À l’approche de la conférence internationale du 15 avril à Berlin, Plan International France appelle les pays donateurs à se mobiliser d’urgence face à la situation humanitaire au Soudan, en augmentant significativement les financements à hauteur de 2,49 milliards d’euros. L’ONG demande également que la protection des droits fondamentaux des filles soit placée au cœur des priorités.
Plan International France tire la sonnette d’alarme face à la crise humanitaire qui s’intensifie au Soudan. Près de trois ans après le début de la guerre, les besoins atteignent un niveau sans précédent : 34 millions de personnes nécessitent aujourd’hui une aide, dont 15 millions d’enfants.
Près de 12 millions de personnes exposé·es à des violences de genre
Dans ce contexte d’urgence, la troisième conférence de Berlin, prévue le 15 avril, constitue un moment crucial pour protéger les millions de civil·es confronté·es à la faim, au manque d’eau, aux déplacements forcés et aux violences sexuelles. Présente au Soudan depuis 1977, Plan International y portera un plaidoyer fort pour la protection des droits fondamentaux des filles, des adolescentes et des femmes, gravement mis à mal.
« Elles survivent dans un climat constant de violence, de famine et de peur », déplore Anne Bideau, directrice générale de Plan International France.
Près de 12 millions de personnes, soit un quart de la population, sont exposé·es à des risques de violences basées sur le genre, notamment des viols et des agressions sexuelles. Les violences sexuelles explosent dans un contexte où celles-ci restent largement sous-répertoriées. Les dispositifs de prise en charge sont insuffisants, notamment à cause des baisses de financements et des restrictions d’accès imposées aux acteurs humanitaires à des zones.
Des adolescentes en danger, privées d’éducation et d’avenir
Dans un rapport[1], Plan International met en lumière l’isolement extrême dans lequel vivent les adolescentes des localités de Tawilla et Dar El Salam, au Darfour du Nord. Par crainte d’être victimes de viol, d’exploitation sexuelle, de harcèlement ou d’enrôlement forcé par des groupes armés, leurs déplacements sont drastiquement limités. Parmi les personnes interrogé·es, 45 % indiquent avoir dû quitter l’école, invoquant notamment l’absence de trajets sécurisés pour s’y rendre, le mariage forcé et le travail agricole. À l’échelle nationale, plus de 14 millions d’enfants — une majorité de filles — sont déscolarisé·es, ce qui accroît fortement les risques de mariages précoces, de travail forcé et de recrutement par des groupes armés.
Conférence de Berlin : un rendez-vous crucial
Plan International appelle les États participant à cet événement à en faire un véritable tournant, en prenant des engagements clairs : un cessez-le-feu immédiat, le respect du droit international par l’ensemble des parties au conflit et un accès humanitaire sans entrave. L’ONG demande aux pays donateurs d’augmenter les financements humanitaires à hauteur de 2,49 milliards d’euros. La protection des femmes et des filles doit être une priorité face à l’explosion des violences basées sur le genre. Elle appelle à y consacrer au moins 25 % des financements pour soutenir directement les organisations locales, en particulier celles dirigées par des femmes.
Sans mobilisation immédiate, une génération entière de filles risque d’être privée de leurs droits fondamentaux. Leur voix est essentielle pour parvenir à une paix juste et durable.
[1] Plan International Soudan a mené une analyse de genre au Darfour du Nord, avec un focus particulier sur les localités de Dar El Salam et Tawilla en interrogeant les membres des communautés. Le rapport a été publié en octobre 2025.