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Ebola : Hausse inquiétante des grossesses chez les adolescentes en Afrique

18 novembre 2014
Depuis l'arrivée du virus Ebola, le nombre de grossesses à fortement augmenté chez les adolescentes en Afrique. Retrouvez les détails de ce phénomène.

Depuis la propagation du virus Ebola, les écoles ferment

Dans le cadre du dispositif de lutte contre la propagation de l’épidémie du virus Ebola, le Liberia, la Guinée et la Sierra Leone annonçaient la fermeture de toutes leurs écoles sans exception.

Cette mesure préventive a contraint de nombreux enfants, notamment des filles, à rester chez elles les rendant alors plus vulnérables aux exploitations et agressions sexuelles. Livrées à elles-mêmes après avoir perdu leur famille puis bannies par leurs communautés, de nombreuses adolescentes acceptent d’avoir des rapports sexuels en échange d’argent, de nourriture ou d’abris.

« Les filles sont forcées de rester chez elle le temps de la fermeture de leurs écoles, elles ont du temps libre et beaucoup sont contraintes ou incitées à avoir des rapports sexuels » rapporte Cosely Coleman, directeur de Plan en Sierra Leone. « Le viol est un sérieux problème. Il augmente de façon encore plus alarmante durant la crise Ebola » ajoute Dr Wilhelmina Jallah, seule femme gynécologue au Liberia.

De plus en plus de femmes et adolescentes exposées au risque de fausses couches.

Les nombreux cas de fausses couches et d’accouchements d’enfants mort-nés recensés dans ces pays viennent alourdir d’autant plus ce terrible constat. Dans ce contexte de crise, le manque de soins explique ce problème : Ebola met à mal les systèmes de santé déjà fragiles.

Le DEC (Comité de Réponse d’Urgence aux Catastrophes) estime qu’une femme sur sept est susceptible de mourir durant la grossesse ou l’accouchement.

Face à ce bilan alarmant, des mesures de protection de l’enfant tout comme celles permettant aux filles d’étudier chez elles sont cruciales. Ebola est un obstacle à l’éducation et freine les progrès dans ce domaine. « Les phénomènes de grossesses et de fausses couches chez les adolescentes  continueront tant que les écoles resteront fermées » souligne Casely Coleman.

Mabel a 15 ans et vit avec sa mère, Marie, 45 ans. Son père est mort du virus Ebola. Mabel n’est pas un cas isolé, comme de nombreuses autres jeunes filles, elle a découvert sa grossesse durant la période qui a suivi la fermeture de son école. Forcée par son petit ami à avoir des rapports sexuels en échange d’une somme d'argent suffisante pour subvenir à ses besoins, Mabel est aujourd’hui enceinte de 5 mois et espère un jour retourner à l’école.

«  Il n’était pas gentil avec moi. Par deux fois, nous avons eu des rapports. J’avais peur de lui c’est pour cette raison que je suis restée. Il m’a menacée puis j’ai cédé » dit-elle. «  Quand je suis tombée enceinte c’était pendant l’épidémie Eboba et je n’allais plus à l’école. A la maison, nous manquions de nourriture et mon petit ami nous apportait de quoi déjeuner, alors je lui montrais de l’affection » explique-t-elle.