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Papouasie Nouvelle-Guinée : Non, les femmes ne sont pas condamnées à être battues !

Les chiffres font froid dans le dos : selon une étude de l’ONU en Papouasie Nouvelle-Guinée, 80 % des hommes admettent perpétrer des violences à l’égard de leur conjointe. Plus de deux tiers des Papouasiennes seraient victimes de violences domestiques.

La courageuse Rachael nous raconte son histoire. Enfant, elle a grandi dans un foyer où les violences domestiques étaient quotidiennes. Les enfants témoins de violences conjugales en sont aussi les victimes.

Les enfants, victimes collatérales des violences conjugales

Lorsque son père a quitté sa mère pour se remarier, Rachael a été profondément marquée.

 « Quand mon père s’est remarié avec une autre femme, avec ma mère nous n’avions nulle part où aller, nous sommes restées vivre chez ma tante à Bougainville. Dans la famille, je suis la seule enfant. Je n’ai ni frère ni sœur.

Ici, la vie est une lutte. Nous avons une ferme où nous travaillons très dur pour subvenir à nos besoins, grâce à notre travail acharné, nous arrivons à gagner l’argent nécessaire pour vivre. 

La violence dans notre pays empire. Les hommes quittent leurs femmes et les femmes quittent leurs maris. Il y a tant d’hommes qui battent leurs femmes. J’ai vraiment souffert de voir mon père frapper ma mère avant qu’il la quitte.

Grandir dans un tel environnement de violence m’a vraiment marqué car il n’y avait personne pour me soutenir », confie-t-elle.

Mieux protéger les enfants et faire changer les mentalités

73 % des hommes considèrent avoir le droit d’assouvir leurs pulsions sexuelles que la femme soit consentante ou pas.

Au-delà des lois et des sanctions, un long travail doit être mis en place pour mettre fin à ces violences et pour faire changer les mentalités. Près d’un quart des hommes en Asie Pacifique reconnaissent avoir déjà violé une fille ou une femme. En Papouasie Nouvelle-Guinée, le chiffre s’élève à 62 %. 

73 % des hommes considèrent avoir le droit d’assouvir leurs pulsions sexuelles que la femme soit consentante ou pas. 

En tant qu’enfant victime de ces violences faites sur sa mère, Rachael a pu se reconstruire grâce aux séances de formation mis en place par Plan International dans sa communauté. 

« J’ai eu la chance de participer à la formation de Plan International « Rise Up! ». Cela m’a beaucoup aidé car nous avons appris beaucoup de choses utiles par rapport aux situations que j’avais pu vivre. Pour une fois, je me sentais soutenue. 

La formation m’a aidé à faire face aux violences domestiques auxquelles j’ai été confrontée. Nous avons organisé des séances de sensibilisation dans la communauté pour faire changer les mentalités. Cela a changé notre façon de vivre. Au début, la communauté ne travaillait pas ensemble. Mais après les séances de sensibilisation, les dirigeants et les membres de la communauté ont recommencé à collaborer.

Après avoir assisté aux formations, j’ai aussi pu aider ma mère. Vous savez, comme souvent, les hommes n’aiment pas perdre, ils pensent qu’ils savent tout et méprisent les femmes. J’ai appris à ma mère que nous sommes tous égaux.

Ici, certains hommes utilisent le terme de « cacahuète » pour désigner les femmes et pour signifier qu’elles sont faibles. Les femmes ont une faible estime d’elles-mêmes et pensent que les hommes sont supérieurs. Mais ce n’est pas vrai. Nous sommes tous égaux.

Ce programme a aidé beaucoup de femmes à comprendre que nous sommes toutes égales, mais que nous avons des responsabilités différentes. 

Je pense qu’il devrait y avoir plus de formation et de sensibilisation pour faire changer les mentalités dans la communauté », poursuit-elle.

Les actions de Plan International 

Le programme « Initiative pour la jeunesse de Bougainville » contient trois volets : 

  • La formation et l’insertion professionnelle qui a permis de former et aider plus de 700 jeunes à se perfectionner et à accéder à un travail décent ;
  • L’empowerment des jeunes qui a permis à 450 jeunes femmes et hommes d’en apprendre davantage sur leurs droits et de s’engager dans des questions de gouvernance, de paix et de sécurité dans leurs communautés ; 
  • Le soutien et la protection des jeunes femmes face aux violences grâce au projet « Rise Up ! ».

Le projet « Rise Up ! » renforce le leadership des jeunes femmes de la communauté de Bougainville et soutient l’égalité de genres par le biais de formations, de mentorat et d’expériences pratiques. Grâce à ces séances, les participantes développent leurs compétences en leadership et leur confiance en soi. Ce projet est également le lieu pour débattre des problèmes sociaux qui touchent les jeunes femmes de leur communauté, notamment les violences conjugales et la santé sexuelle et reproductive. 

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Équateur : les jeunes s’engagent contre le harcèlement de rue

En Équateur, plus de 60 % des filles et des femmes âgées de 15 à 49 ans ont été victimes de violences. Elles sont victimes de harcèlement et de violences sexuelles dans la rue, à l’école, au travail et dans les transports en commun. Un fléau qui porte atteinte à leur liberté de circuler dans l’espace public.

Mais une nouvelle génération de jeunes soutenue par Plan International entend bien mettre fin aux comportements sexistes et rendre leur ville plus sûre !

