Mariages d’enfants, grossesses non désirées, violences sexistes et sexuelles : une nouvelle étude de Plan International alerte sur l’impact des événements climatiques extrêmes sur les droits des filles.
À l’approche de la Journée internationale des droits des filles, le 11 octobre, organisée chaque année depuis 2012 par Plan International, l’ONG publie un nouveau rapport intitulé « Changeons leur avenir : la situation des filles dans le monde en 2026 ». Cette étude donne la parole aux filles et aux jeunes femmes confrontées à des événements climatiques extrêmes et documente les obstacles qu’elles rencontrent pour exercer leurs droits fondamentaux dans ces contextes.
Elle s’appuie notamment sur une enquête menée auprès de 5 000 filles et jeunes femmes dans cinq pays – le Pérou, le Sénégal, le Kenya, le Zimbabwe et le Bangladesh –, complétée par 139 entretiens approfondis menés auprès de participantes dans ces cinq pays.
Plus d’une jeune femme sur trois signale une hausse des mariages d’enfants
Les catastrophes climatiques ont des conséquences dramatiques sur la vie et l’avenir des filles. Plus d’une jeune femme interrogée sur trois (36 %) signale une augmentation des mariages d’enfants dans sa communauté après un événement climatique, tandis que 11 % déclarent avoir été elles-mêmes mariées avant l’âge de 18 ans dans ce contexte. Une participante sur dix rapporte également avoir vécu une grossesse non désirée, et 28 % font état d’une hausse des violences basées sur le genre. Cette proportion atteint 60 % au Zimbabwe, pays de l’étude le plus touché par la sécheresse.
Ces risques s’accentuent lorsque les crises fragilisent les conditions de vie des familles. Neuf filles sur dix déclarent que les événements climatiques extrêmes exercent une forte pression sur les ressources et la stabilité de leurs foyers. Si les réalités diffèrent selon les pays, un même mécanisme se dessine au Bangladesh, au Kenya, au Pérou et au Zimbabwe : la perte de revenus et la fermeture des écoles exposent davantage les filles aux mariages précoces, parfois perçus comme une solution pour pallier le manque de ressources.
Un accès aux soins essentiels fragilisé
Au moment même où ces risques augmentent, 68 % déclarent avoir elles-mêmes rencontré des obstacles pour accéder à des services de santé sexuelle et reproductive. Près d’une fille sur deux (49 %) constate davantage de problèmes de santé pendant la grossesse ou des complications liées à l’accouchement, tandis que 50 % disent avoir été confrontées à un accès très limité à des protections menstruelles et à de l’eau potable.
« Nous savons ce qui met les filles en danger et ce qui permet de les protéger. Ce qui fait défaut aujourd’hui, c’est une réponse à la hauteur de l’urgence face à des événements climatiques extrêmes qui menacent leurs droits. »
alerte Anne Bideau, directrice générale de Plan International France
La protection des droits des filles doit faire partie de la réponse climatique
Dans le cadre de la COP31, qui se déroulera en Turquie du 9 au 20 novembre, Plan International appelle les États à garantir des financements dédiés à la santé et aux droits sexuels et reproductifs dans les réponses aux catastrophes climatiques, à maintenir l’accès aux services de prise en charge des violences sexistes et sexuelles, aux contraceptifs et aux protections menstruelles. L’ONG leur demande également d’assurer la continuité de l’éducation pendant les crises, tout en renforçant le soutien économique apporté aux familles pour éviter que la pauvreté ne favorise les mariages d’enfants, l’exploitation sexuelle ou la déscolarisation des filles.
Plan International appelle à l’action
À quelques jours de la Journée internationale des droits des filles, Plan International rappelle que les réponses à la crise climatique ne pourront être justes et efficaces sans placer les droits, la santé et l’éducation des filles au cœur des politiques de demain.
Pour tout complément d’information ou toute demande d’interview, merci de contacter l’équipe presse de l’ONG Plan International France.
