À moins d’un mois du sommet du G7 à Évian-les-Bains (15-17 juin), la coalition féministe internationale Women 7 (W7), qui rassemble plus de 260 organisations de la société civile de 62 pays, alerte sur l’ampleur du backlash en cours contre les droits des femmes, des filles et des personnes LGBTQIA+. En lançant la campagne #FundFeministsSaveDemocracy, le W7 appelle les États membres du G7 alliés et progressistes à défendre l’égalité de genre et à concrétiser leur soutien par des financements aux organisations féministes.
Le backlash : un déséquilibre majeur organisé
Le backlash contre les droits des femmes, des filles, des adolescentes et des personnes LGBTQIA+ est un phénomène organisé de manière systémique, planifié et bien financé, porté par des mouvements anti-droits, des partis politiques conservateurs, avec la complicité d’une partie du secteur privé et des Big Tech. Passer sous silence ces offensives réactionnaires ne les fera pas disparaître : elles s’installeront au contraire plus profondément et durablement.
Alors que la France fonde sa présidence du G7 sur le constat que « de profonds déséquilibres menacent la stabilité de l’économie mondiale », les inégalités de genre sont absentes du diagnostic. Or, partout où les associations féministes sont attaquées ou affaiblies, l’espace civique se referme, les contre-pouvoirs reculent et les régimes autoritaires prospèrent. Ce backlash va de pair avec une réduction des espaces civiques, la criminalisation croissante de l’action associative et la montée en puissance des mouvements anti-droits.
Défendre l’égalité de genre : une priorité internationale
En 2027, les États-Unis vont prendre la présidence du G7, avec le risque de neutraliser toute possibilité d’action. 2026 est donc l’année pour consolider les alliances. Le W7 appelle ainsi les États progressistes à garantir aux organisations de la société civile des financements dédiés à l’égalité de genre.
Pour le W7, il faut impérativement enrayer cette tendance de fond consistant à laisser la loi du plus fort s’installer sur la scène internationale. La coalition appelle les États membres du G7 alliés et progressistes, à :
- Ne pas reculer sur les droits des femmes, des filles et des personnes LGBTQIA+, même sous pression au sein du G7.
- Renforcer les collaborations avec les membres du G7 et États invités prêts à agir pour l’égalité de genre.
- Reconnaître le rôle fondamental des organisations féministes dans la réponse aux déséquilibres mondiaux et la défense de la démocratie, et renforcer leur financement.
Financer les organisations féministes : un choix politique
Malgré leur impact reconnu, les organisations féministes ne reçoivent qu’une part infime de l’aide internationale : d’après l’OCDE, en 2024, moins de 1 % atteignait directement les organisations féministes. Le sous-financement des organisations féministes compromet directement leurs capacités d’action, de protection et d’accompagnement des communautés qu’elles soutiennent.
Plus globalement, financer les associations féministes, de défense des droits humains et de solidarité internationale constituent des leviers concrets pour renforcer la résilience des sociétés et la stabilité démocratique.
Avec sa campagne #FundFeministsSaveDemocracy, le W7 s’adresse à la France et aux États alliés et progressistes en matière d’égalité de genre, pour les inciter à promouvoir, notamment lors du Sommet du G7, des financements publics, directs, flexibles et pluriannuels pour les organisations féministes, dans les pays du G7 et au-delà, et en particulier aux groupes locaux et dirigés par le Sud global.
Note aux éditeurs
La présidence française du G7 doit être une séquence de remobilisation autour des droits humains et du multilatéralisme. En 2019, sous présidence française, le G7 avait permis la création du Partenariat de Biarritz et d’un fonds de soutien aux organisations féministes, qui a depuis soutenu près de 1 500 associations dans le monde, permettant des mobilisations collectives, des changements législatifs et des actions vitales (prévention des violences, accès à la justice, lutte climatique…).
Le Women 7 (W7), est une coalition de plus de 260 organisations féministes issues de 62 pays, coordonnée par Equipop, CARE France, Le Fonds pour les Femmes en Méditerranée, Le Planning Familial et Plan International France. Retrouvez en ligne la déclaration du Women 7.