« Ma voisine m’a raconté qu’un homme dans un bus bondé la harcelait et que son petit ami lui avait répondu que c’était de sa faute parce qu’elle portait un jean moulant », nous raconte une jeune équatorienne de 14 ans. 

Trop de filles sont contraintes par la peur, les obligeant à abandonner l’école, les empêchant de travailler ou même de quitter leur domicile. Ces filles souffrent en silence. Les témoins n’interviennent pas, les filles sont culpabilisées et les autorités n’apportent que très peu de soutien.

Les violences sexuelles à l’égard des filles sont si courantes qu’elles sont considérées comme normale. Personne, nulle part dans le monde, ne devrait avoir à vivre cela.

Mais une nouvelle génération de jeunes soutenue par Plan International prend position et entend bien mettre fin aux comportements sexistes et rendre leur ville plus sûre. De jeunes garçons et de jeunes filles âgé·e·s de 12 à 18 ans s’engagent au sein des clubs mis en place par Plan International et apprennent, par le biais d’ateliers, à réfléchir et à parler du harcèlement sexuel et des violences sexistes.

Lady, 19 ans, est une jeune militante équatorienne. Dans la communauté de Lady, les filles et les jeunes femmes sont exposées à de nombreuses formes de violence, la plus courante étant le harcèlement de rue. Souvent, les filles ont peur de sortir seules ou d’emprunter les transports en commun.

« Nous ne sommes pas libres de nous promener dans la rue. Si nous portons une jupe courte, les hommes risquent de nous frapper ou de nous crier des choses obscènes. Les filles pensent souvent que c’est de leur faute lorsque les hommes les harcèlent. Cela fait peur parce que vous ne savez pas quoi faire et que l’incertitude vous met en colère dans ces situations.

Je milite et je deviens une leader pour montrer que les femmes sont égales aux hommes. Ma mission est de sensibiliser les garçons et les hommes aux violences sexuelles et à la culture sexiste. Nous pouvons changer ces croyances », affirme Lady.

Jhon, 19 ans, est originaire de Guayaquil en Équateur. Membre d’un projet qui lutte contre les grossesses précoces de Plan International, il est déterminé à mettre fin à la violence à l’égard des filles et des femmes dans sa communauté.

Jhon enseigne aux garçons et aux filles à penser et à parler du harcèlement sexuel, du sexisme et des stéréotypes qui sont toujours présents dans leur communauté. « J’entends des pères dire à leurs filles que les filles doivent rester à la maison, qu’il est de leur devoir de prendre soin de leurs frères et sœurs. Je crois qu’il est possible de changer les mentalités. Nos futurs dirigeants et nos futures dirigeantes grandissent avec des mentalités différentes. »

« Mon plus grand rêve serait que ma famille et mes sœurs aient toutes les chances de réussir. Qu’elles puissent étudier. Qu’elles puissent devenir des femmes respectées par les hommes. Qu’elles puissent vivre dans une communauté où elles n’ont pas peur de sortir », exprime Jhon avec émotion.

Crédits photos : Greetje Van Buggenhout

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Nous devons nous rebeller et convaincre les garçons qu’il n’est pas normal de nous harceler

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, Madi, 12 ans, participe au programme de promotion de l’égalité, dispensé dans les écoles par Plan International. Ce programme permet aux filles et aux garçons de découvrir qu’elles et ils ont les mêmes droits et vise à réduire la violence sexiste en incitant les filles et les garçons à établir des relations respectueuses à la période difficile de l’adolescence.

Chez mon père, filles et garçon sont considéré·e·s comme égales et égaux

« En Papouasie-Nouvelle-Guinée, les garçons considèrent les filles comme moins que rien. Ils nous disent souvent :  « Vous n’êtes pas ni la reine, ni même la cheffe, alors qui êtes-vous pour nous dire ce que nous devons faire ? » 

Ma mère a épousé un homme de Bougainville et a quitté mon père. Nous vivons avec lui depuis. C’est compliqué parce que je dois prendre soin de mes petites sœurs. L’une a 10 ans et l’autre 4 ans. Mon frère, lui, a eu 14 ans cette année.

Notre mère ne vient jamais nous voir. Ce n’est pas facile d’avoir des parents séparés. Mais nous, les enfants, sommes tous les 4 considérés de la même manière, les filles comme le garçon. Nous vivons avec notre papa et notre grand-mère. Notre papa joue le rôle du père et aussi de la mère. Je suis tellement désolée pour lui, c’est pour lui que j’essaie d’aller tous les jours à l’école.

Nous devons nous faire respecter

Parfois à l’école, les garçons s’en prennent aux filles. Les garçons font plein de choses pour embêter les filles, par exemple en les traitant de noms dégoûtants. Les garçons fument, boivent et se droguent. Parfois, nous en parlons à nos enseignant·e·s, mais elles ou ils ne font rien.

Lorsque les garçons maltraitent les filles, les filles ne réagissent pas. Elles n’essaient pas de faire respecter leurs droits – elles pensent qu’il n’y a rien à faire. Mais ce n’est pas vrai. En tant que jeunes femmes, nous devons nous rebeller et convaincre les garçons qu’il n’est pas normal de harceler les filles. Nous devons faire valoir nos droits de sorte qu’ils comprennent que ce qu’ils font n’est pas bien et qu’ils devraient arrêter.

