640 millions de filles et de femmes vivant aujourd’hui ont été mariées avant leurs 18 ans (UNICEF). Si le mariage d’enfants a reculé ces dernières années dans le monde, il reste l’une des violations des droits des filles les plus graves et les plus répandues.
Alors que les crises se multiplient et que les droits des femmes et des filles sont remis en cause partout dans le monde, les progrès obtenus aujourd’hui sont de plus en plus menacés. En 2026, où en est la lutte contre le mariage d’enfants ? Pourquoi cette pratique perdure-t-elle et, surtout, comment y mettre fin ?
Une fille sur cinq est encore mariée avant ses 18 ans
Un mariage d’enfant désigne ainsi tout mariage ou toute union informelle dans laquelle au moins l’une des deux personnes a moins de 18 ans, qu’il soit reconnu par la loi civile, religieuse ou coutumière, enregistré officiellement ou non.
A l’échelle mondiale, près d’une jeune femme sur cinq âgée de 20 à 24 ans (19 %) a été mariée avant ses 18 ans, contre près d’une sur quatre (23 %) il y a une dizaine d’années.
Ces progrès restent toutefois très inégaux selon les régions. Parmi les filles mariées pendant leur enfance dans le monde, 45 % vivent en Asie du Sud, 20 % en Afrique subsaharienne, 15 % en Asie de l’Est et dans le Pacifique et 9 % en Amérique latine et dans les Caraïbes.
Pourquoi le mariage d’enfants existe-t-il encore ?
Le mariage d’enfants est profondément lié aux inégalités de genre et à la pauvreté, et encore plus favorisé dans les contextes de crise, tels que les conflits, les déréglements climatiques ou les déplacements de population massifs
Dans certaines familles confrontées à une grande précarité, marier une fille peut être perçu comme une stratégie de survie, alors qu’en réalité, cette pratique renforce encore davantage la dépendance économique des filles.
Au-delà, les conséquences sur l’avenir des filles sont souvent lourdes : déscolarisation, grossesses précoces et exposition accrue aux violences de genre.
Des avancées qui prouvent que le changement est possible
Le mariage d’enfants n’est pas une fatalité. La mobilisation des filles et de la société civile, associée au travail de plaidoyer d’organisations comme Plan International, a permis d’obtenir des avancées majeures.
Ces dernières années, plusieurs pays ont ainsi renforcé leur législation, du Zimbabwe au Malawi, du Mozambique aux Philippines ou encore au Pérou. En Colombie, une loi entrée en vigueur en 2025 interdit désormais le mariage et les unions avant 18 ans sans exception.
Ces évolutions montrent qu’il est possible de faire changer les lois et les pratiques. Mais le chemin reste long : au rythme actuel, le monde n’est pas en voie d’éliminer le mariage d’enfants avant 2030.
Malgré le recul du mariage d’enfants, des droits toujours menacés
Les droits des filles et des femmes font aujourd’hui face à de nouvelles remises en cause, dans plusieurs régions du monde.
C’est ainsi qu’en mai 2026, l’Afghanistan adopte un décret permettant le mariage d’un homme adulte avec une enfant dès l’âge de 8 ans. En pratique, ce texte ouvre la voie au mariage des filles dès qu’elles sont considérées comme pubères. Le texte prévoit également que le silence d’une fille ayant atteint la puberté peut être interprété comme un consentement au mariage. En Irak, le Parlement avait également adopté en 2025 un texte permettant à un homme de se marier à une fille dès l’âge de ses 9 ans.
Ces reculs gravissimes illustrent à quel point des batailles restent à mener pour garantir aux filles le droit de choisir leur avenir. Alors que les conflits se multiplient, que la faim et la pauvreté gagnent du terrain, que des millions de personnes sont contraintes de fuir leur foyer et que le dérèglement climatique bouleverse des communautés entières, davantage de filles risquent d’être exposées au mariage d’enfants.
L’enjeu est donc double : défendre les avancées obtenues et accélérer le changement.
Comment mettre fin au mariage d’enfants ?
Pour faire reculer durablement le mariage d’enfants, agir sur la loi ne suffit pas. Plan International intervient avec les filles, leurs familles, les communautés et les pouvoirs publics pour agir sur les causes de cette pratique.
Cela signifie maintenir les filles à l’école, leur permettre d’accéder à une formation ou à un emploi de leur choix, mais aussi sensibiliser leurs familles et communautés aux dangers du mariage d’enfants. Pour les filles déjà mariées, l’enjeu est également de leur permettre de poursuivre ou reprendre leurs études et d’accéder aux soins, à la formation et à des opportunités économiques.
Dans de nombreuses zones d’intervention de Plan International, notamment dans certaines régions en Tanzanie, au Bénin, au Cameroun et au Bangladesh, ces actions ont permis de faire reculer le mariage forcé de manière significative (rapport “Still Just a Girl”).
À l’approche de la Journée internationale des droits des filles, le 11 octobre, Plan International France appelle à poursuivre la mobilisation pour mettre fin aux mariage d’enfants et donner aux filles le pouvoir de choisir. Découvrez comment agir.
