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En Guinée, les mutilations génitales féminines (MGF) sont une pratique « normale » et répandue : 96 % des femmes et des adolescentes ont été excisées. Jusqu’à récemment, Kadiatou et Aissatou gagnaient leur vie en tant qu’exciseuses traditionnelles. Cependant, depuis que Plan International a lancé un projet visant à mettre fin à l’excision dans leur communauté, les femmes ont déposé leurs couteaux et ont remplacé cette pratique par une nouvelle tradition.

L’excision, une pratique historiquement ancrée dans la société Guinéenne 

« Dans le passé, les mutilations génitales féminines étaient une tradition qui s’imposait. Une fille qui n’était pas excisée était stigmatisée et même rejetée par la communauté. L’excision était aussi une pratique très bénéfique pour nous, les exciseuses. Chaque fille qui était excisée nous faisait gagner de l’argent, du riz, de l’huile et des vêtements », explique Kadiatou.

« Aujourd’hui, j’ai 65 ans. J’ai hérité ce métier de ma grand-mère qui était une exciseuse renommée dans cette région et qui m’a appris à exciser les filles il y a plus de 30 ans. Chaque année, j’excisais jusqu’à sept groupes de filles, réparties en 10 à 15 par groupe. Nous avions souvent des cas graves de saignements excessifs, mais nous avions l’habitude de garder le secret. Ma grand-mère m’a montré comment utiliser l’écorce des arbres pour arrêter les saignements et traiter les infections ».

Bien qu’elles constituent une violation des droits des filles et soient interdites par la loi en Guinée, les mutilations génitales féminines continuent d’être pratiquées dans tout le pays en raison des normes sociales, culturelles et religieuses qui défendent l’idée qu’elles préservent la chasteté, la propreté et l’honneur de la famille. 

Le projet « Sauver les filles des mutilations génitales féminines » de Plan International travaille avec 80 communautés en Guinée pour aider à mettre fin à cette pratique et à dissiper le mythe selon lequel l’excision est une nécessité pour les filles et les femmes. Plan International sensibilise aux dangers des mutilations sexuelles en impliquant l’ensemble de la communauté dans des sessions de formation sur l’égalité des sexes, la santé, les droits sexuels et reproductifs. 

Des rites alternatifs pour remplacer les mutilations génitales féminines 

Conscients des effets négatifs sur la santé des filles et des femmes, nous encourageons les communautés à abandonner la pratique des mutilations génitales féminines. Nous apportons également un soutien aux femmes et aux filles qui ont souffert de complications suite à leur excision.

J’ai décidé d’abandonner l’excision.

« Nous devons remercier Plan International pour nous avoir montré les conséquences de l’excision. Pendant cinq jours, nous avons été réunis dans une salle de classe pour parler de sujets qui entravent le développement de notre communauté. C’est à la suite de toutes ces réflexions que nous avons parlé des mutilations sexuelles comme un facteur clé des problèmes auxquels notre village est confronté. J’ai alors décidé d’abandonner l’excision », dit Aissatou. 

Après avoir décidé d’abandonner leur profession, qui leur rapportait beaucoup d’argent, Kadiatou et Aissatou ont été aidées à trouver d’autres activités lucratives afin de pouvoir continuer à s’occuper de leur famille. « Pendant les séances de dialogue, nous avons demandé à Plan International comment nous allions survivre si nous renoncions à l’excision. L’organisation nous a aidé à créer des groupes d’épargne et de crédit solidaires, qui nous aident à financer des activités génératrices de revenus. Aujourd’hui, ces activités sont plus rentables que ce que nous gagnions lorsque nous excisions. », dit Kadiatou.

Au lieu de l’initiation traditionnelle à l’excision, Kadiatou et Aissatou passent du temps avec les adolescentes de leur village pour les éduquer aux compétences de la vie courante et leur transmettre les bonnes pratiques. La majorité des filles qu’elles instruisent les remercient de tenir ce rituel alternatif sans pratiquer l’excision. 

« Notre décision reste inchangée, c’est pourquoi nous avons décidé de maintenir l’aspect éducatif de l’initiation. Nous rassemblons les filles du même âge en groupes et nous passons quelques jours en forêt avec elles. Nous utilisons le temps que nous passons pour leur transmettre des connaissances et encourager la compréhension de notre identité à travers des chants et des danses traditionnelles. Au cours des rites alternatifs, les filles apprennent également des choses sur la santé reproductive, la sexualité et la manière de se protéger contre les grossesses non désirées et d’autres maladies », explique Kadiatou.

Au cours des quatre prochaines années, Plan International souhaite que son action atteigne 2,25 millions de filles en Guinée afin qu’elles puissent prendre des décisions éclairées sur leur vie et être protégées contre les MGF, le mariage des enfants et les grossesses précoces.

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