« Quand nous sommes arrivés, tout était difficile, mais petit à petit la vie devient plus facile », déclare Arantza, 15 ans, originaire du Venezuela. Elle a abandonné son rêve d’enfant pour commencer une nouvelle vie avec sa famille au Pérou. Au Venezuela, la crise économique et socio-politique pousse un nombre croissant d’enfants, de femmes et d’hommes à fuir leur pays dans l’espoir d’échapper aux violences et à la précarité.

Les vénézuéliens en exil 

Il s’agit de l’émigration massive la plus importante de l’histoire récente d’Amérique Latine. Face à la détérioration de leurs droits fondamentaux, les vénézuéliens et vénézuéliennes fuient la violence, l’insécurité, les pénuries de nourriture, de médicaments et de services de base. Plus de 3 millions de réfugié·e·s et de migrant·e·s vénézuéliens et vénézuéliennes vivent à présent à l’étranger dans les pays voisins et au-delà. 

Selon les dernières estimations, près de 635 000 vénézuéliens et vénézuéliennes se trouvent actuellement au Pérou. Et l’ONU prévoit que ce nombre atteindra 1,4 million d’ici fin 2019. Bien que les pays d’accueil comme le Pérou accueillent généreusement les réfugié·e·s vénézuéliens et vénézuéliennes, ils atteignent progressivement la limite de leur capacité, et doivent faire face à de lourds défis pour les accueillir dans les meilleures conditions possibles. 

Arantza doit abandonner ses rêves 

Les parents d’Arantza ont passé de nombreuses années à économiser de l’argent pour célébrer la Quinceañera de leur fille. La traditionnelle célébration du 15e anniversaire d’une fille en Amérique Latine revêt une importance toute particulière dans la culture latino-américaine, les filles en rêvent dès leur plus jeune âge. Mais face à la situation économique qui s’empire dans son pays, Arantza se rend compte qu’il vaut mieux utiliser cet argent pour fuir. 

« J’ai dit à ma mère de ne pas s’inquiéter pour ma fête, et que nous devrions utiliser l’argent pour quitter le pays. »

Tous les réfugié·e·s doivent être protégé·e·s et respécté·e·s

Beaucoup d’enfants travaillent comme vendeurs de rue

Pour celles et ceux qui parviennent à arriver dans un autre pays, il reste encore beaucoup d’obstacles à surmonter. Il est urgent que les droits des réfugié·e·s soient respectés. À la recherche d’un travail, de nombreux migrant·e·s vénézuéliens et vénézuéliennes sont victimes d’exploitation et de discrimination. Ils sont parfois obligés d’accepter des conditions de travail pouvant s’apparenter à de l’esclavagisme. La situation est encore plus difficile pour les enfants et les adolescent·e·s, qui doivent souvent s’adapter à leur nouvelle condition de vie sans jamais avoir leur mot à dire.

« Il y a trop de besoins, principalement liés aux conditions de travail. Beaucoup d’enfants travaillent comme vendeurs de rue, c’est très triste », explique-t-elle. 

Harcelée, Arantza a dû quitter sa nouvelle école

Au Pérou, Arantza s’est inscrite dans une école à Tumbes, mais elle a dû partir au bout de 2 mois. Elle a eu du mal à s’intégrer et a été malmenée par les autres enfants.

« Les garçons me harcelaient souvent… ils me faisaient beaucoup de commentaires inappropriés, dont certains étaient vraiment choquants. Ils allaient même jusqu’à faire des commentaires déplacés sur ma mère. Je me sentais vraiment mal », se rappelle Arantza.

Pour ses parents, cette nouvelle vie a également mal démarré. « Mon père n’a pas pu trouver d’emploi au début. Il devait vendre des gâteaux dans la rue. C’était vraiment pénible de voir que les gens étaient malpolis avec lui et le traitaient ainsi. »

Les recherches entreprises par Plan International et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) ont révélé que 40% des migrant·e·s vénézuéliens et vénézuéliennes à Tumbes n’ont pas de travail. Pour ceux qui travaillent, leurs salaires ne suffisent généralement pas à couvrir leurs besoins essentiels, comme nous raconte Arantza : « Parfois, nous ne pouvions pas même acheter de quoi manger pour la journée. »

Plan International soutient les réfugié·e·s du Venezuela 

Malgré les difficultés de la famille, Arantza est toujours pleine d’espoir. Elle vit avec sa famille à Tumbes depuis 10 mois. Ils ont, un temps, envisagé de s’installer dans la capitale, Lima, mais ont finalement décidé de rester ici après qu’Arantza ait rejoint un projet mené par Plan International avec l’aide du HCR.

Le programme soutient les familles vénézuéliennes en les aidant à échapper à la violence, au harcèlement sexuel et aux abus. Aujourd’hui, Arantza organise en collaboration, avec les dirigeant·e·s communautaires, la création d’espaces sûrs qui protègent toutes les personnes quels que soient leur nationalité ou leur statut d’immigrant·e.

Grâce à ses nouvelles connaissances, Arantza a pu rejoindre une nouvelle école dans laquelle elle est acceptée et respectée. Ses camarades de classe l’ont accueilli chaleureusement. Ils l’aident à faire ses devoirs et étudient ensemble.

Grâce à la solidarité, la famille d’Arantza retrouve espoir

Elle m’a offert une robe et elle a fait tout ce qui était nécessaire pour célébrer ma Quinceañera

La mère d’Arantza a finalement trouvé un emploi d’enseignante à temps partiel et occupe un autre emploi dans un salon de coiffure. Le propriétaire du salon a soutenu la famille en leur fournissant des lits, des ustensiles de cuisine et des outils de coiffure.

Son père a également trouvé un nouvel emploi dans un atelier, après avoir été recommandé par le directeur adjoint de l’école d’Arantza.

Arantza n’oubliera jamais la générosité de ses voisins propriétaires d’un magasin, qui leur ont donné à manger quand ils ne pouvaient pas se le permettre. Mais elle sait que toutes les familles vénézuéliennes n’ont pas été aussi chanceuses.

Malgré les nombreux défis auxquels la famille a été confrontée au cours des 10 derniers mois, il y a eu des moments heureux. Elle se souvient lorsque la mère de son amie a réalisé son rêve. 

« Elle a organisé une fête pour moi dans la rue, elle m’a offert une robe et elle a fait tout ce qui était nécessaire pour célébrer ma Quinceañera », dit-elle reconnaissante.  

Nous rappelons qu’en situation d’urgence, les filles ne doivent pas être invisibilisées et ont le droit fondamental d’avoir accès à une éducation.

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