Les garçons ont changé leur attitude

Quand Plan International est arrivé dans notre école, certains garçons ont modifié leur attitude et ont commencé à nous respecter, ce qui a facilité notre vie quotidienne. Le programme de promotion de l’égalité pousse au changement. Au début, les garçons ne voulaient pas jouer avec nous, les filles. Ils se mettaient toujours en avant et tentaient de nous distancer. Mais au bout d’un certain temps, ils nous ont traités comme des sœurs et ont accepté de jouer avec nous à égalité.

Tous les vendredis, je raconte à mon père tout ce que j’ai appris à l’école. Il est vraiment content. »

Le programme de promotion de l’égalité à destination des écoles de Plan International a été mis en place dans 5 330 écoles de garçons et de filles de la région de Port Moresby. Ce programme, étalé sur 8 semaines, vise à prévenir la violence à l’égard des femmes et des filles en promouvant l’égalité des sexes et en modifiant les attitudes et le comportement des garçons et des filles à l’adolescence. Le programme a été mis en œuvre en partenariat avec l’ONG locale Equal Playing Field.

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Mes amies et moi sommes harcelées tous les jours sur le trajet de l’école

Au Pérou, 70 % des femmes sont harcelées dans la rue. Au point qu’à Lima, la capitale du Pérou, de nombreuses filles ne se sentent pas en sécurité sur le trajet de l’école. C’est le cas de Milagros, 14 ans, parrainée avec Plan International. Elle vit dans une communauté au nord de Lima avec sa mère et son frère aîné.

Mon trajet pour aller à l’école est toujours une source d’angoisse

Milagros vit à quelques rues seulement de son école mais malgré cette proximité, son trajet est toujours une source d’angoisse pour elle. Elle nous raconte les harcèlements sexuels qu’elle subit au quotidien dans la rue et ses stratégies pour les éviter.  

J’ai dû apprendre à faire très attention sur la route

 « Dans mon quartier, on entend toujours des histoires de cambriolages ou de personnes suspectes qui rôdent. En plus, nous n’avons pas un bon éclairage public. Donc, lorsqu’une ampoule s’éteint, il faut un temps fou pour la remplacer. Mon quartier est sombre dès que le soleil se couche. 

Je déteste marcher dans le noir parce que c’est dans ces moments-là que cela devient dangereux pour moi. Mes cours à l’école se terminent parfois tard le soir alors j’ai dû apprendre à faire très attention sur la route.  Je marche toujours avec mes amies mais cela ne m’empêche pas d’être nerveuse. 

Mes amies et moi sommes harcelées et insultées tous les jours sur le trajet de l’école

Mes amies et moi sommes harcelées et insultées tous les jours sur le trajet de l’école parce que nous sommes obligées de passer devant une boîte de nuit ouverte presque tous les soirs. Il y a aussi beaucoup de bars. C’est vraiment gênant. 

Même s’il y a un poste de police près de notre école, je ne suis pas vraiment rassurée car ils peuvent parfois être eux-mêmes méprisants envers les filles. 

Mais il n’y a pas que les hommes, que nous croisons devant la boite de nuit et les bars, qui nous harcèlent sexuellement, il y a aussi les chauffeurs de taxi-motos qui travaillent dans la région », raconte-t-elle. 

Victimes d’harcèlement sexuel en public car elles portent leur uniforme scolaire

Je me sens mal à l’aise de porter mon propre uniforme scolaire 

Les écolières n’osent même plus porter leur uniforme scolaire. Milagros nous confie : « Parfois, je me sens mal à l’aise de porter mon propre uniforme scolaire  car les hommes nous harcèlent encore plus. »

Dans une enquête parue en octobre dernier, menée par Plan International en Grande-Bretagne, on apprenait que 35 % des filles sont victimes de harcèlement sexuel en public alors qu’elles portent leur uniforme. Regards insistants, remarques déplacées, sifflements et mêmes attouchements, les élèves dénoncent un harcèlement de rue quotidien qui, pour 1 jeune fille sur 8, a lieu pour la première fois dès leur 12 ans.

Des élèves américaines, en Caroline du Nord ont même été jusqu’à porter plainte contre leur établissement pour ne plus être contraintes de porter des jupes à l’école. Elles ont réussi à obtenir gain de cause. Ce nouvel exemple éloquent montre que le harcèlement de rue est un fléau mondial. Il illustre également à quel point les écolières ne se sentent pas en sécurité lorsqu’elles vont à l’école vêtues de leur uniforme.  

Nous ne sommes pas responsables de la façon dont les hommes nous perçoivent

Ce n’est pas parce que je m’habille comme je m’habille ou que je parle à un homme que je veux quelque chose avec qui que ce soit 

Depuis qu’elle est impliquée dans les programmes de Plan International sur l’égalité des sexes et notamment sur la sécurité des jeunes filles en ville, Milagros n’hésites plus à s’exprimer.

« Lors d’un des projets de Plan International, nous avons été confrontées à des hommes qui travaillent comme chauffeurs. Un homme que nous avons interrogé nous a répondu que les filles incitaient constamment les hommes à les approcher, j’étais tellement choquée d’entendre cela.

Ce n’est pas parce que je m’habille comme je m’habille ou que je parle à un homme que je veux quelque chose avec qui que ce soit.  Pourquoi cela serait de notre faute ? Nous ne sommes pas responsables de la façon dont les hommes perçoivent les filles. Cela m’a vraiment fait réfléchir », dit-elle. 

