La crise actuelle en Ukraine a un impact psychologique important sur les enfants et les familles. Des milliers d’enfants ont passé près d’un mois à se cacher dans des abris anti-bombes, des caves, des stations de métro et d’autres zones souterraines, tandis que des millions d’autres ont dû fuir vers les pays voisins, laissant derrière eux tout ce qu’ils connaissaient et aimaient. Plan International déploie toutes ses forces pour garantir leur sécurité et le respect de leurs droits. 

1 personne sur 3 a besoin d’une aide humanitaire vitale

La barre des 5 millions de réfugié·e·s liés à l’offensive russe en Ukraine a été franchie mercredi 20 avril. Le conflit ukrainien figure dorénavant parmi les plus grandes populations de réfugié·e·s au monde en se plaçant juste derrière la guerre civile en Syrie qui a engendré plus de 6,8 millions de réfugié·e·s.

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme (HCDH) a confirmé que 2 104 civils ont été tués, dont 170 enfants, tout en alertant que les chiffres réels « sont considérablement » plus élevés.
Plan International appelle à un arrêt immédiat des combats et souhaite une paix et justice à long terme pour le bien de tous les enfants et de tous les jeunes.

« Chaque jour où le conflit en Ukraine se poursuit, d’innombrables vies, de foyers et d’enfances sont perdus. Dans ce conflit, les besoins humanitaires se multiplient d’heure en heure et des millions d’enfants continuent d’être témoins de l’horreur de ce conflit. La violence va faire payer un lourd tribut à la santé mentale des jeunes, et en particulier des adolescentes, car la crise les rend plus vulnérables à la violence sexiste et sexuelle », alerte Stephen Omollo, directeur général de Plan International 

Plan International est préoccupé par la protection et la sécurité des filles et des enfants qui arrivent dans les pays voisins. Plus de 100 000 enfants, dont la moitié étant en situation de handicap, sont encore présents en Ukraine dans des centres spécialisés ou internats et risquent d’être séparés de leurs familles. Des rapports indiquent que des établissements tentent de déplacer des enfants à l’abri du conflit dans des pays voisins ou ailleurs à l’étranger. La protection et la sécurité des enfants en déplacement, en particulier des filles, des enfants handicapés et des enfants non accompagnés, doit être une priorité absolue.

La crise aura des conséquences graves et durables pour les enfants.

« Les enfants sont vulnérables à la violence physique, émotionnelle et sexuelle et à des niveaux élevés de détresse psychosociale », avertit Anita Queirazza, responsable de la protection des enfants en situation d’urgence.

Nos équipes sont également particulièrement inquiètes pour les filles et les jeunes femmes qui sont plus vulnérables à l’exploitation sexuelle et à la traite. Elles sont touchées de manière disproportionnée par les conflits et les progrès réalisés dans le domaine des droits des filles et des femmes sont considérablement retardés lorsque les sociétés s’effondrent. Il est donc important de continuer d’agir sans relâche.

Nos actions pour accompagner les enfants

Plan International travaille en étroite collaboration avec des organisations locales et nationales en Moldavie, Pologne et Roumanie, avec l’ONU et les gouvernements pour répondre aux besoins des enfants réfugiés. 

Nos équipes agissent dans trois secteurs clés : 

PROTECTION  

Plan International s’efforce de renforcer un environnement inclusif et sûr adapté aux enfants. Pour cela, nos équipes sont postées aux frontières, dans les centres de transit et les lieux d’accueil des réfugié·e·s en Moldavie, Roumanie et en Pologne. Cela comprend :

« L’un des risques qui nous préoccupent le plus est celui des enfants qui arrivent seuls ou avec d’autres personnes, sans savoir avec qui ils voyagent, et bien sûr le risque de traite. Nous savons que dans cette région, le risque de traite et d’enfants arrivant seuls est déjà assez élevé », explique Micol Alberizzi, conseillère en protection de l’enfance dans les situations d’urgence chez Plan International.

