En mai, le Ministère de la Justice afghan a publié un décret sur le divorce stipulant que le silence d’une « fille vierge » ayant atteint la puberté peut être interprété comme un consentement au mariage.
Cette disposition facilite juridiquement les mariages d’enfants et augmente le risque de mariages forcés et précoces. En réalité, cette règle ouvre donc la voie à des mariages précoces et forcés et augmente significativement les risques de violences pour de nombreuses filles dans le pays.
Dans un contexte où les droits des femmes et des filles sont progressivement remis en cause en Afghanistan, cette mesure suscite de vives inquiétudes. En facilitant le mariage de filles dès la puberté, elle risque d’accroître leur vulnérabilité et de compromettre davantage leur accès à l’éducation et à l’autonomie.
Consentement au mariage des filles en Afghanistan : le silence ne peut pas être un accord
Le consentement implique une décision libre, informée et sans pression. Dans des contextes où les filles subissent des contraintes familiales, sociales ou économiques, le silence ne peut jamais être interprété comme un accord.
Cette exigence est d’ailleurs reconnue par le droit international, qui considère le consentement libre et éclairé comme une condition essentielle à toute union. Pour être valable, il doit être exprimé clairement et résulter d’un choix personnel, sans coercition ni influence. Lorsque des filles sont confrontées à des rapports de pouvoir inégaux ou à des pressions familiales, leur capacité à exprimer un refus peut être fortement limitée. Assimiler leur silence à un consentement revient alors à affaiblir leur protection et donc à accroître les risques de mariage forcé.
Plan International rappelle que le mariage forcé est une violation grave des droits des filles et un frein majeur à leur avenir. Il est urgent que les gouvernements dénoncent cette disposition et renforcent leur soutien aux filles les plus exposées aux risques en Afghanistan.
Une nouvelle étape dans l’érosion des droits des filles en Afghanistan
Depuis 2021, les droits des femmes et des filles en Afghanistan se sont fortement détériorés. Privées d’éducation et de liberté de mouvement, les filles afghanes sont aujourd’hui contraintes de devenir des épouses avant même d’être des adultes.
Dans ce contexte déjà marqué par de fortes restrictions, ce décret représente une menace supplémentaire pour les droits des filles et leur protection juridique. En limitant davantage leur capacité à choisir leur avenir, il risque de renforcer des situations de vulnérabilité déjà existantes et d’exposer davantage les adolescentes aux violences, à l’exclusion et à la déscolarisation. Pour de nombreuses jeunes filles, les perspectives d’émancipation et d’indépendance deviennent ainsi toujours plus difficiles à atteindre.
Cette évolution envoie aussi un signal préoccupant dans un contexte global de remise en cause des droits des femmes et des filles, où les protections juridiques et les acquis en matière d’égalité restent fragiles dans de nombreuses régions du monde.
Mariage précoce en Afghanistan : une menace directe pour les droits des filles
Plan International France reste mobilisé pour protéger les filles et défendre leur avenir, et pour que chacune puisse grandir en sécurité, apprendre et choisir son avenir.
À travers ses actions de plaidoyer, de sensibilisation et de défense des droits humains, Plan International agit pour promouvoir l’égalité de genre, lutter contre les discriminations et permettre à chaque fille d’exercer pleinement ses droits.
Face aux atteintes croissantes aux droits des filles dans le monde, votre soutien est essentiel pour permettre la poursuite de ces actions. Contribuons ensemble à protéger davantage de filles, à défendre leur droit à l’éducation et à leur donner les moyens de construire l’avenir qu’elles choisissent.