Encore traumatisé par l’épidémie d’Ebola de 2014, le gouvernement guinéen a pris immédiatement des mesures pour lutter contre le coronavirus dès l’annonce du premier cas dans le pays. Mais la Guinée, fragile sur le plan sanitaire, avait déjà du mal à répondre aux besoins de sa population avant la propagation du virus.

L’épidémie d’Ebola a marqué nos esprits pour toujours

Pour Rosaline, 31 ans, l’épidémie de COVID-19 a ravivé des souvenirs de l’épidémie d’Ebola qui avait gravement affecté le pays en 2014. Là où elle habite, dans la ville de Guéckédou au sud de la Guinée, la communauté est en état d’alerte. C’est là que le premier cas d’Ebola avait été enregistré et ce traumatisme est toujours dans la mémoire des habitant.e.s.

« Depuis que nous avons appris la présence de ce virus dans notre pays, toutes les familles se remettent à appliquer d’elles même les gestes barrières comme à l’époque d’Ebola. Personnellement, tous mes enfants sont déjà habitués à se laver les mains. Même si je ne suis pas à la maison, mes enfants demandent systématiquement à chaque visiteur de se laver les mains avec du savon avant d’entrer dans notre cour.

Lorsque le premier cas de coronavirus a été confirmé à Conakry, la capitale guinéenne, tout le pays a commencé à paniquer. Certains pensaient que le virus était dans l’air et qu’il n’y avait aucun moyen de l’éviter.

« À l’époque d’Ebola, j’ai perdu 8 membres de ma famille. »

Il a fallu quelques jours à la population pour comprendre que le meilleur moyen d’éviter d’être contaminé par le virus est de suivre les mesures d’hygiène en se lavant régulièrement les mains avec du savon et en évitant de se serrer la main. Cette mesure d’hygiène n’était pas nouvelle pour de nombreux Guinéens et Guinéennes car les mêmes mesures ont été adoptées lors de l’épidémie d’Ebola.

À l’époque d’Ebola, j’ai perdu 8 membres de ma famille. J’ai perdu ma mère, deux de mes frères, mon oncle, trois cousins et mon petit ami d’enfance. Je viens de guérir d’Ebola, sinon je ne serais plus en vie aujourd’hui », confie Rosaline.

Nous avons tiré des leçons de l’épidémie d’Ebola

« Même si aucun cas positif ou suspecté de COVID-19 n’a pour l’instant pas été signalé à Guéckédou, la communauté n’a pas tardé à prendre l’initiative d’installer des kits de lavage des mains rudimentaires pour empêcher la propagation du virus. Je suis très heureuse de voir que c’est le cas dans la plupart des foyers de Guéckédou.

Ceux qui peuvent se le permettre ont pu acheter les kits complets de lavage des mains, ceux qui ne peuvent pas ont trouvé de petits jerrycans à utiliser avec du chlore pour se protéger. Le plus important est de respecter les gestes barrières sanitaires », explique Rosaline

Plan International agit en Guinée pour lutter contre le COVID-19

« Cette ONG qui a toujours été à nos côtés dans les moments difficiles. »

Rosaline a rejoint le comité de sensibilisation au COVID-19 de Guéckédou mis en place par l’ONG Plan International qui est en première ligne de la lutte contre Ebola dans la région. Des kits de lavage des mains ont été achetés et installés à l’entrée de 29 bâtiments publics, dont 3 mosquées et 3 églises.

Outre la distribution de kits d’hygiène, nous avons également mis en place des sessions de sensibilisation communautaire pour informer les habitant.e.s Guéckédou des mesures à prendre face à cette pandémie.

« Je suis assez confiante pour l’instant. Avec les mesures d’hygiène que nous appliquons, le coronavirus n’aura pas sa place dans notre ville, et nous espérons donner l’exemple aux autres villes de Guinée. Plan International protège les habitant.e.s de Guéckédou. Nous sommes fiers et reconnaissants envers cette ONG qui a toujours été à nos côtés dans les moments difficiles.  »

Rosaline est également préoccupée par la fermeture des écoles, qui a laissé les parents et les enfants dans une situation d’incertitude. « J’ai 4 enfants à la maison qui ne vont plus à l’école, et certains d’entre eux s’impatientent, ce qui prouve une fois de plus la gravité de cette pandémie. Nous souhaitons vivement la mise en place d’alternatives éducatives pour éviter que nos enfants prennent du retard », conclut-elle.

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