Milagros a décidé de ne plus jamais se taire 

J’apprends à ne plus avoir peur de dire ce que je pense.

« Depuis que je participe à ce projet avec Plan International, je n’hésite plus à m’exprimer.  J’apprends à ne plus avoir peur de dire ce que je pense.  Cela m’a même rapproché de ma mère car nous discutons beaucoup plus maintenant. Nous partageons des histoires sur nos déplacements dans la ville et sur la manière dont nous pouvons nous protéger les unes et les autres », nous confie-t-elle. 

Nous méritons de nous promener sans crainte d’être agressée 

« Est-ce que je veux changer les choses dans ma communauté ? Bien sûr. Il y a beaucoup de choses que je veux faire dans le futur… mais je pense que je veux travailler pour une ONG. Je veux façonner ma ville. J’ai tellement grandi depuis que j’ai commencé ce projet  et je veux que les autres filles aient la liberté de dire ce qu’elles veulent. 

Nous méritons de nous promener sans craindre que quelque chose ne se produise. Les choses doivent changer », dit-elle.

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Inde : je veux créer une prise de conscience contre les violences faites aux femmes

Vyjayanthi, une jeune indienne de 19 ans, présente régulièrement dans son village et dans son université des sketchs sur des sujets tabous, tels que les mutilations génitales, le mariage des enfants et la violence à l’égard des filles et des jeunes femmes. Elle espère que cela aidera à créer une prise de conscience et à favoriser le changement.

Transmettre malgré tout un message positif

« Les films qui jettent un éclairage positif sur les droits des femmes sont ceux qui m’inspirent le plus », raconte Vyjayanthi. Et elle essaie à son tour de transmettre son message féministe aussi positivement que possible. 

Au cours de sa vie, Vyjayanthi a été témoin de beaucoup de choses autour d’elle. « L’abus d’alcool joue souvent un rôle majeur. Le mari, qui rentre ivre chez lui, battra sa femme, parfois même lui brûlera les mains ou la frappera avec une chaussure. J’ai connu des femmes qui n’étaient plus en mesure de trouver une issue ; alors elles se sont suicidées. »

Le changement passe par l’amélioration de l’accès des filles à l’éducation

Si sa femme réussit mieux que lui professionnellement, il devient jaloux et c’est généralement à ce moment-là que les premiers coups tombent

Vyjayanthi est convaincue que, si ces excès sont si fréquents en Inde, c’est parce que les hommes et les femmes ne sont pas considérés comme égaux, pas même au sein du mariage. « L’homme est systématiquement vu comme supérieur, il s’attend donc à ce que sa femme se comporte comme un être inférieur. Si sa femme réussit mieux que lui professionnellement, il devient jaloux et c’est généralement à ce moment-là que les premiers coups tombent », explique Vyjayanthi, qui a pour ambition d’être enseignante. 

Pour contribuer au changement sociétal, elle a adhéré à la Girls Advocacy Alliance, une association entre Plan international, Terres des Hommes, Défense des enfants – ECPAT et le Ministère néerlandais des affaires étrangères.

En tant que militante auprès des jeunes, elle fait partie d’un réseau de plus en plus large de filles formées pour améliorer la situation des filles et des jeunes femmes par le plaidoyer et l’activisme.

Il a pour objectifs de réduire le nombre de mariages d’enfants, le trafic d’enfants et la violence à l’égard des filles et des jeunes femmes. Et cela passe par la prévention de l’exclusion économique des femmes en améliorant l’accès des filles à l’éducation.

Avant tout, c’est à la population de réagir

Vyjayanthi a l’intention de créer un groupe de jeunes dans sa communauté. Elle souhaite passionnément réussir à influencer les autorités locales mais avant, elle veut faire réagir la population locale par le biais de saynètes de théâtre et de jeux de rôle. 

« Au bout du compte, les problèmes que nous rencontrons relèvent de la responsabilité de la population elle-même. Beaucoup de filles aimeraient bien se marier, mais elles n’ont souvent aucune idée des atrocités auxquelles elles pourraient être confrontées. Elles doivent être convaincues et réagir, sinon rien ne changera », conclut-elle. 

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Les droits des filles sont aussi une affaire de garçons

Anthony vit en Sierra Leone, il a été abandonné dans la rue à l’âge de deux mois. Sa mère, qui avait 16 ans à l’époque, est décédée pendant l’accouchement et il n’y avait personne d’autre pour s’occuper de lui. Aujourd’hui, Anthony milite pour protéger d’autres filles de la violence sexuelle et des grossesses précoces.

Anthony milite pour les droits des filles en sierra leone

En Sierra Leone, de plus en plus de garçons se joignent au combat pour les droits des filles et des jeunes femmes.

Anthony, 23 ans, est membre d’un groupe de jeunes activistes dans sa ville natale de Freetown. Il utilise ses connaissances et son expérience pour influencer les garçons et les hommes de sa communauté afin qu’ils traitent les femmes et les filles avec respect.

