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Crise alimentaire mondiale : l’ONG Plan International France alerte !

Une crise alimentaire mondiale aux conséquences dévastatrices sur la santé des enfants et sur leurs droits sévit actuellement. Les filles sont les premières touchées par le manque de nourriture au Sahel et dans la Corne de l’Afrique : malnutrition aigüe, déscolarisation massive, augmentation dramatique des mariages d’enfants, des mutilations génitales féminines et de l’exploitation… L’ONG Plan International France tire la sonnette d’alarme.

Plan International France est particulièrement préoccupée par la crise alimentaire mondiale qui affecte gravement les enfants et les filles. Parmi les 828 millions de personnes touchées par la malnutrition dans le monde, on compte 70 % de filles et de femmes.

45 millions d’enfants de moins de 5 ans sont atteints de malnutrition aiguë

Cette situation d’urgence affecte en priorité les plus jeunes : le manque de nourriture et d’accès aux soins met en danger la vie de 45 millions d’enfants âgés de moins de 5 ans et atteints de malnutrition aiguë. Au Burkina Faso, au Niger, au Mali, en Éthiopie et dans de nombreux autres pays ; l’insécurité alimentaire s’aggrave de jour en jour en raison des conflits, du changement climatique, de la pandémie de Covid-19 et de la flambée des prix liée au conflit en Ukraine. La malnutrition des filles et des adolescentes enceintes ou allaitantes nuit considérablement à leur santé et à celle de leurs enfants : les fausses couches et la mortalité infantile et maternelle augmentent dramatiquement.

Les filles : les premières à souffrir de la faim

Les filles sont les plus durement touchées par le manque de nourriture, contraintes de manger moins et en dernier. La crise alimentaire mondiale met à mal leurs droits : déscolarisation, mariages d’enfants, violences sexuelles et mutilations génitales féminines. Pour subvenir aux besoins de leur famille, une majorité de filles abandonnent l’école. D’autres familles choisissent de les marier pour qu’elles quittent le foyer et représentent une bouche de moins à nourrir. Les adolescentes mariées et déscolarisées deviennent plus vulnérables aux risques de violences sexuelles et aux grossesses précoces.

« La crise alimentaire actuelle a un impact catastrophique sur les enfants et en particulier les filles : leurs droits sont bafoués. En Ethiopie, le nombre de mariages d’enfants a augmenté de 119% dans les régions touchées par la sécheresse. »

Violaine Gagnet, directrice des programmes de l’ONG Plan International France

L’ONG appelle les autorités à :

  • Fournir d’urgence les fonds nécessaires pour éviter à 49 millions de personnes de souffrir de la famine.
  • Ne pas détourner les fonds alloués à la crise alimentaire vers d’autres urgences, y compris le conflit en Ukraine.
  • Respecter les obligations prévues par la signature du Pacte du G7 pour prévenir la famine et les crises humanitaires.

Nos actions : au Burkina Faso, au Mali, au Niger, en Éthiopie et dans d’autres pays, Plan International distribue de la nourriture, des repas scolaires ainsi que des semences et du bétail pour permettre aux familles de nourrir leurs enfants et de les maintenir scolarisés.

Disponibles pour interview :

Jean-Maurice Ripert, président de l’ONG Plan International France.

Violaine Gagnet, directrice des programmes de l’ONG Plan International France.

Pour toute demande d’interview :

Aurélie Bois / + 33 6 87 26 27 68 / aurelie@agencethedesk.com

Clara Saam / + 33 7 86 45 12 10 / clara.saam@plan-international.org

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Jean-Maurice Ripert : élu nouveau président de l’ONG Plan International France

Après 40 ans de carrière diplomatique, Jean-Maurice Ripert devient le nouveau président de l’ONG Plan International France.

Après 10 années de présidence du conseil d’administration de Plan International France, Pierre Bardon, ancien directeur général de SFR, passe le relais à Jean-Maurice Ripert, qui prend ses fonctions de nouveau président le 31 mai 2022.

Plan International France agit dans 75 pays pour faire progresser le respect des droits des enfants et l’égalité entre les filles et les garçons dans le monde.

Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et de l’École nationale d’administration, Jean-Maurice Ripert rejoint le ministère des Affaires étrangères en 1980, au sein duquel il occupe jusqu’en 2009 puis de 2013 à 2019 différents postes à l’administration centrale et en ambassade, ainsi que dans divers cabinets ministériels – coopération et développement, affaires européennes, affaires étrangères, action humanitaire.

Directeur des Nations unies et des organisations internationales de 2003 à 2005, il devient représentant permanent de la France auprès des Nations unies à Genève et à New York puis sert également comme ambassadeur de France en Grèce (2000-2003), en Russie (2013-2017) et en Chine (2017-2019).

Il occupe les postes de conseiller technique et de conseiller diplomatique du premier ministre à deux reprises (1988-1991 et 1997-2000) avant de devenir Secrétaire général adjoint des Nations unies, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU au Pakistan en 2009-2010 et ambassadeur de l’Union européenne en Turquie en 2012-2013.

Sa carrière diplomatique est marquée par un engagement constant sur les dossiers liés aux enjeux globaux traités par les organisations internationales et en particulier par l’ONU : coopération au développement, environnement et développement durable, promotion des droits humains, droits des enfants, justice pénale internationale, protection des civils. Il se spécialise également dans la gestion des crises et dans l’action humanitaire dans les zones de conflits : Balkans, Somalie, Soudan, Sahel notamment.

« C’est un grand honneur pour moi de rejoindre Plan International France pour y poursuivre mon engagement à titre personnel au sein d’une organisation qui est aujourd’hui la première ONG de parrainage en France. De nouveaux défis restent à relever afin d’assurer la protection et la promotion des droits des enfants, en particulier des filles, notamment en matière d’éducation, de santé, d’égalité filles-garçons et de participation active au développement. Il est fondamental que tous les enfants et les jeunes puissent trouver leur place au sein de sociétés durables parce qu’ils et elles en sont à la fois le présent et l’avenir », s’enthousiasme Jean-Maurice Ripert.

