Après mon excision, ma vie a été bouleversée !

Béatrice a 19 ans, elle vit en Tanzanie. Excisée quand elle avait 13 ans, elle en garde un souvenir douloureux. Ensuite, elle est très vite tombée enceinte et a été obligée de se marier. Forcée de quitter l’école beaucoup trop tôt, aujourd’hui elle participe au programme de lutte contre l’excision de l’ONG Plan International. Béatrice se bat pour que les autres filles aient un meilleur avenir !

Avant d’être excisée, j’avais entendu dire qu’on saignait beaucoup. Après qu’une fille soit excisée, elle est très faible et doit rentrer chez elle tout de suite.

Elle traverse le village, et les gens savent qu’elle a été excisée. Ils peuvent voir le sang sur ses vêtements tâchés. C’est un fait public pour que les habitants sachent que vous avez été excisée.

Si vous ne l’êtes pas, vous n’êtes pas bonne à marier.

« Après mon excision, ma vie a été bouleversée. Mes rêves d’avenir se sont envolés. »

Quand j’avais 13 ans, ce fut à mon tour d’être excisée. J’avais tellement peur que je me suis enfuie à l’église où je me suis cachée pendant 2 jours. Je pleurais et appelais à l’aide. Mais, mon frère est venu et m’a ramenée de force à la maison.

Ma famille avait décidé d’être dure avec moi pour être sûre que je sois excisée. Ce fut chose faite ! Certaines filles ne luttent pas, mais moi j’ai eu très peur.

Après mon excision, ma vie a été bouleversée. Mes rêves d’avenir se sont envolés. On m’a dit que j’étais devenue une adulte et que j’avais désormais besoin d’un mari.

J’avais 13 ans. Beaucoup d’hommes sont venus à la maison pour me demander en mariage. Je ne voulais pas me marier alors je disais non. Je voulais rester à l’école et étudier.

Quand j’étais au lycée, je suis tombée enceinte. Ma famille m’a obligée à me marier avec mon petit-ami.

Peu après le mariage, il s’est enfui. J’ai dû élever ma fille seule. Je suis triste de ne pas avoir pu terminer le lycée. Si j’avais été capable de continuer, je ne mènerais pas la vie que je vis aujourd’hui. Je ne souffrirais pas.

Quand on m’a parlé de la formation de Plan International à propos de l’excision, des mariages précoces et de la défense des droits des filles, j’ai su que je voulais en faire partie.

« Je ne veux pas voir d’autres filles souffrir comme j’ai souffert. » 

Aujourd’hui, grâce à la formation que j’ai reçue, je suis capable d’éveiller les consciences et sensibiliser ma communauté sur les dangers de l’excision et du mariage précoce.

J’aime animer des échanges avec ce que j’ai appris.

Je ne veux pas voir d’autres filles souffrir comme j’ai souffert. Je ne veux pas que d’autres filles abandonnent l’école à cause d’une excision, d’une grossesse précoce ou d’un mariage forcé. Je ne veux pas que d’autres filles vivent une vie atroce.

J’ai aussi partagé ce que j’ai appris avec ma famille. Mon frère avait l’habitude d’être violent et de ne pas vouloir m’écouter. Je réalise maintenant qu’il se sentait obligé de me forcer à être excisée afin de pouvoir gagner une dot pour ma famille avec mon mariage. Il voyait les filles comme une source de revenu.

J’ai réussi à le sensibiliser, lui et ma famille, aux droits des filles. Il est devenu quelqu’un avec qui je peux parler aujourd’hui.

Il a aussi voulu forcer sa fille à se faire exciser, comme il l’avait fait avec moi. J’ai été capable de le faire changer d’avis.

Je suis très heureuse d’avoir réussi à protéger ma nièce !

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