La Guinée a le deuxième taux de mutilations génitales féminines (MGF) le plus élevé au monde après la Somalie, avec environ 96 % des femmes et des adolescentes excisées, selon l’UNICEF. Bien qu’interdite par la loi depuis 2000, cette pratique néfaste se poursuit en raison de l’extrême pression sociale qui règne dans la société guinéenne et qui fait craindre aux parents d’être exclus de leur communauté ou de ne jamais pouvoir marier leurs filles si elles n’ont pas été excisées.

Les conséquences de l’excision sur la santé et la sexualité 

Mariame, 22 ans, a été excisée à 15 ans et vit encore les conséquences. « L’excision m’a laissée presque handicapée. Je suis victime de cette pratique. Je ressens encore la douleur et je continue à l’endurer aujourd’hui. Ma grand-mère nous a excisées dans un groupe de 15 filles : nous avons été excisées avec un seul et même couteau et juste après avoir subi l’intervention, certaines comme moi ont commencé à avoir des complications ».

Les mutilations génitales féminines, sont souvent considérées comme une façon d’accéder au mariage ou un moyen de préserver la pureté d’une fille. Elles provoquent de nombreux problèmes de santé qui peuvent être mortels. Les filles sont confrontées à des complications à court terme, telles que des douleurs intenses, des saignements excessifs, des infections et des difficultés à uriner, ainsi qu’à des conséquences à plus long terme sur leur santé sexuelle et reproductive ainsi que sur leur santé mentale.

« Personnellement, je continue à souffrir parce que ma sexualité n’est pas épanouie. Je trouve difficile de ressentir du plaisir avec mon mari », explique Mariame. « J’ai eu des complications lors de l’accouchement, et j’ai même eu du mal à tomber enceinte, car depuis que je me suis mariée il y a six ans, je n’ai eu qu’un seul enfant ». 

Plan International se mobilise pour mettre fin aux mutilations génitales féminines en Guinée

Pour aider à mettre fin à cette pratique néfaste en Guinée, Plan International et nos partenaires locaux ont mis en œuvre un projet de sensibilisation aux dangers des mutilations génitales féminines en impliquant toute la communauté dans des sessions de formation sur l’égalité des sexes, la santé, les droits sexuels et reproductifs. 

Une fois conscients des effets négatifs sur la santé des filles et des femmes, nous encourageons les communautés à abandonner la pratique de l’excision. Nous apportons également un soutien aux femmes et aux filles qui ont souffert de complications suite à leur excision.

Aujourd’hui, la pratique des mutilations génitales féminines dans notre village est un mauvais souvenir.

Grâce à ce projet, la communauté de Mariame est désormais consciente des véritables conséquences des mutilations génitales et Mariame est devenue une figure représentative dans nos sessions de sensibilisation. « Avant, dans ce village, il n’était pas permis de promouvoir l’abandon de l’excision, mais étant donné ce que j’ai vécu, lorsque j’ai appris l’arrivée de Plan International pour lutter contre cette pratique, j’ai été la première à les accueillir et à encourager les parents à assister aux séances de sensibilisation ». 

Le projet a jusqu’à présent obtenu des résultats très prometteurs et a été étendu à 80 nouveaux districts dans les préfectures de Guéckédou, Kissidougou et Coyah ainsi que dans la région de Conakry. Depuis le début de la deuxième phase, dans la seule préfecture de Coyah, près de 1000 filles ont été sauvées de l’excision dans les 21 districts.

« Mon témoignage a permis d’arrêter plusieurs tentatives d’excision. Dans le passé, les filles ne connaissaient pas les conséquences de l’excision, elles pensaient que si elles ne le faisaient pas, elles seraient stigmatisées. J’ai donc dû plaider auprès de mes deux grands-mères qui pratiquaient l’excision pour qu’elles y renoncent », raconte Mariame. « Aujourd’hui, dans notre village, je peux vous assurer que la pratique des mutilations génitales féminines est un mauvais souvenir, car même mes propres parents qui ont encouragé la pratique par le passé le regrettent aujourd’hui. Nous sommes tous d’accord pour dire que nous pouvons éduquer nos filles sans les exciser ». 

Dans la communauté de Mariame, le nombre de filles qui n’ont pas été excisées est maintenant plus élevé que le nombre de filles qui l’ont été.  « Mon message sur les mutilations génitales féminines, s’adresse aux habitants de mon village et à tous les Guinéens, en particulier à nos mères qui pensent que c’est une étape obligatoire dans l’éducation de leurs filles, ce qui est faux. Nous n’avons pas besoin de couteau pour apprendre ce qui est important dans la vie. Nous devons laisser nos jeunes sœurs grandir en toute sécurité », conclut Mariame. 

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