Brisa, l’adolescente qui élève la voix contre les violences

Indigène de la communauté Miskito, peuple très pauvre du nord du Nicaragua, Brisa se bat contre les violences faites aux filles de sa communauté et défend leurs droits, car là-bas, n’importe qui peut disposer du corps d’une fille comme il l’entend. Son conseil aux jeunes filles ? « Exprime-toi et n’abandonne jamais ta scolarité et tes rêves ! »

J’APPRENDS AUX GARÇONS À TRAITER LES FILLES AVEC RESPECT

Brisa, adolescente, est déterminée à ce que les choses changent dans sa communauté. Grâce à l’aide de l’ONG Plan International, elle défend les droits des filles dans la communauté Miskito et défie les stéréotypes de genre.

« Je fais du porte à porte dans ma communauté et je parle aux adolescents, filles et garçons, d’abus sexuels, de grossesses précoces et de beaucoup d’autres problèmes. Nous avons formé un petit groupe de jeunes et nous parlons régulièrement aux garçons de la manière de traiter les filles avec respect et d’être responsable », raconte Brisa.

« Je veux un changement dans la vie des filles indigènes. Je veux qu’elles aient le pouvoir de dire non. »

Avec le temps, elle a gagné la confiance des filles de sa communauté mais elle sait que cette action seule n’est pas suffisante. Encouragée par l’impact qu’elle a sur sa communauté, elle est maintenant sur les ondes radio. Aidée par Plan International, elle présente un programme à destination des jeunes sur une radio locale très populaire parmi les communautés indigènes de la région.

« Des grossesses précoces aux violences domestiques, à la traite d’êtres humains et à la santé sexuelle et reproductive, mon émission s’attaque aux nombreux problèmes sociaux qui affectent mon peuple et ma communauté », confie Brisa.

L’émission de Brisa est écoutée par des milliers de jeunes ! Elle est confiante : « Je veux un changement dans la vie des filles indigènes. Je veux qu’elles aient le pouvoir de dire non et de décider pour elles-mêmes. Les filles viennent me voir et me disent qu’elles rêvent d’atteindre elles-aussi leurs rêves. Elles me regardent avec espoir. Le conseil que je donne aux jeunes filles : exprime-toi et n’abandonne jamais ta scolarité et tes rêves ! »

1 ADOLESCENTE SUR 3 EST DÉJÀ MÈRE OU ENCEINTE

Dans presque toutes les situations, ce sont les filles qui portent le poids de la combinaison mortelle de ces problèmes sociaux et économiques. Elles sont victimes au quotidien de certaines des plus extrêmes violations de leurs droits. Il leur est très difficile d’avoir accès à de l’aide. Elles et leurs détresses restent invisibles.

« Un grand nombre de filles Miskito de mon âge sont déjà des mères adolescentes ou sont enceintes. Dans la plupart des cas, ce n’est pas par choix… », confie Brisa.

Le Nicaragua connait le plus fort taux de grossesse chez les adolescentes de toute l’Amérique latine et des Caraïbes. La région de la communauté Miskito surpasse le taux du pays avec 1 adolescente sur 3, entre 15 et 19 ans, enceinte ou déjà mère de son premier enfant.

« Dans notre communauté, les filles n’ont pas d’autonomie sur leur corps. Cette société pense que le corps d’une fille est libre. Si tu es une fille, n’importe qui peut disposer de ton corps comme il l’entend », explique Shira Miguel, membre de l’ONG locale Nidia White, qui vient en aide aux victimes de violences sexuelles.

LA COMMUNAUTÉ MISKITO : ENTRE EXTRÊME PAUVRETÉ ET EXCLUSION SOCIALE

La communauté Miskito vit le long de la côte Atlantique au nord du Nicaragua. Cette région est marquée par une grande pauvreté et un faible niveau de développement. Le peuple indigène Miskito et des groupes afro-descendants sont confrontés à une marginalisation sociale et économique.

L’extrême pauvreté et l’exclusion générationnelle combinées font que les communautés indigènes de la région se retrouvent submergées par de graves problèmes allant de la jeunesse révoltée, du narcotrafic, à la violence, l’addiction à la drogue, la traite d’êtres humains et la généralisation des violences sexuelles.

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