Pour tout complément d’information et demande d’interview, merci de contacter :

Juliette Bénet / 06 50 10 10 85 / juliette.benet@plan-international.org

Aurélie Bois / 06 87 26 27 68 / aurelie@agencethedesk.com

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1 fille sur 2 a déjà manqué l’école à cause de ses règles

Tabou, honte, stigmatisation, manque de protections hygiéniques… : les règles restent un obstacle majeur à la scolarisation des filles. À l’occasion de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, le 28 mai 2022, l’ONG Plan International France alerte dans sa dernière étude menée avec OpinionWay sur l’impact dramatique des règles sur les droits des filles.

Les discriminations et le manque de protections hygiéniques entravent la scolarisation des filles en France et dans le monde. L’étude exclusive de l’ONG Plan International France révèle qu’une fille en France sur deux a déjà raté l’école lorsqu’elle a ses règles.

Le poids des tabous et des croyances toujours prégnant 

Pour plus de la moitié des filles en France (55 %), les règles restent un sujet tabou à l’école : plus d’1/3 des adolescentes ont honte de les avoir (35 %).

Les stéréotypes et les préjugés liés aux menstruations renforcent considérablement les discriminations de genre : 35 % avouent qu’elles ou une de leurs proches ont déjà subi des moqueries et des humiliations en milieu scolaire. La méconnaissance sur le sujet demeure considérable : la moitié des filles interrogées (49 %) estiment que des personnes considèrent encore les règles comme « sales ».

Dans les pays en développement, l’impact des stigmates est encore plus fort : considérées comme « impures », « maudites » ou même « dangereuses », les règles dérangent. Les mythes et les tabous liés aux normes culturelles, religieuses et patriarcales nuisent plus gravement aux droits des filles et des femmes.

Au Népal, le chhaupadi bannit ces dernières du foyer, les contraint à s’isoler dans des cabanes et les empêche de se rendre à l’école. Cette pratique d’exil menstruel, pourtant interdite en 2005, perdure : 89 % des jeunes Népalaises subissent toujours une forme d’exclusion ou de restriction pendant leurs règles. 

« Quand j’ai eu mes premières règles, on m’a enfermée dans une hutte à côté de chez moi. Je n’avais pas le droit de voir ni mon père, ni mon frère, car selon la croyance, cela aurait pu les tuer », raconte Swastika, jeune Népalaise de 18 ans.

La précarité menstruelle : une des principales causes de la déscolarisation

Dans les pays en développement, l’impact sur la déscolarisation est encore plus grave : les filles manquent en moyenne 5 jours d’école tous les mois à cause de leurs menstruations.

« Mes parents ne peuvent pas me payer de protections hygiéniques, donc j’utilise des chiffons, mais lorsqu’ils sont trop déchirés, je préfère quitter l’école que de risquer de tacher mes vêtements », Nyawut, jeune Sud-Soudanaise de 16 ans.

Le manque de protections hygiéniques, de vêtements de rechange, d’eau pour se laver les mains ou encore de toilettes sûres et propres aggravent le décrochage scolaire.

En Inde, plus de ¾ des filles ne peuvent pas se rendre en classe quand elles ont leurs règles.

En Ouganda, en Indonésie ou au Bangladesh, la puberté marque souvent l’arrêt total de la scolarité. Cette déscolarisation brutale menace considérablement les droits des filles : mariages d’enfants, grossesses précoces, travail domestique et exploitation.

Agir pour l’hygiène menstruelle dans le monde : une demande des jeunes femmes en France

Si plus de 80 % des filles en France considèrent que les règles restent un tabou majeur dans les pays en développement, elles ne mesurent pas l’impact néfaste de ces idées reçues sur la vie quotidienne des filles.

Pour plus de 8 filles sur 10 (87 %), la prise de conscience de ces discriminations les révolte : 80 % d’entre elles appellent les gouvernements à lutter contre les inégalités provoquées par le manque d’accès à l’hygiène menstruelle dans le monde.

À l’occasion de la Journée de l’hygiène menstruelle, l’ONG Plan International France et le Plan des jeunes, groupe de jeunes bénévoles engagé∙e∙s en faveur de l’égalité filles-garçons, lancent le projet Changeons les règles. À travers des ateliers informatifs, ludiques et collaboratifs, les jeunes sensibilisent les lycéens et lycéennes d’Île-de-France sur l’impact scolaire des tabous liés aux règles dans le monde.

Les actions de Plan International pour lutter contre la précarité menstruelle

En Ouganda, Plan International combat les idées reçues et sensibilise les filles et leur communauté à l’hygiène menstruelle. Grâce à des ateliers de confection de serviettes hygiéniques, les filles bénéficient de protections réutilisables et peuvent aller à l’école. Ces actions génèrent un revenu aux femmes de la communauté et participent à leur émancipation.

En Indonésie, pour démystifier les croyances, Plan International mène des projets d’éducation à l’hygiène menstruelle dans plus de 200 écoles. Nos équipes construisent des sanitaires adaptés et distribue des sous-vêtements réutilisables pour permettre aux filles une meilleure gestion de leurs règles ainsi qu’une réduction des déchets engendrés par les protections jetables.

Au Bangladesh, Plan International accompagne les filles et les jeunes femmes des régions rurales à créer leur entreprise de fabrication de serviettes hygiéniques. Les revenus permettent aux filles de subvenir à leurs besoins et de rester scolarisées. Nous distribuons également des protections menstruelles à l’école et mettons en place des ateliers de sensibilisation à l’hygiène menstruelle dans les établissements scolaires.

Plan International demande à ce que toutes les filles doivent avoir accès, y compris en situation d’urgence, aux services de santé sexuelle et reproductive et d’hygiène menstruelle, à des informations de qualité, à des équipements sanitaires adaptés, en particulier à l’école.

