Aujourd’hui, alors que l’école apporte aux enfants des outils essentiels pour leurs vies futures et que la Convention Internationale des Droits de l’Enfant reconnaît dans les articles 28 et 29 le droit fondamental à l’éducation, 251 millions d’enfants dans le monde, dont 129 millions de filles, n’ont pas accès à l’éducation, d’après l’Unicef.
Pourquoi les enfants ne vont pas à l’école ?
Dans certains pays, plusieurs raisons peuvent empêcher les filles d’aller à l’école :
- Le coût de l’école renforce la non-scolarisation des filles. Des moyens financiers sont nécessaires pour les inscriptions à l’école, les fournitures, l’uniforme et autres. En l’absence de cantine, il faut payer un repas supplémentaire. Lorsque les familles ne peuvent pas payer l’éducation de tous leurs enfants, elles privilégient celle des garçons, la considérant plus importante que celle des filles.
- L’absence d’accès à des services de santé constitue également un frein majeur à la scolarisation, en particulier pour les filles lorsqu’il s’agit de santé menstruelle. Faute d’information, de produits menstruels ou d’infrastructures adéquates, nombre d’entre elles sont contraintes de rester chez elles pendant leurs règles. Dans certaines régions, elles peuvent même être éloignées de leur domicile, car perçues comme « impures ».
- L’école peut aussi représenter un véritable danger pour les filles. Elles y sont parfois confrontées à des discriminations, du harcèlement ou des violences de genre, qu’elles soient verbales, physiques ou sexuelles. Cette insécurité crée un climat de peur qui peut les dissuader d’aller en classe ou pousser leurs familles à les en tenir éloignées.
- En situation de crise, l’accès à l’éducation devient extrêmement difficile. Selon la Coalition Éducation, 72 millions d’enfants ne sont pas scolarisés en raison d’urgences humanitaires ou de crises prolongées – dont 53 % sont des filles. Parmi eux, 17 % sont des enfants en situation de handicap. Près de la moitié des enfants réfugiés (48 %) restent également privés d’école, faute de dispositifs adaptés et de conditions de sécurité suffisantes.
- Lorsque les parents eux-mêmes n’ont jamais été scolarisés ou sont analphabètes, ils perçoivent souvent moins l’intérêt de l’éducation. Ancrés dans des normes traditionnelles, certains privilégient alors le mariage précoce de leurs filles. Or ces unions, tout comme les grossesses précoces qui peuvent en découler, entraînent quasi systématiquement l’abandon scolaire, privant les filles de leurs droits, de leur autonomie et de perspectives d’avenir.
D’après l’Unicef, la moitié des enfants non scolarisés vivent en Afrique subsaharienne, et un tiers dans des pays à faible revenu. Dans les zones touchées par des conflits, les filles sont particulièrement vulnérables : elles y ont 2,5 fois plus de risques d’être déscolarisées que celles vivant dans des régions épargnées par la violence.
En Afghanistan, avec le retour des talibans, au moins 7,8 millions d’enfants ne vont plus à l’école, d’après l’Unesco. L’enseignement secondaire et supérieur y est strictement interdit aux filles et aux femmes.
L’éducation, une protection essentielle pour les filles
Une éducation continue et de qualité donne, notamment aux filles, des connaissances sur leurs droits fondamentaux et leur permet de décider de leur futur. En s’éduquant, leur futur revenu augmente, ce qui participe à l’économie de leur pays et réduit la pauvreté qui se transmet de génération en génération. Plus tard, elles pourront être autonomes financièrement et donc plus indépendantes.
Une éducation complète à la sexualité permet aux jeunes d’être informé·es sur leurs corps, leurs droits et les risques liés à certaines pratiques. Pour les adolescentes et les jeunes femmes, ces connaissances sont essentielles : elles leur permettent de comprendre les conséquences néfastes des grossesses précoces ou des mutilations génitales féminines, et de s’en protéger.
Mieux informées, elles sont également en mesure de faire des choix éclairés pour leurs propres enfants, de refuser la répétition de pratiques néfastes et d’assurer une éducation plus sûre et plus émancipatrice pour la génération suivante.
Comment permettre à toutes les filles de recevoir une éducation de qualité ?
Plan International France met en place des programmes à travers le monde favorisant l’accès à l’éducation pour les jeunes. L’ONG mène des projets éducatifs comme ALFA au Bénin ou PAREC au Togo. L’approche de Plan International France vise à sensibiliser les familles et les communautés à l’importance de l’éducation des filles, qui doivent avoir les mêmes droits et les mêmes opportunités d’apprentissage que les garçons, et ce, partout dans le monde et dans tous les contextes.