dit que je ne voulais pas, parce que j’étais trop jeune

Les sœurs aînées d’Amal, âgées de 15 et 16 ans, servent le thé. Elles sont déjà mariées et vivent à proximité avec leurs maris, mais viennent souvent ici pour passer du temps avec leur mère et leurs frères et sœurs. Lorsque la famille est entrée en contact avec le programme de Plan International, Amal était sur le point de se marier et elle avait commencé à travailler pour une famille en tant que femme de ménage.

« Maman voulait me marier parce qu’elle n’avait pas d’argent. Je ne savais rien de cet homme et j’ai dit que je ne voulais pas, parce que j’étais trop jeune. Je veux aller à l’école ! », soutient Amal.

Mon mariage a pu être annulé et je ne suis plus forcée de travailler

Larma Amine est assistante sociale pour le réseau Akkar pour le développement, l’une des organisations partenaires de Plan International, qui travaille avec les enfants syriens dans la région depuis de nombreuses années.

« Quand nous avons appris qu’Amal travaillait pour une famille et allait se marier à un âge aussi jeune, nous avons décidé de parler à sa mère pour voir si nous pouvions la convaincre de changer d’avis, ce qui a fonctionné. »

Amal et son frère cadet fréquentent maintenant le centre d’assistance de Plan International pour les enfants syriens et libanais vulnérables de la région d’Akkar. Amal n’est pas encore scolarisée, mais son projet de mariage a été annulé et elle ne travaille plus comme femme de ménage.

La pauvreté est la cause sous-jacente de la vulnérabilité des enfants

Elissa Alhassrouny, responsable de la protection de l’enfant chez Plan International au Liban déplore : « Les plus importants problèmes auxquels nous sommes confrontés sont le mariage et le travail des enfants et leur non-scolarisation. Toute une génération d’enfants passe à côté de son enfance et a besoin d’un soutien urgent. »

La pauvreté est la cause sous-jacente de la vulnérabilité des enfants. Plus de la moitié des réfugiés syriens vivent dans une extrême pauvreté et ont du mal à se procurer suffisamment de nourriture chaque jour. Aujourd’hui, environ un million et demi de réfugiés syriens vivent au Liban, ce qui signifie que le pays compte le plus grand nombre de réfugiés par habitant au monde.

Dans le même temps, le Liban est aux prises avec un taux de chômage élevé et une sécurité sociale déficiente pour sa propre population. La situation des réfugiés s’aggrave chaque année, les prix du logement et de la nourriture ne cessant d’augmenter et de nombreux Syriens ne disposant pas de permis de travail.

Au centre, les enfants prennent connaissance de leurs droits

J’étais tellement heureuse lorsque ma mère a changé d’avis et a décidé de ne pas me marier.

Le centre d’aide aux enfants de Plan International est situé dans une vieille maison individuelle au sommet du village avec une vue panoramique sur les vallées. Amal et d’autres enfants syriens viennent ici 2 fois par semaine pour apprendre différents sujets tels que la santé et leurs droits, ainsi que sur les risques et les conséquences du travail et du mariage forcés des enfants.

Dans la classe d’Amal, les enfants dessinent leurs mains sur des morceaux de papier. Ils colorent une main verte et l’autre rouge. La leçon porte sur l’intégrité du corps et sur ce qui est juste ou faux en matière de contact physique. L’animateur demande aux enfants ce qu’ils devraient faire si un adulte leur demandait de se déshabiller. Ils lèvent tous la main rouge montrant ainsi qu’ils ont compris que cette demande est inappropriée.

« J’aime venir ici. J’étais très malheureuse auparavant, mais depuis que j’ai reçu de l’aide, je me sens mieux. J’étais tellement heureuse lorsque ma mère a changé d’avis et a décidé de ne pas me marier. Je lui ai dit que je l’aimais », déclare Amal : « Maintenant que ma mère a commencé à travailler, je n’ai plus besoin de travailler chez les autres. Je sais que ma mère nous protégera toujours. »

Le travail de Plan International au Liban

Plan International collabore avec des organisations locales pour offrir un soutien psychosocial et des activités aux enfants syriens et libanais vivant dans des conditions de vulnérabilité. Les activités suivent un programme où différents thèmes sont abordés au cours de 17 semaines.

