En Colombie, Roxana, 16 ans, grandit dans un monde qui la considère comme inférieure, simplement parce qu’elle est une fille. Grâce au programme de mobilisation des jeunes pour l’égalité femmes-hommes et les droits des filles de Plan International, elle a pris conscience de sa valeur.

Elle est déterminée à réussir sa vie et, en luttant pour ses droits, à défendre sa place et à initier le changement au sein de sa communauté afin que les filles et les femmes soient traitées avec respect et dignité.

Nous sommes là, nous existons et nous voulons défendre nos droits

La main qui berce l’enfant est la main qui gouverne le monde

« Quand les hommes ont un comportement sexiste, c’est très mal ressenti par les femmes. Elles se découragent, laissent faire. Elles pensent ne pas avoir les mêmes compétences que les hommes, ce qui n’est absolument pas le cas car nous avons tous et toutes les mêmes capacités.

Un jour, j’ai entendu cette phrase d’un poète (W.R. Wallace) qui disait : « La main qui berce l’enfant est la main qui gouverne le monde » et c’est pour moi un message très fort. Cela dit que les femmes, particulièrement les mères, ont une influence essentielle sur l’avenir du monde puisqu’elles éduquent la future génération. 

Si nous pouvons nous unir derrière ce message, le monde se réveillera et réagira en conséquence. Et on se rendra compte que nous sommes là, que nous existons et nous allons défendre nos droits. Si nous restons unies, les hommes qui commettent des actes de violence à l’égard des femmes réaliseront que leurs actes ne resteront pas impunis. Nous nous battrons jusqu’à ce que justice soit faite et que celui qui a commis le crime soit obligé de se conformer à la loi.

L’égalité de genre est nécessaire 

Si tout le monde était convaincu que les femmes et les hommes sont égaux, il n’y aurait plus de conflit entre les sexes. Les hommes nous laisseraient faire des choses qu’eux seuls géraient par le passé. Cela nous aiderait également à gagner en confiance – à être conscientes de nos compétences et de nos capacités. Cela nous aiderait à nous responsabiliser et à nous reconnaître comme des femmes affirmées et courageuses.

Quand je marche dans la rue, il m’arrive fréquemment d’être harcelée par des hommes. Ils me manquent de respect. Alors, j’ai toujours envie de leur demander : « Et si c’était votre fille ? Voudriez-vous qu’elle soit traitée de cette manière ? »

J’ai toujours eu confiance en moi, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Je pense donc que l’égalité de genre était reconnue, ça aiderait celles qui sont moins sûres d’elles-mêmes à se défendre et à réaliser qu’elles n’ont pas à faire ce que les hommes leur disent de faire, si elles ne le veulent pas.

Ma mère et mon père sont mes modèles

Je parle souvent de ce type de problèmes avec ma famille. Principalement parce que ça les intéresse, mais aussi parce qu’ils veulent que j’ai conscience de ces problèmes et que je dispose des connaissances nécessaires pour me protéger et protéger les autres.

Quand je quitterai l’école, je veux devenir psychologue. Mon intention est d’avoir ma propre fondation pour les enfants et les jeunes qui ont été maltraité·e·s.

Ce n’est pas un événement particulier qui m’a donné envie de m’engager, mais j’ai une amie qui me parle parfois de ses problèmes et j’essaie de lui donner des conseils. D’autres personnes viennent me consulter parce qu’elles savent que je vais les écouter et que je ferai de mon mieux pour les aider. Parce que je pense que c’est bien et important.

Ma mère et mon père sont mes modèles. Je suis très fière d’elle et lui. Ma famille s’est beaucoup battue pour arriver où elle en est. Je considère que ma famille est un exemple à suivre.

Je veux que mes enfants soient fiers de leur mère 

Certains adultes écoutent ce que nous, les filles, avons à dire. Mais pour d’autres, qui ont grandi à une époque différente et ont une mentalité différente, il est plus difficile de nous accepter comme des personnes avec leurs propres opinions.

Mais nous avons réussi à faire évoluer certaines de ces personnes. Par exemple, des parents qui ont vu les peintures murales que nous avons réalisées dans le cadre du programme « Champions du changement pour l’égalité femmes-hommes et les droits des filles » de Plan International.

Ces peintures qui véhiculent des messages sur l’égalité de genre ont touché ces parents et leur ont fait réalisé que nous pouvons faire changer les choses. Et il s’avère qu’ils se réjouissent que les filles participent au programme. Cela me motive vraiment.

Ce programme vise à faire progresser l’égalité femmes-hommes par la participation des jeunes. Il responsabilise les filles et engage les garçons à identifier et à combattre les masculinités toxiques qui perpétuent les discriminations et les inégalités.

Quand je pense à ce que je serai dans 50 ans, j’aime m’imaginer comme une vieille dame contente de sa vie. Je veux que mes enfants soient fiers de leur mère. Et que mes parents soient fiers de moi aussi. Qu’ils puissent dire : « Nous avons élevé une femme formidable. Nous lui avons appris à être une guerrière, à être courageuse et à tenir ses positions. »

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