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Rakayatou, 34 ans, est une réfugiée de l’État de Borno au nord-est du Nigéria. Elle a fui au Cameroun avec ses 9 enfants en novembre 2015, à la suite d’une série d’attaques meurtrières contre son village par des combattants de Boko Haram.

Depuis 2017, Rakayatou retrouve espoir grâce à une formation en menuiserie. Donner l’opportunité de travailler et de gagner sa vie est le meilleur moyen d’aider les réfugiés et réfugiées à reconstruire leur vie dans la dignité et la paix.

J’ai dû fuir le Nigéria seule avec mes 9 enfants

L’insurrection de Boko Haram a provoqué le déplacement de près de 2,4 millions de personnes dans le bassin du Lac Tchad. Cette crise constitue une véritable urgence humanitaire.

Rakayatou et ses enfants vivent maintenant dans le camp de réfugiés de Minawao, dans la région de l’extrême nord du Cameroun. Son premier enfant, un garçon, a 14 ans et son plus jeune a à peine 18 mois.

« Ils ont vu leur père pour la dernière fois quand notre village a été attaqué », raconte Rakayatou. Depuis, elle doit s’occuper seule de ses enfants. « Ce n’était pas facile pour moi, mère célibataire avec 9 enfants, de voir mes enfants pleurer de faim. J’ai décidé qu’il était temps d’agir ».

La menuiserie redonne espoir à Rakayatou

Au Nigéria, Rakayatou était agricultrice, mais après son arrivée au Cameroun, cela n’était plus possible car elle n’avait ni terre, ni outils, ni semences. Pour permettre aux résidents et résidentes du camp de devenir autonomes, Plan International, en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), dispense des apprentissages au centre de formation professionnelle de Minawao.

Rakayatou a décidé de postuler pour un apprentissage en menuiserie. « J’ai choisi la menuiserie parce que je voulais donner au bois une autre valeur. Même si je savais que cela me permettrait de gagner de l’argent pour prendre soin de mes enfants, j’avais peur de ne pas être acceptée au centre. »

La candidature de Rakayatou a été retenue et elle a commencé sa formation en août 2017. Elle est une étudiante très engagée, comme en témoigne son tuteur : « Je suis émerveillé par la détermination de cette mère de 9 enfants à apprendre. Elle est très calme, attentionnée et travailleuse.

Je suis ému par son intérêt pour une profession dominée par les hommes, une profession presque considérée dans sa communauté comme un tabou pour les femmes. Elle apprend plus vite que certains de ses collègues masculins et je suis sûr qu’elle excellera. »

Apprendre un métier pour reconstruire sa vie 

Ce projet s’inscrit dans notre objectif d’accroître l’autonomie et le statut social et économique des réfugiés et réfugiées grâce à l’éducation et la formation professionnelle. Après 5 mois, Rakayatou a beaucoup appris et est maintenant capable de fabriquer des chaises, des portants et d’autres objets en bois. Elle gagne déjà de l’argent en vendant ses produits et espère bientôt devenir sa propre patronne.

« La différence entre les autres femmes et moi, c’est qu’elles détruisent généralement le bois en le transformant en cendres en faisant la cuisine pour leurs enfants, moi je transforme le bois et le valorise pour le vendre et gagner de l’argent pour prendre soin de mes enfants et assurer leur éducation. »

Le centre de formation professionnelle enseigne aux apprentis et apprenties des techniques de menuiserie et de couture, et fournit également des conseils en matière d’entreprenariat et de compétences pratiques. 60 % des personnes inscrites à la formation sont des femmes.

Depuis son ouverture en janvier 2016, plus de 100 personnes sont diplômées du centre. Les diplômés et diplômées disposent des outils nécessaires à la création de leur propre entreprise, notamment des machines à coudre pour celles et ceux en couture et des outils de menuiserie pour celles et ceux qui travaillent le bois.

Malgré ce succès, il reste encore beaucoup à faire pour aider environ 85 000 réfugiés et réfugiées du Nigéria résidant actuellement dans la région de l’extrême nord du Cameroun.

 « Nous avons développé de nouvelles stratégies pour fournir une assistance plus durable aux communautés touchées. Jusqu’ici, nous sommes très reconnaissants d’avoir reçu des fonds de divers partenaires, mais le besoin d’assistance est toujours énorme par rapport au nombre de personnes et de communautés à aider.

Grâce à davantage de fonds, nous poursuivrons la mise en œuvre de notre stratégie visant à sauver davantage de vies », explique Kone Dramane, responsable des interventions d’urgence de Plan International dans l’extrême nord du Cameroun.

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