Les enfants et les familles qui ne savent pas où aller sont exposés à un risque élevé de traite.

SANTE MENTALE ET SOUTIEN PSYCHOSOCIAL

Nos spécialistes travaillent aux côtés d’organisations locales pour fournir des soins psychosociaux aux enfants, aux adolescent·e·s et à leurs parents pour les aider à faire face aux horreurs dont ils ont été témoins et à se remettre de leur détresse. 

En Moldavie, Plan International travaille avec le Centre national pour la prévention des abus envers les enfants afin d’accompagner les familles ukrainiennes nouvellement arrivées. Des unités mobiles composées de psychologues, d’éducateur·rice·s et de travailleur·euse·s sociaux·ales ont été affectées à deux centres d’accueil dans le nord et dans le sud de la Moldavie.

« Nous offrons un large éventail de services. Nous faisons de la thérapie par le chant, le dessin et le modelage avec le matériel dont nous disposons. Le chant est particulièrement utile, car les enfants peuvent se détacher de l’endroit où ils se trouvent et de ce qu’ils ont vécu. Il en va de même pour les parents. Ce type de soutien est ce dont ils ont besoin en ce moment », explique Marina, psychologue de l’unité mobile qui a fui Kharkiv en Ukraine.

« Certains enfants veulent parfois s’asseoir sur nos genoux, juste pour être proches et pour être pris dans les bras. D’autres disent que leur audition a commencé à diminuer. Pour l’instant, nous ne savons pas à quoi cela est lié mais nous remarquons que leur attention baisse rapidement et qu’ils ont du mal à se concentrer sur certaines tâches », avertit Marina. 

Viorica travaille également en tant que psychologue pour l’unité mobile et raconte que beaucoup d’enfants souffrent de traumatismes émotionnel : « Un garçon de trois ans a entendu le son d’une perceuse et il s’est tout de suite affolé car cela lui a remémoré le bruit d’une bombe qui avait explosé devant lui alors qu’il rentrait de l’école maternelle en Ukraine. Il a immédiatement commencé à crier et à chercher sa mère. Ceci est un exemple de ce type de traumatisme. »

En période de crise, les enfants se tournent instinctivement vers les adultes pour obtenir une protection et une compréhension de ce qui leur arrive.

En parallèle, Plan International offre :

EDUCATION EN SITUATION D’URGENCE 

Plan International travaille avec les autorités gouvernementales et des organisations en Pologne, Roumanie et Moldavie pour soutenir l’intégration des enfants réfugiés dans les écoles locales. Au-delà de l’apprentissage, l’éducation offre un environnement protecteur et constitue un droit fondamental qui doit être protégé.

En Roumanie, Plan International travaille avec le Service Jésuite des Réfugiés (JRS) sur le projet SIERCAR qui vise à répondre aux besoins éducatifs immédiats des enfants en créant des espaces d’apprentissage temporaires et, à long terme, facilitera l’intégration des enfants ukrainiens dans le système scolaire roumain en travaillant et en s’engageant auprès du gouvernement national.

Dans le cadre de ce projet, des tablettes tactiles ont été distribuées à une centaine d’enfants ukrainiens dans des espaces d’apprentissage temporaire. Les tablettes ont été installées avec un certain nombre d’applications développées par le gouvernement ukrainien pour permettre aux enfants de suivre le programme scolaire ukrainien, ainsi que des applications visant à promouvoir le bien-être des enfants et des enseignant·e·s ou encore des cours de roumain. 

En Moldavie, plus de 500 enfants ont reçu des sacs à dos contenant des fournitures essentielles telles que des stylos, des cahiers, des crayons de couleur et du matériel d’hygiène. Sur les 500 sacs à dos donnés, 200 contiennent des fournitures pour les élèves du primaire, 200 pour les élèves du secondaire et 100 pour les lycéens. Toutes les fournitures, qui comprennent du matériel de promotion de l’hygiène pour aider à prévenir la propagation du COVID-19, ont été achetées auprès de fournisseurs locaux.

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