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Au Sud-Soudan, plus de la moitié des filles (52 %) sont déjà mariées avant leur 18e anniversaire. La combinaison de l’insécurité alimentaire croissante et des fermetures d’écoles dues au COVID-19 a conduit à une augmentation de cette pratique néfaste, les familles étant désespérées pour joindre les deux bouts.

Le mariage d’enfants accentué par la fermeture des écoles

Martha, 13 ans, n’a pas pu aller en classe depuis mars 2020, date à laquelle les premiers cas de COVID-19 du pays ont été confirmés et les écoles fermées par le gouvernement. Quelques mois plus tard, des jeunes des communautés voisines sont descendus dans sa ville, pillant les maisons et forçant toute la population à fuir. Bien qu’elle et sa famille soient maintenant de retour, leur maison a été détruite, ce qui les a obligés à monter des tentes pour vivre.

Dans sa communauté, les filles risquent davantage d’être mariées à un jeune âge si elles ne sont pas scolarisées, en particulier lorsque la nourriture est rare. Martha, qui a quatre frères et sœurs, dont deux garçons, explique : « J’étais scolarisée et j’étais déjà en troisième lorsque les écoles ont été soudainement fermées. À mon âge, je sais que je risque d’être mariée si les écoles n’ouvrent pas. Dans notre communauté, je peux être mariée à n’importe qui, si mes parents sont d’accord. »

Bien que les enfants aient essayé d’apprendre à la maison grâce aux radios, cela a été difficile dans les communautés rurales comme celle de Martha. Sa situation est devenue encore plus compliquée après qu’elle et sa famille aient été obligés de fuir leur maison à cause de la situation. « Nous pouvions aller dans des lieux d’apprentissage temporaires pour apprendre. Mais quand les attaquants sont arrivés, tout a été détruit et maintenant, je reste à la maison. » 

Les promesses de mariage est une pratique très répandue dans certaines communautés du Soudan du Sud, dans laquelle les filles sont promises à un prétendant à l’âge de cinq ans environ. Les anciens locaux disent qu’une fois qu’une fille est considérée comme étant en âge de se marier, généralement à l’âge de 15 ans, son « mari » est autorisé à la prendre comme épouse. 

Face à ce phénomène une solution : l’éducation 

Certains parents reconnaissent l’importance de l’éducation et permettent à leurs filles de retarder leur mariage afin qu’elles puissent rester à l’école plus longtemps. Mais lorsque les écoles ferment, des filles qui auraient pu avoir la possibilité de s’échapper se retrouvent exposées au risque d’un mariage précoce.

« Si les filles sont à l’école, les hommes peuvent les respecter et ne pas venir les prendre pour les marier ».

Rebecca, la mère de Martha, explique qu’avec la rareté de la nourriture, elle craint de n’avoir d’autre choix que de marier Martha, afin d’obtenir sa dot pour aider à nourrir les autres membres de la famille et envoyer ses frères et sœurs à l’école. « Les choses sont difficiles. S’il ne me reste rien, je l’enverrai au mariage pour pouvoir me concentrer sur l’éducation de ses frères et sœurs. »

« Avec les efforts de paix actuels, j’espère que la paix s’installera durablement dans nos communautés, afin que les enfants puissent aller à l’école alors que nous, parents, luttons pour leur entretien », dit-elle. 

Suspendons le temps, pas leur vie !

 

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