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Deux fois, Rachel a dû fuir la guerre civile. Elle a quitté le Soudan puis, quelques années après, le Soudan du Sud. Hébergée maintenant dans un camp de réfugié·e·s en Ethiopie, elle est devenue directrice d’école et multiplie les initiatives pour favoriser la scolarisation des filles.

J’avais un travail, un mari et 2 enfants

Quand ses parents ont été tués pendant la guerre civile au Soudan, la plus longue de l’histoire de l’Afrique, Rachel, alors âgée de 8 ans, a été emmenée au Kenya par sa tante. Elles ont élu domicile dans un camp de réfugié·e·s où Rachel a fréquenté l’école primaire. Lorsque le Soudan du Sud a accédé à l’indépendance, elles sont retournées dans leur nouveau pays, espérant pouvoir vivre en paix.

Au début, tout s’est bien passé. Rachel a terminé ses études secondaires et fait des études d’infirmière. Elle a trouvé un travail qui lui plaisait, s’est mariée et a eu 2 enfants.

Mais lorsque la guerre civile a éclaté au Soudan du Sud, la situation s’est rapidement dégradée. « Lorsque la guerre a éclaté dans ma région, j’étais seule au village avec mes 2 enfants alors que mon mari travaillait à Juba et c’est ainsi que nous avons été séparés. »

Enceinte de mon 3e enfant, j’ai dû fuir de nouveau

Rachel a vite compris qu’il lui fallait partir. « Nous avons assisté à des actes d’une violence inouïe. Nous n’avions pas d’autre choix que de fuir pour sauver nos vies. »

Depuis décembre 2013, le conflit au Soudan du Sud a coûté la vie à des milliers de personnes et chassé près de quatre millions de personnes de leurs foyers. Alors que beaucoup restent déplacées à l’intérieur du pays, plus de deux millions de personnes ont fui vers les pays voisins dans le but désespéré d’assurer leur sécurité.

Ainsi Rachel, enceinte de son troisième enfant, et ses enfants, ont marché pendant 2 mois pour atteindre l’Ethiopie. Au cours du voyage, Rachel a accouché.

Mes enfants ont pu aller à l’école dans le camp

En Éthiopie, la famille a été envoyée dans un camp de réfugié·e·s à Gambella et Rachel était très impatiente que ses 2 aînés soient scolarisés. « Ici, Plan International nous offre des opportunités d’éducation et de formation. Alors que nous n’avions aucun moyen d’envoyer nos enfants à l’école au Soudan du Sud. »

Avec le soutien de la communauté locale et le soutien financier de l’Union Européenne dans le cadre du programme BRiCE (Building Resilience in Crises Through Education), nous travaillons à l’éducation des enfants réfugié·e·s du Soudan du Sud.

Rachel a également pu bénéficier du projet pour elle-même puisqu’elle a été sélectionnée pour une formation en administration des écoles. Elle y a notamment appris comment enseigner aux enfants vivant dans des situations difficiles. Et comment améliorer l’éducation des enfants en favorisant l’égalité des genres dans un environnement où les enfants sont en sécurité.

Je suis devenue directrice d’école et j’ai encouragé les filles à aller à l’école

À 32 ans, Rachel a surmonté les barrières et les croyances traditionnelles pour devenir la première directrice d’école du camp. Elle a mis en place des initiatives pour encourager davantage de filles à aller à l’école.

« Au Soudan du Sud, les filles ne fréquentaient pas l’école. Les femmes n’avaient pas la possibilité de se plaindre, par manque de connaissances. Mais la chance qui m’est offerte me donne l’occasion de changer cela et fait de moi un modèle pour la communauté », a déclaré Rachel.

En travaillant avec la communauté locale, en particulier les mères, le projet vise à scolariser davantage de filles et à les empêcher de quitter l’école trop tôt. Car, l’accès limité à l’éducation perpétue et amplifie les défis des filles réfugiées – trouver du travail, rester en bonne santé, conserver dignité et espoir. Cela réduit également leur potentiel à reconstruire leurs vies, à se protéger contre les abus et à jouer un rôle de premier plan dans la formation de leurs communautés.

« Les quelques connaissances que j’avais acquises m’ont permis d’échapper à la violence. Puis c’est l’apprentissage qui m’a amenée si loin. Mais, aujourd’hui encore, il y a des filles et des jeunes femmes qui souffrent dans ce camp : elles sont vulnérables toujours par manque de connaissances. C’est pourquoi je suis ici pour plaider en faveur d’un environnement d’apprentissage sûr pour la communauté des réfugié·e·s, en particulier pour les filles. » conclut Rachel.

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