Dans le camp de réfugiés de Dzaleka, au Malawi, des milliers de personnes vivent entassées, dans des habitations précaires et surpeuplées. C’est le cas de Rose, 19 ans, une jeune activiste de Plan International au Malawi. Comme beaucoup d’autres jeunes filles du camp, Rose s’inquiète de la pandémie du COVID-19 et de l’impact qu’elle a sur leur quotidien.

Un quotidien bouleversé

Cela fait près de 5 semaines que le Président du Malawi a déclaré l’état d’urgence dans le pays, ordonnant aux écoles de fermer à partir du 23 mars 2020. A cause des mesures de prévention mises en place, des difficultés supplémentaires sont apparues pour de nombreuses jeunes filles, en particulier celles du camp de Dzaleka.

« Ma vie a vraiment changé avec l’arrivée du COVID-19. J’avais l’habitude de travailler et d’aller à l’école mais maintenant je passe toutes mes journées à la maison, parfois en regardant des films pendant des heures. C’est bizarre. » déclare Rose.

Un risque de propagation important

Les conditions de vie à Dzaleka sont très difficiles. Les habitant.e.s ne sont jamais moins de 5 dans leurs petites habitations, ce qui rend la distanciation sociale impossible. De plus, elles et ils sont ont besoin de leur salaire quotidien pour vivre et nourrir leur famille : rester à la maison pour éviter de contracter le virus n’est pas envisageable pour eux.

« Je suis vraiment inquiète à propos de cette pandémie, parce que je vis dans un quartier surpeuplé et que la plupart des gens ici sont très pauvres. » explique Rose.

« Cette pandémie, la façon dont elle se propage rapidement, si elle atteint notre quartier de nombreuses personnes vont être infectées et il sera très difficile de la contrôler. »

Malheureusement, certaines personnes à Dzaleka croient que le virus est un mythe.
« Nous avons des voisins qui pensent qu’il n’y a pas de COVID-19 au Malawi. Ces croyances rendent très difficile la pratique des mesures de prévention telles que préconisées par le personnel soignant. » s’attriste Rose.

« Nous essayons de sensibiliser les membres de notre communauté et les informer sur le virus et les façons dont nous pouvons nous en protéger, mais je suis toujours inquiète car les autres ne prennent pas la situation au sérieux. »

La sécurité des jeunes filles en péril

Il est désormais prouvé que pendant les crises et les situations d’urgence, le risque de violence et d’abus augmente. En particulier vis-à-vis des groupes les plus vulnérables tels que les femmes, les enfants, les jeunes adolescentes, les personnes âgées et les personnes vivant avec un handicap. Certaines filles ont peur que cette pandémie génère un nombre accru d’abus et d’exploitation sexuels.

En parlant des autres filles, Rose dit qu’elles doivent faire attention et empêcher toute violation de leurs droits. 
« C’est une période où les filles font face à de nombreux défis. Puisqu’aucune de nous ne travaille et que nous restons toutes à la maison, nous faisons face à davantage de violence. Ne laissez personne détruire votre avenir, rapportez toute forme de violence aux autorités. » les incite Rose.

L’action de Plan International pour aider les groupes vulnérables

Pour assurer la sécurité des jeunes filles et des autres groupes vulnérables, Plan International informe les habitants du camp sur la nécessité et les manières de dénoncer toute forme d’abus dont ils sont témoins ou victimes grâce à des dispositifs au sein même du camp.

Plan International collabore également avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (UNHCR) et d’autres partenaires, comme le Ministère de la Sécurité Intérieure et Welthungerhilfe, pour l’établissement d’un centre de réception où les nouveaux arrivants pourraient être mis en quarantaine pendant 14 jours avant d’entrer dans le camp. Ce centre de quarantaine comprend 41 tentes, avec la capacité d’accueillir jusqu’à 200 nouveaux arrivants.

« J’apprécie le travail fait par Plan International et les autres organisations pour assurer notre sécurité en mettant ces mesures en place. Ce sont des temps difficiles pour nous tous mais ensemble nous pouvons survivre, et nous survivrons. » conclut Rose.

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