Disponibles pour interview : Silvia Devina, experte Plan International Indonésie / Moses Opolot, coordinateur de projet Plan International Ouganda /  Les expert∙e∙s de Plan International France.

Pour toute demande d’interview : Juliette Bénet, + 33 6 50 10 10 85 / juliette.benet@plan-international.org

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Conflit en Ukraine : les ONG de l’Alliance Urgences lancent un appel aux dons

Depuis le début de la guerre en Ukraine, les besoins humanitaires explosent : 18 millions de personnes risquent d’être affectées dans les 3 prochains mois. Face à l’ampleur de l’urgence, et à l’instar de la mobilisation au Royaume-Uni et en Allemagne, les 6 ONG membres de l’Alliance Urgences – Action Contre la Faim, CARE France, Handicap International, Médecins du Monde, Plan International et Solidarités International, se mobilisent et lancent un appel aux dons pour venir en aide à la population ukrainienne.

Deux semaines après le début de la crise en Ukraine, la situation humanitaire dépasse les pires scénarios. À l’intérieur du pays, la situation se détériore très rapidement. Et déjà plus de 2 millions de personnes sont réfugiées dans les pays voisins.

Les besoins en nourriture, eau, abris, produits de première nécessité et en soins de santé sont critiques, à la fois pour les populations piégées dans les villes où les hostilités continuent, comme pour celles qui ont fui pour se mettre à l’abri dans les pays voisins.

Les six ONG membres de l’Alliance Urgences se mobilisent et se coordonnent pour soutenir la population en Ukraine et dans les pays voisins. Sur place, les organisations humanitaires de l’Alliance Urgences répondent aux besoins vitaux suivants :

  • Approvisionnement en eau 
  • Aide alimentaire
  • Fourniture de couvertures et de matelas
  • Distribution de kits de première nécessité
  • Soin de santé primaire, soin psychologique et soutien psychosocial
  • Soin post-opératoire et distribution d’équipements paramédicaux
  • Protection des enfants, en particulier des filles

Alliance Urgences – Unis face à l’urgence :

Alliance Urgences est un collectif regroupant 6 grandes organisations humanitaires de terrain, qui agissent lors de catastrophes humanitaires de grande ampleur. Sa mission ? Agir ensemble pour aider le plus de personnes possibles et se coordonner pour apporter une aide plus rapide et de grande ampleur. Pour l’Ukraine, Alliance Urgences lance un appel commun à la générosité pour soutenir l’élan de solidarité et la réponse humanitaire.

L’union fait la force ! 6 ONG, 1 clic, 1 don sur allianceurgences.org.

Contacts presse- Alliance Urgences :
medias@allianceurgences.org – Camille Nozières (07 86 00 42 75) et Jean-Baptiste Matray (06 31 59 90 40). Nos porte-paroles en France et dans les pays d’intervention sont disponibles pour toute interview.
 

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Ukraine : l’ONG Plan International France est extrêmement préoccupée

Alors que plus de 874 000 personnes ont déjà fui vers les pays voisins, la situation des enfants s’aggrave toujours plus en raison du conflit en Ukraine. Déscolarisation, violences, abus, exploitation sexuelle et détresse psychologique : l’ONG Plan International France alerte sur les risques qu’encourent les enfants, en particulier les filles, et lance un appel aux dons.

L’ONG Plan International France est profondément préoccupée par l’escalade des hostilités en Ukraine qui met en danger la vie et le bien-être des enfants et des jeunes, notamment des filles.

Des millions de filles et de garçons en danger ont besoin d’aide. Alors que 2,9 millions de personnes ont déjà besoin d’une aide humanitaire d’urgence, le nombre de réfugié∙e∙s en Pologne, en Hongrie, en Moldavie, en Roumanie et en Slovaquie augmente considérablement. 5 millions de personnes pourraient être contraintes de fuir dans les prochains jours, dont une majorité de filles et de femmes.

L’ONG Plan International France s’inquiète pour la santé mentale des enfants et des filles, particulièrement confrontées aux violences de genre en situation de crise.

« Alors que les combats et les bombardements se poursuivent, des millions de familles avec des enfants sont obligées de fuir leur maison et se retrouvent déracinées. Les enfants séparés et non accompagnés sont encore plus vulnérables et exposés aux risques d’abus et de traite. La protection et la sécurité des enfants déplacés et réfugiés, en particulier des filles, doivent être des priorités absolues ! », alerte Violaine Gagnet, directrice des programmes de l’ONG.

Plan International se mobilise en Moldavie, en Pologne et en Roumanie aux côtés d’organisations locales

  • Protection des enfants, des adolescent∙e∙s réfugié∙e∙s, en particulier des filles, contre les violences
  • Soutien psychosocial des enfants réfugiés dans les centres d’accueil
  • Renforcement des capacités des professionnels de la protection de l’enfance

L’ONG appelle les autorités concernées à : 

  • Un cessez-le-feu des combats 
  • Respecter le droit international humanitaire, notamment en matière de protection des enfants
  • Ne pas cibler les installations civiles, spécifiquement celles dont les enfants ont besoin comme les écoles et les hôpitaux 
  • Protéger les enfants séparés et non accompagnés, avec une attention particulière pour les filles
  • Respecter le principe de non-refoulement, sans discrimination, en vertu de la Convention des Nations unies relative au statut des réfugiés
  • Garantir l’accès sans entrave au secours et au personnel humanitaires

L’ONG Plan International France lance un appel aux dons pour répondre aux besoins urgents des populations : abris, eau, nourriture, soutien psychosocial. 

