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Tort, ancienne enfant parrainée en situation de handicap, défend l’éducation dans son village

Tort, 23 ans, est née dans une des campagnes les plus pauvres du Cambodge, avec un seul bras. Parrainée très jeune, elle a pu suivre grâce à Plan International une scolarité brillante malgré son handicap. Aujourd’hui, elle s’investit pour promouvoir l’éducation dans sa communauté et rêve d’enseigner au lycée.

Lorsqu’on lui demande quels sont ses rêves, Tort rit doucement, assise au milieu des fascicules colorés de la bibliothèque où elle travaille. Personne ne lui avait posé cette question jusqu’à présent. Pourtant, la jeune femme a une idée bien précise de ce qu’elle veut faire de son avenir. Convaincue de l’importance de l’éducation, elle souhaite la défendre dans sa communauté et devenir professeure de littérature au lycée.

FAIRE PLUS QUE CE DONT ON LA CROIT CAPABLE

Tort vit dans un village isolé de la province de Siem Reap, au Nord du Cambodge. Ses parents y possèdent trois petites maisons de bois et le champ de riz dont ils vivent. 
Marqué par des années de guerre civile et la dictature des Khmers Rouges, le Cambodge reste un des pays les plus pauvres et les moins développés d’Asie du Sud-Est. Dans les campagnes, l’éducation est rarement une priorité, en particulier pour les filles et les enfants en situation de handicap. La famille de Tort a ainsi été une des seules de son village à envoyer ses 8 enfants à l’école. Et parmi eux, c’est la jeune fille qui a obtenu les meilleurs résultats ! 

Khenny, sa mère, l’a beaucoup soutenue pendant sa scolarité. Elle explique : « Plus jeune, Tort était souvent triste, elle voulait être comme les autres mais maintenant elle est très motivée. Elle veut montrer à tout le monde qu’elle peut faire plus que ce dont on la croit capable. » 

Tort a pu être une des premières à bénéficier du programme de parrainage lancé par Plan International au Cambodge en 2002. Depuis ses 10 ans, elle a échangé avec sa marraine allemande et conserve précieusement ses lettres. « Je lui racontais ce que je faisais dans ma vie de tous les jours, ce que je mangeais ou à quoi ressemblait mon village », se rappelle Tort. Cette relation l’a aidé à garder sa motivation.
Grâce à ce programme, Tort a pu bénéficier d’une éducation de qualité. Plan International a formé des enseignants et financé et équipé les locaux de l’école dans son village. 

RENDRE À MON VILLAGE, APRÈS TOUT CE QUE J’AI REÇU

Avec son handicap, les études sont pour Tort le seul moyen de gagner sa vie sans dépendre de ses parents.

Alors aujourd’hui diplômée de son lycée, elle souhaite à son tour permettre aux jeunes de sa communauté d’avoir accès à une bonne éducation. Elle défend la scolarisation pour tou·te·s auprès des familles qui hésiteraient encore à envoyer leurs enfants à l’école.  
Le diplôme de professeure qui permettra à Tort d’enseigner au lycée demande 4 ans d’études dans la capitale, Phnom Penh. Pour le financer et pour soutenir ses parents, Tort travaille à la bibliothèque de l’école du village où elle fait aussi la lecture aux élèves.

Avec son diplôme, la jeune fille souhaite pouvoir transmettre ses matières préférées : l’anglais et la littérature Khmer, la langue de son pays. En attendant, elle enseigne aussi l’anglais bénévolement dans l’école de son village. Tous les après-midi, elle enfile sa blouse bleue d’enseignante et retrouve ses élèves qui ont entre 7 et 12 ans. 
 
Aujourd’hui, les enfants apprennent les noms des fruits. La grande salle de classe en bois est entièrement remplie. La trentaine d’élèves reprennent en chœur les noms des fruits que leur montre Tort. “Watermelon – right or wrong?”
« L’anglais est une matière si importante, c’est la deuxième langue dans notre pays », explique la jeune professeure. « Avec ces cours, je veux rendre un peu à mon village, après tout ce que j’ai reçu dans ma vie. »

Convaincue du pouvoir de l’éducation et avec son expérience, Tort ne devrait pas tarder à obtenir son diplôme pour enseigner dans son village. L’occasion de confirmer encore une fois ce qui est devenu sa devise : « Moi aussi, j’en suis capable ! ».

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