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Témoignages en images de réfugiées maliennes au Niger

13 août 2014

Environ 9 000 maliens vivent dans le camp de réfugiés de Tabareybarey, au Niger, et 60% sont des enfants. Plan International intervient pour améliorer leurs conditions de vie, en portant une attention particulière aux filles, davantage vulnérables dans les situations d’urgence, notamment aux violences sexuelles et aux mariages forcés.

L’exposition photo “Far from Home : Girls of Tabareybarey”, réalisée pour Plan International par la jeune photographe finlandaise Meeri Koutaniemi, retrace l’histoire de jeunes filles qui ont fui la violence du Mali pour se réfugier dans le camp de Tabareybarey au Niger. La photographe a réussi à gagner leur confiance progressivement, et a pu recueillir leurs témoignages souvent douloureux. « Au départ, quand j’ai commencé à photographier les filles, j’étais un peu nerveuse. Mais à force de partager le même quotidien, les choses sont devenues très naturelles. L’ambiance sur le camp était chaleureuse, ce qui m’a aidé dans mon travail. J’ai été très impressionnée par l’ouverture et le courage de ces filles ».

BINTOU, 15 ANS, DEJA DIVORCEE

Bintou a été mariée quand elle n’avait que 10ans, à un homme beaucoup plus âgé qu’elle. La jeune fille est tombée enceinte juste après son mariage et elle a rencontré de nombreux problèmes durant sa grossesse. Son enfant est décédé à l’âge de 1 an, alors que Bintou n’avait que 12 ans. Son mari a décidé de divorcer et l’a chassée de la maison. D’après la jeune femme, le mariage avait été décidé lorsqu’elle n’avait que 4 ans. « Quand j’étais mariée, mon mari me battait et abusait de moi. Je voudrais me remarier, mais un mariage basé sur l’amour cette fois. Je rêve de retourner dans mon village au Mali pour démarrer une nouvelle vie ».

SAFARAU, 20 ANS, MÈRE EN DEHORS DU MARIAGE

Safarau était à un stade avancée de sa grossesse quand elle a fui le Mali avec sa famille et d’autres habitants du village de Labzanga. Elle est tombée enceinte d’un garçon qui est resté au Mali. Il a promis qu’il s’occuperait de l’enfant et Safarau attend de retourner dans son pays pour qu’ils puissent se marier. « Sur le camp, le plus gros problème est le manque d’activités. Comme je n’ai pas de mari, on me regarde d’un mauvais œil si je sors avec mon bébé. Du coup, je reste cachée dans ma tente. Plus tard, j’aimerais être indépendante financièrement et construire une famille avec un mari respectueux et responsable ».

ZAINABU, 14 ANS, MILITE POUR LES DROITS DE L’ENFANT

Les parents de Zainabu sont très fiers d’elle. Leur fille fait de brillantes études et est membre d’un groupe de jeunes sur le camp de Tabareybarey. Ensemble, ils vont parler aux parents et les informent sur des sujets tels que la protection des enfants ou leurs droits à l’éducation. Ils font également de la prévention contre les violences familiales. Zainabu se considère comme privilégiée sur le camp, car elle sait lire et écrire, et ses compétences lui permettent de se sentir plus libre et d’avoir des perspectives d’avenir. « J’ai eu envie de devenir militante quand j’ai commencé à constater toutes les choses qui avaient besoin d’être améliorées. Nous devons changer les comportements au sein de notre communauté, afin que les enfants puissent avoir une vie meilleure ».