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Les personnes qui vivent dans des camps de réfugiés sont particulièrement vulnérables face à la pandémie de COVID-19, du fait de la surpopulation de ces camps, ainsi que du manque d’eau potable et d’installations sanitaires. Les restrictions dues au confinement ont également rendu plus difficile la poursuite des études pour les filles, tout en les exposant à un risque accru de violences sexuelles et sexistes.

Le camp de réfugiés d’Azraq, en Jordanie, accueille plus de 35 000 réfugiés venus de Syrie. Les familles y vivent depuis le mois de Mars, faisant face à l’un des confinements les plus stricts au monde. Au cours des premiers mois par exemple, un couvre-feu à 18 heures avait été imposé. Et bien que les restrictions aient aujourd’hui été assouplies, si un nouveau cas de COVID-19 venait à se déclarer, le camp tout entier serait mis en quarantaine.

Pendant la pandémie, Plan International a aidé les filles grâce à son projet Himayati. Désormais mené sur WhatsApp, il accompagne les filles dans leurs échanges sur des questions de genre, de savoir-vivre et de savoir-faire, leur permettant de rester en contact et de se soutenir mutuellement.

A l’occasion de la Journée internationale des migrants, Shayma’a, 16 ans et originaire d’Alep en Syrie, nous parle de son quotidien dans le camp de réfugiés d’Azraq, où elle vit avec sa famille depuis 2016.

En quoi la pandémie de COVID-19 a-t-elle changé ta vie ?
Beaucoup de choses ont changées depuis le début de la pandémie. Je suis restée à la maison bien plus qu’auparavant. Je me suis sentie isolée, mais certaines choses m’ont maintenue occupée. C’est très étrange, c’est une période étrange.

Peux-tu nous décrire ta journée type ? 
Au réveil, je me dispute avec mes frères pour qu’ils rangent leur chambre. Je suis l’aînée, donc ils doivent écouter ce que je leur dis de faire. J’aide ma mère à faire les tâches ménagères, puis je rejoins les cours en ligne, soit sur la plateforme publique, soit dans les groupes WhatsApp. Ensuite, je vais sur Duolingo pour apprendre un peu d’anglais. Parfois, je filme quelques vidéos et je les monte sur une application que j’ai téléchargée sur le téléphone portable de ma mère. 

Quelles activités t’aident à surmonter cette période ? 
Les sessions en ligne m’aident à faire face et à rester en contact avec d’autres filles de mon âge. Elles me donnent également le sentiment de faire quelque chose d’utile de mon temps. Je discute aussi de ce que j’apprends avec d’autres personnes du camp. Des termes comme la violence sexiste et l’intimidation ne sont pas entièrement compris par la communauté ici, donc lorsque j’éduque des personnes, j’ai le sentiment d’avoir eu un impact positif sur ma communauté. 
Certain.e.s n’appréciaient pas cet acte au début, disaient « elle a assisté à un cours et maintenant elle nous fait la leçon », mais j’ai continué et, aujourd’hui, ces personnes sont plus ouvertes à la discussion.

Peux-tu nous expliquer comment tu participes au projet Himayati en utilisant WhatsApp ? 
J’assiste aux cours et j’interagis avec les autres filles. Parfois, je ne peux pas assister aux cours parce que la connexion internet est mauvaise ou parce que ma mère n’est pas à la maison et que j’utilise toujours son téléphone pour assister aux sessions.

Nous devons rester en contact, nous ne pouvons pas rester isolées.

De quoi parlez-vous et en quoi cela t’aide-t-il ? 
Nous parlons de beaucoup de choses, cela dépend de la session. Lors des séances de préparation à la vie active, nous réfléchissons à la façon dont nous pouvons faire face à la nouvelle réalité à laquelle nous sommes confronté.e.s, à la façon dont nous pouvons réduire le stress et être productives et productifs. Pendant les cours d’artisanat, nous apprenons à utiliser certains des matériaux que nous avons déjà chez nous.

Pourquoi est-il important d’interagir avec d’autres filles lors des séances ? 
Il est bon de parler de certains sujets et parfois, c’est un soulagement de savoir que quelqu’un d’autre vit ce que vous vivez.

Aujourd’hui, les parents de Shayma’a, sont très fiers de leur fille : « Elle grandit et elle façonne sa personnalité. Elle prend maintenant ses propres décisions ; elle impose sa volonté à ce qui l’entoure. C’est une fille forte. Nous sommes fiers d’elle« .

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