Abandonné à 2 mois 

La motivation d’Anthony réside dans son histoire personnelle : « Je suis le fruit d’une grossesse précoce. Ma mère est morte quand je suis née et elle n’avait que 16 ans. J’ai grandi sans ma mère, je ne voulais pas que d’autres subissent ce que j’avais vécu. »

À peine âgé de deux mois, Anthony est abandonné dans la rue avec juste un papier avec son nom écrit dessus. Ce devait être un acte de désespoir pour la personne qui l’avait pris en charge pendant les premières semaines de sa vie. Une tante, une grand-mère, personne ne le sait. 
Une femme l’a trouvé et l’a élevé comme son propre fils : « Elle m’a emmené à l’église et a dit qu’elle avait trouvé un fils », raconte Anthony.

Grandir dans un bidonville

Il y avait toujours de la violence

Anthony n’a pas eu une enfance facile dans le bidonville où il a grandi. 
« Pour survivre, nous devions vendre des objets dans la rue, il y avait toujours de la violence. Nous n’avions jamais assez de nourriture et nos vêtements étaient toujours sales. C’est un miracle si j’ai fini mes études », ajoute Anthony, en apprentissage pour devenir électricien.

C’est un des cinq garçons de son groupe de jeunes activistes, il y a aussi 20 filles. Ils et elles essaient de provoquer un changement au niveau communautaire.

Le travail des jeunes consiste principalement à parler à la population dans la rue ou à mener des campagnes de porte-à-porte, où ils et elles rendent visite aux habitants pour faire passer leur message. « Nous expliquons aux gens que le dos d’une fille n’est pas destiné à porter un bébé, mais à porter un cartable d’école », explique-t-il, soulignant que les femmes en Sierra Leone portent généralement leurs bébés dans leurs dos.

Terminer l’école d’abord 

Nous leur conseillons de finir l’école avant de penser à avoir des enfants.

Les actions d’Anthony ne visent pas que les garçons et leurs parents, il cible également les filles : « Certaines jeunes filles pensent qu’avoir un enfant leur donnera une orientation dans la vie. Mais elles ne réalisent pas qu’elles sont encore trop jeunes pour devenir mères. Je leur dis que le corps d’une adolescente ne peut pas faire naitre un enfant. Elles ne pourront pas s’en occuper convenablement car elles sont elles-mêmes encore des enfants. Nous leur conseillons de finir l’école avant de penser à avoir des enfants. »

Anthony prend des risques importants dans son combat. « Je me suis déjà battu », admet-il. « C’est généralement avec des gens qui ne comprennent pas pourquoi je suis impliqué dans un groupe de plaidoyer pour les droits des filles. Pour eux, cela ne concerne pas les garçons. Mais ma réponse est : en tant que garçon, vous avez la responsabilité de protéger les filles ! »

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Sierra Leone : Sarah utilise WhatsApp pour mettre fin aux violences sexuelles

Lorsqu’elle a perdu son compagnon, le père de son fils, lors de la crise de la fièvre Ebola, Sarah pensait que sa vie était finie. Mais aujourd’hui, elle a de nouvelles perspectives, elle a l’intention de reprendre des études et est engagée dans la lutte contre les grossesses précoces et la violence à l’égard des filles.

Sierra Leone : Sarah utilise WhatsApp pour mettre fin aux violences sexuelles

Mère à 15 ans, Sarah a dû se débrouiller seule

Sarah, 24 ans, vit dans un petit village niché entre les palmiers et les champs fertiles sur les rives de la rivière Tai. Mais ne vous y trompez pas, cette apparence paisible dissimule des récits traumatiques.

Comme tant d’autres jeunes femmes en Sierra Leone, Sarah a eu un enfant alors qu’elle était encore une enfant, elle venait d’avoir 15 ans. Ses parents étaient divorcés et ils avaient fondé de nouvelles familles. Elle ne pouvait donc pas compter sur leur soutien. Heureusement, le père de son bébé a pris ses responsabilités, jusqu’à son décès prématuré lors de la crise d’Ebola en 2014.

Retrouver le goût de la vie en ayant des projets

Encore aujourd’hui, Sarah a du mal à parler de cette période. « Elle n’a probablement pas pu dire au revoir à son mari lorsque le village a été mis en quarantaine à la suite de l’épidémie d’Ebola. Toute la communauté était cernée par des soldats et personne n’était autorisé à quitter le village », explique Hawanatu Mansaray de Defence for Children, l’une des organisations travaillant avec Plan International sur les contraintes et discriminations subies par les filles.

Cinq ans plus tard, Sarah a retrouvé le sourire.

« Aujourd’hui, je dois prendre soin de deux personnes », déclare courageusement Sarah. « Je dois penser à l’avenir de mon fils et au mien. Cette année, je voudrais commencer une formation agricole. Les parents de mon mari décédé sont prêts à s’occuper de leur petit-fils. Mon objectif est de me lancer dans l’agriculture et de vendre ma production », explique-t-elle sous le porche de sa maison.

Utiliser WhatsApp pour prévenir les violences

En plus de s’occuper d’elle-même et de son fils, Sarah est également un modèle pour les autres filles de sa communauté. Elle a créé un groupe WhatsApp* qui se développe, où les jeunes femmes du village se tiennent mutuellement au courant de problèmes qui autrement resteraient cachés.

Désormais, si un cas de violences sexuelles ou une grossesse précoce chez les adolescentes est signalé, non seulement le chef du village est informé, mais Sarah est également appelée pour faire office de médiatrice ou à donner des conseils.

« L’aide que j’ai reçue m’a appris à persévérer, et à prendre du recul. Mais je pense aussi qu’il est important d’essayer d’aider les autres filles et jeunes femmes », explique Sarah.

