G7 et Women 7 : de quoi parle-t-on ?
Le G7 rassemble l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni et associe l’Union européenne. Cet espace informel d’influence politique se réunit chaque année pour échanger sur les grands enjeux mondiaux. Sa présidence est assurée à tour de rôle par l’un des sept États. En 2026, la France l’a prise avec deux priorités : la réduction des déséquilibres mondiaux et le renforcement des partenariats internationaux.
Chaque année, le G7 associe la société civile à ses travaux, via des « groupes d’engagement », dont le Women 7 (W7). Créée en 2018, cette coalition promeut l’égalité de genre et les droits des femmes, des filles et des personnes LGBTQIA+ dans les processus liés au G7, à travers des actions de plaidoyer, de communication et de sensibilisation féministes. En 2026, le W7, copiloté par Plan International France, Equipop, CARE France, le Fonds pour les Femmes en Méditerranée et le Planning familial, rassemble 260 organisations issues de 62 pays. Nous portons une double ambition : faire de l’égalité de genre une priorité politique du G7 et affirmer le rôle fondamental des organisations féministes dans la stabilité démocratique.
2026 : un contexte particulier pour une prise en compte du genre au sein du G7
Le G7 a pu contribuer à faire progresser l’égalité de genre. En 2019, sous présidence française, celle-ci a été placée au cœur de ses travaux, notamment avec le Partenariat de Biarritz pour l’égalité entre les femmes et les hommes, un engagement politique visant à faire progresser les cadres législatifs pour plus d’égalité. Cette dynamique a précédé l’adoption par la France, la même année, d’une diplomatie féministe.
En 2026, le contexte international est différent, et particulièrement préoccupant pour les droits des filles, des adolescentes, des femmes et des personnes LGBTQIA+, qui sont attaquées partout. Ce backslash s’accompagne d’une remise en cause inédite du multilatéralisme et du droit international, ainsi que d’une baisse historique de l’aide publique au développement (APD) mondiale, alors que les pays du G7 en sont les principaux financeurs. Dans ce contexte, Plan International France attendait un engagement fort de la France, en cohérence avec sa diplomatie féministe. Pourtant, l’égalité de genre n’a pas été retenue parmi les priorités de sa présidence.
Un plaidoyer constant afin d’inscrire les droits des filles, adolescentes et jeunes femmes à l’agenda du G7
Depuis janvier 2026, l’ONG Plan International France plaide systématiquement pour une meilleure prise en compte des droits des filles, des adolescentes et des jeunes femmes. Nous insistons notamment sur le rôle clé de l’éducation et l’importance de lutter contre toutes les formes de violences, y compris en ligne.
En juin 2026, quelques jours avant le Sommet d’Évian, l’ONG Plan International France a représenté le W7 lors du sommet du C7, le groupe d’engagement qui rassemble principalement des organisations de la société civile et des acteurs de la solidarité internationale. Nous avons alerté sur un angle mort majeur de la présidence française : l’absence de prise en compte du backlash, pourtant déterminant dans les déséquilibres mondiaux. Nous avons appelé les dirigeant·es du G7 à reconnaître le rôle essentiel des organisations féministes et à garantir leur financement à travers des engagements ambitieux et durables, tout en défendant le multilatéralisme.
Plan International France était présente au nom du W7 au Sommet d’Évian les 15, 16 et 17 juin, qui a réuni les chef·fes d’État et de gouvernement du G7. Cette présence a permis de contribuer à la visibilité des recommandations du W7 auprès des décideur·euses et des médias, dans une séquence officielle particulièrement silencieuse sur l’égalité de genre.
L’égalité de genre : une des grandes absentes du Sommet d’Évian
Alors que la société civile attendait un engagement fort des États du G7, le sommet n’a pas été à la hauteur des attentes, malgré une unique réaffirmation en demi-teinte de l’importance des droits des filles et des femmes.
La crise de l’APD n’a pas été adressée, alors que les pays du G7 sont responsables à eux seuls de 96 % des coupes budgétaires en 2025. Le terme «égalité de genre » n’apparaît dans aucune des neuf déclarations d’Évian et n’est plus discuté par les États au G7, qui n’ont pas reconnu les attaques systématiques des mouvements réactionnaires et leurs impacts délétères sur les droits, ni le rôle essentiel des organisations féministes pour les protéger.
Et la suite ?
Plan International France va continuer à porter ces revendications, aux côtés des autres organisations du W7, notamment lors du Forum de Paris pour la Paix, les 10 et 11 novembre 2026, qui constituera le point d’orgue final de la présidence française du G7.
Il ne peut y avoir de réduction des déséquilibres mondiaux sans engagements forts en faveur de l’égalité de genre et sans soutien durable aux organisations féministes. Leur reconnaissance et leur financement sont des piliers essentiels d’une diplomatie féministe ambitieuse.
Pour aller plus loin, retrouvez la Déclaration du Women 7 2026 et notre note de positionnement. Pour suivre notre mobilisation, rendez-vous sur le LinkedIn du W7.