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Causes et conséquences de la déscolarisation des filles en situation d’urgence

Cela fait plusieurs décennies que le monde n’a pas connu autant de crises humanitaires dévastatrices en un temps si court. Toutes les 2 secondes, 1 personne est déracinée à cause de conflits ou de persécutions.

Dans de tels contextes, personne ne voit son existence mise autant en péril que les filles. Les crises humanitaires mettent non seulement la vie des filles en danger mais aussi, lorsqu’elles survivent, leur avenir. En temps de crise, leur éducation constitue l’une des premières activités à être délaissées. Les filles ont 2,5 fois plus de risques d’être déscolarisées que les garçons. Or, l’éducation est le meilleur moyen pour elles de s’en sortir et de se reconstruire.

Les causes de la déscolarisation des filles en situation d’urgence

Il n’y a plus d’école

Beaucoup d’écoles sont détruites à cause des bombardements, des séismes ou des cyclones. Les écoles peuvent aussi être réquisitionnées pour abriter les populations qui ont perdu leur maison. C’est le cas au Mozambique où après le passage du cyclone tropical Idai, de nombreuses écoles ont été détruites et celles qui ne l’ont pas été servent actuellement d’abris de fortune aux populations. Forcées d’être déplacées, les filles doivent parfois vivre dans des camps de réfugié·e·s où il n’existe pas d’école.

Dans les zones de conflit, les établissements scolaires sont pris pour cible et ne sont plus des espaces sûrs. Dans la région du Lac Tchad, par exemple, le groupe terroriste Boko Haram cible les écoles pour y enlever des écolières. En outre, les enseignant·e·s, également menacé·e·s, manquent souvent à l’appel.

Les filles sont livrées à elles-mêmes

Les crises humanitaires brisent les structures familiales et sociales qui protègent les enfants et notamment les filles. Parfois devenues orphelines, elles n’ont plus aucun soutien ni argent pour se rendre à l’école et sont forcées de travailler pour survivre. Seules et vulnérables, elles sont plus exposées aux abus et à l’exploitation. Au Soudan du Sud, pays en proie à la guerre et à la famine, seulement 16 % des filles et des femmes âgées de plus de 15 ans savent lire et écrire. 39 % des filles qui ne vont pas à l’école déclarent ne pas pouvoir se le permettre.

Les filles ne peuvent plus circuler librement

À mesure que le risque de violence augmente, ou bien en cas de quarantaine lors d’une épidémie, les filles ne peuvent pas quitter leur domicile, ce qui limite leur accès à l’éducation et les confinent à la maison et aux tâches ménagères.

« Les filles ne peuvent pas sortir de chez elles… La famille est le plus gros obstacle à cet égard, lorsqu’elles demandent à mettre un pied dehors, on leur répond que leurs oncles et leurs pères vont les tuer. » Un travailleur humanitaire dans le camp de Cox’s Bazar au Bangladesh

Les discriminations préexistantes sont exacerbées

Même en temps de paix et de stabilité, dans certains pays, les filles savent que leur éducation n’est pas une priorité. Les conflits et les crises aggravent souvent les inégalités et les discriminations préexistantes à l’encontre des filles.

Beaucoup de filles rohingyas réfugiées au Bangladesh n’avaient pas fréquenté l’école avant même de fuir la Birmanie : « Les habitants de notre région disent souvent que les filles n’ont pas besoin d’éducation. Ils pensent qu’elles devraient rester à la maison » Shamila, 13 ans, réfugiée dans le camp de Cox’s Bazar au Bangladesh.

Les filles sont exposées aux risques alimentaires et sanitaires

Pendant les crises alimentaires, le manque d’eau potable et de nourriture empêche les enfants d’aller à l’école qui, affamé·e·s et trop faibles, ne parviennent plus à s’y rendre. Les écoles doivent souvent fermer pour diminuer la propagation d’épidémies tel que le virus Ebola. Les mises en quarantaine privent alors les enfants d’école et exposent les filles aux violences sexuelles.

