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9 filles et femmes sur 10 sont excisées en Egypte. L’ONG Plan International interpelle aussi les hommes sur les graves conséquences des mutilations génitales féminines. Ainsi à Tamouh en Egypte, certains d’entre eux sont très impliqués dans la lutte pour mettre fin à l’excision et sensibilisent à leur tour les autres hommes. Découvrez leurs témoignages.

Au Centre communautaire de Tamouh, en Egypte, Warda Sayed, femme de 34 ans, informe les jeunes filles sur les dangers de l’excision lors de sessions d’informations, dans le cadre du projet de santé sexuelle et reproductive de l’Agence Suédoise d’Aide au Développement International en partenariat avec l’ONG Plan International. Ce projet concerne surtout les filles mais a aussi pour objectif de sensibiliser les garçons et les hommes.

« Les hommes sont très importants dans notre campagne de sensibilisation » explique Warda. « Il y a certains sujets où en tant que femme, je ne peux pas discuter avec eux. C’est là où mes collègues masculins interviennent. Ils sont du même sexe, ils peuvent se parler sincèrement. Pour éradiquer l’excision, nous avons besoin de sensibiliser femmes et hommes de manière égale. »

Parler de l’excision entre hommes

Mahmoud Marouf, 20 ans et Ahmed Faty, 25 ans, sont éducateurs bénévoles au Centre communautaire de Tamouh. Lors des sessions d’informations, ils expliquent en quoi consiste la pratique de l’excision et insistent sur ses impacts négatifs surtout sur les difficultés à long terme que cela peut poser entre un mari et sa femme.

« Lorsque je vois mes amis, j’en parle avec eux et j’essaye de les convaincre », raconte Mahmoud. « Beaucoup de jeunes hommes viennent me voir et j’aborde le sujet. Certains d’entre eux l’acceptent, d’autres le rejettent mais je persiste jusqu’à ce que j’arrive à les convaincre. »

Ahmed est tout aussi engagé : « Je n’ai pas assez d’argent pour organiser des réunions de sensibilisation par moi-même mais je parle d’excision aux endroits où les habitants se rencontrent, comme les cafés ou les dîners, je lance aussi le débat sur les réseaux sociaux. 

La plupart de mes amis ne pratiqueront plus l’excision. Quand mon frère a eu une fille, je lui ai demandé de ne pas l’exciser mais il n’était pas d’accord avec moi. Au début, il m’a hurlé dessus. Je lui ai expliqué les impacts négatifs possibles sur la santé et je lui ai montré des exemples sur Internet. J’ai finalement réussi à le convaincre ! »

Les raisons pour lesquelles beaucoup d’hommes soutiennent encore l’excision sont multiples et se sont transmises de générations en générations. 

« Depuis le jour où ils sont nés, ils se sont habitués à cette idée », dit Mahmoud. « Ils pensent que cette pratique va compléter la beauté de la femme et que l’excision va les aider à être attirés par elle sexuellement. Ils croient aussi qu’une femme non excisée n’est pas respectable et est infidèle. »

« Certaines mères refusent de marier leur fils à une femme qui n’est pas excisée », ajoute Ahmed. « Dans la plupart des cas où les femmes ne sont pas excisées, leurs familles ne le disent pas car elles ont peur de ne pas pouvoir marier leur fille. Mais quand leur fille se marie et que son époux découvre qu’elle n’est pas excisée, il peut demander le divorce ou l’amener à se faire opérer pour être excisée. Tout cela parce que les coutumes, les croyances et les traditions le permettent.

Généralement, ce sont les mères et les grands-mères qui décident. Le fils respecte sa mère et lui obéit sans hésiter lorsqu’elle lui demande d’exciser sa fille », dit Ahmed. « A l’avenir, ce sera à l’homme de mettre fin à l’excision. Nous devons nous rapprocher des hommes, nous devons répéter le message pour ne pas qu’il soit oublié ! »

Avec audace, Ahmed annonce que l’excision peut être éradiquée à Tamouh d’ici 10 ans !

Bayoumy Mostafa est un étudiant en droit, lui aussi très impliqué dans la lutte contre l’excision. A 22 ans, il prend la parole devant les autres hommes et avoue qu’il est plus difficile de sensibiliser les hommes plus âgés.

« Ils ont été élevés avec ces coutumes, ils ne peuvent pas tout d’un coup se débarrasser d’elles, nous devons commencer à sensibiliser les garçons très jeunes », explique-t-il.

« Les hommes ne changeront pas de mentalité tout seul, nous devons prendre la responsabilité de sensibiliser filles et garçons. Mon père est agriculteur et il reste très attaché aux traditions, mais les nouvelles générations sont disposées à changer leur façon de penser et à ne pas s’obstiner avec certaines coutumes. »

Bayoumy pense qu’en plus des sessions d’informations du Centre communautaire, c’est au gouvernement de faire des campagnes de sensibilisation à grande échelle et que les médias doivent aussi donner plus de visibilité aux problèmes liés à l’excision.

« Hommes et femmes, communautés et gouvernements, jeunes et plus âgés, c’est en travaillant tous ensemble et en joignant les efforts qu’il sera possible de convaincre les familles égyptiennes d’éradiquer pour de bon l’excision. »

Plan International agit pour sensibiliser les familles, défendre les droits des filles et lutte pour mettre fin à l’excision.

 

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