« Il y a tellement de filles dans la même situation que moi. J’aimerais vraiment que des changements interviennent concernant les violences domestiques et les grossesses précoces. Ce sont des problèmes très urgents, en particulier dans ma région. »

* WhatsApp est une application pour smartphone qui permet d’échanger, via internet partout dans le monde, des messages texte, audio et vidéo, et de téléphoner.

Obtenir le soutien de personnalités influentes

Pour mener efficacement ce combat, Sarah participe à des sessions de formation dispensées par la Girls Advocacy Alliance, un programme collaboratif mis en œuvre par Plan International, Defence for Children – ECPAT, Terre des Hommes et le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas. Elle y apprend comment faire changer les choses en faisant pression sur des personnalités influentes telles que le chef de village, le directeur de l’école et les parents de filles vulnérables. Elle a le soutien du chef de village, ce dont elle se réjouit : « C’est très important car il a beaucoup d’influence sur la communauté. Et je travaille maintenant à ses côtés. »

« Pour trouver des solutions à long terme à ces problèmes, il faut commencer par rendre l’éducation plus accessible aux filles », insiste Sarah.

« Actuellement, si une adolescente est enceinte, elle doit immédiatement quitter l’école et consacrer sa vie à son enfant et à sa maison. Il a même existé une loi qui interdisait à une mère adolescente d’aller à l’école. L’important est maintenant de préciser que l’éducation de toutes les filles est la clé pour résoudre des problèmes sociaux tels que la pauvreté, la violence et les grossesses précoces. »

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Soutenons les filles qui fuient la guerre du Soudan du Sud

Depuis décembre 2013, le violent conflit au Soudan du Sud a fait des milliers de morts et a forcé près de 4 millions de personnes à quitter leur foyer. Amal*, 16 ans, a fui les violences de son pays depuis un an et demi pour rejoindre un camp de réfugié·e·s dans la région de Gambella, en Éthiopie. Sa mère a été tuée pendant le conflit, lui laissant la responsabilité de s’occuper de ses 3 frères plus jeunes, ainsi que de son propre bébé, conçu après avoir été violée alors qu’elle se rendait en Éthiopie.

83 % des réfugié·e·s sont des femmes et des enfants 

Alors que de nombreuses personnes sont toujours déplacées à l’intérieur du pays, plus de 2 millions de personnes ont fui vers les pays voisins principalement en Éthiopie, au Soudan et en Ouganda en quête désespérée de sécurité. 83 % des réfugié·e·s sont des femmes et des enfants, dont beaucoup ont dû traverser la frontière seul·e·s. 

J’ai vu ma mère être tuée pendant notre fuite

Lorsque des combats ont éclaté dans l’État du Nil Supérieur au Soudan du Sud, Amal, sa mère et ses frères plus jeunes ont été forcé·e·s de quitter leur village et de déménager à Mathiang, une région située au centre du pays. Cependant, le conflit a suivi la famille et lorsque les violences se sont intensifiées, sa mère a été tuée. 

« Je me souviens d’avoir pensé qu’il aurait été préférable que nous soyons tous tués ensemble », déclare Amal, se souvenant de la douleur causée par le décès de sa mère. 

« Mon esprit n’était pas normal, j’ai vu ma mère être tuée pendant notre fuite et nous avons vu beaucoup de cadavres sur le chemin. Je devais transporter mes frères et les quelques biens que nous avions, il n’y avait personne pour m’aider », raconte-t-elle.

C’est ici qu’Amal a été violée par un garde-frontière 

Après le décès de sa mère, Amal, alors âgée de 14 ans, a dû assumer la responsabilité de ses frères plus jeunes, son père étant décédé de maladie il y a de nombreuses années. Il a fallu une semaine à Amal et ses frères pour se rendre à un poste frontière, une zone d’accueil temporaire où les réfugié·e·s du Soudan du Sud sont enregistré·e·s avant d’être autorisé·e·s à entrer en Éthiopie. Cependant, au lieu d’être un lieu de sécurité, c’est ici qu’Amal a été violée par un garde-frontière qui portait une arme. 

Je me suis tue, comme si de rien n’était, je n’ai rien dit à personne.

« Je me suis tue, comme si de rien n’était, je n’ai rien dit à personne. » Du centre d’accueil, Amal et ses frères ont été transféré·e·s dans un camp de réfugié·e·s à Gambella, en Éthiopie. Peu de temps après son arrivée, elle s’est rendu compte qu’elle était enceinte.  

« Lorsque nous vivions au Soudan du Sud, nous avions une bonne situation, notre mère répondait à tous nos besoins et nous n’avions pas trop de problèmes, mais les choses ont changé à cause de la guerre », explique Amal. 

Que fait Plan International pour soutenir les réfugiées du Soudan du Sud ?

Avec le soutien financier de la Commission européenne (ECHO), Plan International répond aux besoins des enfants touché·e·s par cette crise par le biais de programmes de protection de l’enfance, d’éducation, d’alimentation en eau, d’assainissement, d’hygiène, dans 5 camps de réfugié·e·s comme aux postes frontières. 