Pour toute interview : Violaine Gagnet, directrice des programmes de l’ONG Plan International France

Contact média : Juliette Bénet / + 33 6 50 10 10 85 / juliette.benet@plan-international.org 

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Mariage d’enfants, déscolarisation, automutilation, suicide, détresse psychologique… le quotidien dramatique des filles en Syrie

Un risque accru de mariages d’enfants, de déscolarisation et de détresse psychologique pèse sur le quotidien des jeunes femmes dans le nord-ouest de la Syrie. Tel est le constat de la dernière étude In Harm’s Way de Plan International et de Women Now for Development, réalisée auprès de 170 participant.e.s – filles, mères, pères, personnels de santé et éducatif – entre mars et mai 2021, et  publié le 25 novembre à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes.

Aujourd’hui, environ 1 adolescente sur 3 va à l’école (69 % restent non scolarisées). Avant le conflit en 2011, 97 % des enfants en âge de fréquenter l’école primaire étaient scolarisé∙∙e∙s. La plupart des établissements scolaires du nord-ouest de la Syrie sont encore opérationnels, mais les problèmes de sécurité, les déplacements continus, les mariages d’enfants et les obligations familiales, telles que les travaux ménagers et la prise en charge des fratries empêchent encore les filles de suivre les cours.

Privées D’ÉDUCATION, mariées précocement ET de force

Toutes les adolescentes interrogées déclarent que la pandémie de Covid-19 aggrave leur situation : beaucoup d’entre elles ne peuvent toujours pas participer aux cours en ligne. 

En raison du conflit, les données fiables restent rares, mais une enquête menée auprès de jeunes femmes syriennes déplacées au Liban révèle que 41 % d’entre elles ont été mariées avant l’âge de 18 ans. En 2006, 13 % des Syriennes étaient mariées avant leur 18 ans dans le pays et 3 % des filles l’étaient avant leur 15e anniversaire (ONU). 
Selon la loi syrienne, l’âge minimum légal du mariage est de 17 ans pour les filles, mais des lacunes juridiques autorisent le mariage d’enfants dans certaines conditions, comme celle du « meilleur intérêt ».     

Interrogées, 43 % des mères déclarent que, bien qu’elles s’opposent au mariage des enfants en temps de paix, en temps de conflit, il constitue un moyen de protéger les filles du harcèlement et de la violence, tout en allégeant la charge économique de la famille, en particulier lorsque cette dernière est gérée par une femme. Presque toutes les adolescentes rencontrées s’opposent mariage d’enfants et déclarent en moyenne, que l’âge minimum légal devrait être de 20 ans. Il est pour elles plus important de poursuivre leur éducation et d’acquérir des expériences de vie, avant de se marier. Toutefois, le contexte d’urgence explique qu’un quart des filles estime que le mariage précoce représente un moyen d’échapper à la violence domestique et à la pauvreté.    
« Notre recherche peint un tableau déchirant de la réalité actuelle en Syrie. Les filles sont encore une fois les premières victimes de la guerre : les inégalités de genre se sont accentuées au cours des années de violences. Les familles sont obligées de fuir leur foyer et de reconstruire leur vie, souvent plusieurs fois », explique Hiba AlHejazi, responsable du plaidoyer et de l’influence au sein de l’ONG Plan International en Jordanie.

SYRIE : UNE DES URGENCES HUMANITAIRES LES PLUS COMPLEXES

  • 90 % de la population vit sous le seuil de pauvreté
  • 13,4 M de personnes ont besoin d’une aide humanitaire
  • 6,7 M de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays

Le nord-ouest de la Syrie est la zone plus touchée avec :

  • 3,4 M de personnes ont situation de besoin d’aide humanitaire
  • 2,8 M de personnes déplacées
  • 1,7 M de personnes réfugiées

Premières Victimes des violences

La crise continue d’affecter en premier lieu les femmes et les adolescentes. Le conflit renforce le discours patriarcal et contribue à accroître les inégalités et les discriminations auxquelles les filles du nord-ouest de la Syrie sont confrontées quotidiennement : impossibilité de se déplacer librement dans leur quartier en raison du risque d’enlèvement et d’harcèlement sexuel et la persistance de stéréotypes sexistes qui les cantonnent aux tâches domestique, à l’isolement, au manque d’intimité… 

Pour environ un tiers des personnes interrogées (32 %), les mariages d’enfants expliquent les taux d’automutilation et de suicide en hausse dans le pays.
« Le mariage précoce est l’une des principales causes des problèmes psychologiques des filles. Elles deviennent plus agressives ou dépressives en raison de leur incapacité à faire face à leurs nouveaux rôles et responsabilités. Dans certains cas, elles envisagent même le suicide comme une solution à leur misère », témoigne un travailleur social du nord-ouest de la Syrie. 

L’exacerbation de la violence : la puberté forcée

Une dernière tendance alarmante et en augmentation : la puberté forcée. Cette dernière consiste à injecter aux adolescentes des hormones pour provoquer la puberté à des fins de mariage d’enfants ou d’exploitation sexuelle (UNFPA 2020). Une pratique en hausse observée par le corps médical, mais dont la prévalence est encore niée par les communautés.
« La puberté forcée est un acte très préjudiciable pour les filles, qui affecte leur santé sexuelle et reproductive et leur mental », rapporte une gynécologue du nord-ouest de la Syrie.

 « Que l’on évoque les mariages forcés ou l’abandon de l’école, les adolescentes syriennes paient un lourd tribut à ces normes de genres néfastes et discriminatoires. Elles restent invisibilisées et leurs besoins continuent d’être négligés par la communauté internationale. Si les efforts pour protéger et sauvegarder les droits des filles ne sont pas renforcés, c’est toute une nouvelle génération de filles qui risque de rentrer dans l’âge adulte sans avoir eu l’opportunité d’aller à l’école, de devenir économiquement indépendantes et de contribuer de manière significative à la société. Et c’est la société au sens large, la consolidation de la paix et le développement à long terme qui risquent d’être profondément affectés », rappelle Hiba AlHejazi.

