.col
.col
.col
.col
.col
.col
.col
.col
.col
.col
.col
.col

Inde : nous, les filles, nous ne sommes en sécurité nulle part

Seema, 14 ans, vit dans un bidonville au sud de New Delhi, la capitale de l’Inde. Il y a plus d’un an, elle s’est engagée dans le projet de Plan International pour lutter contre le harcèlement sexuel dans la rue et concevoir des villes où les jeunes et en particulier les jeunes filles sont en sécurité.

LE HARCÈLEMENT SEXUEL FAIT PARTIE DU QUOTIDIEN DES FILLES DE MON QUARTIER 

Nous ne nous sentons en sécurité nulle part. Si ma famille pouvait déménager dans une région plus sûre, elle le ferait. Mais la plupart des gens de ma communauté sont pauvres. Les parents ne peuvent pas se permettre d’envoyer leurs enfants dans de meilleures écoles ou de déménager dans des quartiers moins dangereux.

MÊME A L’ÉCOLE OU SUR LE CHEMIN DE L’ÉCOLE, NOUS NE SOMMES PAS EN SÉCURITÉ

C’est seulement en faisant des études que nous pourrons changer de vie. 

Mais, aujourd’hui, nous ne pouvons même pas apprendre en toute sécurité. Car, sur le chemin de l’école, nous sommes régulièrement harcelées par des garçons et des hommes. Et au sein même de l’école, des garçons jettent des pierres à travers les fenêtres de nos salles de classe.

Dans les espaces publics également, nous sommes souvent importunées voire agressées par des adolescents et des hommes dont beaucoup ont abandonné l’école. Ils sont sans emploi et nombre d’entre eux sont devenus toxicomanes. D’où un taux de criminalité élevé. Ils trainent en bande dans les rues, près des toilettes publiques, des écoles et dans les parcs publics, et ils harcèlent les filles.

C’est stressant. Et si vous faites un signalement, les policiers trouvent toujours une excuse pour ne rien faire.

La nuit, c’est pire. Beaucoup de lampadaires sont cassés depuis des mois. Les filles ne sortent pas après la tombée de la nuit. Si elles doivent absolument le faire, elles doivent forcément être accompagnées d’adultes.

DES FILLES ET DES GARÇONS UNI·E·S POUR RENDRE LES VILLES PLUS SURES

Il y a plus d’un an, je me suis engagée dans le projet de l’ONG Plan International pour des villes plus sûres. J’ai beaucoup appris sur les nombreux défis auxquels les filles comme moi sont confrontées quotidiennement en matière de sécurité. J’ai appris que souffrir en silence ne fait qu’aggraver la souffrance. J’ai appris à parler et j’ai constaté que lorsque les filles s’unissent, elles sont plus fortes et se font mieux entendre.

Ce qui est bien dans ce projet, c’est que des garçons et des hommes y sont associés. L’essentiel du problème vient d’eux ; aussi, si on ne les implique pas, on ne réussira pas à sécuriser notre quartier. Il faut qu’ils comprennent et qu’ils agissent.

Nous voyons déjà la différence dans les groupes où filles et garçons interagissent, apprennent à se respecter et trouvent ensemble des solutions pour rendre les rues plus sûres, pour les filles comme pour les garçons. Car, bien que les filles soient les plus touchées, de nombreux garçons sont également confrontés à des problèmes d’insécurité, tels que la criminalité de rue.

NOUS FAISONS AVANCER LES CHOSES

Le projet de Plan International pour rendre les villes plus sûres m’a rendue plus confiante, ce qui m’aide à réagir en cas de problème, alors qu’avant je n’osais pas. Il a également conduit de nombreux garçons et hommes de ma communauté à se comporter de manière responsable et à respecter les filles.

Cependant, il reste encore un long chemin à parcourir avant que tous les garçons et tous les hommes aient modifié leur comportement, pour que les filles puissent se déplacer librement, aller à l’école, à l’université et profiter de leurs ami·e·s sans craindre pour leur sécurité.

Avec le projet pour rendre les villes plus sûres de Plan International, j’ai le sentiment d’avoir trouvé ma voie, et je me rends compte que les choses peuvent changer, certes lentement, mais peuvent changer. Ce n’est qu’un début mais qui sera suivi, j’espère, d’autres évolutions importantes. »

L’objectif du projet de Plan International pour rendre les villes plus sûres, associé à ONU-Habitat et Women in Cities International est de construire des villes sûres avec et pour les adolescentes. Il est actuellement mis en œuvre dans 8 villes dont New Delhi. 

Sur instagram