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Le Burkina Faso, pays enclavé d’Afrique subsaharienne, est l’un des pays les plus pauvres au monde et peu d’enfants ont la possibilité de suivre une scolarité complète. Pour améliorer l’accès à l’éducation des jeunes burkinabé.e.s, Plan International France met en place le projet BASE (Burkina Faso Accès à la Scolarisation pour Enfants) dans les provinces de Bam, Namentenga et Sanmatenga de la région du Centre Nord du pays.

Une crise humanitaire majeure

Au Burkina Faso, la majorité de la population (80 %) travaille dans le secteur de l’agriculture, ce qui les rend extrêmement vulnérables aux chocs climatiques de plus en plus fréquents.
A cette instabilité économique s’ajoute un fort problème sécuritaire, généré par la crise au Mali et l’escalade de violence qu’elle a provoquée depuis 2012, ainsi que par le développement des groupes armés non-étatiques dans la région et par le déchaînement du terrorisme depuis les attaques de Ouagadougou en janvier 2016. Certaines parties du pays échappent désormais entièrement au contrôle de l’Etat et les civils sont régulièrement victimes de violence : 780 000 ont choisi de fuir leur foyer provoquant des déplacements massifs à l’intérieur du pays.

C’est dans ce contexte déjà dramatique qu’est arrivée la pandémie du COVID-19 au mois de mars 2020. La fragilité du système national de santé et les déplacements de population accroissent fortement le risque de propagation du virus. De plus, les conditions de vie du pays rendent les règles de distanciation physique presque impossible à tenir.

Un système éducatif affaibli

De nombreux obstacles empêchent les enfants burkinabés d’avoir accès à l’école. Le système éducatif  manque d’efficacité avec une insuffisance notable d’infrastructures éducatives sûres et inclusives et un manque d’enseignants qualifiés. Au Burkina Faso, il y a 1 enseignant qualifié pour 500 élèves ou plus. Ces insuffisances ont un impact direct sur la scolarisation et la qualité de l’offre éducative. En 2020, malgré une amélioration des taux de scolarisation, seuls 90,7 % des enfants bénéficient d’une éducation au niveau primaire, et 52 % au niveau post-primaire.
Les enfants qui ont la chance d’aller à l’école ne reçoivent malheureusement qu’une éducation très généraliste, peu professionnalisante et peu adaptée au contexte national et aux besoins du marché de l’emploi. De nombreux jeunes, désœuvrés et frustrés par le manque d’opportunités qui s’offrent à eux se tournent vers des groupes armés,  participant à leur tour à l’escalade de violence qui ravage le pays.

Cette situation s’aggrave encore en contexte de crise, avec la multiplication des pratiques néfastes, telles que le travail des enfants, l’exploitation liée à la guerre et les mariages précoces forcés. Les filles sont particulièrement touchées par ces pratiques et seules 6 % des femmes adultes ont suivi des études secondaires, contre 12.1 % des hommes.

En mars 2020, 2 512 écoles étaient fermées, touchant 349 909 enfants et 11 219 enseignants.

En outre, la recrudescence de la violence a rendu dangereuse la fréquentation scolaire des enfants et des enseignants, en particulier dans les régions voisines du Mali et du Niger. Les écoles de plusieurs régions sont fermées en raison de l’insécurité croissante. En effet, les écoles continuent d’être une cible privilégiée pour les groupes extrémistes: le mobilier scolaire est détruit, les enseignants frappés devant leurs élèves, et même enlevés et tués. En outre, dans les zones accueillant des personnes déplacées, les écoles sont occupées depuis plusieurs mois par des personnes en quête d’hébergement, ce qui entrave l’accès à l’éducation des enfants déplacés et des enfants de la communauté d’accueil.

La réponse de Plan International France : le projet BASE

Implantée dans le pays depuis 1976, Plan International est l’une des principales organisations de défense des droits de l’enfant de la région. Cette position lui a permis d’identifier des besoins majeurs en matière d’éducation, tels que l’amélioration de la réponse du système éducatif à la crise sécuritaire et épidémique ; le développement d’options éducatives alternatives et à distance à grande échelle ou encore le soutien à la réouverture des écoles en préparant tous les acteurs de l’éducation. 

Plan International France lance le projet BASE pour améliorer l’accès équitable à une éducation de qualité, sure, inclusive et sensible au genre, de renforcer la résilience du système éducatif, mais aussi d’assurer la provision continue de l’offre éducative de qualité pour 32 050 filles et garçons (6-15 ans) déplacés et issus des populations hôtes affectées par la crise sécuritaire, dans la région du Centre Nord du Burkina Faso ; mais aussi celles affectées par la crise du Covid-19.    

Pour atteindre ces objectifs, le projet BASE :
–    apporte son soutien aux écoles formelles des communautés d’accueil pour permettre à tous les enfants en âge de recevoir une éducation d’en bénéficier, y compris les enfants faisant face à des obstacles physiques et économiques ou ceux déplacés ou vivant avec un handicap ;
–    participe à l’amélioration des infrastructures scolaires en y installant des points d’eau potable et de dispositifs pour lavage de mains dans le cadre de la prévention du COVID-19 ;
–    renforce la capacité des enseignants à fournir une éducation de qualité à travers la formation et la dotation de matériels d’enseignement de qualité sur la base d’une pédagogie sensible au genre et inclusive ;
–    met en place de programmes d’éducation accélérés, qui se sont déjà révélés très efficaces au Burkina Faso, dans les zones d’insécurité où les écoles sont fermées. Une fois le programme complété, les diplômés seront transférés dans des écoles formelles pour garantir la continuité de leur éducation ;
–    forme les parents d’élèves et les Comités de Gestion des Ecoles (COGES) à l’approche « Safe Schools », pour permettre la mise en place des plans de préparation et de réponse aux urgences dans les écoles sur la base de l’identification locale des risques et de leur mitigation, dans le but de renforcer la résilience du système éducatif.

Tout au long de ce programme, une attention particulière sera accordée aux jeunes filles, pour les aider à surmonter les barrières socioculturelles qui freinent leur participation à l’éducation. Un appui à la gestion de l’hygiène menstruelle et des ateliers de prévention des violences de genre sont par exemple mis en place, afin de réduire au maximum les inégalités de genre non seulement en milieu scolaire, sinon aussi au niveau communautaire.

Ensemble, nous avons le pouvoir de limiter les conséquences de cette crise et de protéger les plus fragiles.

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