Alors que les élèves s’apprêtent à retrouver les bancs de l’école, de nombreuses filles manqueront à l’appel cette année. Chaque année, près de 12 millions d’entre elles sont mariées avant leurs 18 ans ; une réalité qui constitue un obstacle majeur pour les droits des filles.
Pourtant, l’éducation reste l’un des leviers les plus efficaces pour prévenir le mariage d’enfants. Aller à l’école permet non seulement aux filles d’acquérir des connaissances, mais aussi de connaître leurs droits, de gagner en autonomie et de montrer à leurs communautés qu’un avenir autre que celui du mariage forcé est possible pour elles.
Pourquoi le mariage d’enfants éloigne-t-il les filles de l’école ?
Le mariage d’enfants prive les filles de nombreux droits, à commencer par celui d’aller à l’école. Une fois mariées, beaucoup d’entre elles sont contraintes d’interrompre leur scolarité pour s’occuper du foyer, parce qu’elles deviennent mères très jeunes ou parce qu’elles ne sont plus autorisées à poursuivre leurs études.
Cet arrêt brutal de leur scolarité a bien souvent des conséquences qui se font sentir toute la vie. Sans éducation, les filles ont moins de possibilités d’accéder à un emploi, de gagner en autonomie et de faire entendre leur voix. Le mariage d’enfants entretient ainsi les inégalités et le cycle de la pauvreté.
C’est ce qu’a failli vivre Sen, qui vit dans la province de Ha Giang, au nord du Vietnam.
« C’était comme vivre avec des chaines invisibles »
À seulement 10 ans, Sen apprend que sa famille a accepté une dot et décidé qu’elle se marierait plus tard avec le fils d’une autre famille.
« Savoir que je pouvais être envoyée dans une autre famille à tout moment, c’était comme vivre avec des chaînes invisibles qui m’empêchaient de vivre pleinement ma vie. »
Tout change lorsqu’elle rejoint Champions of Change, un programme de Plan International. Elle y découvre un espace où les jeunes peuvent échanger sur leurs droits, l’égalité entre les filles et les garçons et les violences basées sur le genre, comme le mariage d’enfants.
Au fil des activités, Sen prend confiance en elle. Soutenue par ses enseignant·es, les leaders de sa communauté et les équipes de Plan International, elle parvient à faire annuler le mariage. Elle poursuit ensuite ses études, avant d’intégrer l’université.
L’éducation des filles, un rempart contre le mariage d’enfants
L’histoire de Sen est loin d’être un cas isolé. Partout dans le monde, l’école joue un rôle essentiel pour prévenir le mariage d’enfants.
Plus une fille reste à l’école, moins elle risque d’être mariée avant sa majorité. Au cours des dix dernières années, 25 millions de mariages d’enfants ont été évités grâce à l’augmentation de la scolarisation des filles, aux investissements publics et aux actions de sensibilisation (ONU). Ainsi, chaque année supplémentaire passée à l’école réduit de 6 points le risque qu’une fille soit mariée avant ses 18 ans.
C’est le message que porte aujourd’hui Sen, qui accompagne à son tour d’autres adolescentes et rappelle l’importance de l’école :
« Aller à l’école est essentiel, parce que cela nous ouvre le champ des possibles. L’un des premiers signes d’un mariage d’enfants est l’absence d’une fille à l’école. Au début, ce ne sont que quelques jours. Puis cela devient des semaines, des mois. C’est pourquoi il est essentiel d’aller vers les élèves qui ne reviennent plus en classe. »
Comment Plan International agit pour l’éducation des filles
Présent dans plus de 80 pays, Plan International agit aux côtés des filles et de leurs communautés pour lever les obstacles à leur scolarisation et défendre leurs droits.
Nos programmes de développement et d’action humanitaire font de l’éducation un levier essentiel pour protéger les filles, notamment par l’accompagnement des filles déscolarisées afin que celles-ci puissent retrouver le chemin de l’école ou accéder à une formation, la distribution de kits scolaires, ou encore la sensibilisation des familles, communautés et équipes éducatives.
En faisant un don, vous permettez à davantage de filles de rester à l’école, de connaître leurs droits et de choisir l’avenir qu’elles souhaitent construire.