Les impacts du réchauffement
climatique sur la vie des filles
D’ici 2050, jusqu’à 158,3 millions de femmes et de filles pourraient basculer dans l’extrême pauvreté à cause des effets néfastes du réchauffement climatique — soit 16 millions de plus que les hommes et les garçons dans la même situation, avec près de la moitié dans les pays d’Afrique subsaharienne.
Le changement climatique renforce les inégalités de genre
Considéré comme l’un des plus grands défis de notre génération, le changement climatique et les désordres environnementaux qui suivent se manifestent de façons différentes selon les régions, l’âge, les classes sociales, et le genre. Selon le Groupe d’expert·es intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les populations qui sont déjà les plus vulnérables et les plus marginalisées seront les plus touchées au cours des prochaines années.
Les filles, les adolescentes et les femmes subissent de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique. Cette situation s’explique par le fait que les femmes représentent la majorité des personnes pauvres – sur 1,3 milliard de personnes vivant dans des conditions de pauvreté, 70 % sont des femmes. Pour autant, les filles et les femmes ne sont pas associées à la prise de décisions concernant la prévention et l’adaptation au changement climatique. Ainsi, seulement 35 % des membres des délégations permanentes à la COP 26 sur le climat étaient des femmes et moins de 2 % des plans climats nationaux mentionnent les filles.
Les femmes jouent également un rôle clé dans la production alimentaire mondiale en produisant 50 à 80 % des ressources dans les pays en développement. Pourtant, elles détiennent moins de 10 % des terres : non propriétaires, elles ne sont pas protégées en cas de catastrophe. Enfin, les femmes dépendent également davantage des ressources naturelles menacées, celles-ci jouant un rôle crucial dans les régions où l’agriculture de subsistance est vitale.
L’impact du changement climatique sur la vie des filles
Le changement climatique fragilise les droits des filles.
Pendant et après les crises climatiques, les filles sont davantage exposées aux violences physiques, sexuelles, à l’exploitation sexuelle et à la traite des êtres humains. Ces risques sont accrus lorsqu’elles vont chercher de la nourriture et de l’eau ou lorsqu’elles séjournent dans des abris temporaires. De plus, dans le cas de catastrophes climatiques où les revenus et la capacité de survie des familles se trouvent menacés, le mariage des filles peut être considéré comme un moyen de réduire la charge financière de la famille.
En période de crise climatique, les filles sont souvent les premières à devoir quitter l’école. Certaines familles, confrontées à la chute des revenus agricoles ou à la pénurie alimentaire, considèrent alors le mariage comme une stratégie économique de survie. Or, cette logique de survie renforce les inégalités de genre : les garçons sont perçus comme des investissement pour l’avenir, tandis que les filles sont considérées comme une charge économique à alléger.
Lors des catastrophes climatiques, l’accès aux soins est fortement perturbé. Les centres de santé et les routes peuvent être endommagés ou détruits, tandis que les difficultés d’approvisionnement entraînent des pénuries de médicaments et de contraceptifs. Pour les filles, les adolescentes et les femmes, ces situations peuvent entraîner une augmentation du risque de grossesses précoces et/ou de maladies sexuelles.
A la suite de phénomènes extrêmes, le manque d’accès à de l’eau propre constitue un obstacle important, les adolescentes et les femmes étant dans l’incapacité de gérer leurs règles dans de bonnes conditions. Elles peuvent aussi faire face à une pénurie de produits menstruels.
Le manque d’accès à des soins adaptés, en particulier dans les domaines de la santé sexuelle, reproductive, maternelle et néonatale, devient encore plus critique lors de catastrophes. Les adolescentes enceintes ou les jeunes mères sont les premières touchées par l’interruption des services. La chaleur extrême, la pollution, le manque d’eau et la propagation de maladies comme le paludisme, le choléra et la dengue ont des effets plus graves sur les femmes enceintes et les jeunes enfants.
Le rôle de l’éducation dans l’adaptation des filles aux changements climatiques
Les filles doivent avoir accès à des informations sur le climat et les catastrophes qui soient accessibles en fonction de leur âge et de leur genre pour qu’elles puissent anticiper, répondre et s’adapter aux crises climatiques.
Pour limiter le réchauffement de la planète, il faut décarboner nos économies et les rendre durables. Les filles et les femmes doivent accéder aux métiers concernés par la transition écologique et investir les métiers « verts » techniques et dans les postes décisionnaires. Il faut donc lutter contre les stéréotypes de genre selon lesquels certains emplois ne conviennent pas aux femmes et encourager l’orientation des filles vers les filières scientifiques et techniques.
La participation des jeunes femmes dans la réponse aux défis climatiques
Les jeunes femmes sont des actrices majeures de la transition écologique. Pourtant, elles restent moins associées que les hommes aux décisions environnementales et climatiques en raison de stéréotypes sexistes de genre.
Il est urgent qu’un plus grand nombre d’entre elles prennent part aux décisions politiques en matière de climat dans les plans de réponses, d’adaptations et d’atténuation. De cette façon seulement, des investissements et des actions qui répondent à leurs besoins seront mis en place. L’inclusion des jeunes femmes aux enjeux de sécurité alimentaire face au changement climatique est également essentielle étant majoritairement chargée de la production agricole dans le monde. Enfin, la participation des jeunes femmes au développement des nouvelles technologies permet de créer des outils inclusifs, adaptés aux inégalités de genre et durables.
Il est primordial de lever les obstacles face aux injustices environnementales subies par les femmes en levant les obstacles qui les empêchent de prendre toute leur place dans la transition écologique. L’inclusion des filles et des jeunes femmes, au même titre que les garçons et les hommes, aux enjeux environnementaux est un facteur clé de la lutte contre le changement climatique !