Au Bangladesh, près d’une fille sur deux est mariée avant l’âge de 18 ans (UNICEF). Le pays affiche le taux de mariages d’enfants le plus élevé de la région Asie-Pacifique et se classe au 4e rang mondial en matière de prévalence.
Pauvreté, décrochage scolaire, isolement, accès limité aux services de protection et de soutien : de nombreux facteurs continuent d’exposer les filles au risque de mariage d’enfants. Une situation aggravée par les conséquences du dérèglement climatique et les inondations fréquentes qui frappent le pays.
Mais derrière ces chiffres, il existe aussi des histoires de résistance : des jeunes qui font reculer le mariage d’enfants et luttent pour changer l’avenir des filles. Monalisa est l’une d’entre elles.
Mariage d’enfants : le jour où la vie de Monalisa a failli basculer
Mona Lisa a seulement 15 ans lorsqu’elle découvre que son mariage est organisé en secret par ses parents.
Alors qu’elle rentre de l’école, dans le district de Kurigram, situé dans le nord du pays, elle surprend une conversation chez elle.
« Un jour, en rentrant chez moi, j’ai vu que deux inconnus étaient venus à la maison. Après avoir écouté un moment, j’ai deviné que mes parents organisaient mon mariage en secret. »
Ayant participé aux activités du projet « Building Better Futures for Girls » de Plan International, Monalisa connaissait bien ses droits et savait qu’un autre avenir était possible pour elle. « Je me suis fermement opposée à ce mariage et j’ai dit à mes parents que je ne voulais pas risquer ma vie en me mariant trop jeune, mais que je souhaitais réaliser mon rêve : terminer mes études », explique-t-elle.
Malgré la pression constante exercée par ses parents pour qu’elle se plie à leurs projets de mariage, Monalisa ne cède pas, avertissant ses parents qu’ils enfreindraient la loi s’ils la forçaient à se marier.
« Je leur ai dit que je n’avais pas l’âge de me marier et que je ne me marierai pas avant d’avoir terminé mes études. »
se souvient Monalisa
Lorsque les parents de Monalisa finissent par renoncer à ce mariage forcé, le soulagement est immense pour la jeune fille. Mais son histoire ne s’arrête pas là.
Après avoir échappé au mariage forcé, Monalisa continue son combat
Le courage et la détermination de Monalisa inspirent ses ami·es et sa communauté jusqu’à voir son histoire relayée dans le journal local.
Tournée vers l’avenir, elle espère poursuivre ses études et entrer à l’université.
« Je rêve désormais d’une nouvelle vie. Je souhaite travailler pour une organisation de développement et faire évoluer les stéréotypes et les idées reçues de la société. »
En parallèle de ses études, elle participe à plusieurs activités proposées dans le cadre du projet de Plan International : concours de débat et d’éloquence entre écoles, football, mais aussi actions de sensibilisation.
À son tour, elle informe d’autres jeunes sur les conséquences du mariage d’enfants et encourage les filles à poursuivre leur scolarité.
Dans son district, les mécanismes de protection de l’enfance ont également été renforcés, notamment pour améliorer l’enregistrement des naissances. Un enjeu essentiel : sans document officiel permettant d’attester leur âge, les filles peuvent être davantage exposées au risque d’être mariées avant leurs 18 ans.Monalisa est désormais en dernière année au collège et passera son brevet cette année. Élève brillante et assidue, elle a été première de sa classe chaque année.
Comment Plan International lutte contre le mariages d’enfants
L’histoire de Monalisa est celle de millions de filles qui, chaque année, sont elles aussi confrontées au mariage d’enfants. Pour nombre d’entre elles, l’issue est bien différente : mariées à des hommes souvent bien plus âgés, forcées d’abandonner l’école et d’adopter un rôle domestique alors qu’elles ne sont que des enfants, et exposées à des risques accrus de grossesses précoces non désirées et de violences sexistes et sexuelles.
Plan International agit pour que les filles et les adolescentes, comme Monalisa, connaissent leurs droits, puissent les défendre, faire entendre leurs voix et choisir leur propre avenir.
Mais faire reposer la responsabilité du changement sur les filles ne suffit pas. C’est pourquoi Plan International travaille également avec les familles et les communautés pour remettre en question les normes et stéréotypes de genre qui favorisent le mariage d’enfants et agir sur les causes profondes des violences faites aux filles.
Au Bangladesh, cette approche porte ses fruits. Entre 2018 et 2024, 4 projets menés par Plan International ont ainsi permis de réduire en moyenne de 20 % les taux de mariages d’enfants dans les communautés concernées, contre une baisse de 3 % à l’échelle nationale sur la même période.
Donnons aux filles le pouvoir de chosir
Le chemin est encore long pour mettre fin au mariage d’enfants. Mais l’histoire de Monalisa et les progrès réalisés au sein des communautés montrent que le changement est possible.
À l’occasion de la Journée internationale des droits des filles, Plan International France appelle à accélérer la mobilisation contre le mariage d’enfants, qui prive encore des millions de filles de leurs droits et de la liberté de choisir leur avenir.