Causes et conséquences du travail des enfants
Le travail des enfants est un des principaux obstacles à leur éducation et leur développement. Employés domestiques ou dans des mines, enfants soldats, ouvriers agricoles, trieurs de déchets, victimes de prostitution… parmi les 138 millions d’enfants travailleurs dans le monde, 54 millions d’entre eux sont soumis aux formes de travail les plus dangereuses.
Qu’est-ce que le travail des enfants ?
L’Organisation Internationale du Travail (OIT) définit le travail des enfants, ou travail infantile, comme l’ensemble des activités exercées par des enfants à des fins économiques ou sociales qui les prive de leur enfance, altère leur potentiel et leur dignité, et portant préjudice à leur santé physique et psychique. Il s’agit d’un travail qui est dangereux pour le développement des enfants et compromet leur éducation.
Le travail des enfants peut prendre différentes formes : travail dans des industries dangereuses, travail domestique, travail dans la rue, travail agricole, ou encore travail informel.
Un fléau mondial
Depuis l’an 2000, le nombre d’enfants contraints au travail a presque été divisé par deux, passant de 246 à 138 millions. Une avancée importante, mais encore insuffisante : au rythme actuel, le monde est loin d’atteindre l’objectif d’élimination du travail des enfants d’ici 2025. Pour y parvenir, il faudrait multiplier par onze la vitesse des progrès réalisés. (Source UNICEF/OIT : Travail des enfants. Estimations mondiales 2024. Tendances et chemin à suivre)
Le secteur agricole demeure le plus concerné, représentant 61 % des enfants astreints au travail. Viennent ensuite les services, comme les travaux domestiques ou la vente sur les marchés (27 %), puis l’industrie, notamment l’exploitation minière et la fabrication (13 %).
L’Afrique subsaharienne est la région la plus touchée : elle concentre à elle seule près des deux tiers des cas dans le monde, soit environ 87 millions d’enfants.
Si les garçons sont plus nombreux que les filles à exercer un travail, tous âges confondus, la tendance s’inverse dès lors qu’on inclut les tâches domestiques non rémunérées réalisées plus de 21 heures par semaine.
La Convention Internationale des Droits de l’Enfant de 1989, ratifiée par 192 pays, oblige pourtant ces États à protéger les enfants contre toute forme de travail, comme le stipule son article 32 : « les États parties reconnaissent le droit de l’enfant d’être protégé contre l’exploitation économique et de n’être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou à son développement physique, mental, spirituel, moral ou social ».
Pourquoi les enfants sont forcés de travailler?
Les facteurs du travail des enfants sont multiples :
- La pauvreté : des parents poussent leurs enfants à travailler pour subvenir aux besoins de toute la famille.
- L’absence de certificat de naissance des enfants, qui ne peuvent ainsi prouver leurs identités et leurs âges face à une situation d’exploitation illégale.
- L’accès difficile à la scolarité et le système éducatif défaillant : frais de scolarité, violences à l’école ou sur le chemin de l’école, éloignement géographique,… sont autant d’obstacles à l’éducation et de facteurs aggravants au travail des enfants.
- Le faible niveau d’information des parents : certaines familles ne connaissent pas les conséquences néfastes du travail sur leurs enfants ni les législations en vigueur en matière de lutte contre le travail infantile.
- L’exploitation par des employeurs : les enfants sont une main d’œuvre « bon marché ». Ils sont plus facilement exploitables par une entreprise pour effectuer des tâches pénibles, étant donné qu’ils sont beaucoup plus vulnérables surtout s’ils viennent d’un milieu social pauvre.
- Les crises humanitaires liées à un dérèglement climatique ou un conflit, qui exacerbent la vulnérabilité des enfants et la transgression des législations en vigueur.
Comment le travail impacte les enfants ?
Les répercussions du travail sur les enfants, et en particulier sur les filles, sont graves et impactent :
L’éducation
Les enfants travailleurs ne peuvent pas suivre une scolarité normale. Déscolarisés, ils sont privés de leur liberté de choisir leur avenir.
Les violences
Maltraitances, violences physiques et psychologiques, agressions voire exploitation sexuelle, les enfants sont vulnérables et sont exposé.e.s à de multiples formes de violences sur leur lieu de travail.
La santé
Les conditions de travail des enfants sont néfastes pour leur santé : ils peuvent se blesser avec des outils inadaptés à leur âge, subir les conséquences de la manipulation de substances toxiques, porter des charges lourdes qui nuisent à leur développement physique…
Le développement
Le travail des enfants freine leur épanouissement et entrave le développement économique et social de leurs communautés comme de leur pays tout entier.
Les actions de Plan International pour lutter contre le travail infantile
Depuis 1979, les équipes de Plan International mettent en œuvre dans nos pays d’intervention des programmes de lutte contre le travail des enfants, avec une approche globale et participative :
Plan International sensibilise et informe les familles sur les conséquences néfastes du travail pour leurs enfants. Les enfants eux-mêmes sont sensibilisés sur leurs droits avec, notamment, la mise en place de groupes de parole.
Plan International met en place des systèmes d’épargne et de crédits qui permettent aux familles de développer leurs activités, afin d’augmenter leurs revenus. Nous formons également les employeurs sur les lois du travail existantes afin qu’ils adoptent de bonnes pratiques et refusent l’emploi des enfants dans leurs entreprises. Aussi, des actions de plaidoyer sont déployées afin d’influencer les politiques et législations nationales en lien avec le travail des enfants.
Plan International aide les enfants travailleurs à se réinsérer dans le système éducatif et leur apporte un soutien psychologique. Les enseignant·e·s sont également formé·es pour accompagner ces enfants dans leur retour à l’école et pour lutter contre les discriminations dont ils peuvent être victimes.
Nous menons le programme Child Labour de lutte contre le travail infantile, avec l’appui de l’Agence Française pour le Développement, pour sortir les enfants travailleurs des mines d’or et les réinsérer dans le système éducatif.