Causes et conséquences du mariage d’enfants

Le mariage d’enfants recule progressivement dans le monde. Aujourd’hui, une femme sur cinq âgée de 20 à 24 ans a été mariée durant son enfance, contre une sur quatre il y a une dizaine d’années. Ce progrès montre que le changement est possible. Mais le rythme actuel reste très insuffisant : il faudrait encore trois siècles pour éradiquer totalement cette pratique, qui existe sur tous les continents.

Et ce, alors que le mariage d’enfants prive les filles et les adolescentes de leurs droits fondamentaux. Il les expose souvent aux violences psychologiques, physiques et sexuelles, les contraint à assumer les tâches domestiques dans leur foyer et augmente les risques de grossesses précoces , qui figurent parmi les principales causes de mortalité chez les adolescentes. En les éloignant du chemin de l’école, il les enferme dans la dépendance économique au mari ou à la belle-famille.

Le mariage précoce et forcé : qu’est-ce que c’est ?

La Déclaration universelle des droits de l’Homme définit le mariage forcé comme étant l’union de 2 personnes dont l’une n’a pas donné son libre et plein consentement au mariage. Les mariages d’enfants désigne tout mariage impliquant un enfant de moins de 18 ans. Le mariage précoce et forcé désigne donc l’ensemble des mariages d’enfants.

Le mariage forcé est une atteinte aux droits humains fondamentaux, notamment à la liberté et à l’intégrité physique. Le mariage d’enfants constitue une violation des droits humains et a des effets dévastateurs sur leur santé et leur émancipation économique. Cette pratique néfaste prive les filles de leur enfance et les expose aux violences, aux viols, aux maladies sexuellement transmissibles telles que le VIH, aux grossesses précoces non désirées et aux avortements à risque.

Chaque année, 12 millions de filles sont mariées avant l’âge de 18 ans. Soit 23 filles par minute. Près d’une fille toutes les 3 secondes.

Les causes du mariage forcé et précoce

Aujourd’hui, 640 millions de filles et de femmes ont été mariées avant l’âge de 18 ans. Le mariage d’enfants existe dans tous les pays et toutes les régions du monde. Il ne s’explique pas par une seule culture ou une seule tradition, mais par plusieurs facteurs qui se cumulent et se renforcent, comme les inégalités entre les filles et les garçons, la pauvreté, les conflits armés ou encore les crises.

Ce phénomène s’explique par :

Dans de nombreuses communautés, le mariage d’enfants est encore considéré comme une pratique normale. Les filles y sont souvent perçues avant tout comme de futures épouses et mères, ce qui justifie le contrôle de leur vie et de leur avenir. Ces normes sociales et traditions patriarcales limitent leurs droits, notamment à l’éducation, à la santé et à la participation à la vie publique, et entretiennent les inégalités entre les filles et les garçons.

C’est une stratégie de survie économique pour les familles aux revenus extrêmement modestes. Marier sa fille permet aux familles de réduire leurs charges ou de recevoir une dot.

À la puberté, beaucoup de filles sont considérées comme prêtes pour le mariage. Celui-ci est alors imposé pour contrôler leur sexualité et préserver « l’honneur » de la famille.

Les grossesses (et les rapports sexuels) hors mariage sont fortement stigmatisées, poussant certaines familles à marier les filles dès qu’elles tombent enceintes. L’objectif est d’éviter la honte ou l’exclusion sociale. Les filles et les adolescentes qui tombent enceintes ou qui sont mariées peuvent être contraintes de quitter l’école.

En 2024, 150 millions d’enfants n’avaient pas été enregistrés à la naissance dans le monde (UNICEF). Les filles ne possédant aucune identité juridique ne peuvent fournir de preuve de leur jeune âge, qui prouverait l’illégalité d’un mariage précoce.

La faiblesse des cadres législatifs contribue à perpétuer la pratique des mariages d’enfants. Bien que de plus en plus de pays aient fixé l’âge minimum du mariage à 18 ans au cours des dernières années, ces avancées restent largement fragilisées par la multitude d’exceptions existantes.

Même quand le mariage d’enfants est interdit, beaucoup de familles l’ignorent et/ou enfreignent la loi. Dans certains pays, cette violation du cadre législatif est si répandue et acceptée que les sanctions sont rares.

Les crises aggravent le risque de mariage d’enfants. Les catastrophes climatiques, les conflits ou les déplacements forcés peuvent priver les familles de leurs ressources et les pousser à marier leurs filles malgré leur jeune âge. La pandémie de COVID-19 a également entraîné une hausse des mariages d’enfants, en raison des fermetures d’écoles, de la baisse des revenus des ménages et de l’accès plus limité aux services de santé sexuelle et reproductive.

La montée en puissance des mouvements anti-droits et les baisses des financements de l’aide au développement fragilisent les progrès réalisés ces dernières décennies visant à lutter contre le mariage d’enfants. En remettant en cause l’égalité entre les genres, en restreignant l’accès à l’éducation complète à la sexualité et aux droits sexuels et reproductifs, ces mouvements renforcent les normes sociales qui favorisent le contrôle du corps et de la sexualité des filles. Or, le mariage d’enfants est précisément l’une des manifestations de ce contrôle. Lorsque les filles ont moins accès à l’information, à l’éducation et aux services de santé, elles disposent de moins de moyens pour faire valoir leurs droits, poursuivre leur scolarité et échapper ainsi à un mariage.

Les conséquences du mariage forcé et précoce

Le mariage précoce et forcé a des conséquences graves sur la vie d’une fille, de sa communauté et de son pays.

Les mariages précoces et forcés maintiennent les femmes dans une situation de pauvreté et de dépendance économique.

Les actions de Plan International

Plan International agit sur tous les fronts pour lutter contre le mariage d’enfants :

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