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Mariam et Sitan, toutes deux âgées de 16 ans, vivent dans la communauté de Mand au Mali. Outre leur amitié, les filles ont autre chose en commun : toutes deux ont été promises en mariage pendant la fermeture des écoles pour empêcher la propagation du COVID-19 dans le pays.

Le mariage d’enfants : un fléau très répandu au Mali

Le mariage des enfants est très courant dans le Mandé, qui couvre la majeure partie de la partie orientale du Mali. Immédiatement après l’apparition du COVID-19 dans le pays, Plan International a activé un plan de réponse. Le principal domaine d’intervention de l’ONG est l’engagement communautaire, mis en œuvre avec un partenaire local via des campagnes de sensibilisation et le renforcement des moyens locaux.

Pendant l’une des activités du projet, Mariam et son amie Sitan ont confié qu’elles devaient être mariées dans peu de temps. Le père de Mariam, un ancien géomètre, est décédé il y a longtemps et sa mère, Kafounè, s’occupe de sa famille. « Un jour, les frères de mon défunt mari sont venus me voir et m’ont dit qu’ils allaient donner
Mariam en mariage, étant donné la fermeture de l’école. Vous savez, ici c’est comme ça, les hommes prennent ce genre de décision et vous appellent juste pour vous informer », dit Kafounè.

Adama, la mère de Sitan, se confie : « Je n’ai pas passé un seul jour à l’école et je le regrette amèrement. C’est pourquoi je veux que tous mes enfants étudient, surtout mes filles. Sitan est ma première fille, elle n’a jamais redoublé une classe. Quand j’ai appris que la famille voulait la retirer de l’école pour la marier, je m’y suis opposée ».

Elle connaît bien les conséquences du mariage des enfants, car elle a été mariée à l’adolescence : « Mes trois premières années de mariage n’ont pas été faciles et je ne veux pas que mes filles soient confrontées à cela. Vous savez, quand une fille termine l’école et commence à travailler, c’est la famille de son père qui profite le plus de ses gains, car ici l’enfant appartient tout simplement à la famille du père ».

Plan International se mobilise pour mettre fin aux mariages d’enfants 

Plan International a immédiatement organisé une réunion de sensibilisation avec les autorités du village et les parents afin de les encourager à garder les filles à l’école, surtout pendant cette crise sanitaire. La session de formation improvisée s’est concentrée sur les avantages de l’éducation pour les enfants, en particulier pour les filles, et sur les conséquences du mariage des enfants.

« Après la séance de sensibilisation avec Plan International, je me suis confrontée à mes beaux-frères, car je voulais que mes enfants étudient. Si je suis en mesure de les nourrir aujourd’hui, c’est surtout grâce à la pension de mon mari qui était géomètre. C’est grâce à ses études qu’aujourd’hui nous pouvons bénéficier de cette pension », dit Kafounè.

Aujourd’hui, je rêve d’obtenir mon diplôme. Quant au mariage, il viendra plus tard.

Après avoir suivi les activités de sensibilisation et d’information, les filles étaient déterminées à poursuivre leurs études afin de pouvoir un jour subvenir aux besoins de leur famille. :

« Je ne voulais pas de ce mariage, je ne voulais pas de cet homme et je l’ai dit à ma mère », dit Sitan. « Nous sommes souvent témoins de cas de mariages précoces ; nous avons des amies qui se sont mariées l’année dernière. L’une d’entre elles a été obligée d’abandonner l’école pour s’occuper de son foyer. Quand elle est tombée enceinte, elle a eu beaucoup de difficultés et de complications. Elle n’a pas pu accoucher dans le village, elle a dû être évacuée vers la ville, mais elle s’en est sortie, elle va bien et son bébé aussi. C’est triste qu’elle ne soit plus à l’école, c’était une bonne élève. »

Heureusement, Mariam et Sitan n’auront pas à faire face à cette situation : « Sitan vient de passer l’examen d’entrée au lycée. Les résultats ont montré qu’elle l’a réussi, ses oncles étaient alors convaincus qu’elle pouvait réussir à l’école », explique Adama. 

Les filles sont très heureuses de pouvoir rester à l’école et souhaitent poursuivre leurs études jusqu’à l’université. « Je vois un avenir radieux pour moi et pour toutes les filles qui ont la chance de poursuivre leurs études. Aujourd’hui, je rêve d’obtenir mon diplôme et de devenir fonctionnaire pour soutenir ma famille et ma communauté. Quant au mariage, il viendra plus tard », dit Sitan.

Lorsqu’on lui demande ce qu’elle pense du mariage des enfants, Mariam répond : « Le mariage des enfants devrait être aboli car il est dangereux pour la santé des filles et entrave leur développement et leur éducation ».

Suspendons le temps, pas leur vie ! 

 

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