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99 % des Égyptiennes interrogées par les Nations unies signalent avoir été victimes de harcèlement sexuel, notamment dans les transports en commun. Le harcèlement sexuel empêche les filles de jouir de leurs libertés et droits fondamentaux. C’est pourquoi nous intervenons dans le bidonville d’Ezbet Khairallah au Caire afin que les filles puissent circuler librement en toute sécurité, occuper l’espace public autant que les garçons et les hommes, et aller à l’école et au travail sans crainte et sans violence.

1. Sécuriser les zones à risque

lutte contre harcelement sexuel egypte

Le harcèlement des filles dans la rue est omniprésent au Caire. Des filles d’Ezbet Kharaillah sillonnent leur quartier régulièrement pour identifier les dangers et trouver des solutions. Elles transmettent ensuite leurs recommandations aux décideurs locaux pour rendre leur quartier plus sûr et plus inclusif pour les filles.

Ces initiatives ont déjà porté leurs fruits : « Le gouvernement local a accepté de placer un policier aux portes des écoles pour protéger les filles », se réjouit Yara, 15 ans. « Il a également fait installer un éclairage public afin que les filles se sentent plus en sécurité la nuit. »
« Nous effectuons ces repérages en groupe car nous aurions trop peur de les faire seules », présise Yara. « Cela nous rassure d’être en groupe. »

2. Signaler le harcèlement sexuel

Lorsqu’elles sont harcelées, la plupart des filles égyptiennes n’en parlent à personne. 

A Ezbet Khairallah, nous expliquons aux filles qu’elles ont le droit de parler et d’être entendues. « Maintenant, elles savent à qui signaler le harcèlement : à la police ou à une personne âgée », déclare Hanin Attia, qui dirige un club de filles mis en place par Plan International.
« Jusqu’à peu, la population rendait les filles responsables du harcèlement dont elles étaient victimes, les filles elles-mêmes se sentaient coupables. Aujourd’hui, elles ont appris qu’elles n’ont rien à se reprocher, que le coupable c’est le harceleur. »

Nada, 14 ans, l’affirme : « Les filles doivent prendre la parole et revendiquer leurs droits. Par exemple, elles ont le droit de signaler à la police tout harcèlement verbal ou physique. Maintenant, les filles qui participent au projet de Plan International ont la confiance nécessaire pour le faire. »

3. Apprendre le karaté

Au Caire, les filles apprennent les gestes d’autodéfense pour pouvoir se défendre en cas d’agression.
« Les filles qui apprennent le karaté ont beaucoup changé », explique Hanin Attia, qui dirige les séances. « Maintenant, elles ont plus confiance en elles-mêmes, elles sont plus conscientes de leurs droits et ont appris à se protéger du harcèlement, aussi bien verbalement que physiquement. Elles n’ont plus peur.»

Les séances ont également contribué à rassurer les parents anxieux. « Maintenant, je suis plus sereine car je sais que, si Yara est exposée à une situation difficile, elle sera capable de se défendre », a déclaré Aisha Shafy, mère de Yara, 15 ans.

4. Changer l’attitude des garçons

Au Caire, les garçons et les filles mènent souvent des vies parallèles. Dans le cadre de notre projet, de nombreuses filles ont commencé à discuter avec des garçons et à organiser des activités communes, comme des pièces de théâtre et des séances de sport, et ce pour la première fois de leurs vies.

« La ségrégation mène à la violence et au harcèlement », a déclaré Khaled Hamouda, président de l’association communautaire où se déroule le projet.
« De nombreux problèmes se sont posés à Khairallah parce que les garçons et les filles ne se connaissaient pas. En créant un espace plus sûr où elles et ils peuvent interagir, nous les aidons à en apprendre davantage sur l’autre et à travailler ensemble avec respect. L’objectif est que les garçons comprennent que les filles qu’ils croisent dans la rue doivent également être respectées. »

Ahmed, 17 ans, déclare : « Nous avons participé à un match de football avec des filles, les équipes étaient mixtes. Je n’avais jamais imaginé que les filles puissent jouer au football. Mais pendant le match, j’ai constaté que certaines jouaient mieux que certains garçons. Ce jour-là, ma perception des filles a commencé à changer. Avant, j’avais l’habitude de harceler les filles ; je ne le fais plus. »

5. Défendre l’éducation des filles

« Au Caire, les filles sont souvent retirées de l’école à cause des risques qu’elles courent sur le trajet de l’école. Et notamment à cause du harcèlement des chauffeurs tuktuks », déplore Azza Mohamed, directrice de la division du Vieux Caire du ministère égyptien de la Solidarité sociale.
Mais à Khairallah, les filles fréquentent un club où elles apprennent à argumenter auprès de leurs parents s’ils veulent les retirer de l’école. Cela leur a donné la confiance nécessaire pour être autorisées à continuer leurs études.

« Depuis que j’ai rejoint le projet de Plan International il y a 2 ans, j’ai pris conscience de mes droits. J’ai le droit d’étudier. Je ne devrais jamais être obligée de renoncer à ce droit à cause des dangers auxquels je suis confrontée », déclare Soaad, 14 ans. « Avant, si mon père m’avait retirée de l’école, j’aurais accepté sans réagir. Ce ne serait plus le cas aujourd’hui. »

6. Sensibiliser les parents

Au Caire, comme de nombreux parents réprimandent ou punissent leurs filles si elles se font harceler, la plupart d’entre elles ont peur de parler de leurs problèmes. C’est pourquoi nous organisons des réunions avec les parents pour les sensibiliser aux droits des filles, tels que celui de circuler en toute sécurité, d’aller à l’école et de participer pleinement à la vie citoyenne de leur communauté.

 « La plupart du temps, ce sont les mères qui reprochent à leurs filles de s’être faites harceler », explique Hanin Attia, qui dirige les séances. « Lors de nos sessions de sensibilisation, nous leur recommandons de favoriser les échanges avec leurs filles et d’établir leurs relations sur la base d’une confiance mutuelle afin que les filles n’hésitent pas à leur confier leurs problèmes, notamment ceux qu’elles rencontrent dans la rue. »

« Si j’avais participé à un projet comme celui de Plan International quand j’étais plus jeune, j’aurais élevé mes enfants différemment, en échangeant avec eux plutôt qu’en utilisant la violence », explique Yousry, le père d’Ahmed. « J’aurais su que les garçons et les filles doivent être traité·e·s sur un pied d’égalité et que les enfants ne devraient jamais être battu·e·s. »

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