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Shirin, 16 ans, lutte contre les mariages précoces au Bangladesh

19 octobre 2014
Retrouvez le témoignage de Shirin, 16 ans, au Bangladesh, qui a subi un mariage précoce.

Une jeune adolescente réussit à faire entendre sa volonté contre le mariage précoce

Alors qu’elle n’était encore qu’une enfant, son cousin de 21 ans décida qu’il était temps pour lui de se marier. Les parents de Shirin virent en ce prétendant aisé un gendre idéal : le père de Shirin était un pauvre fermier malade, et le cousin en question ne demandait aucune dot. Mais Shirin ne l’entendait pas de la sorte, et elle a lutté pour faire entendre sa voix. Elle s’est rappelée des leçons qu’elle avait apprises lors des réunions de groupe organisées par Plan International Bangladesh. On lui avait appris ses droits et elle n’allait pas se laisser abuser. Comme ses requêtes et supplications auprès de ses parents pour leur faire entendre raison sont restées vaines, Shirin s’est tournée vers ses professeurs ainsi que le personnel de Plan International Bangladesh pour convaincre ses parents. Et cela a fonctionné. Comme son cousin n’abandonna pas son idée aussi facilement, et pour que ses pressions incessantes prennent fin, elle lui proposa de revenir dans dix ans, le temps qu’elle finisse ses études.

Le combat de Shirin pour les filles contre les mariages précoces

Shirin est désormais très impliquée dans la lutte contre les mariages précoces. Selon elle, la raison principale des mariages, dans sa région, est la pauvreté. Elle lutte avec 40 autres enfants qui ont réussi jusqu’alors à empêcher 10 mariages. Mais la coutume est tenace, et souvent l’on pense que plus la fille est âgée et éduquée, plus la dot, à payer par la famille de la mariée, sera élevée. Les habitants des villages, parfois leur propre famille, les anciens, et certaines personnes représentant l’autorité de l’Etat, sont nombreux à tenter de décourager l’action de Shirin et son groupe. Aussi, alors qu’elle pense avoir convaincu une famille de renoncer à marier leur fille sans son accord, cette famille change simplement de village, et va marier sa fille plus loin… Malheureusement, Shirin constate souvent que des familles changent l’acte de naissance de leur fille, pour la vieillir et pouvoir la marier en toute quiétude. Le 11 octobre dernier, Shirin a été invitée au Congrès Espagnol à l’occasion de la journée International de la Fille. Sa famille commence à comprendre l’importance de son engagement pour les filles. La lutte est quotidienne pour faire évoluer les habitudes et les mentalités : Shirin et Plan International Bangladesh s’oppose actuellement aux intentions du Gouvernement d’abaisser l’âge du mariage légal des filles de 18 à 16 ans. Lire l’article (en anglais) du Daily Star