Dans le cadre de ce programme, Amal a reçu un kit de survie, un soutien psychosocial et a été soutenue pendant sa grossesse, ce qui lui a permis de mettre au monde son bébé en toute sécurité dans le camp. Nous avons également placer la famille dans une famille d’accueil, et permis aux plus jeunes de fréquenter l’espace pour enfants construit par Plan International dans leur camp. 

J’ai repris mes études à l’école soutenue par Plan International et je suis en troisième année.

« Maintenant que nous sommes dans un endroit sûr, j’ai repris mes études à l’école soutenue par Plan International et je suis en troisième année. Plus tard, je veux être enseignante. Pendant mon temps libre, je retrouve mes ami·e·s dans l’espace pour enfants », déclare-t-elle.

Amal, son bébé âgé d’un an et ses frères vivent maintenant avec leur famille d’accueil et les remercient pour leur vie stable et paisible en Éthiopie, tout en espérant pouvoir un jour retourner dans leur pays. 

« Laissons la paix régner au Soudan du Sud afin que les peuples de notre pays puissent vivre ensemble en paix et sans chaos », a déclaré Amal. 

* Les prénoms ont été changés pour protéger l’identité des témoins 

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Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie

En 1990, l’OMS supprimait l’homosexualité des maladies mentales. Pourtant, aujourd’hui les jeunes LGBTQI + demeurent les plus discriminé∙e∙s dans le monde et sont victimes d’harcèlement, de déscolarisation, de manque d’accès à l’emploi et d’exclusion sociale.

En moyenne, 1 personne transgenre est tuée tous les 2 jours. C’est pourquoi Plan International agit pour faire changer les mentalités, améliorer l’accès à l’éducation et à l’emploi des LGBTQI + et adopter des lois pour les faire reconnaître.

  • Quelle est la situation dans le monde ?
  • « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en droits et en dignité. » – ARTICLE 1er de la déclaration universelle des droits de l’homme.
  • Ce n’est que le 17 mai 1990, que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) retire l’homosexualité de la liste des maladies mentales.
  • 72 États dans le monde criminalisent encore l’homosexualité.
  • Dans 8 de ces états, l’homosexualité est passible de la peine de mort.
  • Seuls 24 pays autorisent les couples de même sexe à se marier.
  • Entre 2008 et 2014, 1 612 personnes transgenres ont été tué·e·s à travers 62 pays. Cela équivaut à 1 personne tuée tous les deux jours.
  • Entre la moitié et 2/3 des jeunes LGBTQI + ont déjà été harcelé·e·s dans leur enfance, privant 1 enfant sur 3 d’école.

Les jeunes LGBTQI + sont les plus exclu·e·s 

Les jeunes qui s’identifient comme lesbiennes, gays, bisexuel∙le∙s, transgenres, queer intersexué∙e∙s, ou non binaires (LGBTQI +), font partie des membres les plus marginalisé·e·s et exclu·e·s de la société. Ces jeunes sont particulièrement exposé·e·s à la stigmatisation, à la violence et à la discrimination en raison de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre réelles ou supposées.

Cela peut affecter durablement leur santé sociale et psychologique et avoir des effets négatifs importants sur la société dans son ensemble.

La communauté LGBTQI + doit affronter de multiples défis. Les enjeux juridiques, l’inégalité des sexes, les normes et pratiques sociales préjudiciables contribuent à renforcer la stigmatisation, la discrimination et la violence, souvent à un niveau extrême. 

Les personnes qui s’identifient aux LGBTQI + sont non seulement discriminé·e·s en raison de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre mais également en raison d’autres facteurs d’exclusion, tels que l’âge, la race et la religion. Les opinions discriminatoires sont parfois promues auprès des jeunes par l’entourage tels que leurs camarades, leurs parents, leurs enseignant∙e∙s, leurs leaders religieux ou communautaires. Cependant, l’entourage et la communauté doivent être pris en compte pour favoriser l’évolution des mentalitéset  l’inclusion de tous les enfants.

Faire changer les mentalités

Notre projet « Champions of Change » vise à faire progresser l’égalité entre les filles et les garçons et à lutter contre la discrimination en émancipant les filles et en travaillant avec les garçons pour lutter contre les masculinités dominantes et nocives.

Un des éléments clés du projet consiste à remettre en question les normes sociales liées au genre, à la manière dont les rôles et comportements sociaux sont imposés aux jeunes en raison de leur sexe, y compris le rapport direct existant les injonctions de masculinité dominantes et l’homophobie.

Une évaluation du projet en Amérique latine a montré que les préjugés et l’homophobie chez les garçons avaient considérablement diminués lorsqu’ils étaient capables de discuter de manière critique avec d’autres jeunes garçons de leur âge des questions relatives aux LGBTIQ +, au genre et à la masculinité. En discutant des causes et des conséquences de l’homophobie et en constatant l’injustice de certaines attitudes, les jeunes peuvent s’engager à les rejeter.

Une nouvelle activité permettra aux jeunes de discuter de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre, d’accroître leurs connaissances en matière de droits et de développer leurs compétences pour prendre position pour et avec les jeunes LGBTIQ +.

De lourdes conséquences

En plus de leur droit fondamental à vivre sans violence ni discrimination, le harcèlement des jeunes LGBTQI + peut conduire à la déscolarisation et à une baisse de l’estime de soi, tant personnelle que scolaire.

Cela peut alors aussi limiter leurs accès à l’emploi. Dans certains contextes, les difficultés rencontrées par les personnes LGBTIQ + peuvent accroître le risque de devenir sans domicile fixe ou d’être travailleur ou travailleuse du sexe pour survivre.