CE QUE L’ONG PLAN INTERNATIONAL DEMANDE 

  • Fixer l’âge minimum du mariage à 18 ans, quel que soit le sexe, et combler les lacunes des cadres juridiques qui exposent les filles à un mariage précoce
  • Donner la priorité à la protection des enfants, à la prévention et à la réponse à la violence sexiste
  • Préserver la santé et les droits sexuels et reproductifs des adolescentes
  • Prendre en compte de manière urgente et prioritaire les droits et les besoins spécifiques des adolescentes en Syrie dans les interventions humanitaires
  • Financer des programmes qui répondent aux besoins des adolescentes, qui garantissent leur accès à l’éducation et les protègent contre les violences sexistes

Découvrez le rapport de Plan International et Women Now for Development en intégralité

Pour toute demande d’interview : Julien Beauhaire : 01 84 87 03 52 / 07 86 45 12 10 / julien.beauhaire@plan-international.org

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L’exploitation des filles toujours plus violente et plus invisible

160 millions d’enfants sont actuellement contraint·e·s de travailler. Entre 2016 et 2020, 8,4 millions de filles et de garçons supplémentaires y ont été forcé·e·s ! Des chiffres terrifiants qui reflètent réalité intolérable : privation d’enfance, mise en danger de la santé et exclusion de l’éducation.

Les filles sont particulièrement affectées par ce fléau. Astreintes aux formes les plus violentes, les plus dangereuses et les plus invisibles du travail, elles demeurent les premières touchées par la traite, l’exploitation sexuelle à des fins commerciales, l’esclavage domestique, les tâches dans les mines ou l’enrôlement dans des groupes armés. L’exploitation des filles prive ces dernières de leur enfance, de leur potentiel, de leur dignité et de leur éducation.

À l’occasion de la Journée internationale des filles, dont Plan International est à l’origine avec l’ONU, l’ONG se mobilise le 11 octobre 2021 contre l’exploitation des filles et pour l’éducation comme levier d’émancipation.

L’oubli et l’invisibilisation des filles

Le travail des filles constitue une violation grave de leurs droits fondamentaux (conventions 138 et 182 de l’OIT sur le travail des enfants) et un obstacle majeur à l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD) 8.7 et 16.2. Il revêt différentes formes: traite, exploitation sexuelle, esclavage domestique, travail dans les mines, enrôlement dans des groupes armés…

Les filles se retrouvent souvent astreintes aux tâches domestiques non régulées et informelles, qui restent largement invisibles parmi les données collectées en la matière. En moyenne, elles y consacrent quotidiennement 40 % de temps supplémentaire que les garçons, soit 160 millions d’heures en plus par an (OIT).

Horaires de travail excessifs, absence de jour de repos, salaire de misère ou inexistant façonnent leur quotidien.

En contexte d’urgence, en particulier lors de conflits armés, le risque de travail des filles augmente ! Dans les pays en guerre, l’incidence du travail des enfants est 77 % supérieure à la moyenne mondiale (OIT).  Alors que leur environnement protecteur est fragilisé, les filles et les adolescentes se retrouvent exposées à de fortes menaces de violences de genre et d’enrôlement dans des groupes armés. Parfois combattantes, souvent esclaves sexuelles, elles demeurent les grandes oubliées des conflits, en dépit des nombreuses tâches qu’elles assument. Elles combattent en première ligne aux côtés des garçons, pillent, servent d’espionnes, d’esclaves sexuelles, de boucliers ou encore de bombes humaines (voir notre rapport sur les filles soldat).   

L’impact de la pandémie de COVID-19

La pandémie de Covid-19 et la hausse du niveau de pauvreté ont des conséquences dévastatrices sur l’exploitation des filles. Elles plongent plus de 150 M d’enfants dans l’extrême précarité (Unicef). Or, on sait que lorsque le niveau de pauvreté augmente de 1 %, le travail des enfants augmente en moyenne de 0,7 % (OIT).

Au Cambodge par exemple, la traite des filles a presque doublé en 2020 en raison de la pandémie, avec plus de 1 cas détecté tous les 3 jours dans certains villages (ONUDC). Enfermées chez elles en raison de la crise sanitaire, beaucoup de filles se retrouvent contraintes de travailler plus de 10 heures par jour pour aider leur famille. Privées du lieu de protection et d’apprentissage que représente l’école, les filles sont exposées aux risques d’exploitations domestiques informelles et de violences sexuelles dans la sphère familiale (lire notre enquête mondiale sur l’impact de la pandémie). À la maison, on les oblige à effectuer les tâches domestiques comme la cuisine et le ménage. On observe également une recrudescence dramatique de l’exploitation sexuelle en ligne.  Aux Philippines, par exemple, le nombre de cas signalés a augmenté de 59 000 à plus de 101 000 entre février et mars 2020 (ONUDC).

Malgré la réouverture récente des écoles dans la plupart des pays, 11,2 M de filles pourraient ne jamais reprendre le chemin de l’école (Unesco). Beaucoup d’entre elles ont dû renoncer à leur scolarité ou concilier la reprise des études avec leur emploi, en travaillant plusieurs heures en plus par jour.   

Nous demandons aux gouvernements et à la communauté internationale :

  • De protéger les filles contre toutes les formes d’exploitation
  • D’éradiquer sans attendre les pires formes du travail des enfants
  • De garantir aux filles un cycle minimum de 12 ans d’éducation gratuite, sûre et de qualité.
  • De consacrer 20 % du revenu national aux investissements en matière d’éducation.
  • De favoriser l’accompagnement, la reprise des études et l’accès à la formation professionnelle des filles astreintes au travail.

