Trois ans se sont écoulés depuis le gigantesque tremblement de terre meurtrier qui a dévasté le Népal, le 25 avril 2015, faisant 9 000 morts dont de nombreux enfants, 22 000 blessés et laissant un pays anéanti et traumatisé. Les équipes de Plan International ont immédiatement réagi pour sauver le maximum de vies grâce à la création d’abris temporaires pour les familles, la distribution de biens de première nécessité et la construction de centres d’apprentissage pour les enfants afin qu’ils retournent à l’école au plus vite.

Reconstruire des maisons résistantes au séisme 

Trois ans après, les dégâts du tremblement de terre sont toujours bien visibles dans certaines régions, alors que dans d’autres, le travail de reconstruction progresse. La catastrophe a métamorphosé le pays :de nouvelles maisons et de nouvelles écoles se sont construites. Les habitants prennent conscience de l’importance de bâtir des structures résistantes aux tremblements de terre : les maisons traditionnelles ont été remplacées afin d’être plus solides. 

Abriter les populations reste le problème principal, le tremblement de terre ayant détruit 700 000 maisons. Parmi elles, seulement 20 % ont été reconstruites en trois ans. Mais il reste de l’espoir. Les élections locales, qui n’avaient pas eu lieu depuis une vingtaine d’années au Népal, ont augmenté les chances d’obtenir de l’aide financière de l’État pour les habitants dans l’attente d’un nouveau foyer.

Les aides publiques aux familles dont les foyers ont été détruits tournent autour de 3 000 dollars pour une maison de taille moyenne, et de 10 000 dollars pour des maisons plus imposantes.

Grâce à la nouvelle majorité qui a accédé au gouvernement népalais, les fabricants de matériaux et les élus locaux ont accéléré le processus de reconstruction. Les progrès sont visibles, cependant il est capital que les compétences et le savoir-faire soient transmis aux communautés elles-mêmes, aux filles, aux garçons et à leurs familles, afin qu’ils puissent à leur tour se protéger des futures catastrophes naturelles potentielles.

Se préparer aux futures catastrophes

Nous n’étions pas en sécurité dans notre ancienne école. Maintenant, si une catastrophe se produit, nous pourrons nous abriter. 

Le tremblement de terre a permis aux organisations comme Plan International de comprendre l’importance d’intégrer la résilience en cas de catastrophes naturelles dans nos projets de développement et d’urgence auprès des enfants. Le pays est sujet aux tremblements de terre et pourtant de nombreuses maisons et écoles n’ont pas été renforcées. Près de 3 200 écoles ont été reconstruites depuis la catastrophe (avec l’aide de 950 ONG), cependant les enfants vont toujours à l’école dans des centres temporaires à l’intérieur de bâtiments en ruine – les failles dans les murs les forçant à se souvenir des horreurs qu’ils ont vécues pendant la catastrophe.

Plan International a participé à la reconstruction de 12 écoles « résistantes » l’année dernière, et de 10 de plus d’ici fin 2018. A la fin du projet, nous aurons aidé à la reconstruction de plus de 50 écoles en trois ans.

« Nous n’étions pas en sécurité dans notre ancienne école ; en cas de séisme, nous n’avions pas d’endroit où nous réfugier. Maintenant, si une catastrophe se produit, nous pourrons nous abriter tous ensemble dans un endroit sûr 

Avant, nous n’avions pas non plus d’aire de jeux ou de bibliothèque. Notre nouvelle école a tout cela. En plus, elle sera désormais accessible et adaptée aux enfants en situation de handicap », confient Lila et Manju, élèves dans un école « résistante ».

Malgré cela il reste de nombreux défis à affronter, notamment la difficulté à obtenir des subventions de l’État népalais pour les projets de reconstruction, ainsi que la soudaine hausse des prix des matériaux de construction. Trouver des maçons qualifiés reste compliqué, et il est difficile d’estimer quand adviendra la fin des travaux.

Les femmes au cœur de notre action pour reconstruire

Pour résoudre le problème, Plan International a dispensé des formations en maçonnerie et en plomberie aux femmes népalaises, chose qui n’avait jamais été faite avant cette catastrophe. En apprenant ces nouvelles compétences, les Népalaises exercent des activités qui leur procurent un revenu grâce aux travaux de reconstruction ; elles peuvent désormais prendre en charge leur famille.

Nous leur avons transmis les connaissances et le savoir-faire nécessaires pour construire des structures résistantes aux catastrophes naturelles, et dans certaines régions, nous avons directement participé à la construction de nouvelles maisons. Dans de nombreux villages en zone rurale, les femmes jouent désormais un rôle capital dans la reconstruction de leurs communautés.

Nous avons aidé plus de 150 000 enfants

En trois ans, nos projets au Népal ont bénéficié à près de 300 000 personnes, dont la moitié sont des enfants à qui nous avons fourni un foyer, une éducation, des biens de première nécessité, de l’eau potable et des conditions d’hygiène décentes. 

A présent, nos efforts se concentrent sur les compétences de vie et savoir-faire à transmettre aux filles et aux femmes, pour qu’elles puissent démarrer des activités et entreprises, gagner des revenus et s’émanciper. Récemment, nous avons dispensé des formations à plus de 500 jeunes femmes sur des métiers porteurs, comme l’élevage de chèvres et de volailles, la couture et la gestion d’épiceries.

L’aide fournie par Plan International au Népal à la suite du séisme historique de 2015 a été une des plus importantes depuis plus de 40 ans.

Mais il reste encore beaucoup à faire, de très nombreux Népalais vivent encore dans des abris temporaires, très loin du confort de leurs foyers. Avec l’arrivée de la mousson dans à peine deux mois, la situation risque de devenir critique. 

Même si les citoyens népalais n’oublieront pas le jour tragique du tremblement de terre, nos souvenirs s’effaceront peu à peu à mesure que toutes les familles retrouveront leurs foyers, que leurs enfants étudieront dans des écoles sûres et résistantes aux désastres et que leurs communautés aient la capacité de se préparer aux futures catastrophes, à travers nos projets de résilience face aux risques.   

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