Les programmes pour les enfants plus jeunes impliquent beaucoup de jeux et d’apprentissage sur leurs droits, ainsi que sur leur santé physique et mentale, leur intégrité corporelle et les risques et conséquences du travail des enfants et du mariage des enfants.

Pour les adolescents et adolescentes, l’accent est mis sur la prévention du mariage des enfants, la santé sexuelle et reproductive, la violence sexiste et les services sociaux disponibles dans le quartier. Des travailleurs sociaux ont été formés pour identifier les enfants à risque de mariage d’enfants, de travail des enfants ou de violence et pour travailler avec les parents afin de réaliser un changement positif.

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Éthiopie : j’ai réussi à faire annuler mon mariage

En Éthiopie, dans la région rurale d’Amhara où Tejitu vit, 75 % des filles sont mariées avant l’âge de 18 ans et beaucoup le sont dès l’âge de 12 ans. A 14 ans, Tejitu entend sa famille parler d’une demande en mariage. Mais grâce au club de défense des filles créé par Plan International dont elle fait partie, Tejitu connaît ses droits et elle entend bien les faire respecter.

Ils voulaient une vie meilleure pour moi et estimaient que le mariage était la solution

Le mariage d’enfants est une pratique techniquement illégale en Ethiopie mais à 14 ans, Tejitu, entend, un jour, sa famille parler et planifier son mariage avec un inconnu d’une vingtaine d’années. Aujourd’hui elle a 15 ans et elle nous raconte comment sa famille a d’abord perçu cette demande en mariage comme une opportunité. 

« Mon père était impatient de rencontrer un homme qui pourrait l’aider dans ses travaux agricoles parce qu’il vieillit. Ils voulaient une vie meilleure pour moi et estimaient que le mariage était la solution. Mes parents pensaient que je serais peut-être heureuse de devenir une femme.  Mais ils se trompaient. Je n’étais absolument pas prête à me marier si jeune. Je connaissais les dangers potentiels du mariage d’enfants grâce au club que je fréquente à l’école. »

Pour les familles les plus modestes, marier son enfant représente parfois une porte de secours, c’est une bouche en moins à nourrir et cela peut aussi être une source de revenu lorsque les parents reçoivent des cadeaux de mariage de leur communauté.

J’ai dit à mes parents que je risquais de mourir si je tombais enceinte si jeune

Le club de défense des droits des filles dont fait partie Tejitu a été créé suite à l’initiative conjointe de Plan International et d’autres pays qui œuvrent pour éradiquer le mariage des enfants dans la province de Lasta Woreda, où vit Tejitu. 

Ce club rassemble des jeunes filles et des jeunes garçons qui discutent du mariage des enfants et d’autres pratiques néfastes telles que les mutilations génitales féminines. Ensemble, ils réfléchissent à comment éliminer ces pratiques de leurs communautés. Pour y arriver, ils sensibilisent leurs camarades et leur communauté et s’assurent que chaque fille connaisse ses droits. 

Comme Tejitu, ses amies du club ont également réussi à faire annuler leurs mariages. De gauche à droite : Shumshiva 16 ans, Yekeba 13 ans, Woyzer 14 ans, Tejitu 15 ans, Woyzer 14 ans. 

Grâce à ce qu’elle a appris dans ce club, Tejitu a pu faire valoir ses droits et convaincre ses parents que le mariage était une pratique dangereuse à son âge. « J’ai dit à mes parents que je pouvais mourir si je tombais enceinte parce que mon corps n’était pas encore suffisamment développé », nous raconte Tejitu.