Téléchargez le dossier de presse L’exploitation des filles toujours plus violente et plus invisible

Contacts médias 

Julien Beauhaire : julien.beauhaire@plan-international.org / +33 7 86 45 12 10
Juliette Benet : juliette.benet@plan-international.org / +33 6 50 10 10 85

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La pandémie de COVID-19 plonge les filles dans une détresse émotionnelle grave

Presque toutes les filles dans le monde (95 %) sont affectées par la pandémie de Covid-19, au moins psychologiquement. C’est ce que les adolescentes et les jeunes femmes révèlent dans la 2e partie de l’enquête mondiale de l’ONG Plan International Des vies qui s’arrêtent : les voix des filles et des jeunes femmes sur l’impact de la Covid-19. Qu’elles soient d’Inde, des États-Unis, d’Equateur, d’Égypte, du Mozambique ou de France, la pandémie bouleverse leur vie entière, à commencer par leur éducation. Un constat dramatique qui ne les empêche pas de garder espoir pour l’avenir.

« Je sais que ça a été une année horrible pour ma santé mentale. Ça n’a fait que se dégrader », confie Clara, lycéenne américaine de 16 ans. Au-delà des chiffres de la première partie du rapport (septembre 2020), Plan International se concentre dans cette seconde étude sur la parole des filles. 
L’ONG a longuement écouté les voix de 71 adolescentes et jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans, originaires de 14 pays. 

L’étude révèle que la pandémie affecte tous les aspects de leur vie : l’éducation, leur santé et de celle de leur entourage, les revenus de leur famille et l’incertitude quant à leur avenir.

Pourtant, les filles font preuve d’une grande résilience et restent déterminées à poursuivre leurs ambitions.

Les filles s’inquiètent du retard pris sur leur scolarité 

  • 20 millions de filles supplémentaires en âge de fréquenter l’enseignement secondaire pourraient être déscolarisées à la fin de la crise à cause de la pandémie (Fondation Malala).
  • « Quand j’allais à l’école, j’apprenais et j’étais active. Tout ce que nous faisons à présent ce sont les tâches ménagères à la maison, donc notre état psychologique est affecté », confie Tdesey, Ethiopienne de 16 ans. 
  • « Le plus dur a été de travailler seul·e·s… Il faut améliorer la situation, je pense qu’ils ont vraiment besoin de plus de personnel… Ils [les professeurs] ne sont joignables que de 13h30 à 15h… Il faut qu’ils s’adaptent à la situation », Seny étudiante française de 19 ans.
  • Le mauvais accès à Internet, la difficulté de concentration, la solitude, les tâches ménagères et l’absence de soutien du corps enseignant empêchent les filles de poursuivre leur scolarité à distance. 

L’isolement pèse sur la santé mentale des filles

  • 9 filles et jeunes femmes sur 10 affirment ressentir une forte anxiété depuis le début de la pandémie, en particulier lors des confinements très éprouvants psychologiquement.
  • « Depuis le début de la pandémie de Covid-19, je ressens de l’anxiété, de l’angoisse et de la peur, notamment de transmettre le virus », explique Avani, élève indienne de 18 ans.
  • « L’aspect négatif, c’est l’ambiance anxiogène, tout le monde a peur, […] cela complique le fait de se retrouver ensemble », confie Marie, lycéenne française de 17 ans, sur son retour en classe.
  • La crainte du virus, l’isolement et l’omniprésence de la Covid-19 dans l’actualité médiatique constituent les principales causes de détresse émotionnelle et psychologique évoquées par les filles. Même pour celles qui ont pu retourner à l’école, le soulagement de retrouver les salles de classe n’a pas permis de se libérer totalement de l’angoisse.

Hausse des violences sexuelles et des inégalités de genre

  • 15 M de cas supplémentaires de violences de genre sont anticipés pour chaque trimestre de confinement hors de l’école (ONU).
  • « Pendant cette période, certaines filles seront soumises à des mariages d’enfants, d’autres vont tomber enceintes. […] Pour les parents, avoir une fille à la maison, c’est un poids. Pour s’en débarrasser, ils la confient à un homme », explique Xiluva, lycéenne de 17 ans au Mozambique.
  • Les filles espèrent qu’un retour rapide à l’école les protègera des risques accrus de mariages d’enfants, d’abus sexuels, de violences de genre et de grossesses précoces.

Pour les parents, avoir une fille à la maison, c’est un poids. Pour s’en débarrasser, ils la confient à un homme

La perte de revenu : une source d’angoisse au quotidien

  • 1/3 des jeunes femmes interrogées sont sans emploi et leur famille sans aucun revenu. 
  • « Toute ma famille a perdu son emploi pendant la pandémie […] Pendant un certain temps, j’ai pu subvenir un peu aux besoins de ma famille, parce que je travaillais 2 jours par semaine et gagnais un tout petit peu d’argent », Gaby, 17 ans, en Equateur.
  • Dans de nombreux cas, la personne qui subvient principalement aux besoins de la famille a perdu son emploi ou vu ses horaires de travail réduits.  S’alimenter, financer l’éducation et s’acheter les produits de base sont devenues des sources de préoccupations et de tensions dans la famille. 

Affronter l’avenir

  • « L’apprentissage a été perturbé par la Covid-19. La plupart de mes amies qui ont arrêté l’école me disent de faire de même, mais je suis déterminée à continuer afin d’avoir une vie meilleure à l’avenir », affirme Audre, 16 ans en Zambie. 
  • « Avec le virus, des événements sont souvent annulés, mais de nouveaux apparaissent. J’ai pu coder énormément. Et honnêtement, la pandémie m’a fait réaliser à quel point j’aimais le secteur des technologies », raconte Sara, lycéenne américaine de 15 ans.
  • Malgré l’ampleur des difficultés rencontrées, les adolescentes et les jeunes femmes restent déterminées à poursuivre leurs rêves et font preuve d’une forte résilience. De nombreuses participantes ont estimé avoir beaucoup appris de leurs expériences au cours de l’année écoulée, notamment grâce à des stratégies pour préserver leur santé mentale comme le sport ou la méditation.