L’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest a entrainé des fermetures prolongées d’écoles. En Sierra Leone, 1,7 million d’enfants ont perdu une année scolaire. La fermeture pendant 9 mois des écoles a entrainé une augmentation des cas de travail infantile, d’exploitation, de violences et de grossesses précoces sur les filles.

Les conséquences de la déscolarisation des filles en situation d’urgence

Au lieu d’être en sécurité à l’école pour construire leur avenir, les filles risquent d’être :

L’insécurité pendant une crise humanitaire entraîne une augmentation du nombre de mariages d’enfants car les familles estiment que le mariage servira à protéger leur fille et son honneur.

Au Soudan du Sud, il existe un lien évident entre les grossesses précoces et l’accès à l’éducation : 85 % des adolescentes interrogées qui avaient déjà été enceintes n’étaient pas inscrites à l’école, comparées à 29 % de celles qui n’avaient jamais été enceintes.

« Mes parents me forceront à me marier. Je ne peux rien y faire. »

Hassina, 18 ans, réfugiée au Bangladesh

En situation de crise, les filles décrivent un large spectre de violence : celles liées aux conflits, les violences communautaires et les violences domestiques. Ce continuum de violence a des impacts sur chaque aspect de leur vie. Pour survivre, elles sont parfois obligées d’avoir des relations sexuelles avec des hommes. 

« Pendant la nuit, un homme s’est approché de moi et m’a touchée avec des intentions malsaines, en m’offrant à manger en contrepartie. Un autre a voulu m’emmener, me promettant de l’argent et de me protéger, en échange de services sexuels. J’ai peur d’en parler à mes parents. »

Shiuly, 14 ans, réfugiée rohingya au Bangladesh

Les filles qui ont été déplacées de force sont également extrêmement vulnérables aux pires formes de travail, notamment à la prostitution forcée, à l’esclavage sexuel et au trafic d’êtres humains.

En 2014, Boko Haram enlèvait 270 lycéennes à Chibok, au Nigéria. Le groupe terroriste s’était alors attaqué aux écoles et aux filles, en les kidnappant, en les tuant, en les mutilant, en leur faisant subir des violences sexuelles, en les exploitant, en les enrôlant dans des groupes armés et en leur faisant commettre des attaques-suicides. Depuis, 2 000 autres enfants ont été kidnappé·e·s dans la région et 1,4 million d’enfants ont été déplacé·e·s.

Derrière le terme « enfant soldat », se cache une dure réalité. Qu’elles soient témoins des conflits ou forcées d’y prendre part, ces enfants sont avant tout des victimes : réduites à la servilité, violentées, abusées sexuellement et exploitées. 

Elles représentent toutes celles qui sont recrutées et utilisées illégalement par des groupes ou des forces armées. Certaines ont à peine 7 ans. Elles sont utilisées comme combattantes, mais aussi comme espionnes, soigneuses, cuisinières, messagères ou encore esclaves sexuelles. On estime à 250 000, le nombre d’enfants soldats dans le monde, dont environ 40 % de jeunes filles. La plupart de ces enfants sont enrôlées sur le continent africain.

Que fait Plan International avant, pendant et après les crises ?

Avant les crises
  • Nous sensibilisons le personnel éducatif et les familles à l’égalité entre les filles et les garçons et à l’importance de l’éducation des filles même pendant une crise.
  • Nous mettons en place des exercices de simulations aux risques dans les écoles.
Pendant les crises
Après les crises
  • Nous mettons en place des structures de soutien psychologique pour aider les filles à retrouver une vie normale après leurs traumatismes.
  • Nous soutenons et formons les enseignant·e·s pour qu’ils et elles puissent reprendre les cours et enseigner dans un contexte d’urgence.

Que demande Plan international aux gouvernements ?

Nous rappelons que les filles ne doivent pas être invisiblisées et ont le droit fondamental d’avoir accès à une éducation même en situation d’urgence. 

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