L’une des premières causes de décès chez les filles de 15 à 19 ans

Tejitu dit vrai. À l’échelle mondiale, les complications liées à la grossesse et à l’accouchement sont la principale cause de décès chez les filles âgées de 15 à 19 ans. Déterminée à empêcher ce mariage, elle fait alors appel à ses professeurs et ses ami·e·s du club pour l’aider. Ayant tous et toutes reçu une formation, ils et elles ont décidé de signaler ce cas au groupe de travail local contre le mariage des enfants, formé par Plan International en 2016.

Le groupe de travail a alors rendu visite aux parents de Tejitu et a tenté de les persuader de changer d’avis. « Ce n’était pas facile, car le mariage des enfants est une tradition ancrée ici, mais à la fin, mes parents ont fini par accepter d’annuler mon mariage. J’étais tellement soulagée ! »

Une victoire pour Tejitu

Un pas en avant significatif pour la famille de Tejitu car ses deux sœurs aînées ont été mariées très jeunes. Et comme la plupart des adolescentes mariées du monde entier, elles ont toutes les deux subi des violences domestiques de la part de leurs partenaires. L’une de ses soeurs n’avait que 10 ans lorsqu’elle a été forcée d’épouser un homme de plus de dix ans qu’elle et selon Tejitu, il la battait régulièrement. Son autre sœur a été mariée à ses 17 ans mais a quitté son mari au bout de deux mois parce qu’il était également violent.

Pour convaincre sa mère d’annuler son mariage, Tejitu lui a rappelé à quel point ses deux sœurs avaient souffert d’être mariées aussi jeunes. 
Sa mère nous confie : « Nous avons annulé ce mariage car Tejitu n’en voulait pas. J’aime ma fille, elle est tout pour moi. »

Le père de Tejitu, quant à lui, a décidé de régler ses problèmes d’agriculture autrement : il loue maintenant la terre de la famille au lieu de la travailler lui-même.
Ses parents ont constaté à quel point leur fille et le club dont elle fait partie étaient déterminés à mettre fin au mariage des enfants. C’est une victoire pour Tejitu. Maintenant que ses parents ont abandonné leur projet de l’épouser, ils se tournent plutôt vers son avenir. 

« Aujourd’hui mes parents m’aident dans mes études et je crois sincèrement qu’ils ne me marieraient pas sans ma permission. Je souhaite devenir médecin un jour car j’aimerais travailler avec des femmes malades et les aider à aller mieux », dit-elle confiante.

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Je veux stopper le mariage des enfants en Ethiopie

Avec le soutien de Plan International, des groupes de discussion entre jeunes ont été créés dans les écoles de Lasta en Éthiopie. Filles et garçons s’y retrouvent pour s’informer et échanger sur le mariage des enfants, un problème courant dans ce district où des filles sont mariées dès l’âge de 12 ans.
Ermiyas, 16 ans, est l’animateur de l’un des groupes. Il veut faire évoluer les mentalités.

Informer les enfants dès l’école pour lutter contre les mariages forcés

« C’est principalement à l’école, par le biais d’un groupe de discussion, que j’ai découvert les problèmes liés au mariage des enfants. Maintenant, je m’efforce d’informer le plus de personnes possible. Je suis devenu l’animateur d’un groupe de discussion. Et chaque fois qu’il y a un rassemblement communautaire, par exemple à l’église, j’interviens sur ce sujet. »

Les filles, premières victimes de mariages forcés, grossesses précoces et déscolarisation 

« Je me suis impliqué parce que je connaissais une fille qui avait été forcée de se marier à l’âge de 14 ans. Elle était désespérée. Elle a dû quitter l’école et a eu un bébé à l’âge de 15 ou 16 ans. Je ne l’ai pas revue depuis son départ mais je sais qu’elle ne doit pas être heureuse car elle n’a jamais eu l’intention de renoncer à ses études. Je ne veux pas que la même chose arrive à d’autres filles.