L’ONG Plan International France demande aux gouvernements et à la communauté internationale : 

  • De donner la priorité à la continuité de l’apprentissage lors des fermetures d’écoles et d’investir en faveur de méthodes d’éducation à distance.
  • De permettre un retour à l’école en toute sécurité pour l’ensemble des élèves, en tenant compte du risque accru d’abandon scolaire définitif auquel sont confrontées les filles.
  • De reconnaître l’impact de la pandémie sur la santé mentale, en particulier pour les filles et les jeunes femmes, et d’améliorer les services de soutien psychologique.
  • De lutter contre les violences de genre et les mariages d’enfants, et de protéger les survivantes de violences sexuelles pendant la pandémie.
  • De garantir aux familles un revenu adéquat et un accès aux produits de première nécessité, notamment les denrées alimentaires et les médicaments indispensables.
  • De promouvoir davantage l’emploi et l’entrepreneuriat des filles et des jeunes femmes.

Méthodologie du rapport : Entre juin et juillet 2020, Plan International a mené une enquête quantitative auprès de 7 000 participantes originaires de 14 pays : Australie, Brésil, Équateur, Égypte, Éthiopie, France, Ghana, Inde, Mozambique, Nicaragua, Espagne, États-Unis, Vietnam et Zambie. 202 entretiens approfondis d’une heure au moins, par téléphone et par visioconférence, ont été menés lors de 3 cycles (juillet-août 2020, octobre 2020, décembre-janvier 2021) auprès de 70 filles et femmes âgées de 15 à 24 ans, originaires de ces pays. 

Pour toute demande d’interview des participantes de l’étude en France et des équipes de Plan International, merci de contacter : 
Léa Dorigny, lea.dorigny@plan-international.org 
Julien Beauhaire, julien.beauhaire@plan-international.org +33 1 84 87 03 52 /+33 7 86 45 12 10

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Déclaration conjointe des ONG Internationales sur les incendies dans les camps Rohingya de Cox’s Bazar au Bangladesh

Nous exprimons notre solidarité avec les 10 000 familles de réfugié.e.s rohingya touchées par les incendies dévastateurs du camp de Kutupalong à Cox’s Bazar au Bangladesh. Les organisations humanitaires et le gouvernement du Bangladesh travaillent ensemble sans relâche pour soutenir les personnes affectées par l’incendie du 22 mars 2021.

L’incendie s’est déclenché dans l’un des camps de Cox’s Bazar et s’est propagé dans 4 autres camps de la zone, où sont réfugiées plus d’1 million de personnes. Dès le début, des volontaires rohingya se sont précipité.e.s sur les lieux pour apporter une aide d’urgence aux personnes touchées. Ils continuent de travailler 24 heures sur 24 aux coté des pompiers, des organisations humanitaires et des populations hôtes pour sauver des vies et contenir le feu.

Malgré ces efforts, les premiers rapports en provenance des camps indiquent qu’au moins 11 personnes ont été tuées. Avec des abris réduits en cendres et nulle part où se réinstaller, les femmes, les filles, les personnes en situation de handicap et les personnes âgées sont exposées à de plus grandes menaces pour leur sécurité personnelle.

Nous sommes particulièrement horrifié.e.s par les récits des réfugié.e.s rohingya, qui se sont retrouvé.e.s piégé.e.s et incapables de se mettre à l’abri en raison des clôtures qui entourent les camps. Certain.e.s ont dû se frayer un passage à travers les barbelés pour échapper aux flammes. Dans ces circonstances, fuir et se mettre en sécurité a été encore plus difficile, voire impossible, pour les personnes en situation de handicap. Les clôtures ont également différé l’arrivée des services de lutte contre l’incendie sur les lieux. Ces retards ont aggravé les dommages causés aux maisons, aux centres d’apprentissage et aux installations sanitaires dont dépendent les réfugié.e.s, notamment dans un camp où tout a été détruit. 

Nous, organisations humanitaires, saluons la collaboration avec le gouvernement du Bangladesh, l’armée, la police et les pompiers pour éteindre les flammes et aider les réfugié.e.s sinistré.e.s. Tout doit être mis en œuvre pour éviter qu’une telle catastrophe ne se reproduise à l’avenir.  Bien qu’il soit de loin le plus dévastateur, l’incendie d’hier n’est pas le seul incendie important déclenché au cours des derniers mois. Il est urgent de prendre des mesures pour assurer la sécurité des réfugié.e.s et un accès humanitaire d’urgence pour éviter d’autres tragédies.

Après le drame de lundi, nous proposons les mesures suivantes, qui sont à envisager en étroite coordination avec les Nations unies, les bailleurs de fonds, le gouvernement du Bangladesh et les dirigeant.e.s des communautés de réfugié.e.s. En travaillant ensemble, le gouvernement et la communauté humanitaire réaffirment leur engagement à l’égard de la sécurité des réfugié.e.s et des communautés d’accueil à Cox’s Bazar.

  • Les abris, la nourriture, l’eau, la santé, la protection, la protection de l’enfance et le soutien psychosocial aux réfugié.e.s doivent être renforcés au lendemain de l’incendie. La communauté internationale doit veiller à ce que la réponse soit financée de manière adéquate pour répondre aux besoins plus importants que jamais. 
  • Les clôtures sur les routes menant aux camps doivent être retirées. Les portes doivent être ouvertes et dotées de personnel pour en assurer l’accès 24 heures sur 24, afin de garantir un passage sûr et permettre aux équipes d’intervention l’accès en cas d’urgence. 
  • Les camps doivent être reconstruits de manière plus sûre pour les réfugié.e.s, avec plus d’espace entre les abris et l’utilisation de matériaux ignifuges. Des cartes et des panneaux doivent indiquer clairement les itinéraires sûrs. Ce plan doit être élaboré avec la participation des réfugié.e.s rohingya, des communautés d’accueil concernées et des acteurs et des actrices humanitaires. 
  • Un plan d’évacuation complet est nécessaire. Il doit être rédigé en collaboration avec les acteurs et les actrices humanitaires concernés, afin d’assurer la sécurité des Rohingya en cas de graves inondations, d’incendies, de cyclones ou de toute autre crise soudaine. 
  • De nombreux réfugié.e.s ont perdu tous leurs documents dans l’incendie. Le gouvernement du Bangladesh et la communauté humanitaire doivent veiller à ce que les réfugié.e.s aient un accès continu et sans entrave aux services essentiels jusqu’à ce que les documents d’enregistrement puissent être remplacés. 

