En Éthiopie, Tizita Gezahegn est animatrice du projet « My Choice for My Life » de Plan International et travaille avec des filles des régions de Sidama afin de leur permettre de devenir des actrices du changement. Elle a accepté de nous parler de son rôle et de la transformation dont elle a été témoin dans la communauté depuis le début du projet.

S’attaquer aux inégalités de genre qui nuisent à la vie des filles

« J’ai rejoint le projet « My Choice for My Life » en tant qu’animatrice et j’ai dirigé différents groupes de discussions au sein de ma communauté. Plus tard, en devenant animatrice de programme « Champions of change », j’ai été formée pour gérer les activités du projet ».

« J’ai beaucoup appris au cours de la formation sur l’égalité filles-garçons, la protection des enfants, le mariage forcé et la santé sexuelle et reproductive. En tant qu’animatrice, je partage mes connaissances avec la communauté et les jeunes du groupe ».

Les violences faites aux filles et aux femmes sont considérées comme socialement acceptables dans certaines communautés. « Nous avons donc eu des difficultés à recruter de nouveaux membres lorsque nous avons lancé le programme « Champions of change ». Mais, avec le temps, la sensibilisation et le dialogue, les personnes qui participent aujourd’hui à notre projet expriment même des regrets concernant leurs attitudes et comportements antérieurs concernant le mariage forcé et l’égalité filles-garçons. »

Avant la mise en œuvre du projet « My Choice for My Life », les adolescent·es n’étaient pas au courant des risques liés au mariage forcé, aux violences de genre et ne connaissaient pas leurs droits sexuels et reproductifs.

« Tout le monde pensait que le mariage forcé était une bonne pratique car lorsqu’une fille atteint l’âge de 15 ou 16 ans, les parents la poussent habituellement à se marier, de peur qu’elle n’ait pas d’avenir si elle ne se marie pas. »

Tizita

Lors des sessions de sensibilisation, Tizita a constaté que les mariages forcés résultaient aussi souvent d’enlèvements des filles par les hommes. Certains hommes kidnappent des filles et les retirent de leur famille afin de les forcer à se marier avec eux.

Avant la sensibilisation de Plan International dans sa communauté, les garçons avaient également plus accès à l’éducation et à d’autres services que les filles. Les filles étaient uniquement censées rester à la maison et effectuer des tâches ménagères. De plus, on s’attendait à ce que les filles se marient jeunes et aient des enfants parce que leurs parents voulaient des petits-enfants.

Le rôle de Tizita dans la lutte contre les violences faites aux filles en Ethiopie

Des transformations positives ont rapidement suivies dans la communauté à la suite du projet. Aujourd’hui, les filles se sentent complètement confiantes dans leur capacité de rejeter les demandes de leurs parents pour des mariages.

Les animateur·rices du programme « Champions of Change » sensibilisent la communauté à l’égalité filles-garçons, afin que les parents donnent des chances égales à leurs filles et à leurs fils.

« Grâce au travail de sensibilisation accru, nous remarquons un changement majeur dans les attitudes, les parents encourageant désormais les filles à poursuivre leurs études dans le supérieur au lieu de les pousser à se marier. »

Tizita

Les filles sont maintenant davantage autonomes. Elles peuvent prendre des décisions qui concernent leur propre vie, avoir confiance en elles, et parler en toute liberté des effets néfastes du mariage forcé et la possibilité de le refuser même si la société les encourage à le faire.

« Nous animons les séances de formation et de sensibilisation en s’appuyant sur des modules d’apprentissage. Nous suivons 7 modules d’apprentissage pour les groupes de filles. Chacun des cinq groupes de filles compte 35 membres. Nous avons des séances de formation 2 fois par semaine avec chaque groupe. Nous utilisons le même processus pour les groupes de garçons. Il y a également un module commun au milieu de la formation qui réunit les groupes de garçons et de filles pour discuter. ». Ils deviennent ainsi plus motivés et plus engagés dans la formation. De plus, des sous-vêtements, du savon et des serviettes hygiéniques sont fournis aux participantes afin qu’elles puissent gérer leur santé menstruelle.

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