Le financement de l’éducation : un enjeu plus urgent que jamais

Le financement de l’éducation est aujourd’hui pris en étau entre l’augmentation des besoins et la contraction des financements internationaux. 272 millions d’enfants et de jeunes sont déjà privés d’école dans le monde, un chiffre qui pourrait atteindre 278 millions cette année (UNICEF, 2025), tandis que les financements internationaux consacrés à l’éducation devraient diminuer de 25% entre 2023 et 2027 (UNESCO, 2025). La France n’échappe pas à cette tendance, avec une baisse drastique de son aide publique au développement (APD).

Dans les pays à faible revenu, cette contraction risque de fragiliser encore davantage les systèmes éducatifs et les enfants les plus vulnérables. Pourtant, l’éducation ne peut être une « variable d’ajustement silencieuse ». Droit fondamental et investissement de long terme, elle est un levier essentiel d’égalité de genre, de lutte contre la pauvreté et les inégalités, de protection et de résilience face aux crises.

Dans ce contexte, Plan International France et la Coalition Éducation se sont mobilisés tout au long de l’année pour défendre des financements publics à la hauteur des besoins, mieux ciblés et plus efficaces.

L’Observatoire de la Coalition éducation : décrypter les financements de la France

Premier temps fort de cette mobilisation, l’Observatoire annuel de la Coalition Éducation, auquel Plan International France a contribué, met en lumière le décalage entre les engagements de la France et la réalité de ses financements. Près de 60 % des financements bilatéraux français déclarés pour l’éducation bénéficient principalement à des dispositifs français (frais d’écolage et bourses, financement des établissements scolaires français à l’étranger et coûts du système scolaire de Wallis-et-Futuna). Une fois ces montants exclus, seuls 6,4 % de l’APD bilatérale française contribuent réellement au renforcement des systèmes éducatifs des pays partenaires. L’Observatoire souligne également que les financements restent insuffisamment orientés vers les besoins prioritaires.

Ces données ont nourri le plaidoyer de Plan International France et de la Coalition Éducation pour demander à la France de préserver ses financements en faveur de l’éducation, de les cibler davantage vers les populations les plus vulnérables et de garantir leur contribution au renforcement de systèmes éducatifs publics, inclusifs et résilients. Elles ont notamment servi de base aux positions portées dans le cadre de la présidence française du G7.

G7 2026 : porter le financement de l’éducation au plus haut niveau

En 2026, la France a mis le financement de l’éducation à l’agenda du G7. Plan International France, aux côtés de la Coalition Éducation, s’est saisi de cette opportunité pour porter les attentes de la société civile auprès des décideurs et décideuses.

Lors de la consultation de la société civile co-organisée le 9 février avec la Coalition éducation, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et l’AFD, Plan International France a défendu une diversification encadrée des financements dits « innovants », qui ne doivent pas se substituer aux financements publics, et une meilleure efficacité des ressources existantes. Ces positions ont alimenté les recommandations de la Coalition Éducation présentées lors de l’événement de haut niveau « Vers un financement durable de l’éducation », organisé le 13 mars à l’UNESCO sous l’égide de la présidence française du G7. La Coalition y a porté quatre priorités : renforcer les financements publics, améliorer leur coordination, encadrer les partenariats public-privé au regard des Principes d’Abidjan et reconnaître pleinement le rôle de la société civile.

Lors du sommet des chef·es d’Etat et de gouvernement du G7 qui s’est tenu les 15, 16 et 17 juin à Évian, l’éducation a été réaffirmée comme une priorité du développement, notamment dans les pays les plus vulnérables, mais sans pour autant faire l’objet de nouveaux financements dédiés. Plan International France salue la reconnaissance politique de l’enjeu, tout en regrettant que celle-ci n’ait pas été accompagnée de moyens additionnels, à la hauteur des besoins.

Les Champions de l’éducation : faire avancer le débat sur les solutions de financement

Le plaidoyer s’est également poursuivi dans le cadre du cycle de webinaires 2026 des Champions de l’éducation, co-organisé par la Coalition Education et l’AFD. Consacrée au financement durable de l’éducation, la session du 5 mai 2026 sur les fonds à effet multiplicateur a permis à Plan International France de porter les recommandations de la Coalition Education, en questionnant les conditions nécessaires pour que ces mécanismes de financement bénéficient réellement aux pays et aux populations les plus vulnérables, notamment en matière d’équité, de coordination et de place des acteurs locaux.

Cette mobilisation s’inscrit dans une conviction commune : diversifier les sources de financement ne peut avoir de sens que si cela contribue à renforcer durablement des systèmes éducatifs publics, inclusifs et équitables.

Et la suite ?

Le plaidoyer se poursuit avec plusieurs échéances majeures, notamment l’examen du Projet de loi de finances 2027 et les reconstitutions de ressources des fonds multilatéraux que sont le Partenariat mondial pour l’éducation et Education Cannot Wait. Elles permettront de mesurer la cohérence entre les engagements politiques de la France et les moyens qu’elle est prête à leur consacrer.

Aux côtés de la Coalition Éducation, Plan International France poursuivra son plaidoyer pour que le financement de l’éducation soit une priorité de la France, en cohérence avec la priorité politique affichée et les besoins croissants.