S’opposer au mariage des enfants est important pour moi. Je sais qu’en en parlant, je peux pousser les gens à changer d’attitude et contribuer à résoudre les problèmes rencontrés par beaucoup de mes sœurs et de mes voisines. Cela me procure une réelle satisfaction. »  

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Le Brésil interdit le mariage avant 16 ans

Le Brésil vient d’interdire le mariage des enfants de moins de 16 ans. Une victoire après deux ans de campagne menée par des ONG dont Plan International.
Cependant, la mobilisation doit continuer pour fixer l’âge légal du mariage à 18 ans afin de protéger les filles forcées de se marier trop jeunes. Car le Brésil compte le 4e plus grand nombre d’enfants marié·e·s au monde avec 36 % des filles brésiliennes mariées avant l’âge de 18 ans.

Une avancée importante pour les droits des filles

Le Brésil a voté une loi pour interdire le mariage des enfants de moins de 16 ans après une campagne de 2 ans menée par des ONG dont Plan International. 

La modification de la loi a été approuvée le 13 mars par le président brésilien Jair Bolsonaro après son adoption par le Congrès national et le Sénat du Brésil. Elle interdit à quiconque d’épouser un·e enfant de moins de 16 ans, quelles que soient les circonstances.

Bien que l’âge minimum du mariage soit officiellement fixé à 18 ans au Brésil, le Code civil permettait aux filles de moins de 16 ans de se marier si elles étaient enceintes, ou aux filles et aux garçons s’ils ou elles avaient un·e partenaire sexuel plus âgé·e, cela pour éviter au ou à la partenaire d’être condamné·e pour détournement de mineur·e. 

Le changement de loi intervient après que Plan International ait lancé une pétition qui a reçue près de 12 000 signatures réclamant la modification du code civil afin de mieux protéger les filles.

Cynthia Betti, directrice de Plan International au Brésil déclare :
« La décision d’interdire le mariage des enfants de moins de 16 ans est une étape extrêmement importante dans la lutte pour les droits des filles. Le mariage des enfants est une pratique profondément préjudiciable qui, nous le savons, affecte la vie de millions de filles ici au Brésil. Nous avons mené une longue et difficile campagne pour atteindre les résultats annoncés aujourd’hui. »

Le combat continue pour fixer l’âge du mariage à 18 ans

Les enfants âgé·e·s de 16 ou 17 ans demeurent encore susceptibles d’être marié·e·s avec le consentement de leurs parents ou de leurs représentants légaux.

« Il reste encore beaucoup à faire », poursuit Cynthia Betti. « L’âge minimum légal du mariage doit être fixé à 18 ans pour les hommes et pour les femmes, quelles que soient les circonstances.
Nous devons maintenant redoubler d’efforts pour sensibiliser le public aux conséquences du mariage d’enfants de moins de 18 ans dans les communautés où nous travaillons.
»

Selon l’Unicef, le Brésil compte le quatrième plus grand nombre d’enfants marié·e·s au monde. 36 % des filles brésiliennes sont mariées avant l’âge de 18 ans et 11 % avant l’âge de 15 ans.

En 2015, Plan International a réalisé une étude inédite sur le mariage des enfants avec l’Université fédérale du Brésil et l’ONG Promundo. 
Cette étude, intitulée « Ela vai no Meu Barco » (Elle m’accompagne dans mon bateau), a mis en lumière l’ampleur du mariage des enfants dans la société brésilienne et brisé l’idée selon laquelle la pratique ne serait courante que dans les zones rurales.

Ces résultats ont joué un rôle clé dans la décision de changer la loi du Code civil.

Viviana Santiago, responsable genre et de plaidoyer pour Plan International au Brésil, explique :
« Le mariage précoce a des conséquences néfastes sur la vie des filles. Cela les prive de leurs droits mais aussi de leur enfance. Une fille mariée avant ses 18 ans est plus susceptible d’abandonner ses études, de devenir mère trop jeune, de décéder des suites de complications au cours de sa grossesse ou de son accouchement et de se retrouver piégée dans une vie marquée par la pauvreté.

