Publié le 4 décembre 2025

Le travail infantile concerne 138 millions d’enfants dans le monde, 54 millions d’entre eux étant soumis aux formes de travail les plus dangereuses ou PFTE ou Pires Formes de travail des Enfants (Source UNICEF/OIT : Travail des enfants : Estimations mondiales 2024. Tendances et chemin à suivre).

Jordanie fille travaillant dans les champs

1. Qu’est-ce qui est considéré comme du travail infantile ?

Clarifions tout d’abord ce qu’est un enfant : la Convention relative aux droits de l’enfant définit un « enfant » comme une personne âgée de moins de 18 ans.

Quant au travail des enfants, il regroupe, selon l’Organisation internationale du travail, l’ensemble des activités qui privent les enfants de leur enfance, de leur potentiel et de leur dignité, et nuisent à leur scolarité, santé, développement physique et mental. Il s’agit d’un travail qui est mentalement, physiquement ou moralement dangereux et nuisible aux enfants.

Le travail des enfants peut prendre différentes formes : travail dans des industries dangereuses, dans les mines, dans les décharges, dans les champs, dans la rue, enfants-soldats, travail domestique, exploitation sexuelle, ou encore travail informel.

Et pourtant, l’article 32 de la Convention internationale des droits de l’enfant indique que « les États parties reconnaissent le droit de l’enfant d’être protégé contre l’exploitation économique et de n’être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptible de  compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou à son développement physique, mental, spirituel, moral ou social ».

2.Quelles sont les causes du travail infantile ?

Comme le dit l’UNICEF, le travail des enfants est essentiellement dû à la pauvreté des familles et des communautés concernées.

Mais il est aussi le produit d’autres facteurs :

Le travail des enfants est également une conséquence des inégalités sociales renforcées par les discriminations. Les enfants des minorités ethniques, ou des classes les plus populaires, sont plus à risque d’être déscolarisés et poussés à travailler.

3. Comment a évolué le travail des enfants ces dernières années ?

Une avancée importante : depuis l’an 2000, le nombre d’enfants contraints au travail a presque été divisé par 2, passant de 246 à 138 millions. Ainsi, au cours des 4 dernières années, 25 millions d’enfants ont échappé au travail infantile.

Une avancée importante certes, mais encore insuffisante. Au rythme actuel, le monde est loin d’atteindre l’objectif d’élimination du travail des enfants d’ici 2025, conformément à la cible 8.7 des Objectifs de Développement durable (ODD). Pour y parvenir, il faudrait multiplier par 11 la vitesse des progrès réalisés. (Source UNICEF/OIT : Travail des enfants. Estimations mondiales 2024. Tendances et chemin à suivre).

Les avancées ont été particulièrement marquées dans la région Asie et Pacifique puisque 27,7 millions d’enfants étaient astreints au travail en 2020, contre 48,7 millions en 2024.

En Amérique latine et aux Caraïbes, le pourcentage d’enfants astreints au travail à également diminué de 5,6 à 3,1 % ces 4 dernières années. De 8,2 millions d’enfants en 2020 à 7,3 millions en 2024.

En Afrique sub-saharienne, où le travail des enfants est très largement concentré dans l’agriculture, près d’1 enfant sur 3 est toujours astreint au travail, soit 87 millions dont un quart effectuent des travaux dangereux. Cependant si, du fait de la croissance démographique, de l’extrême pauvreté et des mesures de protection sociale inadaptées, ce chiffre reste le même en 2024, le pourcentage d’enfants concernés a diminué de 23,9 à 21,5 % ces 4 dernières années.

4. Existe-t-il une différence entre l’exploitation des filles et des garçons ? 

Au niveau des chiffres, on peut penser que les filles sont moins impactées par ce phénomène car les chiffres sont plus élevés du côté des garçons. Cependant, ces chiffres ne prend pas en compte les tâches ménagères effectuées
au domicile des enfants, tâches majoritairement assurées par les filles. Alors, si on inclut les 8 millions de filles qui passent, par semaine, 21 heures ou plus à effectuer des tâches domestiques, la proportion de filles astreintes au travail des enfants est légèrement supérieure à celle des garçons.

Avec l’âge, la nature du travail des enfants diverge en fonction du genre : les garçons sont de plus en plus nombreux à travailler dans l’industrie, tandis que les filles sont plus susceptibles de se retrouver dans le secteur des services. Cette différenciation devient plus marquée à l’adolescence, en fonction des structures du marché du travail et des normes sociales dominantes.

5. Quelles sont les conséquences du travail infantile sur les enfants ? 

Les répercussions du travail sur les enfants, et en particulier sur les filles, sont graves et multiples :

L’ONG Plan International France lutte pour faire respecter les droits des enfants, en particulier ceux des filles, et l’égalité filles-garçons. Engagé dans ce combat depuis 1994, Plan International France agit et appuie la mise en place de programmes de développement pour, notamment, lutter contre le travail des enfants.

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