Mariée de force à 5ans, Gola s’engage désormais pour les droits des filles

Gola vit au Soudan du Sud et a été vendue comme épouse à l’âge de 5 ans. L’ONG Plan International a créé dans sa communauté des clubs de défense des droits de l’enfant. Gola y participe et va maintenant à l’école. Elle a choisi de s’engager pour que les gens de sa communauté préfèrent scolariser les filles plutôt que les marier de force.

VENDUE COMME ÉPOUSE À 5 ANS

À 5 ans, Gola, une petite fille de Pibor à l’est du Soudan du Sud, a été vendue comme épouse. Maintenant, elle en a 15 et son avenir semble bien sombre. Elle sait qu’on lui a volé son enfance mais ne peut pas s’opposer à la décision de ses parents. Il y a 10 ans, les parents de Gola ont reçu 45 vaches comme acompte de la part de la famille de son prétendant, et l’accord était scellé. « Je n’étais qu’une petite fille quand ils m’ont donnée », raconte Gola. « Je ne savais pas ce que ça voulait dire, mais maintenant que je suis un peu plus grande, ils me disent que mon mari viendra bientôt me réclamer. Je n’ai pas mon mot à dire. Je ne peux plus rien y changer, parce que ça pourrait causer un désaccord entre ma famille et celle de mon futur mari. »

« Ils me disent que mon mari viendra bientôt me réclamer. Je n’ai pas mon mot à dire. » 

Dans la communauté de Gola, il est courant que les filles soient vendues comme épouses, en échange de vaches. Dans cette région, de nombreuses familles vivent de l’élevage de bétail ; les vaches constituent donc un bien précieux, considéré comme une source de richesse et comme symbole de statut social. Toute tentative pour rompre les accords de mariage peut entraîner des affrontements entre les familles. C’est pour cette raison que Gola se tait. Elle est surveillée de près par les aînés du village et ne peut pas décider de se marier avec quelqu’un d’autre, ni même fréquenter un autre garçon de risque que cela ne déplaise à la famille de son futur mari.

SCOLARISER LES FILLES PLUTÔT QUE LES MARIER DE FORCE

Dans cette communauté, Plan International a créé des clubs de défense des droits de l’enfant pour informer les communautés des graves conséquences du mariage forcé sur les vies des filles. Les filles mariées de force sont privées de leur enfance et bien souvent coupées de leurs familles et de leurs amis. De plus, elles sont particulièrement vulnérables aux infections sexuellement transmissibles (comme le VIH) car elles n’ont pas la possibilité d’exiger des rapports sexuels protégés. Il existe par ailleurs un lien étroit entre le mariage d’enfants et les violences sexuelles.

« Il est peut-être trop tard pour moi mais pas pour les autres filles de ma communauté. » 

Gola va maintenant à l’école primaire à Pibor. L’école représente pour elle une échappatoire à cette dure réalité qu’elle ne veut pas se résoudre à accepter. Mais Gola n’est pas la seule. « Mes amies de l’école ont également été vendues comme épouses » raconte-t-elle. Gola et plusieurs de ses amies participent aux clubs de Plan International.

Lors des réunions de groupe, elles se soutiennent mutuellement et sensibilisent la communauté sur l’importance de protéger les filles et de les envoyer à l’école. L’éducation est un puissant levier contre le mariage des enfants, car les filles qui bénéficient d’une éducation de qualité sont moins susceptibles d’être mariées de force.

Même si Gola et des milliers d’autres jeunes filles ont déjà été vendues comme épouses, elles s’engagent pour que leurs filles ne subissent pas le même sort qu’elles.  « Il est peut-être trop tard pour moi, mais avec mes amies, nous nous engageons pour que toute la communauté préfère scolariser les filles plutôt que les marier de force » affirme Gola.

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