Ses espoirs et ses rêves sont limités et elle est plus susceptible de faire face à la violence domestique et sexuelle.

La santé mentale et physique des filles est profondément affectée. Leur capacité à prendre des décisions concernant leur corps est limitée.

Le mariage précoce est une violation des droits fondamentaux des filles. Il n’y a absolument aucune circonstance dans laquelle cela devrait être acceptable. »

Plan International appelle le gouvernement brésilien à supprimer la brèche qui permet aux jeunes de 16 et 17 ans de se marier avec le consentement de leurs parents.

Nous devons éradiquer cette pratique, protéger correctement les filles et leur permettre de prendre leur avenir en main.

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Des adolescentes nigérianes lancent une pétition en ligne pour interdire les mariages d’enfants

En décembre 2018, les médias nigérians ont rapporté qu’un homme de 70 ans avait épousé une fille de 15 ans dans l’État du Niger, à l’ouest du Nigéria. Les photos du couple – publiées sur les réseaux sociaux – ont suscité l’indignation dans tout le pays et ont incité 3 adolescentes à passer à l’action pour bannir le mariage forcé des enfants.

Passer l’âge légal du mariage de 11 à 18 ans

Susan, Kudirat et Temitayo ont créé une organisation à but non lucratif appelée NeverYourFault (jamais de ta faute) et ont fait du mariage d’enfants leur première campagne : #RaiseTheAge (augmenter l’âge).

A travers sa pétition en ligne, #RaiseTheAge appelle le gouvernement nigérian à porter à 18 ans, et non plus 11 ans, l’âge légal du mariage dans tous les États et à prendre toute disposition utile pour que cette loi soit pleinement appliquée.

La pétition a déjà recueilli près de 120 000 signatures et continue à prendre de l’ampleur.

Des rapports de force déséquilibrés dans le mariage

Hussaini Abdu, directeur de Plan International au Nigéria, soutient la campagne et la pétition :
« Le mariage des enfants a un impact dévastateur sur la vie des filles. Il les prive non seulement de leurs droits, mais également de leur enfance. Au Nigéria, 43 % des filles sont mariées avant l’âge de 18 ans et 17 % sont mariés avant l’âge de 15 ans. 

Une fille mariée avant ses 18 ans va très probablement abandonner ses études, risque de devenir un mère-enfant, de mourir pendant la grossesse ou l’accouchement et de rester pauvre toute sa vie. Elle dépendra psychologiquement et financièrement de son mari et de sa belle-famille et, par conséquent, ne pourra jamais réaliser son véritable potentiel.

Quand il y a un grand écart d’âge entre les mariés – comme dans le cas qui a inspiré la pétition #RaiseTheAge – les rapports de force dans le mariage sont complètement déséquilibrés. 

Au Nigeria, les filles sont très souvent considérées comme inférieures aux garçons mais, quand elles sont prises au piège d’un mariage qui leur a été imposé, il est encore plus difficile pour elles de se faire entendre.

Dès lors qu’elles sont mariées, elles doivent renoncer à leurs rêves, elles sont souvent coupées de leurs familles et de leurs amis et risquent fort d’être confrontées à des violences domestiques et sexuelles. »

Les filles prennent leur destin en main 

Les filles derrière la campagne #RaiseTheAge sont un exemple fantastique de ce que les filles peuvent accomplir quand des pratiques néfastes ne les en empêchent pas, telles que le mariage d’enfants. Elles savent que nous avons besoin de changement et en ont assez d’attendre. Elles en ont assez d’être ignorées, assez d’être négligées et assez d’être sous-estimées. 

Donc, elles prennent les choses en main. C’est pour les filles au Nigéria une période exaltante. Le gouvernement du Nigéria doit les écouter. Il doit faire davantage pour lutter contre le mariage des enfants et modifier ses lois contradictoires. Et il doit faire davantage pour protéger et soutenir les filles afin qu’elles puissent vivre librement leur vie, à égalité avec les garçons et les hommes. »

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