Aujourd’hui, la Colombie est devenue le premier pays des Amériques à abolir la pratique des mutilations génitales féminines (MGF), après qu’une loi « Filles sans mutilations génitales féminines » (Niñas sin Mutilación GenitalFemenina) ait été approuvée par le Congrès.
Plan International salue l’adoption de ce projet de loi, qui marque une avancée historique pour les droits des filles dans le pays. La loi doit désormais recevoir l’approbation présidentielle avant d’entrer en vigueur.
« Les filles en Colombie ont le droit de grandir à l’abri de la violence et des pratiques qui nuisent à leurs corps et à leur avenir. Cette adoption envoie un message clair de la part de l’État colombien, et de nous tous·tes qui avons travaillé aux côtés des communautés pour parvenir à ce moment. Avec la loi de l’année dernière mettant fin au mariage des enfants, cela marque un progrès réel et durement acquis pour les droits des filles dans le pays »
a déclaré Ángela Anzola, Présidente de Plan International Colombie
Les MGF constituent une forme grave de violence de genre qui porte atteinte à la santé, à l’intégrité physique et à la dignité de nombreuses filles chaque année. Dans le monde, 230 millions de filles et de femmes ont subi des mutilations génitales féminines.
En Colombie, le suivi effectué par des député·es et des institutions nationales a permis d’identifier plus de 100 cas de MGF depuis 2023, soulignant le besoin urgent de mesures de prévention et de protection. Entre janvier 2024 et mars 2026, 98 cas de filles victimes de MGF ont été enregistrés en Colombie, selon le Sistema Integrado de Información sobre Violencias de Género (SIVIGE). Plus de la moitié, soit 56 %, concernaient des filles âgées de 5 ans ou moins.
Une approche non-punitive
En Colombie, comme dans de nombreux autres pays, les mutilations génitales féminines (MGF) perdurent à cause de facteurs sociaux liés aux normes patriarcales, et au manque d’éducation sexuelle accessible pour tous et toutes. Leur éradication nécessite donc une approche systémique, fermement ancrée dans les droits humains.
Plutôt que de criminaliser les familles ou les communautés, ce projet de loi cherche à les impliquer en tant que partenaires du changement, en définissant un cap clair pour prévenir, traiter et éradiquer les MGF dans tout le pays.
Il établit une politique publique permanente de prévention, renforce le système de santé national par le suivi et la surveillance de cette pratique, et crée un protocole de prise en charge pour les filles et les femmes concernées. Il prévoit également des campagnes de sensibilisation qui intègrent les principes d’égalité de genre, d’inter-culturalisme et de droits humains.
L’engagement de Plan International pour les droits des filles
Plan International a soutenu le projet de loi en pilotant de nombreuses réunions de travail avec des sénateur·rices et leurs équipes en Colombie, afin de sensibiliser et de fournir des orientations conceptuelles et techniques en vue d’éliminer cette pratique néfaste.
En collaboration avec d’autres organisations, Plan International a financé la logistique nécessaire à la participation des femmes leaders de la Gran Nación Emberá aux forums de consultation du Sénat, afin que leurs voix soient entendues dans ce projet de loi.
Plan International travaille également depuis de nombreuses années avec les familles, les communautés et organisations de la société civile en Colombie pour mettre fin aux violations des droits des enfants. L’adoption de ce projet de loi constitue une avancée importante, et des actions continues seront nécessaires pour combattre les inégalités de genre et garantir un changement durable.