Si nous ne scolarisons pas les filles, elles deviennent des esclaves et sont mariées à 12 ans

Membre du Conseil d’Administration de la fondation Plan International France, Pierre Siquier nous raconte sa visite de notre projet AVENIR pour l’éducation des enfants, notamment des filles, au Cameroun.

« La briqueterie est un quartier de Yaoundé 2, un arrondissement de la capitale du Cameroun, très imbriqué et très peuplé. Les personnes qui y vivent viennent de communautés différentes. La grande majorité des familles de la Briqueterie vit largement en-dessous du seuil de pauvreté : peu d’eau potable, peu d’électricité, aucun accès à l’assainissement et à l’hygiène. Les maisons sont imbriquées les unes dans les autres, les allées sont extrêmement petites et servent d’égouts à tou.te.s. Néanmoins, les habitant.e.s de la Briqueterie font preuve d’une grande dignité, ils ne sont en aucun cas dans la mendicité ou dans la plainte malgré le manque de moyens pour subvenir à leurs besoins essentiels.

Il est important de souligner que l’AFADEVH, principal partenaire de notre organisation sur le projet AVENIR, est un acteur essentiel du programme. Hawa Adamou, la présidente et fondatrice de l’association, a elle-même subit un mariage forcé à l’âge de 13 ans. Aujourd’hui, elle milite pour l’éducation et le travail des femmes afin de mettre un terme à cette pratique. 

En matière d’éducation, les équipes de Plan International et de l’AFADEVH ont mis en place des structures d’aide à l’éducation des enfants, en particulier des filles, où ils apprennent à lire, écrire et calculer. C’est un moyen formidable de permettre aux filles de s’épanouir et de jouir de leurs droits. Lorsqu’elles savent lire, écrire et calculer, elles ne sont pas mariées de force car elles apportent un savoir utile à leur foyer. Elles peuvent grandir au sein de leur famille et parfois même perpétuer leurs études jusqu’à l’université. Hawa Adamou explique : « Lorsqu’une fille ne sait ni lire, ni écrire, elle n’est même pas capable d’être bonne dans une famille africaine. On ne peut pas l’envoyer au marché parce qu’elle ne sait pas compter ou bien lire une liste de course. Si nous n’éduquons pas les filles même à ce niveau-là, elles deviennent des esclaves et sont mariées à 12-13 ans. »

Par ailleurs, Plan International et l’AFADEVH ont créé des Activités Génératrices de Revenus (AGR) pour les femmes, de manière à ce qu’elles puissent être autonomes financièrement. Par exemple, certaines vendent du bois, d’autres de la glace générée par des congélateurs financés par notre organisation, d’autres encore, fabriquent des pagnes qu’elles revendent ensuite. Plan International et l’AFADEVH se chargent de procurer à ces femmes le matériel nécessaire à toutes ces activités. Les Activités Génératrices de Revenus (AGR) permettent également d’empêcher les mariages précoces et forcés car une jeune fille qui travaille rapporte un revenu à sa famille.

Les bénéficiaires du projet AVENIR à la Briqueterie semblent très enthousiastes à l’idée que le projet puisse se prolonger car ils sont heureux de l’action portée par Plan International et ses partenaires. Le travail de sensibilisation quant à l’importance de l’éducation des enfants et qui plus est des filles, a été plus qu’efficace. Aujourd’hui, la plupart des familles, y compris les hommes, ont conscience qu’il en va du développement de toute la communauté.

Enfin, le projet permet l’organisation d’Associations  d’Épargne et de Crédit (AVEC) pour les femmes. Ces associations sont des groupes qui réunissent des femmes voulant mettre des sous de côté pour pouvoir épargner ou emprunter lorsqu’elles doivent investir soit pour inscrire leurs enfants à l’école, soit pour acheter du matériels, soit pour acheter des médicaments lorsque leurs enfants sont malades… »

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