Les jeunes LGBTIQ + courent également un plus grand risque de menaces et de violences verbales, physiques et sexuelles et surtout peuvent ne pas être en mesure d’obtenir de l’aide et du soutien de la part de celles et ceux qui en ont le devoir. 

L’accès à des services de santé sexuelle appropriés pose souvent des problèmes supplémentaires en raison de la discrimination ou du manque de compétences des personnes en charge de ces services. L’éducation sexuelle, s’il y en a une, est souvent hétéronormative (considérant l’hétérosexualité comme la seule norme dans la société) et ne répond pas aux besoins des jeunes LGBTQI +.

56 % des élèves LGBTQI + ont été harcelé·e·s

En Thaïlande, Plan International, l’UNESCO et l’Université de Mahidol ont mené une étude sur le harcèlement homophobe et transphobe dans les écoles secondaires. Cette étude a pu mettre en évidence de fortes lacunes dans l’environnement éducatif en matière de protection des personnes identifiées comme LGBTIQ +. Par exemple, les recherches ont révélé que 56 % des élèves qui s’identifient comme LGBTIQ + ont été victimes de harcèlement au cours du de mois dernier suivant l’étude. Parmi eux, 31 % ont été victimes de violence physique, 29 % de violence verbale et 24 % de violence sexuelle. Cette étude a constitué la base d’un projet réunissant des jeunes, des parents, des organisations locales, des écoles et le gouvernement afin de prévenir le harcèlement, la violence et de rendre les établissements d’enseignement plus sûrs pour les jeunes LGBTQI +.

Comment nous protégeons les jeunes LGBTQI + ? 

  •  Plan International soutient les jeunes LGBTQI + par le biais de ses recherches, projets et initiatives dans le monde entier. Notre projet « Champions of Change » est mis en œuvre dans 20 pays et vise à faire progresser l’égalité entre les filles et les garçons
  •  Les recherches sur le harcèlement homophobe et transphobe dans le système scolaire thaïlandais ont abouti à un projet de trois ans tous les acteurs de la société pour lutter contre la violence à l’égard des jeunes qui sont ou sont perçu·e·s comme LGBTQI +. 
  • Au Bénin, nous travaillons avec le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pour sensibiliser le public, intensifier le dialogue et la communication sur le VIH et améliorer l’accès au traitement et à l’éducation en matière de prévention. 
  • Au Salvador, nous travaillons également avec le « Fonds mondial » pour soutenir les communautés touchées par le VIH. Nous travaillons également avec des activistes transgenres dans la lutte pour l’adoption d’une loi sur l’identité qui leur permettra d’être légalement reconnu·e·s comme étant leur genre. 
  • Au Pérou, les jeunes, y compris les jeunes LGBTQI +, sont habilité·e·s à être les principaux défenseurs de leurs droits en matière de sexualité et de procréation. Nous travaillons avec les organisations de jeunesse et les autorités locales afin de sensibiliser l’opinion publique et de prendre position pour promouvoir l’égalité d’accès aux services de santé, sans aucune discrimination, sur la base de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre.  

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Nous devons protéger les survivantes de violences sexuelles en temps de guerre

Le 23 avril, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté la résolution 2476 sur les violences sexuelles en période de conflit. Pour éviter le veto des États-Unis à la résolution, les membres du Conseil de sécurité ont dû retiré toute référence aux services de santé sexuelle et reproductive, vidant considérablement le projet de résolution de sa substance. La résolution a donc été adoptée mardi soir avec treize voix pour et deux abstentions : la Russie et la Chine.

La position de Plan International

Plan International condamne la négation des droits des filles et des femmes survivantes de viol dans la résolution contre les violences sexuelles dans les conflits, adoptée par le Conseil de sécurité des Nations Unies ce mardi. 

Cette résolution met clairement en péril la dignité et la survie des filles et des femmes qui ont subi les pires violences. 

Il est inacceptable que le Conseil de sécurité adopte un texte visant à donner la priorité aux filles et aux femmes en conflit sans donner accès à des services humanitaires qui permettent de sauver des vies. Il est internationalement reconnu que le viol est utilisé comme une arme de guerre.

Refuser aux femmes et aux filles qui ont survécu aux crimes les plus horribles, l’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive est cruel, inhumain et constitue une violation des droits humains. Plan International salue les efforts des autres États Membres qui ont défendu les besoins de services de santé sexuelle et reproductives pour les survivantes. 

Cette question ne doit pas être politisée. Refuser aux filles et aux femmes l’accès à ces services humanitaires est une grave violation des droits de humains et mine l’engagement de l’ONU en faveur de l’égalité entre les filles et les garçons.

Les soins post-viol, les contraceptifs préventifs et d’urgence, l’avortement médicalisé, les services de planification familiale, les soins prénataux, l’accouchement médicalisé et les soins postnataux, ainsi que les services de prévention et de traitement des infections sexuellement transmissibles (y compris le VIH) sont essentiels. 

Tous les États membres et toutes les agences des Nations Unies doivent respecter leurs engagements à protéger les filles et les femmes dans les conflits et à garantir leur accès à des services de santé complets et non discriminatoires, notamment un soutien en matière de santé sexuelle et reproductive, à des services psychosociaux, juridiques et d’éducation.   

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