Chaque année, 246 millions d’enfants sont touchés par les violences à l’école. Elles interviennent à la maison, sur les chemins de l’école et au sein même des établissements scolaires. Les filles sont les premières à être touchées par ces violences, et la conséquence directe est leur déscolarisation.

La source des violences envers les filles

Dans le monde, 1 femme sur 3 a subi des abus physiques ou des violences sexuelles, dont 80 % sont commis par un partenaire ou époux.

Ce chiffre s’explique notamment par les traditions existantes. Le statut de la femme étant particulièrement précaire, il est considéré comme normal que le mari ait tout pouvoir sur la femme. L’accès à l’éducation est souvent interdit par un mari violent qui souhaite que sa femme conserve son statut de femme au foyer. Par ailleurs, ces violences peuvent être perpétrées également par la belle-mère, qui reproduit un modèle déjà existant depuis plusieurs générations, ne comprenant pas et refusant souvent l’accès à sa belle-fille à l’école.

En milieu scolaire, les situations de violences morales et physiques sont nombreuses et viennent souvent des enseignants qui sont majoritairement des hommes. Et bien que les filles comme les garçons en soient les cibles, les filles sont les plus touchées. On estime que 60 millions de filles et 29 millions de garçons par an sont victimes de violences sexuelles à l’école ou sur le chemin de l’école. Quand ils ont posé des questions concernant les grossesses précoces, les enquêteurs de Plan International au Togo ont découvert que 16 % des enfants interrogés désignaient un enseignant comme responsable de la grossesse d’une fille de leur classe et, au Ghana, 75 % leurs enseignants comme les principaux responsables des violences à l’école.

L’extrême pauvreté est également un facteur qui aggrave ces pratiques. Ce contexte social favorise les tensions entre élèves, mais aussi entre enseignants. Ainsi, le manque ou l’insalubrité des infrastructures, la formation limitée des professeurs en constituent les exemples les plus criants. Par ailleurs, les filles sont généralement plus sujettes aux pressions psychologiques. Il n’est pas rare d’assister à des situations de sexe transactionnel, ou les services sexuels ou domestiques permettent aux filles de financer leur scolarité.

La peur, facteur de mutisme et d’abandon de la scolarité chez les filles

Pour expliquer un tel mutisme autour de ces pratiques :

La crainte est le point central de ces actions passées sous silence. Les filles ont en général peur du regard qui pourrait être porté sur elles si elles divulguaient les violences en milieu domestique, mais aussi scolaire.

Les traditions et l’honneur sont un terreau fertile à ces peurs. Admettre, pour une fille, que l’enseignant est à la source d’abus sexuels peut également entraîner dans la foulée un mariage afin de passer sous silence une grossesse.

Les conséquences des violences en milieu familial et scolaire

Ces nombreuses violences ont des conséquences multiples et dévastatrices. En effet, chaque année, 246 millions d’enfants sont touchés par les violences à l’école, soit 20 % de la population mondiale.

La déscolarisation massive des jeunes filles qui développent une peur en milieu scolaire est la première conséquence de ces violences.

De nombreux risques pour la santé existent, comme la transmission de maladies sexuellement transmissibles et ou encore les grossesses précoces et dangereuses pour les filles.

Enfin, ces diverses pressions et violences entrainent des traumatismes marquants pour les filles qui assimilent le milieu scolaire à ces peurs et qui peuvent développer des troubles alimentaires ou encore des tendances dépressives.

L’éducation, vecteur d’ascension sociale

Pourtant, l’éducation est un vecteur fondamental d’ascension sociale. Ainsi, les actes perpétrés par ces enseignants et, ces maris ne font qu’ancrer des traditions contreproductives.

On sait que chaque année passée par une fille sur les bancs de l’école augmente son futur revenu de 10 % à 20 %. L’école est donc fondamentalement un outil de changement.

Plan International œuvre en mettant en avant des solutions concrètes face à ce fléau. Ainsi, la construction de toilettes séparant les filles des garçons en est un exemple. Parallèlement, l’accent est mis sur la sensibilisation des enseignants, parents, médias et communautés, mais aussi des instances internationales, afin de leur faire comprendre l’importance d’une éducation de qualité en lieux sûrs pour leurs filles.

Des groupes d’adolescents et des prises en charges psychosociales sont également créés pour œuvrer contre ces violences en milieu scolaire.

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