Signataires

ActionAid
Action Contre la Faim
CARE
Christian Aid
Community Partners International
Concern Worldwide
DanChurchAid
Danish Refugee Council
Educo
HEKS/EPER- Swiss Church Aid
HELVETAS Swiss Intercooperation
Handicap International – Humanity and Inclusion
International Rescue Committee
Islamic Relief
MAF Bangladesh
Médecins du Monde France
Médecins du Monde Japan
Médecins du Monde Switzerland
Norwegian Refugee Council
Oxfam International
Plan International
Practical Action
Save the Children
Solidarités International
United Purpose
World Vision
VSO

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Au Liban, plus d’1/3 des adolescentes ont subit une augmentation des violences

Au Mont-Liban et en Bekaa occidentale, l’effondrement économique 7 mois après l’explosion du port de la capitale expose les adolescentes libanaises et syriennes à la déscolarisation, aux violences physiques et psychologiques, aux mariages d’enfants, à l’exploitation et à l’insécurité alimentaire.

Le constat dressé ces derniers mois au Liban par l’ONG Plan International est dramatique. Il ressort notamment d’une enquête réalisée entre le 16 et le 29 décembre dernier, auprès de 341 parents et 256 adolescent·e·s. Le but ? Évaluer les besoins en matière d’éducation et de protection des réfugié·e·s syrien·ne·s et des familles libanaises en situation de vulnérabilité qui vivent en Bekaa occidentale (au centre du Liban, à 60 km de Beyrouth) et au Mont Liban (centre-ouest du Liban, à 20 km de la capitale Beyrouth) en plein contexte d’effondrement économique, de pandémie de Covid-19 et d’explosion du port de Beyrouth en août 2020.

  • Plus d’1 adolescent·e sur 4 (27 %) est privé·e d’enseignement scolaire en raison du coût des études et des restrictions sanitaires. Pourtant, 89 % d’entre eux/elles souhaiteraient retourner à l’école, en formation ou en apprentissage.
  • Les filles sont davantage affectées que les garçons : 57 % des enfants déscolarisé·e·s sont des adolescentes âgées de 10 à 17 ans. En dehors de l’école, elles se retrouvent plus exposées aux risques de violence, de mariages forcés et de grossesses précoces. 
  • Plus d’1/3 des adolescentes souffrent d’une augmentation de la violence.
  • 34 % des adolescent·e·s connaissent un enfant de sa communauté marié·e avant ses 18 ans. 
  • Plus d’1 adolescent·e sur 2 (soit 57 %) connait un enfant contraint au travail forcé dans sa communauté. 
  • 59 % des adolescentes confessent ne pas avoir les moyens d’acheter des protections hygiéniques, ce qui met en danger leur santé.
  • 81 % des personnes qui ont des enfants à charge ne peuvent subvenir aux besoins essentiels de leur famille : nourriture et vêtements (76 %), médicaments (58 %), frais de scolarité (32 %).

« Au quotidien, nous voyons de plus en plus de gens se battre pour de la nourriture dans les supermarchés. Les aliments essentiels, comme le lait en poudre et les médicaments, sont fréquemment épuisés, ce qui menace la santé des enfants et des plus fragiles. Cette situation dramatique risque d’empirer », témoigne Colin Lee, directeur régional de Plan International au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

« Cette crise au Liban et ses conséquences sur le bien-être des enfants nous inquiètent fortement. Ils ont traversé tant d’épreuves en deux ans avec la fermeture complète des écoles, les confinements, la dégradation économique et l’inquiétude de leurs familles. Sans oublier l’explosion de Beyrouth » rappelle Riwa Maktabi, chargée de programmes à Plan International Liban.

Fatmeh, 45 ans, réfugiée syrienne. Elle vit à Beyrouth avec son mari et ses 10 enfants. Seuls 3 d’entre eux vont encore à l’école.
« Avant, les enfants allaient à l’école en bus, mais les frais de transports montent jusqu’à 40,000 Livres Libanaises chacun (soit 26 USD). Aujourd’hui, je n’ai plus suffisamment d’argent pour régler les frais de scolarité de 3 de mes enfants. Comment vais-je payer leur nourriture, leurs vêtements, leurs livres, leur matériel scolaire et leurs frais de transport ? Je ne peux tout simplement plus ».

Notes aux rédactions : 

  • Parmi les familles libanaises et de réfugié·e·s syrien·ne·s, plus d’1/3 ne peut plus envoyer leurs enfants à l’école.
  • 3 familles sur 4 ne peuvent pas acheter de la nourriture ou des vêtements.
  • 55 % des adolescent·e·s se disent insatisfait·e·s de l’enseignement à distance et des solutions d’apprentissage hybrides. Les causes : mauvais accès à Internet (64 %), absence de matériel scolaire (48 %), faible soutien parental (31 %) et absence d’un environnement stable et calme pour apprendre à la maison (29 %).
  • Santé mentale : 73 % des adolescent·e·s et 96 % de leurs responsables affirment se sentir stressé·e·s pendant cette période. Les causes de stress relevées par les adolescent·e·s comprennent : la peur d’une infection à la Covid-19 (51 %), le fait de ne pas pouvoir retourner à l’école (44 %), le fait de ne pas participer aux activités et être astreint à la maison (45 %) et les défis économiques (30 %).
  • Plus de la moitié des Libanais·e·s vivent en dessous du seuil de pauvreté.

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