Le 11 octobre dernier, à l’occasion de la Journée internationale des filles, le Plan des jeunes a participé à un événement organisé par l’UNESCO en partenariat avec le ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères (MEAE) et Plan International France, sur la thématique des filles et du numérique : « Génération numérique. Notre génération : Apprendre à l’ère du COVID-19 ».

Nous, Tiphanie et Marie, avons pu nous glisser dans la peau de jeunes reporters le temps d’un après-midi et ainsi nous entretenir avec des personnes aux postes variés mais avec un but commun : favoriser une meilleure prise en compte des filles et des jeunes femmes dans l’espace numérique.

Stefania Giannini, sous Directrice Générale de l’UNESCO pour l’éducation, a été la première à nous accorder de son temps. C’est une femme avec un poste de pouvoir et des responsabilités importantes. Il nous a fallu mettre de côté notre stress pour nous montrer à la hauteur du moment et tirer le maximum de cette rencontre. L’échange fut fluide et agréable grâce à l’accessibilité de Madame Giannini. Après avoir mis en avant certaines des inégalités dont les femmes sont victimes sur internet, Madame Giannini a mis en lumière quelques-unes des solutions soutenues par l’UNESCO : une plateforme en ligne d’éducation au numérique, des programmes d’apprentissage aux compétences numériques, un appui pour une plus grande participation des femmes aux métiers du numérique ou encore des projets de plaidoyer En s’appuyant sur l’exemple concret de la Coalition Mondiale pour l’Éducation que l’UNESCO a lancée en mars 2020, Madame Giannini a précisé que cette plateforme de collaboration “a mis la priorité sur les collectivités, les enseignant.e.s et l’égalité entre les genres. Aujourd’hui, on a presque 200 membres, des personnes provenant des Nations Unies mais aussi des personnes du secteur privé technologique”.

Nous retiendrons également de cet échange ses trois grands conseils donnés aux filles et aux jeunes femmes pour réaliser leur potentiel : l’éducation, l’investissement individuel dans leur travail et la solidarité entre les femmes. Ce dernier point n’est pas assez valorisé selon elle : “nous ne sommes pas encore assez aptes à nous soutenir les unes les autres”.

Nos échanges se sont poursuivis avec Philippe Lacoste, Directeur du Développement Durable au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE). Travaillant depuis 25 ans dans le secteur du développement, il a évoqué les difficultés pour inscrire les politiques dans le  développement durable et l’importance d’évènements comme la JIF pour la bonne mise en œuvre de ce processus. Interrogé sur sa participation à cet événement en tant qu’homme, Philippe Lacoste a répondu de la façon suivante : “Mon message [en participant à cette journée] est d’abord qu’il est bien qu’un homme s’occupe également de ce sujet même si je me bagarre pour qu’il y ait également plus de femmes. Comme c’est un problème de développement, en tant que Directeur du développement durable, je dois être présent aujourd’hui car c’est un sujet important. Pour le faire passer, et je ne suis pas toujours suivi, je pense qu’il faut aller jusqu’à la discrimination positive”. Enfin, il a insisté sur l’importance qu’occupe l’éducation des filles et des jeunes femmes aux yeux de son Ministère.

Anne Bideau, Directrice Générale de Plan Internationale France, était venue présenter le rapport “Pour une éducation inclusive des filles et des jeunes femmes au numérique”, réalisé conjointement par Plan International France et le MEAE. Madame Bideau a insisté sur l’importance d’une journée comme la JIF “porte voix qui nous permet d’amplifier la voix des filles sur un sujet particulier tous les ans, pour essayer d’attirer l’attention ». Elle espère que ce rapport permettra de porter haut et fort la question de l’éducation des filles et des jeunes femmes au numérique auprès des instances de décision et des plateformes numériques.

Notre après-midi s’est conclu avec l’interview de Diane, modératrice de l’événement et membre du Comité du Plan des jeunes, qui a porté fièrement nos couleurs. En effet, Diane a assuré avec brio la modération du panel « pour une éducation inclusive des filles et des jeunes femmes au numérique ». Elle nous a parlé de la manière dont elle s’était préparée, les émotions qu’elle avait traversées en amont puis lors de cet événement et les leçons qu’elle en a tirées, notamment “ beaucoup de conseils […] qui s’appliquent à la modération mais également applicables dans pas mal d’aspects de la vie.”

Cette journée a été riche en apprentissages, que ce soit lors des panels qui ont constitué l’événement ou grâce aux échanges individuels que nous avons pu mener. Nous avons remarqué que peu importe notre interlocuteur, le constat est unanime : il faut mettre l’éducation des filles au numérique au centre des débats. Car il s’agit d’un des principaux leviers d’autonomisation et d’émancipation des filles et des jeunes femmes.

C’est donc grâce à des évènements comme la JIF que la voix des filles peut être entendue. Néanmoins, comme Madame Bideau nous le rappelle : « Il faut que la mobilisation continue, et ce en permanence, sous différentes formes, pour espérer avoir un environnement digital sûr, dans lequel les filles puissent naviguer en sécurité, tout en se sentant en confiance afin de porter leur voix, pour dire ce qu’elles pensent ».

Tiphanie et Marie

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